Méditation du IIe dimanche de Carême : «La montagne est le lieu où Dieu se révèle »

Quaresima

Méditation du IIe dimanche de Carême : «La montagne est le lieu où Dieu se révèle »

Le Père jésuite Martin Bahati nous introduit à la méditation avec les lectures du deuxième dimanche de Carême de l’année liturgique B.

Mes chers frères et sœurs, aujourd’hui l’Eglise nous propose de célébrer le deuxième dimanche du temps de carême année B. Le livre de la genèse, dans la péricope lue, nous présente l’histoire du sacrifice d’Abraham. Dans l’Evangile, Saint Marc, quant à lui, nous fait méditer sur le passage de la transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ, devant trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean.

La symbolique de la montagne dans les Écritures saintes est très importante et significative. La montagne est le lieu où Dieu se révèle, est rencontré et expérimenté. Nous pouvons nous souvnir de Moïse qui rencontre Dieu sur le mont Sinaï ; Jésus prêche les sermons sur la montagne et il a été crucifié sur le mont Calvaire. Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus est transfiguré sur la montagne.

“Jésus prêche les sermons sur la montagne et il a été crucifié sur le mont Calvaire.”

Dans les deux lectures, Genese et l’Evangile de Saint Marc) nous trouvons deux mouvements significatifs de toute vie spirituelle : la montée sur la montagne mais aussi la descente dans la plaine : monter sur la monter, c’est se mettre à l’écart, c’est être au-dessus, un lieu de théophanie, d’écoute et de prière. Monter sur la montagne, c’est élever son esprit, quitter un instant le monde purement matériel pour une rencontre immatérielle avec Dieu. Il s’agit de s’élever au-delà du créé pour contempler la gloire et la grandeur de Dieu. Le Seigneur nous invite souvent à l’écart pour converser avec lui dans la prière. Notre vie spirituelle a besoin de cette écoute de Dieu afin de vivre sa parole dans la routine sociale.

“Le Seigneur nous invite souvent à l’écart pour converser avec lui dans la prière.”

Ainsi donc, après avoir écouté le Seigneur et contempler sa gloire sur la montagne, il nous faut descendre dans la plaine rencontrer nos frères et sœurs. La vraie rencontre avec Dieu sur la montagne de la prière nous renvoie à l’action et cette action se réalise au sein de la communauté des frères et des sœurs.  « Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit. Nous y trouverons tous ceux et celles qui sont accablés par le poids du fardeau, des maladies, des injustices, de l’ignorance, de la pauvreté matérielle et spirituelle ».

Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit.

L’évangile de Saint Marc sur la transfiguration éclaire la vie de Jésus, mais aussi la vie chacune de nos vies. Face aux difficultés que nous rencontrons tous les jours, les moments de contact avec Dieu peuvent nous redonner le courage nécessaire pour descendre de la montagne et faire face aux problèmes de la vie quotidienne.

Il semble que Martin Luther King, au milieu des menaces de mort, s’est souvenu de ce passage biblique de la transfiguration et il a écrit dans son journal : « Je suis monté sur la montagne pour prier et j’ai entrevu la terre promise… Cette rencontre avec Dieu m’a permis de continuer à lutter pour la justice.»

Le dimanche de la Transfiguration est une invitation à prier mais aussi à travailler dans la société ; à être des contemplatifs dans l’action. La parole de Dieu que nous écoutons dans la prière et qui nous transforme intérieurement et extérieurement, nous ne pouvons la garder pour nous seuls. Si nous l’accueillons, ce n’est pas pour la mettre au frigo mais pour la partager avec nos frères et sœurs.

Le dimanche de la Transfiguration est une invitation à prier mais aussi à travailler dans la société

Prions afin que le Seigneur nous accorde la grâce de l’écouter et de le contempler dans sa gloire mais aussi la joie de le proclamer et de le partager au monde. Amen   

Méditation du IIe dimanche de Carême de l’année liturgique B avec le Père Martin Bahati, SJ

Source: VATICANNEWS, le 27 février 2021

La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus Christ

2 ièm Dimanche de carême: la transfiguration de Jésus

La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus Christ
(Fête)

Quarante jours avant l’Exaltation de la Croix, la Transfiguration du Seigneur rappelle comment le Christ voulut « préparer le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix », mais elle est aussi une annonce de la « merveilleuse adoption » qui fait de tous les croyants des fils de Dieu en son Fils Jésus, et de la clarté dont resplendira un jour le corps entier de l’Église. (Missel romain, messe de la Transfiguration, prière d’ouverture)

La Transfiguration est un épisode de la vie de Jésus-Christ relaté par les Évangiles. Il s’agit d’un changement d’apparence corporelle de Jésus pendant quelques instants de sa vie terrestre, pour révéler sa nature divine aux trois disciples, qui devaient être témoins de Sa douloureuse agonie au jardin des Oliviers : Pierre, Jacques et Jean.

