Une suite de Laudato si’ sera publiée le 4 octobre

Une suite de Laudato si’ sera publiée le 4 octobre

Au cours de l’audience générale du mercredi 30 août, le Pape François a annoncé qu’une deuxième partie de l’encyclique Laudato Si’ sera publiée le 4 octobre. «Il est nécessaire d’être aux côtés des victimes de l’injustice environnementale et climatique, en s’efforçant à mettre fin à cette guerre insensée contre notre maison commune, qui est une terrible guerre mondiale», a déclaré le Saint-Père. 

Vatican News

Durant l’audience générale du mercredi 30 août, le Pape François a confirmé la publication de la deuxième partie de l’encyclique Laudato si’, document consacré à «la protection de la maison commune». Cette extension du l’encyclique du 18 juin 2015 sera publiée le 4 octobre, peu après la célébration de la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. Prévue le 1er septembre, cette journée a pour thème cette année « Que la justice et la paix coulent ». 

«Le 1er septembre, nous célébrons la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création, inaugurant le Temps de la création qui durera jusqu’au 4 octobre, fête de saint François d’Assise. À cette date, je prévois de publier une exhortation, une seconde Laudato si’. Rejoignons nos frères et sœurs chrétiens dans notre engagement à prendre soin de la Création, don sacré du Créateur. Soutenons les victimes de l’injustice environnementale et climatique, en nous efforçant de mettre fin à la guerre insensée contre notre maison commune, qui est une terrible guerre mondiale. Je vous invite tous à travailler et à prier pour qu’elle regorge à nouveau de vie.»

Lors de son audience avec un groupe d’avocats des pays membres du Conseil de l’Europe lundi 21 août, le Pape avait déjà confié être en train d’écrire une deuxième partie de l’encyclique «afin de mettre à jour les problèmes actuels». Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, avait alors souligné qu’il s’agirait d’une lettre visant à répondre en particulier aux récentes crises climatiques.

Aux côtés des victimes de l’injustice environnementale

Le 4 octobre, «je prévois de publier une exhortation, une seconde Laudato si’. Rejoignons nos frères et sœurs chrétiens dans l’engagement de sauvegarder la Création comme un don sacré du Créateur», a affirmé le Souverain Pontife.

Selon le Saint-Père, «il est nécessaire d’être aux côtés des victimes de l’injustice environnementale et climatique, en s’efforçant à mettre fin à cette guerre insensée contre notre maison commune, qui est une terrible guerre mondiale». François invite à œuvrer et à prier pour qu’elle soit à nouveau abondante.

Transformer les politiques publiques

Dans son message, le Pape propose de «transformer nos cœurs, nos modes de vie et les politiques publiques». Il revient sur la conversion écologique et la nécessité de ne plus considérer la création comme un objet à exploiter, mais comme une réalité à garder «comme un don sacré du Créateur». Toujours dans ce texte, le Souverain pontife insiste sur la nécessité de «transformer les politiques publiques qui régissent nos sociétés et façonnent la vie des jeunes d’aujourd’hui et de demain». Il souligne l’importance de la synodalité et souhaite «qu’en ce temps de la création, en tant que disciples du Christ dans notre cheminement synodal commun, nous vivions, travaillions et priions pour que notre maison commune puisse à nouveau regorger de vie».

Source : VATICANNEWS, le 30 août 2023

Mgr de Romanet: le TIAN est un cri lancé à la conscience de l’humanité

Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées françaises, à Lourdes en 2018.Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées françaises, à Lourdes en 2018. 

Mgr de Romanet: le TIAN est un cri lancé à la conscience de l’humanité

Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires est entré en vigueur vendredi 22 janvier 2021. Il prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, et le stockage de telles armes. Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées françaises, livre son regard sur ce texte.

