Jacques Nuoffer fait encore confiance à Mgr Morerod

Jacques Nuoffer, co-fondateur du groupe SAPEC, critique le manque de transparence et les lenteurs dans l’Eglise | © Bernard Hallet

«Tant que je n’aurai pas la preuve qu’il n’a pas respecté les lois et prescriptions en toute connaissance de cause, je lui ferai confiance», a affirmé Jacques Nuoffer à propos de Mgr Charles Morerod, dans Le Courrier. A l’instar d’autres personnalités, le président du groupe SAPEC critique cependant la lenteur et le manque de transparence face aux abus, dans l’Eglise.

Source et suite : CATH.CH, le 18 septembre 2023

Mgr Morerod: «Dieu a de l’humour pour faire quelque chose avec moi!»

Mgr Morerod: «Dieu a de l’humour pour faire quelque chose avec moi!»

60 ans d’âge et 10 ans d’épiscopat cela fait 70… ou 50 plaisante d’emblée Charles Morerod. Avec l’humour qui le caractérise, l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg n’attache pas trop d’importance à ce double anniversaire qu’il fêtera le 11 décembre 2021. 

«Je me dis que Dieu doit avoir un certain humour pour essayer de faire quelque chose avec quelqu’un comme moi!» D’emblée le ton est donné, Charles Morerod ne se prend pas trop au sérieux, même si son ministère d’évêque l’est.

Rencontre dans un salon de l’évêché sur un canapé ‘pied de poule’ placé devant un mur jaune pétant. Derrière son crâne chauve, ses petites lunettes et sa dégaine d’ado sans complexe, Charles Morerod est un esprit vif, capable de passer sans transition de la franche rigolade aux questions les plus difficiles en ne livrant qu’avec parcimonie ses propres sentiments.

«Le point de départ est la rencontre avec une personne: le Christ»

Pour vous la première tâche de l’évêque est incontestablement l’annonce de l’Évangile. 
Charles Morerod: 
J’ai souvent relevé que pas mal de monde n’associe pas l’Église au Christ. Même quand on demande à des croyants ce que signifie le mot chrétien, seule une petite proportion l’associe spontanément au Christ. Je dis souvent, citant le cardinal Journet, lui-même s’inspirant de Bossuet, que ‘l’Église c’est l’Évangile qui continue’.
Si en pensant à l’Église, les gens imaginent d’abord un ensemble de normes morales, le point de départ est faussé. Comme l’a beaucoup répété le pape Benoît XVI, le point de départ est la rencontre avec une personne: le Christ. C’est d’autant plus vrai que moralement parlant, nous avons perdu notre crédibilité, notamment à cause des abus. Le modèle de la vie chrétienne est Jésus-Christ, pas les évêques, pas les prêtres. Nous essayons de nous mettre à son service et nous le faisons plus ou moins bien.

Votre métier est d’abord celui de la rencontre.
J’aime rencontrer les gens. Je préfère être à l’extérieur avec les gens plutôt qu’à l’intérieur pour un travail de bureau. Pendant la période du covid, nombre de rencontres ont été impossibles, heureusement cela a bien changé. Mon ministère implique d’être en contact avec des personnes très variées, pas forcément des croyants. Si ce sont des personnes qui ont souffert du fait de l’Église, et pas seulement dans le cas d’abus sexuels, la rencontre peut être douloureuse.

Fribourg le 19 novembre 2021. Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg | © Bernard Hallet

Les expériences sont très variées. 
A cause du covid, j’ai dû réviser ma manière de me déplacer. Avant je rentabilisais assez facilement un abonnement général 1ère classe et je profitais souvent des trajets pour travailler. Depuis que je me déplace moins, j’ai opté pour des billets de 2e classe dégriffés et je rencontre plus de gens et cela m’offre beaucoup de conversations inattendues. Certains me reconnaissent mais de loin pas tous.

SUITE SOUS: CATH.CH, du 24 novembre 2021

27.06.2021: FÊTE PATRONALE DE SAINTE MARGUERITE BAYS

27.06.2021: FÊTE PATRONALE DE SAINTE MARGUERITE BAYS

Une fête sans contraintes sanitaires


Les fidèles on pu découvrir le nouveau reliquaire à l’occasion de la célébration de la fête de la sainte le 27 juin. La messe de 15h30, présidée par l’évêque du diocèse Mgr Charles Morerod.

Un an et demi après sa canonisation à Rome, sainte Marguerite Bays a un nouveau reliquaire dans l’église de Siviriez (FR). Les restes mortels de Goton de la Pierraz ont été transférés le 24 juin 2021 dans cet écrin placé dans le transept, à la veille de sa fête liturgique le 27 juin (à visionner ci-dessous).

