ACATHISTE À LA MÈRE DE DIEU

Acathiste à la Mère de Dieu - Tradition Spirituelle Bénédictine

Acathiste à la Mère de Dieu

Un « acathiste » est une hymne que l’on écoute debout. 
L’acathiste à la Mère de Dieu, le premier et le plus connu des acathistes.

Un ange, parmi ceux qui se tiennent devant la Gloire du Seigneur, fut envoyé dire à la Mère de Dieu :  » Réjouis-toi ! »

Annonciation — Wikipédia

Réjouis-toi en qui resplendit la joie du Salut
Réjouis-toi en qui s’éteint la sombre malédiction
Réjouis-toi en qui Adam est relevé de sa chute
Réjouis-toi en qui Ève est libérée de ses larmes

Réjouis-toi Montagne dont la hauteur dépasse la pensée des hommes 
Réjouis-toi Abîme à la profondeur insondable même aux anges 
Réjouis-toi tu deviens le Trône du Roi
Réjouis-toi tu portes en ton sein Celui qui porte tout

Réjouis-toi Étoile qui annonce le Lever du Soleil
Réjouis-toi tu accueilles en ta chair ton enfant et ton Dieu
Réjouis-toi tu es la première de la Création Nouvelle
Réjouis-toi en toi nous adorons l’Artisan de l’univers

Réjouis-toi Épouse inépousée !

La Toute-Sainte répondit à l’ange Gabriel avec confiance :  » Voilà une parole inattendue, qui paraît incompréhensible à mon âme, car tu m’annonces que je vais enfanter, moi qui suis vierge. « 

Alléluia, alléluia, alléluia !

Pour comprendre ce mystère qui dépasse toute connaissance, la Vierge dit au Serviteur de Dieu :  » Comment, dis-moi, me sera-t-il passible de donner naissance à un fils alors que je ne connais pas d’homme ?  » Plein de respect, l’ange l’acclame :

Réjouis-toi tu nous ouvres au secret du Dessein de Dieu
Réjouis-toi tu nous mènes à la confiance dans le silence
Réjouis-toi tu es la première des merveilles du Christ Sauveur
Réjouis-toi tu récapitules la richesse de sa Parole

Réjouis-toi Échelle en qui Dieu descend sur la terre
Réjouis-toi Pont qui unit la terre au ciel
Réjouis-roi Blessure inguérissable pour l’adversaire

Réjouis-roi ineffable Mère de la Lumière
Réjouis-toi tu as gardé en ton coeur le Mystère
Réjouis-toi en qui est dépassé le savoir des savants
Réjouis-toi en qui est illuminée la foi des croyants

Réjouis-toi Épouse inépousée !


La puissance du Très-Haut reposa sur l’Inépousée et comme un jardin au beau fruit, elle porta le Salut pour tous ceux qui désirent le cueillir.

Alléluia, alléluia, alléluia !

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE: VISITATION de la TRÈS SAINTE VIERGE MARIE | Vierge  marie, Art chrétien, Vierge


Portant le Seigneur dans son sein, Marie partit en hâte chez Élisabeth. Lorsqu’il reconnut la salutation de Marie, l’enfant se réjouit aussitôt, bondissant d’allégresse comme pour chanter à la Mère de Dieu :

Réjouis-toi Jeune pousse au Bourgeon immortel
Réjouis-toi Jardin au Fruit qui donne Vie
Réjouis-toi en qui a germé le Seigneur notre Ami
Réjouis-toi tu as conçu le Semeur de notre vie

Réjouis-toi Champ où germe la Miséricorde en abondance
Réjouis-toi Table qui offre la Réconciliation en plénitude
Réjouis-toi tu prépares l’Espérance du Peuple en marche
Réjouis-toi tu fais jaillir la Nourriture d’Éternité

Réjouis-roi Parfum d’une offrande qui plaît à Dieu
Réjouis-toi en qui tout l’univers est réconcilié
Réjouis-toi Lieu de la bienveillance de Dieu pour les pécheurs
Réjouis-toi notre assurance auprès de Dieu

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Dieu nous parle-t-il en songes ?


