Le baptême du Seigneur, mystère de solidarité avec les pécheurs

BAPTISM OF CHRIST

Andrea Verrocchio [CC BY-SA 4.0]

Le baptême du Seigneur, mystère de solidarité avec les pécheurs

En plongeant dans le Jourdain, le Christ inaugure sa vie publique dans l’eau de nos misères humaines. Il rejoint les pécheurs sur le lieu-même de leur existence concrète.

Le dimanche qui suit la solennité de l’Épiphanie, l’Église fête le baptême de Notre Seigneur. L’Épiphanie était sa manifestation à toutes les nations. Le baptême constitue le commencement de sa vie publique. Les deux événements sont donc liés, même si l’âge du principal protagoniste n’est pas le même à l’occasion des deux événements !

Une première apparition surprenante

Pour la première apparition publique du Christ, le lecteur de l’Évangile est surpris d’avoir affaire à une manifestation aussi peu éclatante. En cette journée inaugurale, le Messie descend en effet dans les mêmes eaux que celles où plongent les pénitents qui confessent leurs péchés ! Stupéfiant préambule du ministère public du Sauveur du monde !

Le Baptiste lui-même n’est pas loin d’en être scandalisé. En fait, ce geste paradoxal de la part de Jésus s’explique par sa solidarité avec les pécheurs. Car le Christ n’est pas solidaire des hommes seulement en pensée ou en paroles. Il vient nous rejoindre sur le lieu même de nos existences concrètes. Il partage tout avec nous, les hauts comme les bas, à l’exception du péché bien sûr. Entre lui et nous, c’est à la vie, à la mort !

Le point le plus bas de la terre

La vallée du Jourdain est le point le plus bas de la terre : Jésus ne pouvait opérer meilleur choix pour signifier et réaliser cette descente du Verbe parmi nous. Durant sa vie publique, il ne restera pas, tel un enfant sage, dans le Temple de Jérusalem en tant que hiérophante. Sa mission le conduira au contraire le long des routes escarpées et cabossées qu’emprunte l’humanité, et sur lesquelles elle tente, cahin-caha, de rejoindre le port de l’éternité.

Mais ce qu’il faut surtout retenir du mystère du baptême du Seigneur, c’est la mission qu’il inaugure, et que le Père l’a chargé de réaliser : reprendre à bras-le-corps toute la Création qui s’était détournée de Lui, afin de la Lui ramener. Cette mission requérait donc que le Christ la soulevât, non pas en l’agrippant par l’encolure, ou en la hissant à lui comme par une poignée, ainsi qu’on le fait avec un colis ou une valise, mais en la prenant sur les épaules. Or, pour réaliser pareille tâche, le Messie devait se baisser au niveau de la brebis blessée, gisant à terre. Ce qui explique que l’Oint du Seigneur se soit fait solidaire des hommes, au point de descendre aussi bas que leurs péchés les avaient conduits.

Une préfiguration de la Croix

Cependant, la plongée dans le Jourdain n’était que la préfiguration de la descente vertigineuse du Fils dans les ténèbres de la Croix. Sur le Golgotha, il goûtera pleinement le fruit amer du péché. Mais c’est là également qu’il ressaisira intégralement la créature par-dessous, afin de la ramener au Père. Là, il sera pleinement configuré aux pécheurs qu’il est venu appeler. Là, sur le Calvaire, il les rejoindra sur le lieu même de leur déréliction — mais ce sera pour les amener à la Résurrection.

« Ce sont nos maladies qu’il portait, nos douleurs dont il prenait la charge. » dit l’Écriture du Serviteur souffrant. Cette prophétie s’applique sans peine au ministère de Jésus. Les eaux du Jourdain ne devaient pas particulièrement briller par leur propreté tandis que Jean le baptisait. Aujourd’hui encore, en ces temps d’apostasie de grande ampleur, nous baignons tous, d’une façon ou d’une autre, dans le grand fleuve de l’indifférence religieuse. Dieu est devenu un étranger sur cette terre. Le Créateur n’est plus chez lui au sein de la Création ! Il nous a voulu libres : Il est servi !

