Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,1-11a.

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»

Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint John Henry Newman (1801-1890)
cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
Sermon « The Spiritual Presence of Christ in the Church », PPS, t. 6, n°10
« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »
Le retour du Christ à son Père est à la fois source de peine, parce qu’il implique son absence, et source de joie, parce qu’il implique sa présence. De la doctrine de sa Résurrection et de son Ascension jaillissent ces paradoxes chrétiens souvent mentionnés dans l’Écriture : nous sommes dans l’affliction, mais sans cesser de nous réjouir, « comme n’ayant rien et possédant tout » (2Co 6,10). Telle est en effet notre condition présente : nous avons perdu le Christ et nous l’avons trouvé ; nous ne le voyons pas et pourtant nous le discernons. Nous étreignons ses pieds (Mt 28,9), mais il nous dit : « Ne me retiens pas » (Jn 20,17). Comment cela ? C’est que nous avons perdu la perception sensible et consciente de sa personne ; nous ne pouvons pas le regarder, l’entendre, parler avec lui, le suivre de lieu en lieu ; mais nous jouissons spirituellement, immatériellement, intérieurement, mentalement et réellement de sa vue et de sa possession : une possession plus réelle et présente que celle dont les apôtres jouissaient aux jours de sa chair, justement parce qu’elle est spirituelle, justement parce qu’elle est invisible. Nous savons que dans ce monde plus un objet est proche de nous, moins nous pouvons le percevoir et le comprendre. Le Christ est venu si près de nous dans l’Église chrétienne, si je puis dire, que nous ne pouvons pas le fixer du regard ou le distinguer. Il entre en nous, et prend possession de l’héritage qu’il s’est acquis. Il ne se présente pas à nous, mais il nous prend avec lui. Il fait de nous ses membres… Nous ne le voyons pas ; nous ne connaissons sa présence que par la foi, parce qu’il est au-dessus de nous et en nous. Ainsi, nous sommes dans la peine, parce qu’inconscients de sa présence…, et nous nous réjouissons parce que nous savons que nous le possédons : « Sans le voir, vous l’aimez ; sans le voir encore vous croyez en lui ; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut, l’aboutissement de votre foi » (1P 1,8-9).

LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 20,17-27.
En ces jours-là, depuis Milet, Paul envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église.
Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie :
j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont values les complots des Juifs ;
je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison.
Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus.
Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas.
Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent.
Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu.
Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume.
C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous,
car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu. »

Psaume 68(67),10-11.20-21.
R/ Royaumes de la terre, chantez pour le Seigneur. (Ps 67, 33a)
Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.
Que le Seigneur soit béni !
Jour après jour, ce Dieu nous accorde la victoire.
Le Dieu qui est le nôtre est le Dieu des victoires,
et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.