Joseph le Sage se troubla, secoué par une tempête de pensées contradictoires. Il te vit inépousée et te soupçonna d’un amour caché, toi l’Irréprochable. Mais, apprenant que ce qui avait été engendré en toi venait de l’Esprit-Saint, il s’écria :

Alléluia, alléluia, alléluia !

Fichier:L'Adoration des bergers - Poussin - Alte Pinakothek München.jpg —  Wikipédia

Quand les bergers entendirent les anges chanter la venue du Christ en notre chair, ils ont couru contempler leur Pasteur reposant sur le sein de Marie en Agneau Immaculé. Ils exultèrent en chantant :

Réjouis-toi Mère de l’Agneau et du Pasteur
Réjouis-toi Maison des brebis rassemblées
Réjouis-toi Protection contre le loup qui disperse
Réjouis-toi en ta chair s’ouvre la Porte qui conduit au Père

Réjouis-toi en qui les cieux se réjouissent avec la terre
Réjouis-toi en qui la terre exulte avec les cieux
Réjouis-toi tu donnes l’assurance à la parole des Apôtres
Réjouis-toi tu donnes la force au témoignage des Martyrs

Réjouis-toi inébranlable soutien de notre foi
Réjouis-toi tu sais la splendeur de la grâce
Réjouis-toi en qui l’Enfer est dépouillé
Réjouis-toi en qui nous sommes revêtus de gloire

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les rois mages étaient-ils en fait des astrologues ?

Les Mages ont vu l’astre qui conduit à Dieu. Marchant à sa clarté comme on saisit un flambeau, ils ont trouvé la Lumière véritable. Tout proches de Celui que personne n’a jamais vu, ils acclament sa Mère :

Alléluia, alléluia, alléluia !

Ceux qui savent lire les signes des astres ont reconnu dans les bras de la Vierge le Créateur des hommes ; dans les traits de Celui qui a pris condition d’esclave ils ont adoré leur Maître. Avec empressement ils l’honorèrent de leurs présents en chantant à la Toute-Bénie :

Réjouis-toi Mère de l’Astre sans déclin
Réjouis-toi Reflet de la clarté de Dieu
Réjouis-toi en qui s’éteint la brûlure du mensonge
Réjouis-toi en qui s’illumine pour nous la Trinité d’Amour

Réjouis-toi en qui l’inhumaine puissance est défaite
Réjouis-toi tu nous montres le Christ Seigneur Ami des hommes
Réjouis-toi en qui les idoles païennes sont renversées
Réjouis-toi tu nous donnes d’être libérés des oeuvres mauvaises

Réjouis-toi en qui s’éteint l’idolâtrie du feu païen
Réjouis-toi en qui nous sommes affranchis du feu des passions
Réjouis-toi tu conduis les croyants vers le Christ Sagesse
Réjouis-toi Allégresse de toutes les générations

Réjouis-toi Épouse inépousée !

REJOUIS-TOI, EPOUSE INEPOUSEE ! Icônes de la Mère de Dieu

Les Mages s’en retournèrent à Babylone en témoins, porteurs de Dieu. Là ils annoncèrent la Bonne Nouvelle et accomplirent les Écritures en te proclamant devant tous comme Messie. Hérode resta seul, livré à sa sottise, incapable d’entrer dans la louange :

Alléluia, alléluia, alléluia !

Rappel pour emmerder les réacs : Jésus était un Migrant né d'une gestation  pour autrui (GPA)

Ô Sauveur, tu as porté en Égypte l’éclat de la vérité et tu en as chassé les ténèbres du mensonge. Les idoles du pays de l’esclavage se sont placées sous ta puissance et ceux que tu as ainsi délivrés du péché se tournent vers la Mère de Dieu pour lui chanter :

Réjouis-toi en qui l’homme est relevé
Réjouis-toi en qui les démons sont défaits
Réjouis-toi tu démasques le piège des idoles

Réjouis-toi Mère où trouve sa perte le Pharaon qui se tient dans l’esclavage du péché
Réjouis-toi Rocher d’où jaillit la Source qui abreuve les assoiffés
Réjouis-toi Colonne du Feu qui illumine notre marche dans la nuit
Réjouis-toi Manteau aussi vaste que 1a Nuée pour ceux qui sont sans recours

Réjouis-toi tu portes le vrai Pain du ciel qui remplace la manne
Réjouis-toi Servante du Festin où nous avons part aux réalités du ciel
Réjouis-toi Belle terre de la foi où s’accomplit la Promesse
Réjouis-toi Pays ruisselant de lait et de miel
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Lorsque Siméon fut au seuil de la mort, Seigneur, tu lui fus présenté comme un enfant mais il reconnut en toi la perfection de la Divinité. Plein d’admiration pour ton Être qui n’a pas de fin, il chanta :

Alléluia, alléluia, alléluia !

