10.09.2024 – RENCONTRE DU PAPE AVEC LES ÉVÊQUES, LES PRÊTRES, DIACRES ET PERSONNES CONSACRÉES À DILI – TIMOR ORIENTAL

Le Pape exhorte à diffuser le parfum de paix et de justice de l’Évangile

Lors de la rencontre ce mardi matin en la cathédrale de Dili avec les évêques, les prêtres, les séminaristes, les religieux, les personnes consacrées et les catéchistes, le Pape François les a encouragés à être le parfum de Jésus. Il les a aussi mis en garde contre la tentation de l’orgueil et de l’argent, invitant à prendre soin du peuple. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

C’est «au bout du monde» que se trouve le «centre de l’Évangile»: c’est par ce «paradoxe» que le Pape François, reprenant les mots du président de la conférence épiscopale est-timoraise, Mgr Amaral, souligne combien le Timor oriental est cher à son cœur. «Dans le cœur du Christ – nous le savons – les périphéries sont le centre». Mais c’est à partir d’un épisode relaté dans l’Évangile de Jean, celui de la visite de Jésus chez ses amis Lazare, Marie et Marthe, que le Saint-Père tisse son discours aux trois évêques du pays, aux prêtres, aux séminaristes, aux religieux et religieuses, aux personnes consacrées et aux catéchistes. Marie oint les pieds de Jésus d’un parfum. Et c’est ce parfum, celui du Christ lui-même, que nous sommes appelés à garder et à répandre.

«Vous êtes le parfum du Christ», s’exclame François, soulignant que «nous avons été oints d’une huile d’allégresse», ce qui fait dire à saint Paul que «nous sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ»«Comme un arbre de santal, toujours vert, fort, croissant et portant des fruits, vous êtes aussi des disciples missionnaires parfumés par l’Esprit Saint pour imprégner la vie de votre peuple», insiste-t-il.

Combattre la médiocrité et la mondanité

Ce parfum, il faut le garder «avec soin», précise le Pape, pour qu’il ne se fane pas et qu’il ne perde pas son odeur. Autrement dit, nous devons nous rappeler que «le parfum n’est pas pour nous-mêmes mais pour oindre les pieds du Christ, en annonçant l’Évangile et en servant les pauvres», et ne pas oublier d’être vigilant «car la médiocrité et la tiédeur spirituelle sont toujours à l’affût». François cite alors le cardinal De Lubac qui disait que «le pire qui peut arriver aux femmes et aux hommes d’Église est de tomber dans la mondanité, dans la mondanité spirituelle». Première mise en garde de François.

Le Pape dans la cathédrale de Dili

Le Pape dans la cathédrale de Dili

Invitant à regarder «avec gratitude»l’histoire qui nous a précédée, le Saint-Père préconise d’«attiser la flamme de la foi», en murissant dans la formation spirituelle, catéchétique et théologique, afin d’annoncer l’Évangile dans sa culture, et de la «purifier des formes archaïques et parfois superstitieuses»«La prédication de la foi doit s’inculturer dans votre culture et votre culture doit être évangélisée. Cela vaut pour tous les peuples, pas seulement le vôtre. Si une Église est incapable d’inculturer la foi, incapable d’exprimer la foi dans les valeurs propres de cette terre, elle sera une Église éthicienne et sans fécondité». Seconde mise en garde de François.

Renouveler l’élan missionnaire

Gardien de ce parfum, il faut maintenant le répandre. Dans ce second point, le Pape cite cette fois l’Évangile de Marc qui précise que Marie brise le vase d’onguent en voulant oindre les pieds de Jésus. Nous aussi nous devons trouver le courage de «casser» le vase, de «briser la carapace qui nous enferme souvent sur nous-mêmes et de sortir d’une religiosité paresseuse, confortable, vécue uniquement pour un besoin personnel».

Cela vaut pour l’Église du Timor oriental qui a besoin «d’un nouvel élan dans l’évangélisation» estime l’évêque de Rome pour que le parfum de l’Évangile soit celui de la «réconciliation et de paix après les années de souffrance de la guerre», soit un parfum «de compassion qui aidera les pauvres à se remettre sur pied et qui suscitera l’engagement de relever le niveau économique et social du pays», un parfum «de justice contre la corruption» qui peut entrer «dans nos communautés, dans nos paroisses». Troisième mise en garde de François qui poursuit sa description du parfum de l’Évangile, qui «doit être répandu contre tout ce qui humilie, défigure et même détruit la vie humaine, contre ces fléaux qui produisent le vide intérieur et la souffrance, tels que l’alcoolisme, la violence et le manque de respect pour les femmes». Le Pape interpelle alors directement les religieuses présentes qui doivent adresser le message que «les femmes sont ce qui est de plus important dans l’Église parce qu’elles prennent soin de ceux qui en ont le plus besoin»«Soyez les mères du peuple de Dieu» les exhorte-t-il.

