« Non, ce n’est pas mal de critiquer l’Eglise quand on l’aime » : l’homélie de la messe des évêques à Lourdes

« Non, ce n’est pas mal de critiquer l’Eglise quand on l’aime » : l’homélie de la messe des évêques à Lourdes

A Lourdes, dimanche, l’homélie de la messe télévisée retransmise en direct sur France 2 n’a pas été prononcée par un évêque en exercice, mais par Mgr André Dupuy, ancien nonce apostolique et chapelain du sanctuaire. Un choix délibéré en pleine assemblée plénière sur le rapport de la CIASE.

A la veille de la clôture de leur assemblée plénière d’automne, marquée par la réception du rapport de la CIASE sur les abus sexuels dans l’Eglise, les évêques de France ont célébré dimanche 7 novembre la messe dominicale en direct sur France 2. Mais, contrairement aux habitudes, ils ont décidé que l’homélie ne serait pas prêchée par un évêque en exercice. « Pendant ces jours en assemblée, nous avons choisi de ne pas prêcher pour rester sous la parole de Dieu », a indiqué en début de célébration, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France. C’est l’ancien nonce apostolique et chapelain de Lourdes, Mgr André Dupuy, qui a accepté de prononcer l’homélie sous la voûte de la basilique Notre-Dame du Rosaire. Voici son texte, marqué par l’actualité dramatique de la pédocriminalité dans l’Eglise.

Homélie de Mgr André Dupuy, basilique Notre-Dame du Rosaire

« Eglise, combien tu es contestable. Et combien je t’aime. Combien tu m’as fait souffrir, et combien je te suis redevable. Que de fois tu m’as scandalisé et pourtant tu m’as fait comprendre la sainteté ». Frères et sœurs, cette émouvante apostrophe est adressée à l’Eglise par un disciple de Charles de Foucauld. Carlo Carretto, le fondateur des petits frères de l’Evangile. J’étais plongé dans sa lecture lorsque me parvint l’invitation à prononcer l’homélie de cette messe célébrée à l’occasion de l’assemblée plénière des évêques. Sur le moment, j’ai été abasourdi. Non qu’il s’agit d’une obligation en soi pesante, mais en la circonstance fort peu dans mes cordes. Parce que la chaire n’est pas le prétoire, j’ai accepté.

Les textes liturgiques de ce dimanche seront notre guide. Ils tracent un chemin de conversion. J’ai cité en commençant le frère Carretto, pour la raison que ce Jean-Baptiste des temps modernes n’a jamais recouvert de silence ce qui devait être connu, non plus que ses convictions religieuses les plus intimes. Son authenticité me séduit.

L’authenticité. Elle est au cœur de l’épisode que nous venons de lire dans l’évangile de Marc. C’est au nom de l’authenticité que Jésus fustige l’hypocrisie du gratin religieux de Jérusalem. Elle dissimule mal l’abime entre la piété affectée des scribes imposteurs et leur conduite odieuse. C’est au nom de l’authenticité que Jésus met en lumière le geste inaperçu de tous sauf de lui. De la veuve du temple. En dépit de son indigence, elle donne ses dernières piécettes au trésor. La veuve du temple en rappelle une autre, celle de Sarepta qui, mille ans, auparavant donna son dernier pain au prophète Elie. Deux femmes, deux pierres vivantes de l’Eglise. Elles sont exemplaires. Leur générosité n’a aucun rapport avec les moyens dont elles disposent. Elle part du cœur. D’un don infime que la veuve du temple met dans le tronc, le trésor est grossi au-delà de toute mesure. De son ultime poignée de farine et de sa dernière goutte d’huile, la veuve de Sarepta sauve Elie.

Frères et sœurs, aujourd’hui encore il nous est donné de le vérifier : les petits gens ne se plongent pas dans des calculs de dégrèvements fiscaux au moment de donner, ils prennent sur leur indigence. Les vrais pauvres savent que ce n’est pas le montant qui compte mais l’esprit qui inspire le don. La part coûteuse arrachée de soi qui lui confère son aloi.

L’authenticité. Dans un monde où la Parole de Dieu est de moins en moins entendue, se laisser nourrir par elle reste le seul moyen de changer à l’eau vive la mer morte qu’est devenue notre société. Frères et sœurs, pour nous chrétiens c’est un devoir d’être authentique. D’avoir la passion et le courage de l’authenticité. Que les agresseurs, qui avaient pourtant reçu mission d’enseigner que le joug du Seigneur est facile à porter et son fardeau léger, aient imposé à des victimes innocentes des croix insupportablement lourdesfait outrage à l’authenticité. Mais ce drame de l’hypocrisie ne doit pas occulter l’attitude exemplaire de tant de fils et de filles de l’Eglise qui s’efforcent quotidiennement de vivre leur fidélité et d’être authentique. Le reconnaître est un devoir de justice.