7 - Réjouis-toi Marie, notre Avocate ! - Jésus par Marie

Le Créateur a fait une Oeuvre Nouvelle lorsqu’il se rendit visible à nos yeux. Il a pris chair dans le sein d’une vierge en la gardant dans son intégrité, pour qu’à la vue de cette merveille nous chantions :

Réjouis-toi Fleur de l’Être inaltérable de Dieu
Réjouis-toi Couronne de son amour virginal
Réjouis-toi Figure qui resplendit de la Résurrection du Seigneur
Réjouis-toi tu partages avec les anges la clarté du Royaume

Réjouis-toi Arbre dont le Fruit splendide nourrit les croyants
Réjouis-toi Feuillage dont l’ombre procure la fraîcheur aux multitudes
Réjouis-toi tu enfantes la rançon des captifs
Réjouis-toi tu portes dans ta chair le Guide des égarés

Réjouis-toi notre Avocate auprès du Juge juste et bon
Réjouis-roi en qui arrive le pardon pour la multitude
Réjouis-toi Tunique d’espérance pour ceux qui sont nus
Réjouis-toi Amour plus fort que tout désir

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Quand nous contemplons cet enfantement inhabituel nous devenons étrangers à notre monde habituel et notre esprit se tourne vers les réalités d’en haut. Car le Très-Haut s’est révélé aux hommes dans l’abaissement pour élever ceux qui croient en lui.

Alléluia, alléluia, alléluia !

Icône de la Vierge de tendresse (Mère de Dieu de Vladimir)

Le Verbe que rien ne contient a pris chair dans notre condition humaine sans cesser d’être Dieu. En venant habiter le monde d’en-bas, il n’a pas quitté pour autant les réalités d’en-haut, mais il est descendu tout entier dans le sein d’une Vierge qu’il a habitée de sa divinité :

Réjouis-toi Temple du Dieu de toute immensité
Réjouis-toi Porche du Mystère enfoui depuis les siècles
Réjouis-toi incroyable nouvelle pour les incroyants
Réjouis-toi Bonne Nouvelle pour les croyants

Réjouis-toi Vaisseau choisi où vient à nous Celui qui surpasse les Chérubins
Réjouis-toi Demeure très sainte de Celui qui siège au-dessus des Séraphins
Réjouis-toi en qui les contraires sont conduits vers l’Unité
Réjouis-toi en qui se joignent la virginité et la maternité

Réjouis-toi en qui la transgression reçoit le pardon
Réjouis-toi en qui le Paradis s’ouvre à nouveau
Réjouis-toi Clef du Royaume du Christ
Réjouis-toi Espérance des biens éternels

Réjouis-toi Épouse inépousée !

image pieuse - Page 2 | Tambour enfant, Naissance de jésus, Images

Tous les anges du ciel ont été frappés de stupeur devant la prodigieuse oeuvre de ton Incarnation, Seigneur, car toi le Dieu que nul n’a jamais vu, tu t’es rendu visible à tous et tu as demeuré parmi nous. Tous nous t’acclamons :

Alléluia, alléluia, alléluia !

Devant toi, ô Mère de Dieu, les orateurs bavards sont muets comme des poissons, incapables de dire comment tu as pu enfanter et demeurer vierge. Remplis d’étonnement, nous contemplons en toi le Mystère de la Foi :

Réjouis-toi Trône de la sagesse éternelle
Réjouis-toi Écrin du dessein bienveillant de Dieu
Réjouis-toi tu conduis les philosophes aux limites de leur sagesse
Réjouis-toi tu mènes les savants aux frontières du raisonnement

Réjouis-toi devant qui les esprits subtils deviennent hésitants
Réjouis-toi devant qui les littérateurs perdent leurs mots
Réjouis-toi devant qui se défont les raisonnements les plus serrés
Réjouis-toi car tu montres Celui dont la Parole agit avec puissance

Réjouis-toi en qui nous sommes tirés de l’abîme de l’ignorance
Réjouis-toi en qui nous accédons à la plénitude du Mystère de Dieu
Réjouis-toi Planche de salut pour ceux qui aspirent à la pleine vie
Réjouis-toi Havre de paix pour ceux qui se débattent dans les remous de leur vie

Réjouis-toi Épouse inépousée !