Un mystère qui irrigue nos existences

Les difficultés rencontrées sur nos chemins de foi ne sont pas inutiles pour autant. Car si la Providence a placé nos existences dans un monde aussi sécularisé que le nôtre, dans une société livrée aux idoles, n’est-ce pas pour que nous continuions l’œuvre du Fils ? Comme lui, nous avons à nous rendre solidaires de nos frères en quête d’une improbable espérance, d’un amour vrai, non frelaté. À l’instar de Jésus, ne désespérons pas d’évoluer dans les eaux croupissantes d’un monde ignorant les sources de la vraie joie.

Aussi, si notre vie de foi nous paraît parfois ardue, crucifiante, cela tient à ce que le Ressuscité désire que nous l’aidions à porter l’incrédulité du monde. Ce qui suppose que nous « descendions » à notre tour, de sorte à vivre côte à côte avec nos frères, à les rejoindre aussi loin qu’ils soient tombés dans l’incroyance, de la même façon que le Messie descendit jadis dans les eaux du Jourdain.

Source: ALETEIA, le 9 janvier 2021

Pourquoi Jésus se soumet au rite du baptême dont il n’a pas besoin ?

Le baptême du Christ.
Fresque représentant le baptême du Christ par S.G Rudl, église Svatého Václava à Prague. © Renata Sedmakova – shutterstock

Pourquoi Jésus se soumet au rite du baptême dont il n’a pas besoin ?

Par Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op – Publié le 09/01/21

Le baptême de Jésus est une cristallisation de tout le mystère chrétien : la révélation de l’humilité du fils de Dieu, dans l’intimité de la Trinité, le signe de notre association à la mort et la résurrection du Christ.

Le baptême de Jésus est relaté presque dans les mêmes termes par les quatre évangélistes. Cette unanimité confère au récit une crédibilité d’autant plus grande qu’a priori les évangélistes auraient dû être mal à l’aise avec l’idée que Jésus, fils de Dieu et Dieu lui-même, Jésus qui est le Saint par excellence, Jésus qui n’a pas connu le péché, ait pu vouloir recevoir le baptême. En effet, le baptême a pour objectif premier de racheter du péché originel celui qui le reçoit et de lui conférer l’adoption filiale par Dieu le Père dans l’Esprit-Saint. Or Jésus n’est pas pécheur, et il est déjà fils de Dieu par nature, il n’a donc aucun besoin du baptême, encore moins des mains de son cousin Jean-Baptiste.

Un baptême pour rien ?

Tout aurait dû embarrasser les évangélistes dans cette histoire, et pourtant, ils la rapportent tous, sans fausse note (cf. Mc 1, 7-11). Comme pour la trahison de Pierre ou tout autre récit qui montre les apôtres en médiocre posture, le fait même que les Évangiles rapportent le baptême de Jésus alors qu’il eût été si facile de jeter dessus un voile pudique donne à ce récit un cachet de crédibilité incontestable. Il est donc absolument certain que Jésus s’est soumis au baptême de Jean-Baptiste. 

Rien ne pouvait faire de Jésus plus et mieux que ce qu’il était déjà, depuis toujours en son éternité, sans que son Incarnation ait rien diminué de cette perfection toute divine.

Pour autant qu’on le sache, le baptême conféré par Jean-Baptiste était un rite de purification, avec une exigence de conversion, en vue du Royaume à venir. Très inférieur, donc, au baptême chrétien de rémission des péchés et d’entrée dans la vie divine par la grâce d’adoption. Mais même ainsi, Jésus n’avait en lui rien à purifier ni à convertir. L’important n’est donc pas tellement dans l’effet du baptême de Jean-Baptiste sur Jésus. Rien ne pouvait faire de Jésus plus et mieux que ce qu’il était déjà, depuis toujours en son éternité, sans que son Incarnation ait rien diminué de cette perfection toute divine. Alors pourquoi Jésus a-t-il voulu recevoir ce baptême qui ne lui apportait rien ?