Frères et sœurs, je sais que l’Eglise est à même de conduire sur le chemin de la sainteté. Je sais aussi que, pour réparer les offenses subies, panser les blessures, aider à refaire surface, guérir les traumatismes, il faut traiter avec la plus grande charité celui et celle qui a été sali dans son intégrité. Frères et sœurs, pour fuir un monde de ténèbres, il convient de suivre l’exemple de l’authenticité de la veuve de Sarepta et de la veuve du Temple. Leur geste, communément passé inaperçu ou dénué de sens, est regardé comme une folie aux yeux du monde. Il est lumière.

J’ai introduit cette homélie par une apostrophe du fondateur des petits frères de l’Evangile, je la conclus en le citant une nouvelle fois : « non, ce n’est pas mal de critiquer l’Eglise quand on l’aime, c’est mal de la contester quand on se tient sur la touche comme des purs. Non, ce n’est pas mal de dénoncer le péché et ses dépravations mais c’est mal de les attribuer seulement aux autres et de se croire innocent, pauvre, bon ». Amen

Source: FAMILLE CHRETIENNE, le 7 novembre 2021

Lourdes, l’un des sanctuaires marials les plus visités par les papes

Lourdes, l’un des sanctuaires marials les plus visités par les papes

Si saint Jean-Paul II a été le premier Pape à se rendre dans le sanctuaire marial de  Lourdes (sud de la France) en 1983, pour y retourner en 2004, suivi par Benoît XVI en 2008, six cardinaux futurs papes sont venus en pèlerinage avant leur élection. Dès les années 1890, cela a été le cas des futurs Benoît XV (1914-1922) et Pie XI (1922-1939).

C’est ce dernier qui béatifiera la voyante de Lourdes le 14 juin 1925 et la canonisera le 8 décembre 1933. Le futur Pie XII (1939-1958) est venu à Lourdes en 1935. Quant au cardinal Roncalli, peu avant de devenir Jean XXIII (1958-1963), il s’y est rendu pour consacrer la basilique Saint-Pie X, construite à l’occasion du 100e anniversaire des apparitions. Le cardinal Montini, le futur Paul VI (1963-1978), est venu à deux reprises à Lourdes, en 1958 et 1962, tandis que le futur Jean-Paul 1er (août-septembre 1978) s’y est rendu en pèlerinage en 1975. 

Le pape saint Paul VI évoquait souvent Lourdes et sa signification évangélique : « Vous avez su garder au sanctuaire marial sa signification originale, sa note évangélique ; autour de l’exemple de Marie Immaculée et avec son intercession, ce pèlerinage permet un ressourcement de la foi dans la prière, la réconciliation avec Dieu, le partage fraternel », disait-il aux évêques de la région Midi-Pyrénées en 1967.

Adapté de : Aleteia

Prions:

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source: une minute avec Marie

Lourdes, cité des malades et cité de la joie !

Lourdes, cité des malades et cité de la joie !

Ce qui frappe le plus le pèlerin de Lourdes, ou surtout le simple visiteur, c’est la présence de nombreuses personnes malades et handicapées, dans l’enceinte des sanctuaires. Que serait Lourdes sans eux ? Ils sont partout et ont partout, ici, la première place.

Tous les blessés de la vie peuvent trouver à Lourdes un certain réconfort. À contrario, notre société fait comprendre, même indirectement, que la souffrance ne sert à rien et qu’elle est même un fardeau financier.

Officiellement, 80 000 personnes malades et handicapées de tous les pays se rendent à Lourdes chaque année. Ils viennent prendre appui sur le rocher de la grotte pour puiser la force de faire face à leur souffrance physique ou morale, pour trouver un sens à leurs épreuves.

Malgré le spectacle parfois insupportable de certaines plaies ou de certaines infirmités, on se sent ici dans un havre de paix et de joie. La joie, voilà bien la réalité de ce qui se vit dans le cœur de beaucoup de ces personnes durant leur passage à Lourdes. Dans l’imaginaire collectif, Lourdes est la cité des miracles, c’est-à-dire la cité des guérisons miraculeuses.

Les premières guérisons de Lourdes sont survenues pendant les apparitions. Presque aussitôt, des malades ont commencé à venir à la grotte, de plus en plus nombreux et de plus en plus loin. À cette époque, la vue des malades émeut si profondément certains qu’ils proposent spontanément leur aide. Le groupe de ces hommes et ces femmes de bonne volonté n’a cessé de croître, rendant aujourd’hui mille services dans les accueils de malades, à la gare, puis à l’aéroport, sur l’esplanade du rosaire, à la grotte, aux piscines. Ce sont les hospitalières et les hospitaliers.

Les malades comme les soi-disant bien portants se retrouvent au pied de la grotte des apparitions, devant la Vierge Marie : ils se portent les uns les autres par les sourires croisés, les gestes échangés et la prière partagée.

Lourdes et aussi Notre Histoire avec Marie

Voir : Hospitalité Notre-Dame de Lourdes

Prions:

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source: une minute avec Marie