Le ministère est un service

Les prêtres ne sont pas épargnés. «Vous venez du peuple, vous êtes nés de mères issues du peuple, vous avez grandi au sein du peuple, n’oubliez pas la culture du peuple que vous avez reçue. Vous n’êtes pas supérieurs. Cela ne doit pas vous faire sentir supérieurs aux gens, vous faire tomber dans la tentation de l’orgueil et du pouvoir». Quatrième mise en garde du Pape, qui précise que la tentation vient de l’argent. «Le ministère est un service» insiste-t-il. «Et si certains d’entre vous ne se sentent pas serviteur du peuple, allez demander conseil à un prêtre sage pour qu’il vous aide à avoir cette dimension si importante». Ce sont les plus pauvres les plus favorisés, rappelle le Pape et «jamais le prêtre ne doit profiter de son rôle, il doit toujours bénir, consoler, être un ministre de compassion et un signe de la miséricorde de Dieu».

Pour adoucir son message, à l’issue de son discours, François remercie les prêtres et les religieuses les plus âgés, nos modèles, conclut-il.

Source : VATICANNEWS, le 10 septembre 2024

Rencontre du Pape avec les évêques, les prêtres, les religieux, les agents pastoraux du Kazakhstan

Les évêques, les prêtres et les diacres, les hommes et les femmes consacrés, les séminaristes et les agents pastoraux se sont réunis dans la cathédrale de Nour-Soultan. Une structure à l’architecture simple, où François, arrivé en fauteuil roulant, est accueilli par des applaudissements, des fleurs et la musique des violons, des flûtes, des harpes et de la dombra, l’instrument typique kazakh auquel il a fait référence dans son premier discours.

La mémoire, une notion essentielle dans ce vaste pays multiculturel et multireligieux et si l’on peut voir ici au Kazakhstan des communautés chrétiennes si dynamiques, c’est avant tout grâce à la riche histoire qui a précédé, a d’abord expliqué l’évêque de Rome à son audience. Mais attention: «Il ne s’agit pas de regarder en arrière avec nostalgie, en restant bloqué sur les choses du passé et en se laissant paralyser dans l’immobilisme». Au contraire, a continué François, la mémoire est notre trésor, «Si nous perdons la mémoire vivante, la foi, les dévotions et les activités pastorales risquent de faiblir, d’être comme des feux de paille, qui brûlent rapidement mais s’éteignent vite».

Le Pape François en la cathédrale de Nour-Soultan, jeudi 14 septembre 2022.

Le Pape François en la cathédrale de Nour-Soultan, jeudi 14 septembre 2022. 

En faisant mémoire, a expliqué François, nous apprenons que la foi grandit avec le témoignage, invitant son auditoire à ne jamais se lasser de témoigner, et à voir la foi comme non comme un code fixé immobile mais comme un évènement toujours actuel, qui se produit ici et maintenant. «La foi n’est pas un bel étalage de choses du passé, mais un événement toujours actuel, la rencontre avec le Christ qui se produit ici et maintenant dans la vie !», a détaillé le Saint-Père.

L’avenir de la petite Eglise du Kazakhstan

En regardant l’immensité du pays dans lequel elle se trouve, l’Eglise locale pourrait se sentir petite et insuffisante, a poursuivi François. Mais: être petit, pauvre en esprit, est une béatitude, la première béatitude, «Il y a une grâce cachée en étant une petite Église, un petit troupeau ; au lieu de faire étalage de notre force, de notre nombre, de nos structures et de toute autre forme d’importance humaine, nous nous laissons conduire par le Seigneur et nous nous tenons humblement aux côtés des personnes.» 

«Riche en rien et pauvres en tout, nous marchons avec simplicité», a expliqué le Souverain pontife. Cependant, être petit nous rappelle que nous ne sommes pas autosuffisants. Nous avons besoin de nos sœurs et frères des autres religions: «C’est le devoir particulier de l’Église dans ce pays: ne pas être un groupe qui s’éternise dans les mêmes vieilles choses ou qui s’enferme dans sa coquille parce qu’il se sent petit, mais une communauté ouverte à l’avenir de Dieu, enflammée par le feu de l’Esprit : vivante, pleine d’espérance, ouverte à ses nouveautés et aux signes des temps, habitée par la logique évangélique de la semence qui porte du fruit dans un amour humble et fécond.»

Autre avertissement lancé par François: les communautés chrétiennes, en particulier le séminaire, doivent être «des écoles de sincérité» et non des milieux «rigides et formels».

Ici au Kazakhstan, l’Eglise est déjà synodale a conclu le Pape dans la cathédrale, «Je suis proche de vous et je vous encourage ! vivez de cet héritage avec joie et témoignez-en généreusement, afin que ceux que vous rencontrez puissent percevoir qu’il existe une promesse d’espérance qui leur est adressée à eux aussi», a-t-il dit sous les applaudissements.

Source: VATICANNEWS, le 15 septembre 2022