L’abbé Martial Python, curé modérateur et biographe de la sainte, a tenu à donner la solennité voulue à cette translation des reliques. Le trajet de quelques mètres, d’une petite chapelle latérale à la nef principale de l’église, s’est fait en procession et au son des hymnes. Le coffret en verre contenant les ossements de la sainte a intégré le nouveau reliquaire placé dans le transept gauche de la nef.

UN TRANSFERT NÉCESSAIRE

Ce transfert était nécessaire car la petite chapelle, aménagée en l’an 2000, était vraiment trop petite. Elle ne pouvait recevoir en même temps que deux ou trois pèlerins, explique Jean Paul Conus, président de la fondation Marguerite Bays. Lorsqu’un car de pèlerins arrivait, c’était la cohue.

Déplacer simplement le reliquaire actuel n’aurait pas convenu, car l’objet aurait été perdu dans l’immensité de la nef de l’église. La commande pour un nouveau reliquaire a été alors passée à Jean-Pierre Demierre, un artiste qui a déjà réalisé du mobilier liturgique pour plusieurs églises de la région. Le coût du projet, à charge de la paroisse et de la fondation, a été couvert grâce à un donateur anonyme.

UNE COMMANDE PEU BANALE

Réaliser un reliquaire n’est pas un travail artistique fréquent, surtout au XXIe siècle, relève l’artiste. «Ce travail m’a préoccupé pendant deux ans. Il fallait réaliser un objet qui corresponde à la vie et à la spiritualité de Marguerite Bays, mais aussi s’intègre harmonieusement dans une église déjà riche d’éléments artistiques assez divers. Après de nombreuses esquisses, j’ai réalisé deux maquettes grandeur nature en bois, avant la réalisation de l’objet en bronze», explique-t-il à cath.ch.

La forme générale est basée sur le cercle qui évoque le monde et la nature, elle reprend celle de la voûte de la nef. Sur la partie circulaire, figure la croix du Christ avec en arrière-plan la marguerite dont le centre en or évoque l’eucharistie. Les parties latérales arborent des reliefs en bronze représentant le tétramorphe, c’est-à-dire les symboles des quatre évangélistes: l’homme pour Matthieu, le lion pour Marc, le taureau pour Luc et l’aigle pour Jean.

La châsse est installée sur un plateau de cerisier, le bois avec lequel on faisait les beaux meubles de la région. Le tout repose sur une structure en verre dont la forme reprend celle des arcs de l’église. Le reliquaire sera enfin surmonté d’un nouveau portrait de la sainte plus jeune et plus souriante réalisé par le peintre valaisan Roger Gaspoz.

UNE AMIE AU CIEL

Le culte des reliques remonte aux premiers temps de l’Eglise, lorsque les fidèles ont construit des mémoriaux sur les lieux de la mort des martyrs, rappelle Martial Python. Aujourd’hui la vénération des reliques rappelle combien les saints ont répondu à l’appel de Dieu. «Avec Marguerite Bays, nous avons, nous pèlerins sur la terre, une amie au ciel qui nous accompagne de sa prière et de sa protection.»

Vous pouvez lire la suite de l’article de Monsieur Maurice Page de cath.ch sur le lien suivant

Source: Sainte Marguerite Bays

Communiqué du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Communiqué

Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Service de la communication

Nominations dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Mgr Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a choisi de nommer des laïcs et diacre comme représentants de l’évêque pour les régions diocésaines de Fribourg (partie francophone), Vaud et Neuchâtel. Il nomme en outre un second vicaire général, une représentante de l’évêque pour la « vie consacrée » et un secrétaire général pour l’évêché.

Trois représentant.e.s de l’évêque pour les régions diocésaines

Mgr Morerod a nommé représentant.e de l’évêque, pour un mandat de cinq ans depuis le 1er septembre 2021 :

