Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,38-42.

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.

Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 104, éd. Morin (trad. Augustin, L’Année liturgique, DDB 1980, p. 149)
« Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison »
Dans l’éternité, nous serons attablés. Je n’oserais pas le dire, si le Seigneur ne l’avait promis. Il promet une grande récompense à ses serviteurs, car il leur dit : « Il les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira » (Lc 12,37). (…) Grande est la promesse donc, et heureux son accomplissement. Agissons de manière à le mériter ; puissions-nous être aidés de manière à parvenir au lieu où le Seigneur nous servira à table. Que sera ce repas, si ce n’est un repos ? et que veut dire « Il nous servira » sinon qu’il nous rassasiera ? De quelle nourriture et de quelle boisson ? Assurément, de la vérité elle-même. (…) Tu ne crois pas que Dieu puisse te nourrir ainsi, alors que c’est déjà de cette façon que ton œil se rassasie de la lumière ? Que beaucoup voient la lumière, elle brille abondamment ; que peu la voient, elle brille avec la même intensité. Elle répand le réconfort, mais elle ne peut pas faire défaut ; on en use sans la diminuer. (…) Pourquoi ne le comprenez-vous pas encore ? Parce que vous vous occupez de beaucoup de choses. Le travail de Marthe vous occupe ; bien plus : il nous occupe tous. Car qui est dispensé de ce travail d’assistance ? (…) C’est pourquoi, très chers, je vous prie et je vous exhorte (…) : cette vie, désirons-la ensemble. Allons tous ensemble vers elle en courant, pour y demeurer en arrivant. L’heure vient et cette heure sera sans fin, quand le Seigneur nous fera mettre à table pour nous servir. Que nous servira-t-il sinon lui-même ? Pourquoi chercher ce que vous mangerez ? — c’est le Seigneur lui-même (…) « La seule chose qu’au Seigneur je demande, la chose que je cherche, c’est d’habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, de savourer la douceur du Seigneur » (Ps 27,4) (…) N’ayons donc pas le goût des nourritures de ce monde (…) : elles passeront. Si tu veux remplir l’office de Marthe en t’occupant d’elles, que ce soit avec modération et miséricorde. (…) Le travail passe, le repos viendra, mais on n’arrive au repos que par le travail. Le navire passe, on arrive à la patrie, mais on n’arrive à la patrie que par le navire. Mais je suis sûr que nous ne ferons pas naufrage, car nous sommes portés sur le bois de la croix.

LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 1,13-24.
Frères, vous avez entendu parler du comportement que j’avais autrefois dans le judaïsme : je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu, et je cherchais à la détruire.
J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart de mes frères de race qui avaient mon âge, et, plus que les autres, je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères.
Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon
de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les nations païennes. Aussitôt, sans prendre l’avis de personne,
sans même monter à Jérusalem pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie et, de là, je suis retourné à Damas.
Puis, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours auprès de lui.
Je n’ai vu aucun des autres Apôtres sauf Jacques, le frère du Seigneur.
En vous écrivant cela, – je le déclare devant Dieu – je ne mens pas.
Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie.
Mais pour les Églises de Judée qui sont dans le Christ, mon visage restait inconnu ;
elles avaient simplement entendu dire : « Celui qui nous persécutait naguère annonce aujourd’hui la foi qu’il cherchait alors à détruire. »
Et l’on rendait gloire à Dieu à mon sujet.

Psaume 139(138),1-3.13-14ab.14cd-15.
R/ Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité. (Ps 138, 24b)
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
C’est toi qui as créé mes reins,
qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l’être étonnant que je suis.
Étonnantes sont tes œuvres
toute mon âme le sait.
Mes os n’étaient pas cachés pour toi
quand j’étais façonné dans le secret,
modelé aux entrailles de la terre.