L' Agneau de Dieu |

Dans sa volonté de sauver toute sa création, le Créateur de l’univers a choisi d’y venir lui-même. Pour refaire en nous son image à sa ressemblance divine, il est devenu l’Agneau, lui notre Dieu et notre Pasteur.

Alléluia, alléluia, alléluia !

10 - Réjouis-toi Marie, Porte du salut ! - Jésus par Marie

En toi Vierge Marie, Mère de Dieu, trouvent refuge ceux qui ont fait choix de virginité et qui se tournent vers toi. Car le Créateur du ciel et de la terre t’a façonnée, ô Immaculée, en venant demeurer dans ton sein. Tous, il nous apprend à t’acclamer :

Réjouis-toi Mémorial de 1a virginité
Réjouis-toi Porte du Salut
Réjouis-toi premier fruit du Royaume Nouveau
Réjouis-toi en qui resplendit la merveille du don gratuit

Réjouis-toi en qui sont régénérés les esprits accablés
Réjouis-toi en qui sont fortifiés ceux que leur passé a blessé
Réjouis-toi car tu enfantes Celui qui nous délivre du Séducteur
Réjouis-toi car tu nous donnes la Source de la chasteté

Réjouis-toi Chambre nuptiale où Dieu épouse notre humanité
Réjouis-toi tu confies au Dieu d’amour ceux qui se donnent à lui
Réjouis-toi Nourriture du Seigneur pour ceux qui ont pris le chemin de virginité
Réjouis-toi tu conduis les croyants à l’intimité avec l’Époux

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Toutes nos hymnes de louange sont impuissantes à chanter, Seigneur, la profusion de ta miséricorde infinie. Seraient-elles aussi nombreuses que le sable de la mer, jamais elles ne parviendraient à égaler la richesse du don que tu nous as fait.

Alléluia, alléluia,, alléluia !

11 - Réjouis-Toi Marie, Aurore du Soleil levant ! - Jésus par Marie

Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau qui a porté la Lumière dans les ténèbres. Embrasée par la flamme du Verbe de Dieu qu’elle accueille dans sa chair, elle conduit tout homme à la connaissance de Dieu, illuminant l’intelligence de sa Splendeur. Joyeusement nous l’acclamons :

Réjouis-toi Aurore du Soleil levant
Réjouis-toi Flambeau qui porte la Lumière véritable
Réjouis-toi Éclat de Celui qui illumine notre coeur
Réjouis-toi devant toi l’Ennemi est frappé de terreur

Réjouis-toi Porte de la Lumière étincelante
Réjouis-toi Source d’une Eau jaillissant en Vie éternelle
Réjouis-toi Image vivante de la piscine du baptême
Réjouis-toi en qui nous sommes lavés de la souillure du péché

Réjouis-toi Bassin où nous est donné un esprit renouvelé
Réjouis-toi Coupe où nous puisons la Joie
Réjouis-toi en qui nous respirons le parfum du Christ
Réjouis-toi Source intarissable d’allégresse

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Il a voulu faire grâce des anciennes dettes à tous les hommes. De lui-même il est venu habiter chez les siens, parmi ceux qui vivaient loin de sa Grâce et déchirant leurs billets de créance, il entendit de toutes les bouches sortir cette acclamation :

Alléluia, alléluia, alléluia !