  • –  pour la région diocésaine de Fribourg francophone, Mme Céline Ruffieux (de Riaz), agente pastorale, enseignante et psychologue. M. l’abbé Jean Glasson, actuel vicaire épiscopal, rejoindra Vevey en tant que curé modérateur, où il a pour mission de développer un pôle régional.
  • –  pour la région diocésaine de Neuchâtel, M. Romuald Babey (de Fleurier) diacre, agent pastoral, enseignant et ancien directeur d’école. M. l’abbé Pietro Guerini, actuel vicaire épiscopal, retourne à Bergame (IT), son diocèse d’origine qui a été fortement touché par la crise du Covid.
  • –  pour la région diocésaine de Vaud, M. Michel Racloz (de Renens), agent pastoral et actuel délégué du vicaire épiscopal. M. l’abbé Christophe Godel, actuel vicaire épiscopal, rejoindra La Chaux-de-Fonds en tant que curé modérateur où il a pour mission de développer un pôle régional.Pour la région diocésaine de Genève, l’actuel vicaire épiscopal continue pour l’heure son mandat qui prend fin dans un an. Tandis que dans la région diocésaine de Fribourg germanophone, Mme Marianne Pohl-Henzen occupe déjà le poste de représentante de l’évêque (bischöfliche Delegierte) depuis août 2020.Régions diocésainesAvec le départ des vicaires épiscopaux, les territoires actuellement définis comme «vicariats épiscopaux» (Fribourg francophone, Fribourg germanophone, Neuchâtel, Vaud) seront désormais des « régions diocésaines ».Nouveau vicaire généralM. l’abbé Bernard Sonney, actuel curé modérateur de l’unité pastorale Grand-Vevey (qui englobe les villes de Vevey, La Tour-de-Peilz, et ses villages avoisinants) et doyen du décanat St-Martin (qui comprend les unités pastorales aux alentours de Vevey et Montreux), a également été nommé vicaire général à 40% dès le 1er septembre 2021. Il viendra renforcer l’équipe de l’évêque, aux côtés de l’autre vicaire général, Mgr Alain de Raemy qui se voit aussi confier le suivi fraternel et vocationnel des prêtres du diocèse, outre les missions linguistiques et la cellule d’accueil pour les prêtres venus d’ailleurs, dont il est déjà responsable.

Représentante de l’évêque pour la « vie consacrée »

Sr Marie-Emmanuel Minot, ancienne supérieure générale des Sœurs Hospitalières de Fribourg, a été nommée représentante de l’évêque pour la « vie consacrée », Elle sera responsable des liens entre le diocèse et les communautés religieuses, instituts séculiers, communautés charismatiques, etc. qui y vivent.

Secrétaire général

M. Xavier Hemmer, actuel secrétaire régional du Syndicat Syna Fribourg-Neuchâtel, a été nommé secrétaire général de l’évêché, avec entrée en fonction le 1er juillet.

Mgr Morerod adresse ses vœux de bienvenue à ces personnes et remercie les vicaires épiscopaux présents pour l’immense travail qu’ils ont accompli au service du diocèse et leur souhaite également une bonne reprise en paroisse.

Fribourg, le 25 mai 2021

Annexes (ci-dessous) : – CV et photos
– Glossaire

Le Service diocésain de la communication

Voir également l’interview de Mgr Charles Morerod à Cath.ch du 25 mai 2021

DIOCESE LGF, VOEUX DES ÉVÊQUES POUR PÂQUES 2021

TEXTE DES VOEUX:

Carême.
De la pénombre à la lumière Désert extatique
Mon âme s’envole.

Pèlerin affamé
En guenilles
Le ventre vide
Le cœur empli de plénitude

Revenir, toujours revenir. Revenir et donner sa vie.

Fouler le sable de ces terres arides Pour y planter de la lueur.
La lueur du Divin
Fleurit

Où qu’Il aille.

Mourir. Juste par amour. Et puis renaître.

Mystère écorché, Puis adoré.

Juste parmi les justes
Et qui pardonne l’injustice.

Dramaturge de la foi Poète de l’infini

Humble démiurge
Crucifié sur l’orgueil humain

Prêcheur miraculeux Le divin passeur Revient pour Pessah.

Amen.

ENTRETIEN AVEC MGR CHARLES MOREROD: OÙ VA L’EGLISE ?

ENTRETIEN AVEC MGR CHARLES MOREROD: OÙ VA L’EGLISE ?

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève, Fribourg (LGF),  s’exprime sur sa vision de l’Eglise de demain.

Vous avez affirmé que l’Église est parfois prise « dans un carcan trop lourd » et qu’il est urgent de « réduire les structures ». Le diocèse est-il à l’aube d’une révolution ? 

Mgr Morerod: Je ne sais pas si c’est nous qui sommes à l’aube d’une révolution ou s’il faut simplement observer ce qui se passe. Il y a quelques années, un évêque français disait déjà que dans son diocèse, le nombre de prêtres avait été divisé par 5 en 15 ans. Un autre soulignait qu’il ne manquait pas de prêtres, mais de chrétiens; enfin les analyses, en France, nous disent que la moitié des adultes baptisés dans l’année arrêtent d’aller à l’église dans l’année qui suit, car il n’y a plus de communauté. En visite pastorale à Genève, une femme d’une trentaine d’années m’a dit qu’elle ne va jamais à la messe de sa paroisse, où j’étais en visite, et qu’elle se rend plutôt à Saint-Joseph ou à Notre-Dame.