Pour les hommes

Faut-il penser alors que Jésus a été le premier bénéficiaire de la Révélation apportée par la voix céleste lorsque les cieux se sont déchirés et que la colombe de l’Esprit-Saint a reposé sur lui tandis qu’on entendait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma joie » ? Certains hérétiques ont cru cela : Jésus n’aurait été qu’un homme, adopté par Dieu lors de son baptême. Jésus serait devenu Dieu, ou aurait pris conscience qu’il était Dieu, à la faveur de cet événement spectaculaire. Mais Jésus était Dieu de toute éternité et il n’a pas eu à apprendre qu’il l’était. Il suffit d’ailleurs d’imaginer la scène pour en voir tout le ridicule : « Ça alors, je suis Dieu ! Incroyable ! » Si vraiment les choses s’étaient passées ainsi, à n’en pas douter Jésus serait sérieusement parti en vrille, avant de se faire interner en hôpital psychiatrique…

S’il faut résumer, rien dans cette affaire n’est arrivé pour le bénéfice de Jésus. Il n’en a rien retiré pour lui-même. Ce constat vaut d’ailleurs pour la plupart des récits de l’Évangile : Jésus expérimente vraiment cette vie humaine qu’il a voulue assumer, il ne fait pas semblant, mais tout ce qu’il expérimente, tout ce qu’il vit, c’est pour nous qu’il l’expérimente et le vit. Durant son pèlerinage terrestre, Jésus est tout entier et toujours pour nous. Toute l’existence humaine de Jésus n’a qu’un seul but : nous enseigner, nous sauver, nous montrer son amour. C’est donc pour nous qu’il reçoit ce baptême et qu’il est désigné comme le Fils de Dieu.

La révélation de son humilité

D’ailleurs, si chez Marc (1, 7-11) ou Luc (3, 16) on pourrait très bien imaginer que toute la scène est une expérience intérieure à Jésus, du type du songe prophétique ou de la vision, la manière dont Matthieu (3, 11) rapporte la scène exclut cette hypothèse : il semble bien que la voix céleste s’adresse au spectateur de l’événement plutôt qu’à Jésus lui-même. Chez Jean (1, 32), le cousin Jean-Baptiste témoigne d’ailleurs solennellement qu’il n’a pas seulement baptisé Jésus, mais qu’il a vu la colombe de l’Esprit-Saint et entendu la voix du Père. C’est donc que, dans le plan de Dieu, toute la scène était destinée, au minimum, à Jean-Baptiste. Il fallait que Jean-Baptiste voie et entende tout cela, pour qu’il puisse reconnaître Jésus comme le Messie, le Fils de Dieu. Il fallait que Jean-Baptiste voie et entende tout cela pour qu’il puisse en témoigner à la face du monde. Et par lui, c’est nous qui voyons les cieux s’ouvrir et la colombe descendre, c’est nous qui entendons la voix du Père proclamer : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Par Jean-Baptiste, nous assistons à l’intronisation de Jésus. Au baptême, Jésus est manifesté comme Dieu, comme Messie, comme Roi.

Le baptême de Jésus n’est pas seulement l’exaltation de sa gloire, c’est aussi la révélation de son humilité.

Cependant le baptême de Jésus n’est pas seulement l’exaltation de sa gloire. C’est aussi la révélation de son humilité. Il se soumet au rite du baptême dont il n’a pas besoin. Il est baptisé par son cousin à l’écart des foules. Surtout, il est plongé dans le Jourdain, qui est le fleuve le plus bas du monde, au-dessous même du niveau de la mer, comme un symbole de ce qu’il assume en prenant condition humaine et en portant notre péché : Lui qui est au-dessus de tout, choisit d’être en-dessous de tout, pour être aux côtés des plus petits parmi nous. Le Maître se révèle comme notre serviteur. 