12 - Réjouis-Toi Marie, Tabernacle du Dieu Vivant ! - Jésus par Marie

Nos voulons, ô Mère de Dieu, chanter ton enfantement, te louer comme le Temple vivant que le Seigneur a sanctifié et glorifié en demeurant dans ton sein, lui qui tient tout dans sa Main :

Réjouis-toi Tabernacle du Dieu vivant
Réjouis-toi Sanctuaire qui contient le Seul Saint
Réjouis-toi Arche de la Nouvelle Alliance dorée par l’Esprit
Réjouis-toi Trésor inépuisable de la Vie

Réjouis-toi Diadème de grand prix pour les gouvernants
Réjouis-toi Gloire vénérable des prêtres de Dieu
Réjouis-toi Solide Tour qui garde l’Église
Réjouis-toi Rempart inébranlable de la Cité
Réjouis-toi en qui surgit le Trophée de notre victoire
Réjouis-toi en qui sonne la déroute de notre Ennemi
Réjouis-toi Guérison de mon corps
Réjouis-toi Salut de mon âme

Réjouis-toi Épouse inépousée !

Ô Mère bénie entre toutes, toi qui as enfanté le Verbe de Dieu, le Seul Saint, reçois l’offrande de notre prière. Garde-nous de tout malheur et de toute menace, nous qui te chantons d’un même coeur :

Alléluia, alléluia, alléluia !

Alléluia! - YouTube

Source: Ursulines

Sainte Marie, Mère de Dieu : une maternité portée par tous les baptisés

vierge à l'enfant
© Fred de Noyelle / Godong

Sainte Marie, Mère de Dieu : une maternité portée par tous les baptisés

À l’image de la Vierge Marie, les chrétiens peuvent « mettre Dieu au monde » en accomplissant Sa volonté. Ce privilège est attesté par les paroles de Jésus lui-même. 

La Tradition a toujours compris la Vierge Marie comme la figure de l’Église. Autrement dit, tout ce qui est dit de la mère du Christ peut être affirmé également de l’Église. Par exemple, en professant l’assomption de la Vierge à la fin de son existence terrestre, la foi nous apprend qu’un jour toute l’Église sera elle aussi élevée au ciel comme l’assemblée des ressuscités chantant avec les anges la louange du Très-Haut. Dans cet ordre d’idée, cette équivalence entre mystère marial et mystère de l’Église vaut-elle également pour le dogme de la maternité divine de Marie ? Rappelons au passage que Marie est mère de la personne divine du Verbe, non de sa divinité — car la génération humaine a toujours pour terme une personne, non un simple corps organique. Or, la personne à laquelle appartiennent toutes les actions du Christ, vrai Dieu et vrai homme, est la seconde personne de la Trinité, c’est-à-dire une personne divine. Voilà pourquoi Marie est mère de Dieu, non d’un être humain qui « porterait » Dieu.

Revenons à notre question : pouvons-nous enfanter Jésus en nous comme le fit Marie ? On objectera que seule la Vierge a engendré à la vie humaine le Fils éternel du Père en lui donnant une nature similaire à la nôtre. Jésus ne pouvant naître humainement qu’une seule fois (comme tous les hommes), comment pourrions-nous à notre tour donner naissance charnellement au Verbe divin, à la deuxième Personne de la Trinité ? C’est ici qu’il convient de saisir spirituellement la manière convenable de transposer la maternité divine de Marie à l’Église et à ses membres, c’est-à-dire à nous-mêmes.

Mettre Jésus au monde en faisant la volonté de Dieu

Jean Tauleur, un mystique du XVIe siècle, disait qu’à Noël étaient célébrées trois naissances : la naissance dans l’éternité du Fils auquel le Père donne la divinité ; la naissance de Jésus à Bethléem de la Vierge Marie ; enfin la naissance de Dieu en nos âmes. Il s’agit donc de donner naissance à Dieu en nous, de même que Marie le fit charnellement dans la ville de David. Mais de quelle façon ? Pour éclaircir ce mystère, le plus simple est de reprendre les paroles que Jésus adressa à ses disciples à un moment précis de son ministère public, tandis que sa famille charnelle désirait le voir : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? […] Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère » répondit-il à ceux qui l’avertissaient que les siens le cherchaient (Mc 3, 34-35). Donc, en accomplissant la volonté du Père, nous devenons la mère de Jésus ! Essayons de pénétrer la raison profonde de la réponse déconcertante du Christ.

L’agir du chrétien, s’il est conforme à la charité de Jésus, s’apparente de la sorte à un enfantement du Christ en lui.