Ce n’est pas nouveau, mais quand va-t-on ouvrir les yeux ? Il ne s’agit pas de mépriser les paroisses avec peu de monde ou encore moins les personnes peu nombreuses qui y vont. Mais de prendre acte du fait qu’en plusieurs endroits nous n’avons plus la masse critique de mettre en œuvre les solutions du passé. Le risque est d’épuiser les personnes, sans leur offrir un lieu où elles sont heureuses de se rendre. Il est aussi important de préciser qu’il ne s’agit pas d’une déclaration générale, mais d’une réalité de nombreux endroits. À Genève, il y a des églises pratiquement collées les unes aux autres, surtout en ville. Je crois que nous devons surtout prévoir des lieux où la foi peut être vécue joyeusement et d’une façon qui donne envie d’y revenir.

La solution passe-t-elle par une réduction du nombre d’églises ou par une spécialisation des lieux ? 

Mgr Morerod: Cela dépend. Je pense qu’à certains endroits le fait que nous ayons un trop grand nombre d’églises participe vraiment à la dispersion. Je ne dis pas qu’il faut raser des églises, mais je ne sais pas pour combien de temps nous aurons encore de l’argent pour les entretenir. Le manque d’argent est aussi le signe qu’il n’y a pas une communauté qui en ressent le besoin. Il faut trouver la juste mesure d’une présence chrétienne diffuse, mais sans dispersion, afin de rassembler les fidèles plutôt que de les diviser par un trop grand nombre d’églises avec peu de monde. Il faut une communauté où l’on puisse justement remarquer que l’on n’est pas une espèce en voie de disparition.

À Genève des églises vont être restructurées pour construire des lieux de culte plus petits, mais modulables. 

Mgr Morerod: C’est une option sage, mais je crois que nous ne pouvons pas renoncer à réduire le nombre de lieux de culte. Des lieux plus petits et modulables peuvent aider les communautés à être heureuses de se retrouver. Être à 15 dans un lieu pas très vaste permet de ressentir d’être vraiment ensemble alors que ce n’est pas le cas si 15 personnes sont dans une église qui peut en accueillir 600 ou plus !  Avoir des lieux modulables est aussi une bonne option, surtout dans les villages. Il est, par exemple, souvent important pour les personnes de célébrer les funérailles d’un proche dans leur village. Reste à savoir si nous avons les moyens d’entretenir tous ces lieux et de les faire vivre.

En 2013, vous affirmiez déjà que si le manque de prêtres est un souci, la question plus fondamentale est la diminution du nombre de croyants. L’Église a-t-elle les forces d’inverser cette tendance ? 

Mgr Morerod: Je crois à un lien très étroit entre vie des communautés et vocations issues de ces communautés. Si l’on voit l’Évangile présent dans nos vies et nos communautés, si l’on se réunit dans la joie de la présence du Christ, bien des personnes qui se demandent que faire de leur vie pourront s’associer à cette joie. Le fait que l’on nous connaisse de moins en moins signifie d’une part qu’on vient moins à l’église, d’autre part qu’on peut la redécouvrir. Et cela est assez sensible à Genève. La diversification des propositions est sans doute bienvenue, et peut profiter de petites communautés vivantes.

Par voie de presse, vous avez déclaré qu’à terme, le nombre de prêtres peut être divisé par deux et qu’il ne faut plus favoriser le phénomène de fuite de cerveaux en « important » des prêtres de l’étranger pour célébrer des messes. Pourtant le rôle d’un prêtre n’est-il pas plus vaste ?

Mgr Morerod: Certes, il est plus vaste : avant de célébrer les sacrements, il doit annoncer l’Évangile. Toutefois il n’est pas seul à le faire. Si j’insiste sur le lien entre prêtre et communauté, c’est avant tout parce que la célébration de l’eucharistie est au cœur de la vie d’une communauté parce que c’est la présence du Christ (par la célébration à la fois de la liturgie de la Parole et de l’Eucharistie) qui constitue le plus fondamentalement l’Église.

Qu’en est-il des agents pastoraux laïcs et de la pastorale ‘catégorielle’ ? 

Mgr Morerod: La vie de l’Église est l’affaire de l’ensemble des baptisés. La participation active (et aussi professionnelle) de laïcs à l’apostolat est fondamentale : sans elle l’Église serait tronquée. De même que la vie des paroisses et la présence de l’Église dans de relatives « périphéries » sociales (rue, prison, hôpitaux-EMS etc.) s’appellent mutuellement.