Entretien réalisé par Hélène Destombes – Cité du Vatican

Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) avait été approuvé par 122 nations sur 192 lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies le 7 juillet 2017, et ouvert à la signature à partir du 20 septembre 2017. Il a été ratifié en octobre dernier par un cinquantième pays, le Honduras, permettant son entrée en vigueur dans un délai de 90 jours. Ce traité, que le Saint-Siège avait instamment signé, est le «premier instrument international juridiquement contraignant à interdire explicitement ces dispositifs», a rappelé le Pape François mercredi 20 janvier, au terme de l’audience générale.

Le TIAN entre en vigueur plus de 50 ans après la signature du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), le 1er juillet 1968. S’inscrivant dans une trajectoire historique, il est «un cri lancé à la conscience de l’humanité, pour que tous se ressaisissent alors que nous assistons actuellement à une prolifération nucléaire», observe Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées françaisesIl s’agit de retrouver «une dynamique de négociations multilatérales»; et «le Pape souligne, de manière prophétique, combien l’essentiel est la conversion des cœurs», observe Mgr de Romanet. 

Entretien avec Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées françaises 

L’entrée en vigueur du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, constitue-t-elle une étape importante, quelle en est la portée?

Cette date du 22 janvier est importante, et il faut la replacer dans la trajectoire historique de cette réalité de l’arme nucléaire et de Nagasaki et Hiroshima en 1945. D’emblée, l’ensemble de ceux qui ont eu à connaître cette arme terrifiante ont essayé de la contrôler, cela a été le sens du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires signé en 1968. Depuis cette date, nous travaillons donc sur ce sujet et un certain nombre d’États signataires se sont émus du fait que les négociations, dans le cadre du TNT, n’avançaient pas très vite et l’on s’est mis à douter de la ferme détermination d’un certain nombre d’États possesseurs de la bombe atomique d’entrer dans une véritable logique de désarmement.

C’est la raison du traité sur l’interdiction des armes nucléaires, soutenu par le Saint-Siège, qui vient signifier que nous ne sommes absolument pas engagés sur une trajectoire heureuse, bien au contraire. Nous assistons même à une prolifération nucléaire car un certain nombre d’États, en contradiction avec le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ont acquis l’arme nucléaire. Il s’agit de faire retentir un cri pour que tous se ressaisissent, et que l’on rentre à nouveau avec fermeté dans une logique de désarmement nucléaire. Que l’ensemble de l’humanité comprenne que ce n’est qu’à travers des relations multilatérales, dans des logiques de fraternité, de charité, de solidarité, que nous parviendrons à faire baisser les tensions.

Les États dotés de l’arme nucléaire n’ont pas signé ce traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Quel peut en être le poids?

Il s’agit d’un poids essentiellement moral. Il n’y a pas de portée juridique sur les États non signataires, mais c’est un cri lancé à la conscience de l’humanité pour inviter les uns et les autres à prendre le problème à bras-le-corps, et prendre conscience que nous dansons sur un volcan. Nous ne pouvons pas rester tranquille sur ce sujet.

Le Pape François comme ses prédécesseurs a fustigé l’usage de l’arme nucléaire, et depuis le Japon en novembre 2019, il a condamné leur possession. Quelle peut-être l’apport des encycliques Laudati Si’ et Fratelli Tutti dans cette réflexion sur la dénucléarisation? Au-delà des considérations géopolitiques et diplomatiques, est-ce un appel à la conscience?

Il y a un appel à la conscience tout à fait essentiel. Le Pape Françoise souligne, de manière prophétique, combien l’essentiel est la conversion des cœurs. Il s’agit de retrouver une dynamique de négociations multilatérales et d’intégrer que tout est lié. Que la seule voie de salut est la fraternité. Sans fraternité, c’est la mort pour notre humanité, comme le signifie le Pape François.

Les encycliques du Pape François, Fratelli Tutti et Laudato Si’, sont donc en ce sens des outils importants?