Les trois témoins gardèrent le secret, mais plus tard ce fait extraordinaire servit admirablement à tous les Apôtres pour prouver la divinité du Sauveur ; il leur servit aussi pour supporter avec courage les épreuves de leur apostolat.

Le mot « transfiguration » procède en français de la traduction latine du mot grec metamorphosis(métamorphose). Cet état physique, considéré comme miraculeux, est rapporté dans trois des quatre Évangiles : Matthieu 17, 1-9 ; Marc 9, 2-9 ; Luc 9, 28-36 (Bible de la liturgie AELF).

Saint Jean-Paul II
Angélus (extraits) du dimanche 6 août 2000
Castel Gandolfo

Très chers frères et sœurs! 

1. C’est aujourd’hui, 6 août, la fête de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ, fête liturgique que les chrétiens d’Orient et d’Occident célèbrent le même jour. […]

Selon le récit évangélique d’aujourd’hui, Jésus « fut transfiguré » devant Pierre, Jacques et Jean: « son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière » (Mt 17, 2). A travers le voile de l’humanité se révéla le Fils de Dieu, « Lumière de la Lumière ». Et cela fut confirmé par une voix mystérieuse provenant de l’au-delà: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le » (Mt 17, 5). Nous nous trouvons face à une véritable épiphanie : la manifestation au monde du Fils de Dieu. […]

3. La fête de la Transfiguration rappelle à la mémoire mon bien-aimé prédécesseur, le Serviteur de Dieu Paul VI, décédé précisément le 6 août 1978 qui tombait alors comme aujourd’hui, un dimanche. 
Il fut un prédicateur inspiré de la Transfiguration, dans laquelle il contemplait tout le mystère du Christ, vrai homme et vrai Dieu. A l’homme contemporain, souvent tourmenté par mille appels trompeurs, Paul VI indique, avec un amour passionné et une doctrine savante, le Christ, « Maître, Pasteur, Lumière de l’âme ». « Il est nécessaire – affirmait-il dans une homélie – et nous ne pouvons nous passer de Lui; il est notre richesse, notre joie et notre bonheur, notre promesse et notre espérance; notre chemin, notre vérité et notre vie » (Insegnamenti, III [1965], 1192). 

Que la Vierge Marie, que Paul VI vénérait avec une affection filiale, aide tous les chrétiens à être des témoins fidèles du Seigneur. Qu’il soutienne en outre l’effort que les chrétiens des diverses confessions accomplissent pour avancer avec courage sur le chemin de la pleine unité. 

Au terme de l’Angélus, le Saint-Père s’est adressé aux pèlerins francophones : 
En cette fête de la Transfiguration, je souhaite aux personnes de langue française d’accueillir avec générosité la lumière de l’Évangile pour qu’elle éclaire toute leur existence et leur donne d’être au milieu de leurs frères des témoins ardents du Christ, « Lumière des peuples ». […]

La Transfiguration est donc une fête de la Gloire, une percée jusqu’au terme de l’histoire du salut, qui est l’entrée plénière dans la vie divine trinitaire. Si Moïse et Elie sont « vus dans la Gloire » (Lc 9, 31), c’est en raison de l’expérience partielle qu’ils eurent de cette Gloire au Sinaï (cf. Ex 33, 18-23 ; 1 R 19, 9-14) ; la mention des tentes par Pierre – même s’il ne savait pas ce qu’il disait (Lc 9, 33) – est une allusion à la Tente de la Rencontre où Yahvé et Moïse conversaient face à face (Ex 33, 7-11).
La nuée évoque aussi la présence de Dieu à son Peuple dans l’Exode (13, 21-22 ; 19, 9 ; 33, 9-10). La voix du Père, qui dit la parole même en laquelle il engendre le Fils, manifeste que l’entrée dans la Gloire – celle du Fils (cf. Jn 17, 22-24) – n’est possible pour nous que si nous écoutons Jésus pour le suivre. La Transfiguration est un appel à la Gloire et un rappel du chemin de souffrances qui y mène.
L’Église, en célébrant la fête de la Transfiguration, demande au Père qu’il nous accorde « d’écouter la voix de son Fils bien-aimé, afin de pouvoir un jour partager avec lui son héritage ».