D’abord, faire la volonté de Dieu fut la nourriture de Jésus toute sa vie (Jn 4, 34). Il ne vivait que pour elle. Aimant le Père passionnément, son existence n’avait d’autre boussole que l’accomplissement de Ses desseins. Telle était la conséquence de son statut de Fils de Dieu. Chaque geste qu’il posait était comme un engendrement prolongé par le Père. Aussi, le fidèle qui met ses pas dans les siens en accomplissant la volonté divine, devient-il pareillement un autre Christ. Ses actes reflètent et concrétisent ici et maintenant le dessein de Dieu que le Christ a porté à la perfection en sa personne et en ses actes — actes dont son disciple peut s’inspirer avec son talent propre, car le christianisme est une école de créativité, non un conditionnement pour automates mimétiques. L’agir du chrétien, s’il est conforme à la charité de Jésus, s’apparente de la sorte à un enfantement du Christ en lui. Il met au monde le Fils de Dieu en faisant progresser le Royaume, ce Royaume que le Christ est lui-même selon Origène.

Enfanter Jésus pour nos frères

Tout chrétien conséquent qui met en pratique ce qu’il a appris de la bouche de Jésus, enfante donc en lui la volonté du Père — cette volonté incarnée en Jésus. Il consolide de la sorte son être de fils de Dieu. À l’instar de Marie, il donne Jésus au monde en étendant le règne du Christ dans les cœurs. En servant ses frères, il contribue à ce que l’Amour relie les hommes entre eux et qu’ainsi la paternité divine gagne du terrain sur la rivalité mimétique, la compétition, la jalousie et la défiance entre les enfants de Dieu.

Certes, à Bethléem, Marie a déjà donné naissance à Dieu en enfantant Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Cependant, la Vierge n’a pas achevé son rôle d’engendrement le jour de Noël. Elle continue son office de maternité divine en enfantant Jésus dans les disciples de son Fils qui sont ses enfants. Avec l’aide de la Vierge et dans le prolongement de leur baptême, les chrétiens, devenus enfants de Dieu, sont appelés eux aussi à donner chair à Jésus en aimant leurs frères comme Jésus les aima et continue de les aimer au Ciel. De même que Jésus fut conçu de l’Esprit, de même le baptisé, qui est né une seconde fois d’eau et d’Esprit (Jn 3, 5), devient capable à son tour d’incarner en sa personne la beauté et la bonté de l’Évangile.

Ne pas rester spectateurs

Surtout, le chrétien doit être persuadé que sa « maternité divine » est de l’ordre de la foi et de la charité. Or, en cela, la grâce qui lui est donnée est similaire à la maternité de Marie. En effet, la Tradition a toujours reconnu que la Vierge était plus méritante d’avoir porté le Christ dans son cœur que dans son sein. Marie fut digne de donner naissance à Dieu. À ce titre, sa maternité divine, sans rien enlever à sa dimension charnelle, découle plus encore des grâces incomparables qui étaient celles de la jeune femme de Galilée. Sa maternité spirituelle fut plus importante que sa maternité physique. Cette primauté du spirituel est précisément ce qui fonde notre faculté de donner Jésus au monde sous la forme de notre charité et de notre serviabilité fraternelle. Dès lors, en aimant comme Marie, le chrétien engendre lui aussi Jésus de façon très concrète autour de lui et jusque dans sa propre personne. « Nous pouvons toujours être quelques spectateurs de plus à la crèche. Mais ce que Dieu nous demande, c’est d’être les acteurs de sa mise au monde » (Bruno Chenu, Croire sur Parole, Bayard, 2008).

Perles denfants : ces amoureux de la Vierge Marie – Diaporama

Source: ALETEIA, le 31 décembre 2020 par Jean-Michel Castaing

Comment la Vierge Marie nous accompagne tout au long de l’année ?

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Comment la Vierge Marie nous accompagne tout au long de l’année ?

En ce 1er janvier, nous fêtons la nouvelle année mais aussi la maternité divine de la Vierge Marie. Demandons donc à la Mère de Dieu de nous accompagner tout au long de ces nouveaux 365 jours qui s’ouvrent devant nous. 