Que pensez-vous du projet de Maison d’Église à Genève et du nouveau Service de la spiritualité ?

Mgr Morerod: Je trouve le projet de Maison d’Église très bien et plus facile à repérer que les locaux (dispersés) actuels. L’incendie de l’église du Sacré-Cœur a montré que ce lieu était connu des Genevois et leur tenait à cœur. Pour le nouveau Service, j’avais fait remarquer à Genève que la spiritualité était absente de ce que nous présentions et que là il y a un besoin et un désir très perceptible, surtout chez des personnes qui découvrent la religion d’une manière générale, car aujourd’hui on ne la connaît plus. Cela vaut vraiment la peine de partir de là. Car c’est pour ça que l’on va à l’église.

Lors de rencontres cantonales de réflexion sur le futur du diocèse vous avez indiqué deux concepts clés : la subsidiarité, pour le respect des réalités locales et personnelles, et la transversalité, pour favoriser une réflexion commune sur les questions communes. Quelles sont les implications déjà envisageables au niveau des structures ? 

Mgr Morerod: Une consultation est en cours depuis pas mal de temps. Il y a un lien entre les deux. Alors que je venais d’être nommé évêque, j’ai rencontré le conseil pastoral sortant. Déjà alors, les gens me disaient : je veux bien venir à ce conseil, mais au fait je suis dans le conseil pastoral de ma paroisse, de mon Unité pastorale, du canton et du diocèse et l’on dit toujours les mêmes choses. J’ai l’impression que je ferais mieux de vivre ma vie chrétienne. Et cela est vrai dans d’autres domaines. Dans chaque canton ou Vicariat, on traite souvent des mêmes questions sans savoir ce qui est discuté ailleurs, alors qu’en mettant les gens ensemble nous pouvons tirer profit des expériences des autres dans le même domaine. L’idée d’un diocèse est aussi cette mise en commun des expériences. C’est le concept de la transversalité.

En même temps, il y a la subsidiarité, qui est liée. On observe que c’est sur place, auprès des personnes que l’on comprend vraiment la situation. Je m’inspire de ce que dit le pape à propos des familles : les grands principes sont toujours valables, mais plus on s’approche de cas très particuliers moins ils s’appliquent. Quand on regarde la personne devant soi, un lieu ou une petite communauté de près, on comprend des choses qui ne se comprennent pas seulement en termes généraux. C’est ça la subsidiarité, qui est locale et personnelle et pas seulement cantonale. Le poids des structures m’inquiète et je vise à ce qu’il y ait une plus grande vitalité, mais à ce stade, il est difficile d’être plus précis sur l’impact au niveau des structures.

Une expérience de transversalité a vu le jour avec la création d’une cellule COVID-19 diocésaine, réunissant notamment des personnes de l’ensemble des Vicariats. 

Mgr Morerod: C’est un bon exemple. Les normes cantonales pour la pandémie ont été différentes, mais les questions ont été les mêmes, bien qu’elles soient arrivées de façon décalée. Ainsi quand une question arrivait dans un canton, on y avait déjà réfléchi dans un autre, à certains égards. Cela évite aux autres de faire toute la réflexion à partir de zéro et cela évite de mobiliser un nombre de personnes plus grand. La cellule diocésaine réduit aussi le risque d’erreurs. C’est une forme d’entraide mutuelle pour les questions communes qui tient compte des spécificités locales.        

Propos recueillis par Sba – paru dans  le Courrier pastoral de février 2021

Source: Eglisecatholique-GE.ch, le 8 février 2021

MOT DE MGR CHARLES MOREROD, EVÊQUE DU DIOCÈSE DE LGF, DE JANVIER 2021

Charles Morerod – Wikipedia
Mgr Charles Morerod – photo Wikipédia

Variations sur le même thème de la réorganisation de la vie pastorale du diocèse

Dans ses précisions du 15 décembre 2020, notre évêque, Charles Morerod, indiquait notamment qu’il ne s’agissait pas « de chasser la moitié des prêtres, mais d’adapter progressivement leur nombre à la réalité pastorale ».

Or, dans la feuille diocésaine de janvier 2021, il s’agirait maintenant d’une « réduction des structures à ce qui est vraiment nécessaire, pour que davantage de temps soit consacré à la mission, dans laquelle nous trouvons notre joie ! « . Il s’agirait de réformer/abroger des structures inadaptées en considération de l’évolution du temps et des changements profonds de la société.

Des propos qui restent abstraits et ajoutent un peu plus de confusion à la réalité du moment.

De nouvelles précisions seront les bienvenues !

Ci-après le texte de janvier 2021.