Considérables! Fratelli Tutti qui insiste sur cette dimension essentielle de la fraternité dit bien la nécessité de la conversion des cœurs. Les armes n’ont jamais rien réglées, les rapports de force et de puissance conduisent à des tensions et des crispations. Il s’agit de passer à un autre registre, celui de la fraternité, de la charité, de la solidarité, celui de notre commune humanité. Il faut dépasser les clivages, les nationalités, pour permettre au bien commun de se déployer. Fratelli Tutti et Laudato Si’ sont en cela des textes puissamment inspirants et décisifs.

Peut-on véritablement croire en un changement de paradigme, imaginer un monde sans armes nucléaires. N’est-ce pas utopique?

Certes, il y a une part d’utopie, le Pape Jean-Paul II l’évoquait lui-même. Mais nous avons besoin de sens et de paroles prophétiques. Il est important que nous nous mettions en marche vers cet objectif. Il est vrai que l’humanité est touchée par le péché, que l’homme témoigne de cette volonté de domination et de puissance tapie dans son cœur, mais nous ne pouvons pas rester enkystés dans ces réalités tragiques qui conduisent à la mort. Il nous faut aller vers la lumière et la vie, et donc quand bien même nous prenons conscience du fait qu’il s’agit d’un processus de temps long, il s’agit de féconder les consciences. Et ce sont tous les peuples de la terre qui ont à peser sur les autorités en charge de ces questions, pour avancer vers plus de justice, de fraternité et de charité. C’est ainsi seulement que notre planète demeurera vivable.

Source: VATICANNEWS, le 22 janvier 2021

Audience générale du pape du 22 avril 2020

Le Pape François lors de l'audience générale du 22 avril 2020.Le Pape François lors de l’audience générale du 22 avril 2020.  (Vatican Media)

Audience générale: reconstruire une relation harmonieuse avec la Création

Lors de l’audience générale de ce mercredi 22 avril 2020, depuis la bibliothèque du Palais apostolique, le Pape François a évoqué la 50e Journée Mondiale de la Terre. Situant sa réflexion dans la lignée de « Laudato Si’ », il l’a présentée comme une «opportunité pour renouveler notre engagement à aimer notre maison commune et à en prendre soin».

«Comme la tragique pandémie de coronavirus est en train de nous le démontrer, c’est seulement ensemble et en prenant en charge les plus fragiles que nous pourrons vaincre les défis globaux», a expliqué le Pape François. Il a donc invité à s’engager dans le soin de la maison commune, l’être humain étant à la fois fait de «matière terrestre», dépendant des fruits de la terre, et portant un «souffle vital qui vient de Dieu».

Retrouver l’harmonie

L’enjeu pour chaque personne est donc de retrouver une relation harmonieuse avec son prochain, et avec toute la Création. Si nous «avons ruiné l’œuvre du Seigneur» en exploitant les ressources de la Terre à un rythme effréné, «nous sommes appelés à retrouver le sens du respect sacré pour la terre, parce qu’elle n’est pas seulement notre maison, mais aussi la maison de Dieu».

Le défi spirituel est de réveiller «le sens esthétique et contemplatif que Dieu a placé en nous», a expliqué François en reprenant les termes de l’exhortation apostolique Querida Amazonia. La conversion écologique doit également se concrétiser dans un sens politique, et le Pape a rappelé l’importance de deux évènements programmés dans les prochains mois: la COP15 de Kunming en Chine, sur la biodiversité, et la COP26 de Glasgow, en Écosse, sur le changement climatique. Mais au niveau international comme sur le plan national et local, la concertation est essentielle, et la transformation écologique doit partir du bas, d’un mouvement populaire, et non pas être imposée d’en haut.

«En ce temps pascal de renouveau, engageons-nous à aimer et apprécier le magnifique don de la terre, notre maison commune, et à prendre soin de tous les membres de la famille humaine. Comme frères et sœurs que nous sommes, supplions ensemble notre Père céleste : “Envoie-sur nous ton Esprit et renouvelle la face de la terre”», a conclu le Pape en citant le Psaume 104.

Source: Vaticannews, le 22 avril 2020