Une semaine après Noël, l’Église célèbre solennellement la maternité divine de la Vierge Marie. Bien sûr, nous l’avons déjà fêtée à Noël : on ne saurait la dissocier de son Fils Jésus. Et c’est d’ailleurs pourquoi, pendant des siècles, dans la liturgie occidentale, il n’y eut pas de fête célébrant spécialement la maternité divine de Marie, hormis des traditions locales. C’est seulement le pape Pie XI qui étendit cette solennité à l’Église universelle, pour mieux marquer encore le privilège extraordinaire de Marie, Mère de Dieu. Elle tient en effet une place toute particulière dans l’Histoire du Salut : c’est par elle et en elle que le Fils de Dieu s’est fait homme pour sauver tous les hommes.

Une semaine après Noël, c’est aussi le premier jour de l’année nouvelle où nous aimons à échanger des vœux de bonheur avec ceux qui nous entourent. Le fait que ce jour-là soit consacré à Marie, Mère de Dieu est une invitation à lui confier ces vœux et toutes les personnes auxquelles nous les adressons. Invitation aussi à nous confier nous-mêmes à celle, qui mieux que personne, peut nous aider à trouver le vrai bonheur, tout au long de ces 365 jours qui s’ouvrent devant nous.

La Vierge Marie accompagne tous les parents

Marie est mère, Mère de Jésus et notre Mère. Demandons-lui sans cesse de nous aider dans notre mission de parents. Marie n’était pas une mère de famille comme les autres en tant que Mère de Dieu, mais elle était aussi une mère semblable aux autres, en tant que maman d’un vrai petit garçon « en chair et en os » qui avait besoin qu’on s’occupe de lui exactement comme tous les petits garçons de la terre. Il ne faut avoir, ni donner aux enfants, une vision éthérée de la Sainte Famille.

Comme toutes les mamans, Marie préparait les repas, lavait et changeait son bébé, lui apprenait à marcher et à ranger ses affaires. Elle aussi connaissait la fatigue des fins de journées et la lassitude, parfois, devant la vaisselle ou le linge à nettoyer. La vie de la Sainte Famille n’avait apparemment rien d’exceptionnel : ce qui était exceptionnel c’était l’amour infini avec lequel Marie, Joseph et Jésus accomplissaient toutes choses… à commencer par les petites choses très prosaïques qui remplissaient leurs journées comme elles remplissent les nôtres.

Marie nous apprend à dire « oui » à Dieu au quotidien

Marie, Mère de Dieu, est la première de toutes les créatures. Et pourtant, sa vie est toute discrète et humble, elle se soumet à la Loi juive comme toutes les autres femmes (par exemple pour la purification). Elle ne se fait pas remarquer. Dans les rues de Nazareth, à la fontaine, rien ne la distingue des autres femmes, personne ne peut deviner ce qu’il y a d’extraordinaire dans cette vie si ordinaire. Mairie nous apprend à tenir notre place, sans nous enorgueillir des talents que Dieu nous a donnés ou de ceux dont Il a comblé nos enfants. Elle nous apprend que la seule chose qui compte, c’est de désirer Dieu, de Lui dire « oui » en tout et partout, sans nous inquiéter ou nous glorifier de ce que ces « oui » peuvent nous conduire parfois sur des chemins extraordinaires.

Marie sait que tout lui vient de Dieu. C’est pourquoi elle est si joyeusement libre. Rappelons-nous le « Magnificat ». Marie nous apprend à savoir reconnaître nos dons, à les cultiver pour les faire fructifier mais en gardant toujours un cœur pauvre : le cœur de celui qui sait qu’il n’est rien tout seul et qu’il reçoit tout de Dieu.

Être en paix en toute circonstance

Marie, Mère de Dieu, est aussi fille de Dieu et elle se sait aimée au-delà de tout. Elle a confiance, pleinement, même si elle ne connaît de l’avenir que la terrible prophétie de Siméon, au Temple de Jérusalem : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre » (Lc 2, 34-35).