Dans l’intimité de la Trinité

Mieux encore, le baptême de Jésus n’est pas seulement une révélation sur son identité personnelle. En plongeant dans les eaux du Jourdain, Jésus nous fait plonger dans l’intimité de la Trinité. La voix du Père se fait entendre pour le proclamer comme le Fils bien-aimé, la colombe de l’Esprit-Saint se pose sur lui. Les cieux se déchirent un instant pour nous révéler que si le Verbe seul s’est incarné, c’est toute la Trinité, Père, Fils et Esprit-Saint, qui est à l’œuvre à chaque instant de la vie terrestre du Christ et de l’éternité. Le Dieu unique se révèle comme une communion de trois Personnes dans l’amour.

Révélation christologique, révélation trinitaire, le baptême de Jésus charrie déjà de nombreuses significations. Mais à en rester là, la révélation nous demeure extérieure. Elle nous concerne comme nous concerne tout ce qui a trait à Dieu, mais elle ne nous engage pas encore personnellement. Pourtant, le baptême de Jésus nous concerne, parce que Jésus a plongé dans les eaux du baptême non pas pour être sanctifié lui-même, mais pour sanctifier l’eau qui servirait à notre baptême. Jésus instituait le sacrement du baptême, ce jour-là, en choisissant ce signe pauvre d’un bain d’eau qu’une parole accompagne. Plus tard, juste avant l’Ascension, sa dernière recommandation aux disciples sera : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »

Une nouvelle création

Et puis, il faut regarder précisément ce qui passe dans ce baptême : Jésus est englouti dans les eaux de la mort avant d’en ressortir vivant et désigné par Dieu comme son Fils bien-aimé. C’est un enseignement sur notre propre baptême. Lorsqu’un bébé ou un adulte est plongé dans les eaux du baptême, il est associé à la mort et à résurrection du Christ ; il meurt au péché et ressuscite à la vie divine. Tout baptisé devient lui aussi le fils bien-aimé du Père, non pas par nature comme le Christ, mais par adoption. Enfin, la colombe de l’Esprit-Saint planant au-dessus des eaux du Jourdain rappelle la Genèse : le baptême est pour chaque chrétien une nouvelle création, nous sommes tous des créatures nouvelles faites pour vivre de l’Esprit du Christ avant de rejoindre le Père au Ciel. Et l’Esprit-Saint ne s’est pas contenté de voler au-dessus de nos têtes à notre baptême, il est là à chaque instant de notre vie, pour nous unir à Jésus et nous amener au Père.

En ce temps de Noël qui s’achève, contemplons donc dans le baptême de Jésus comme une cristallisation de tout le mystère chrétien, depuis la révélation du Dieu-Trinité jusqu’à notre salut et notre participation à la vie par les sacrements que Jésus, fils unique de Dieu, nous a laissés après s’être fait notre serviteur sur la Croix.

Source: ALETEIA, le 9 janvier 2021

Baptême du Seigneur : Jean le Baptiste proclame la véritable identité de Jésus de Nazareth

Le Pape baptisant un petit bébé dans la chapelle Sixtine (archives 2019) Le Pape baptisant un petit bébé dans la chapelle Sixtine (archives 2019)   (ANSA)

Baptême du Seigneur : Jean le Baptiste proclame la véritable identité de Jésus de Nazareth

Le Père jésuite Adrien Lentiampa nous introduit à la méditation avec les lectures de la Solennité du Baptême du Seigneur de l’année liturgique B.

Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre le Baptême du Seigneur. Cette solennité clôture les célébrations autour de la Nativité. Et, d’une certaine manière, le baptême du Seigneur nous permet de recueillir toute la richesse du mystère de l’incarnation : Dieu s’est fait homme et il se tient parmi nous ; avec l’Emmanuel, Dieu nous associe de manière indéfectible à sa propre vie, et fait de nous ses enfants.