Le changement d’année ne suscite pas en moi d’émotion, au moins depuis la fin de mon adolescence. Par contre l’évolution du temps, de la société et de l’Église me touche beaucoup. Ce que disait Vatican II il y a 55 ans n’a cessé de prendre du relief : « Le genre humain vit aujourd’hui un âge nouveau de son histoire, caractérisé par des changements profonds et rapides quis’étendent peu à peu à l’ensemble du globe. Provoqués par l’homme, par son intelligence et son activité créatrice, ils rejaillissent sur l’homme lui-même, sur ses jugements, sur ses désirs, individuels et collectifs, sur ses manières de penser et d’agir, tant à l’égard des choses qu’à l’égard de ses semblables. À tel point que l’on peut déjà parler d’une véritable métamorphose sociale et culturelle dont les effets se répercutent jusque sur la vie religieuse » (Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et spes, § 4.2).

Le temps s’était déjà accéléré depuis le 19ème siècle, et le mouvement s’est amplifié. L’accélération que remarquait Vatican II a augmenté très sensiblement. Pour ce qui nous concerne, il me semble que la pandémie nous met maintenant dans une situation que je pensais voir venir dans 10 ou 20 ans : elle occasionne à la fois des découvertes ou redécouvertes religieuses et un relatif éloignement (plus ou moins relatif mais aussi accéléré).

Je ne pense pas être le seul à trouver que nous sommes parfois pris dans un carcan trop lourd, bien que nous ne l’identifiions pas tous de la même manière… Cela a produit en moi une impatience qui fait bouger le couvercle de la marmite, parfois maladroitement (ce dont je suis désolé), et beaucoup d’entre vous voyez depuis quelques mois les mouvements du couvercle. Cela sera largement communiqué dans les mois qui viennent. En fait ce que je pressentais fin 2014, au terme de mes « Orientations et pistes pastorales » ne me semble plus devoir être renvoyé aux calendes grecques : « A terme il faudra trouver le moyen de réduire les structures à ce qui est vraiment nécessaire, pour que davantage de temps soit consacré à la mission, dans laquelle nous trouvons notre joie ! » (Désolé de me citer, je déteste ça, mais dans le fond si je ne le fais pas, personne ne le fera) La lenteur vient en partie de la nécessité de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain : les « structures » ont cela de bon qu’elles nous permettent de nous rencontrer pour un discernement commun, et pour la joie d’être ensemble. Il reste que la lenteur ne peut masquer indéfiniment une urgence.

Il y a au terme de ces « pistes pastorales » ce qui en donne l’orientation : la joie. Cette joie ne vient pas de nous, mais de la présence du Seigneur. En observant ce qui amène des personnes à découvrir l’Église, je vois un élément fondamental et constant : la joie de la présence du Seigneur. Nous parlons de lui, mais en sa présence. Sans cette perception, il serait normal de partir. Le tournant de l’année est bien centré sur la présence du Seigneur : l’octave qui étend la fête de la Nativité jusqu’à la fête de la Mère de Dieu (montrant la plus grande « collaboration » humaine au mystère de cette Présence).

En fait de cadeau de passage, nous pouvons dire avec Pierre : « Ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche ! » (Actes des Apôtres, 3,6). C’est donc mon vœu pour vous.

+ Charles Morerod OP

DIOCÈSE LGF : PRÉCISIONS SUITE À LA PUBLICATION D’ARTICLES

PRÉCISIONS SUITE À LA PUBLICATION D’ARTICLES

Communication à nos agents pastoraux

Après la parution d’un article précis dans la Neue Zürcher Zeitung1 du 13.12.2020, où la journaliste distinguait bien mes propres propos de ce qui lui venait d’autres sources (que je n’ai pas à connaître), je vois que la suite2 a mêlé l’ensemble de ces sources comme si tout venait de moi. Les réactions très variées reçues hier m’amènent donc à certaines précisions, à commencer par le fait que le but n’est pas de chasser la moitié des prêtres, mais d’adapter progressivement leur nombre à la réalité pastorale.