Imaginons-nous entendant une telle prophétie moins de deux mois après la naissance de notre bébé. Maire, elle, ne se laisse pas troubler. Elle n’est pas insensible, au contraire, ni blindée contre l’inquiétude maternelle ; il suffit de relire l’évangile du recouvrement de Jésus au Temple : « Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » (Lc 2, 48). La foi n’est pas un tranquillisant et la foi de Marie ne l’empêche nullement de souffrir comme toute mère – et même davantage car elle aime davantage. Mais elle reste toujours plongée en Dieu, ce qui fait que rien ne la trouble profondément. Tout se joue en elle sur fond de paix joueuse et indestructible. C’est cette paix que nous pouvons lui demander, en ce début de l’année, pour nos familles et le monde entier.

Source: ALETEIA, le 31 décembre 2020, par Christine Ponsard

Comment Theotokos est devenu le nom parfait de la Vierge Marie

The Immaculate Conception
© Francisco Rizi (1608–1685)

Comment Theotokos est devenu le nom parfait de la Vierge Marie

Le 1er janvier, la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, célèbre la proclamation de Marie comme étant la Theotókos. C’est l’Église primitive qui a décidé de résumer la maternité de Marie en cet unique mot grec.

En l’an 431, un âpre débat éclate au sein de l’Église catholique à propos de l’une des dénominations de la Vierge Marie. Le conflit requiert même la tenue d’un concile œcuménique exceptionnel dans la ville d’Éphèse afin de trancher la question. Deux points de vue s’opposent, l’un soutenu par le patriarche Nestorius de Constantinople, l’autre par saint Cyril d’Alexandrie. Nestorius estime que Marie devait être appelée Christotokos, « Mère du Christ » (litt. « Celle qui porta le Christ » ou « Celle qui donna naissance au Christ »). Nestorius employait là un terme qui laissait entendre que pour lui, le Christ était constitué de deux entités ou personnes distinctes, l’une divine et l’autre humaine. Dès lors, la Vierge Marie, en donnant chair à Jésus, pouvait être appelée Mère du Christ mais pas Mère de Dieu », explique Fr. Dwight Longnecker dans l’article qu’il consacre à ce sujet.

Face à lui, saint Cyril et de nombreux évêques considèrent, eux, que le terme adéquat pour désigner la Vierge devait être Theotokos, la Mère de Dieu (litt. « Celle qui porta Dieu » ou « Celle qui donna naissance à Dieu »). Cette terminologie permet d’attester que Jésus est bien « une personne de deux natures qui sont unies ». Une écrasante majorité se prononce en faveur de l’appellation Theotokos et Nestorius est déchu de son statut de patriarche de Constantinople. Le titre de « Mère de Dieu » ne signifie pas que Marie aurait existé avant Dieu ou l’aurait créé, mais qu’elle a donné naissance à Jésus qui est pleinement Dieu et pleinement homme. Voici comment ce mystère est formulé dans le Catéchisme de l’Église catholique : « Celui qu’elle a conçu comme homme du Saint-Esprit et qui est devenu vraiment son Fils selon la chair, n’est autre que le Fils éternel du Père, la deuxième Personne de la Sainte Trinité. L’Église confesse que Marie est vraiment Mère de Dieu(Theotokos) (cf. DS 251). »

Les chrétiens de tradition orthodoxe et byzantine continuent d’utiliser cette appellation, qu’ils préfèrent à toute autre. Les paroles de l’un de leurs anciens cantiques résument cette vérité complexe de manière poétique : « Celui que l’univers entier ne pouvait contenir fut contenu en votre sein, Ô Theotokos. » La décision de nommer Marie Theotokos constitua un tournant dans l’histoire de l’Église. Ce choix permit de clarifier sa position concernant la personne de Jésus et de consolider son enseignement quant à la nature de l’incarnation du Christ. Les croyances portées par l’Église depuis le temps des premiers apôtres à propos de la personne de Jésus furent en somme ratifiées lors du concile d’Éphèse. 

De plus, l’attribution de ce nom permit de confirmer le rôle privilégié de Marie dans l’histoire du Salut, et d’approfondir la compréhension du grand mystère qui se déroula en son sein. En 1931, à l’occasion du quinzième centenaire du concile d’Éphèse, le pape Pie XI instaura la fête de la Maternité Divine de Marie le 11 octobre. Après Vatican II, la fête fut reportée au 1erjanvier et s’intitule depuis Solennité de Marie, Mère de Dieu.

Source: ALETEIA, le 27 octobre 2017