L’Evangile de ce dimanche nous manifeste cela. Jean le Baptiste y proclame la véritable identité de Jésus de Nazareth. Il est celui qui vient avant toute chose ; celui qui mérite tout honneur et toute gloire, au point que nul n’est digne de s’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales ; celui qui apporte l’Esprit Saint, l’Esprit qui nous associe à la vie de Dieu.

Et pourtant Jésus, cet Oint de Dieu, choisit de se mettre avec nous sur le rang des pécheurs, pour nous en faire sortir. En effet, le baptême que proposait Jean était un baptême de conversion, de purification. C’est dans ce baptême que Jésus, fils de Dieu, sans péché, demande à être plongé. En s’associant ainsi à la file des gens qui reçoivent ce baptême, Jésus, l’Emmanuel, accepte de prendre place parmi nous, pécheurs, pour que notre purification soit œuvre de son amour. On peut donc dire qu’en recevant le baptême, le Christ accomplit ce geste de conversion et de renouvellement pour nous, annonçant par-là l’offrande de sa vie, source de notre libération et de notre salut. Aussi, saint Paul peut-il dire, comme nous le lisons dans la deuxième lecture de ce jour : « c’est lui, Jésus Christ, qui est venu, par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang ».

Par son baptême, Jésus nous montre aussi comment vivre en enfant de Dieu, de manière à ce que le Père trouve en chacun de nous sa joie, comme c’est le cas avec son Fils unique à qui il dit « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». En cette solennité du baptême de Jésus, qui rappelle notre propre baptême par lequel nous sommes devenus enfants de Dieu, chacun est invité à se poser la question de savoir si notre Père peut trouver sa joie en lui. Nous sommes invités à nous poser la question de savoir si nous sommes encore attentifs à la voix de l’Esprit Saint qui crie en nous, disant à Dieu : « Abba, Père ! ». Il s’agit, pour chacun, de raviver l’alliance qui nous lie à Dieu, et de chercher le Seigneur. Car, il n’est pas sûr que notre vie est toujours une recherche constante du Seigneur. Le Prophète Isaïe nous invite pourtant à cette démarche : « cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, dit-il ; invoquez-le tant qu’il est proche ». Il nous faut revenir constamment au Seigneur pour gouter à sa miséricorde. C’est cela qui devrait être le leitmotiv tout au long du temps ordinaire qui s’ouvre avec cette solennité du Baptême de Jésus. « Pourquoi dépenser notre énergie pour ce qui ne nourrit pas ? », nous dit encore le Prophète.

Prions donc le Seigneur pour que cette fête du baptême du Seigneur nous fasse prendre la mesure de notre propre baptême. Que nous soyons, en raison de notre engagement chrétien, des hommes et des femmes en qui l’on peut reconnaitre des fils et de filles bien-aimés de Dieu ; c’est-à-dire en qui le Seigneur peut trouver toute sa joie.

Amen!

 Adrien LENTIAMPA SHENGE SJ
Père Adrien LENTIAMPA SHENGE SJ

Méditation de la Solennité du Baptême du Seigneur avec le Père Adrien Lentiampa, SJ

Source: VATICANNEWS, le 9 janvier 2021

Les mots de François pour les baptisés

La chapelle Sixtine. Image d'illustration. La chapelle Sixtine. Image d’illustration.  

Les mots de François pour les baptisés

Après la prière de l’angélus, en la fête du Baptême du Seigneur, le Saint-Père a tenu à assurer de ses prières les enfants, parents, marraines et parrains des baptêmes prévus initialement ce dimanche dans la chapelle Sixtine.

Cette année, à cause de la pandémie, le Pape François a dû déroger à la coutume du baptême des enfants en la fête du Baptême du Seigneur, dans la chapelle Sixtine. Les baptêmes prévus se déroulent dans les paroisses respectives, selon les mesures sanitaires en cours. 

Cependant, après la prière de l’angélus prononcée depuis la bibliothèque du palais apostolique, il a tenu à avoir quelques mots envers les familles des baptisés et tous les enfants qui pendant cette période reçoivent l’identité chrétienne : «Que Dieu les bénisse tous».