Le point de départ des réflexions publiées récemment, et qui ne sont pas du tout nouvelles (elles ont été l’objet de discussions au conseil épiscopal dès mon arrivée il y a 9 ans) est l’impact sur la vie des communautés chrétiennes, donc aussi des prêtres, de la permanence d’une couverture territoriale qui s’est fortement développée durant la première moitié du 20e siècle (on y a construit de nombreuses églises et fondé de nombreuses paroisses). Actuellement cela amène déjà beaucoup de croyants, notamment les jeunes mais pas seulement, à se rendre surtout, voire seulement, dans des lieux plus centraux, afin de sentir le soutien d’une communauté vivante ; je constate cette situation déjà existante, et qui rejoint la situation de l’Église antique où on se rassemblait des villes et des villages alentour pour l’eucharistie. A ce mouvement spontané de rassemblement de laïcs « libres » correspond le devoir de prêtres disant l’usure que représentent pour eux des célébrations devant des petits groupes de personnes qui ne leur répondent pas. Un évêque français m’avait dit, commentant sa propre expérience des années 1960-70, que la plupart des prêtres qui avaient quitté le ministère avaient été épuisés par le contraste entre l’enthousiasme du don de leur vie et une indifférence de plus en plus évidente. Certes, je sais aussi par expérience personnelle que la célébration de l’eucharistie, même avec une communauté réduite à sa plus simple expression, remplit une journée grâce à la présence du Christ. Et je sais encore que la foi de quelques personnes silencieuses au fond d’une église est un trésor caché, et qu’il ne faut pas abandonner ces personnes comme si leur fidélité était un problème.

Il y a un paradoxe du moment présent. Comme peu de monde peut se rassembler, j’invite à multiplier les célébrations, et je remercie ceux qui le font de ce témoignage de foi et de souci pastoral. En même temps cette situation nous permet d’observer ce à quoi pourrait ressembler l’avenir, gardant toujours à l’esprit que le Saint Esprit n’est pas prisonnier de courbes statistiques.

Il existe depuis quelques années dans notre diocèse (comme dans d’autres pays) une « cellule » d’accueil pour les prêtres (et agents pastoraux laïcs, mais le cas est plus rare) « venus d’ailleurs ». Le but est de donner une introduction à des spécificités locales. Je rencontre cette cellule une fois par année et y dis chaque fois, entre autres : étant donné que votre expérience antérieure est souvent différente, soyez conscients que la mentalité suisse est très égalitaire (regarder les laïcs comme un troupeau obéissant suscite des allergies) et que les relations avec les Églises réformées y sont cordiales. Cette cellule (le terme n’a pas un sens carcéral) a pour but d’aider ces prêtres venus en mission, aussi en corrigeant nos propres erreurs dans leur accueil.

Plus de 60% des catholiques du diocèse sont de proche origine étrangère, et je les remercie fréquemment de leur présence. Ils sont souvent heureux de pouvoir rencontrer des prêtres de leur pays d’origine, et pas seulement dans les « missions linguistiques » ; certains relèvent aussi le bienfait pour eux de découvrir ici un respect inattendu pour leur vie de laïcs. Des Suisses sont évidemment aussi souvent heureux de la joie de prêtres étrangers, et je partage cette joie.

Il reste que des questions doivent être posées : la manière dont on « couvrait le territoire » il y a 60 ans doit-elle être, littéralement, fixée dans la pierre, que ce soit pour y célébrer la messe ou d’autres liturgies ? Des églises qui se trouvent à quelques minutes à pied les unes des autres (en ville…) aboutissent à une dispersion de petites communautés, et les célébrations qui s’y déroulent, notamment le dimanche, ne manifestent plus le rassemblement de la communauté autour de ce centre qu’est la présence du Christ dans l’eucharistie. Quel service rendons-nous aux Églises dont nous recevons les prêtres (le Vatican nous met constamment en garde) ? Comment stimulons-nous les vocations en Suisse (prière des communautés, éveil des candidats) si nous suggérons que de toute manière il suffit d’en importer ?

Je vous fais la confidence d’un rapport de ces réflexions avec les circonstances de ma propre vocation, laquelle me dérangeait parce qu’en fait je n’avais pas du tout envie d’y répondre, ce que je n’ai d’ailleurs jamais regretté d’avoir fait. A la fin de mon adolescence, je me demandais qui assurerait l’avenir de l’Église ici et maintenant. Comment aurais-je réfléchi si j’avais eu l’impression que ce don pas évident de ma vie n’était pas utile, puisqu’il y avait ailleurs des réserves suffisantes de prêtres ?

+ Charles Morerod

1 https://nzzas.nzz.ch/schweiz/bischof-will-priester-loswerden-ld.1591824

2 Cf. https://www.kath.ch/medienspiegel/bischof-will-priester-loswerden/ et https://www.cath.ch/newsf/charles-morerod-veut-reduire-de-moitie-leffectif-de-son-diocese/, articles où j’ai aussi pu m’exprimer moi-même.

(Version PDF de la communication)

Source: diocèse Lausanne, Genève, Fribourg, le 15 décembre 2020

Voir également sur cath.ch : LGF: Les prêtres étrangers attristés par les propos de Mgr Morerod

Une « neuvaine en temps de quarantaine » vous a été proposée par nos évêques – Diocèse LGF.