Demain se termine le temps de Noël a continué l’évêque de Rome, indiquant que reprendra le voyage du temps ordinaire. «Ne nous lassons pas d’invoquer la lumière et la force de l’Esprit Saint pour nous aider à vivre les choses ordinaires avec amour et ainsi, à les rendre extraordinaires», a-t-il déclaré avant d’inviter à rester «ouverts, dociles, à l’Esprit. Il inspirera nos pensées et nos actions quotidiennes.»

Source: VATICANNEWS, le 10 janvier 2021

ANGÉLUS DU 10 JANVIER 2021, À ROME

Angélus : l’amour appelle l’amour

Lors de l’angélus en la fête du Baptême du Seigneur, le Pape François a rappelé que Jésus débute sa vie publique en se mêlant aux pécheurs, offrant ainsi son «manifeste programmatique». Lors de notre baptême, à notre tour, nous devenons enfants de Dieu, marqués par sa miséricorde. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Mercredi, lors de l’Épiphanie, Jésus n’était qu’un enfant, adoré par les Rois Mages. Ce dimanche, en la fête du Baptême du Seigneur, la liturgie nous fait faire un bond temporel de près de trente ans durant lesquels nous ne savons qu’une chose note le Pape, depuis la bibliothèque du Palais apostolique : «ce furent des années de vie cachée, que Jésus passa en famille ; quelques années comme migrant pour fuir la persécution d’Hérode d’abord en Egypte, les autres années à Nazareth, à apprendre le métier de Joseph et en famille, obéissant à ses parents, étudiant et travaillant».

Jésus a donc vécu «la vie de tous les jours, sans apparaître», ce qui nous dévoile «la grandeur du quotidien, l’importance aux yeux de Dieu de chaque geste et moment de la vie, même le plus simple et caché», constate François.

Jésus se mêle aux pécheurs

Jésus débute donc sa vie publique par le baptême dans le Jourdain, un rite pénitentiel administré par Jean-Baptiste, «un signe de la volonté de se convertir, en demandant pardon pour ses péchés»«Certes, Jésus n’en avait pas besoin», reconnait le Saint-Père mais il le fait tout de même «parce qu’il veut être avec les pécheurs».

Par ce geste, «Jésus nous offre ainsi son “geste programmatique”»«Il nous dit qu’il ne nous sauve pas par le haut, par une décision souveraine ou un acte fort, mais en allant à notre rencontre et en prenant sur soi nos péchés. Voilà comment Dieu vainc le mal dans le monde : en s’abaissant et en le prenant en charge», explique François.

À l’image de Jésus, nous pouvons nous aussi aider les autres : «en ne jugeant pas, en ne leur disant pas quoi faire, mais en se faisant proche, en étant compatissant, en partageant l’amour de Dieu», décrit-il.

Le baptême et la miséricorde de Dieu

Après le baptême de Jésus, la Trinité se révèle. «Dieu se manifeste quand apparait la miséricorde parce que c’est son visage. Jésus se fait serviteur des pécheurs et est proclamé Fils ; il s’abaisse vers nous et l’Esprit descend sur Lui. L’amour appelle l’amour» affirme le Saint-Père.

Il en est de même pour nous. «Notre vie est marquée par la miséricorde qui s’est posée sur nous avant même que nous ne fassions quoi que ce soit». «Nous avons été sauvés gratuitement. Le salut est gratuit», et cela advient le jour de notre baptême. «Mais ceux qui ne sont pas baptisés reçoivent aussi la miséricorde de Dieu, toujours, parce que Dieu est là, il attend. Il attend que s’ouvrent les portes des cœurs» ajoute François qui appelle la Vierge à nous aider à garder «notre identité d’avoir reçu la miséricorde»

Angélus du 10 janvier 2021Angélus du 10 janvier 2021  (Vatican Media)

Source: VATICANNEWS, le 10 janvier 2021