Neuvaine diocésaine
Par Diocèse LGF le vendredi 15 mai 2020 à 10h59

Communication à nos agents pastoraux/UP/paroisses/missions/communautés religieuses 

Une « neuvaine en temps de quarantaine » vous a été proposée par nos évêques. 

Ces neuf jours de prière commune auront lieu du dimanche 24 mai au lundi 1er juin. Les prières, disponibles sur le site du diocèse dès le 24 mai, seront proposées par diverses communautés religieuses. Vous pourrez les lire, chaque jour, ou alors vous joindre à nos évêques qui les reprendront lors de leurs messes quotidiennes, diffusées en direct* sur notre site internet, à 12h15. 

Du 24 mai au 1er juin, c’est …

  • … entre Ascension et Pentecôte : on invoquera donc l’Esprit-Saint.
  • … sur les dates du pèlerinage interdiocésain à Lourdes (qui a été reporté) : on invoquera Marie présente au cénacle avec les apôtres, et on lui demandera le réconfort des malades.
  • … dans un contexte de pandémie et d’incertitude : on invoquera Notre-Dame de Bourguillon, gardienne de la foi sur les lieux d’une ancienne léproserie.
  • … lundi de Pentecôte (jour de conclusion de cette neuvaine) dédié par le pape François à Marie Mère de l’Eglise, Marie invoquée à ce titre par Paul VI au terme du Concile Vatican II, appel au renouveau de l’Eglise ! 


Le Service diocésain de la communication 

* NOUVELLE HORAIRE DES MESSES :
Depuis le 15 mai, les messes des évêques sont disponibles en direct tous les jours du lundi au samedi à 12h15 et le dimanche à 10h30, sur notre site internet et sur notre chaîne YouTube. Les vidéos demeurent en ligne et peuvent être visionnées en tout temps. 

CRISE SANITAIRE : MGR CHARLES MOREROD INVITE LES PAROISSES À LA SOLIDARITÉ

Crise sanitaire : Mgr Charles Morerod invite les paroisses à la solidarité
Diocèse LGF le vendredi 15 mai 2020 à 14h48

Dans le contexte de crise sanitaire et économique actuelle, Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, souhaite que les églises de son diocèse, toujours ouvertes, deviennent des lieux de récolte de nourriture et de produits de première nécessité.

L’évêque demande aux paroisses de son diocèse, dès maintenant, de faire appel à la générosité des fidèles en les invitant à venir déposer des denrées alimentaires et produits de première nécessité et en assurant la distribution aux personnes dans le besoin, le tout dans le respect des normes sanitaires. 

Ces actions se poursuivront dès la reprise des messes publiques, où les fidèles – dans la mesure du possible et selon leurs moyens – pourront se rendre à l’église avec leurs « offrandes ». 

S’engager pour les plus démunis fait partie de la vie chrétienne. Le cas de pandémie a déjà révélé dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg une forte mobilisation (souvent œcuménique) dans l’accompagnement des plus fragiles. L’évêque remercie tous les acteurs de cette solidarité, parmi lesquels de nombreux bénévoles !

Aide fournie par l’Eglise aux démunis : Quelques exemples parmi d’autres dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Dans le canton de Vaud, ce sont plus de 440 familles qui sont soutenues directement par des distributions alimentaires, et 200 familles en collaboration avec des associations existantes. Le foyer Saint-Vincent de Paul, resté ouvert pendant la pandémie, accueille toujours des femmes et des enfants de la rue et l’église saint François à Renens offre un accueil de jour. 

Dans le canton de Genève, la « Pastorale des Milieux ouverts » propose, à la paroisse de Montbrillant, un repas est servi trois fois par semaine, suivi d’un moment de repos autour d’un café ou d’une activité de jardinage. Un espace douche, accès à un lave-linge, et un nouveau vestiaire ont été ouverts au Temple de la Servette. En collaboration avec cette action, la paroisse Sainte-Clotilde a lancé un appel sur les réseaux sociaux en en vue de collecter des biens de première nécessité. Grâce à la chaîne du bonheur et des dons privés des paniers sous forme de bons d’achat sont distribués à près de 100 familles. De plus, un soutien scolaire a été proposé, tout comme la confection de masques destinées aux personnes en situation précaire. 

Dans le canton de Neuchâtel, des livraisons de nourriture dans les familles sont en train d’être mises sur pied. 

Parmi les catholiques, de nombreuses personnes s’engagent, bénévolement, dans les rangs d’associations caritatives (sans lien ecclésial direct). 

Le Service diocésain de la communication