DIOCÈSE LGF – Processus synodal – phase diocésaine

Synode des évêques
“Pour une Église synodale : communion, participation et mission”

Nous sommes invités à un processus synodal, c’est-à-dire à cheminer ensemble (puisque synode signifie chemin commun). Ce processus implique l’Église dans le monde entier, avec une phase romaine (Synode des évêques 2023) et nous entrons dans une première phase qui touche chaque diocèse.

Cheminer implique un mouvement : nous ne partons pas du principe que maintenant tout est parfait qu’il n’y a qu’à continuer. Depuis le début de son pontificat, le pape nous répète que le principe pastoral le plus mortifère est On a toujours fait comme ça. Certes il ne s’agit pas de refaire la foi, comme si un ange pouvait venir nous apporter un autre évangile que celui que nous avons reçu (cf. Galates 1,8). C’est la même Église de Jésus-Christ qui chemine en demandant au Saint Esprit de l’éclairer.

Cheminer ensemble : avec qui ? C’est une question à nous poser, en nous rappelant du point fondamental : nous sommes chrétiens – du Christ – donc nous cheminons d’abord avec le Christ. Nous le faisons à la lumière du Saint Esprit qui crie en nos cœurs « Abba, Père » (cf. Galates 4,6) et sans lequel nous pourrions dire que le Christ est Seigneur (cf. 1 Corinthiens 12,3). Le chemin commence et il continue par la prière, et la lecture de la Parole de Dieu. Nous le faisons ensemble en nous écoutant mutuellement et en discernant les questions implicites et explicites de notre société, avec une attention particulière aux personnes qui ne pensent pas pouvoir recevoir quelque chose de nous.

L’objet immédiat de ce processus est la synodalité. On me demande si c’est une réflexion centrée sur nous-mêmes. Pas vraiment, mais aussi. Il s’agit de percevoir ce qu’est l’Église : notre baptême fait-il de nous des membres actifs dans la transmission « don de Dieu » (Jean 4,10) ? De nouvelles questions ont toujours permis à l’Église de mieux expliciter sa foi et son espérance. Nous sommes maintenant dans une époque de bouleversements et incertitudes, où les jeunes se demandent s’ils ont un avenir : comment leur communiquer notre espérance, la joie de la Bonne Nouvelle ? Cela arrive alors que nous sommes confrontés à nos questions internes, notamment à des scandales de grande ampleur que les responsables – comme moi – ne savent comment aborder avec vérité, empathie et efficacité (quant au traitement des causes).

Dans le processus demandé par le pape, la phase diocésaine commence le 17 octobre 2021. Cette phase sera brève, mais elle n’est pas un aboutissement. J’invite donc les Unités pastorales, les communautés religieuses (en elles-mêmes ou dans les Unités pastorales), les mouvements, services d’Église (aumôneries…) à entrer dans ce chemin d’écoute et de discernement selon lesindications que vous donne le document joint à cette lettre. Cette consultation prendra des formes adaptées aux situations locales.

Déjà merci au Saint Esprit de nous unir et de nous guider, et à vous de l’écouter ensemble et de vous écouter mutuellement. Ce processus mondial est aussi local : nous avons grand besoin de notre soutien mutuel, merci à vous aussi dès maintenant !

Fribourg, le 15 octobre 2021

+ Charles Morerod

Annexe ment.

(Version PDF de la communication)

ANNEXE JOINTE À LA LETTRE DE L’ÉVÊQUE:

« synode », « synodalité » … au juste, ça veut dire quoi ?

« deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem… et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui– même s’approcha, et il marchait avec eux. » Luc 24, 13-15

Le mot « synode » (qui nous vient du grec) signifie : marcher ensemble ; passer ensemble le seuil de la maison.
Dans l’Église, dès le IIe siècle, un synode est convoqué (au niveau diocésain ou universel) lorsqu’une question importante se pose.

Le Pape François a convoqué un synode sur la synodalité et nous encourage toutes et tous à y participer.
Comme disait déjà saint Jean-Chrysostome : « Église et Synode sont synonymes », c’est un mode de vie de l’Église, un mode de travail tant à l’échelle locale (la paroisse, l’unité pastorale, les pastorales catégorielles, les diocèses), que mondiale.

Quel est le but de ce Synode ? ECOUTER – DISCERNER

« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises » Apocalypse 2,7

La vie dans la foi s’accompagne d’une inquiétude intérieure, celle des disciples qui se savent insuffisantes images du Christ Sauveur. Mais nous n’avons pas à répondre seuls : nous cheminons ensemble, comme le pape l’a dit à son diocèse le 18 septembre, « Le bon pasteur doit se mouvoir ainsi : devant [les brebis] pour guider, au milieu pour encourager et ne pas oublier l’odeur du troupeau, derrière car le peuple a aussi du ‘flair’ ».

Le Christ ne nous a pas abandonnés à l’Ascension comme si nous devions désormais tout gérer nous-mêmes. Nous célébrons le Christ présent et nous sommes appelés à écouter l’Esprit Saint et ensuite à nous écouter mutuellement.

Le pape François motive le parcours synodal de la manière suivante : « Une question de fond nous pousse et nous guide : comment se réalise aujourd’hui, à différents niveaux (du niveau local au niveau universel) ce “marcher ensemble ” qui permet à l’Église d’annoncer l’Évangile, conformément à la mission qui lui a été confiée ; et quels pas de plus l’Esprit nous invite-t-il à poser pour grandir comme Église synodale ? »
Ce synode va se vivre sur deux ans. Il sera marqué par une phase diocésaine, une phase continentale et une phase universelle avec la célébration de l’Assemblée générale du Synode des évêques, en octobre 2023.

Dans la dynamique synodale, les différences sont exprimées jusqu’à ce que l’on parvienne à une harmonie où le meilleur de chacun peut être retenu, une harmonie qui conserve la fine nuance des différences. Comme le pape l’a indiqué en expliquant le synode au diocèse de Rome, il ne s’agit pas de dégager une majorité, comme si les « personnes en marge » ne comptaient pas.

Continuer le mouvement initial de l’Église

Les Actes des Apôtres nous montrent les Apôtres confrontés à des questions nouvelles, notamment avec l’arrivée de personnes inattendues. Nous ne sommes plus à cette époque fondatrice, mais le mouvement initial de l’Église ne s’est jamais interrompu.

La participation active promue par le Concile Vatican II dans l’Église regarde toutes nos relations internes et externes.
Nous n’avons pas l’habitude, dit le pape « d’examiner la façon dont sont vécus dans l’Église la responsabilité et le pouvoir, ainsi que les structures par lesquelles ils sont gérés, en faisant ressortir et en essayant de convertir les préjugés et les pratiques déviantes qui ne sont pas enracinés dans l’Évangile ».

Questions à aborder

Cheminant avec le Christ à la lumière de l’Esprit Saint, nous sommes invités à discerner comment rendre l’Évangile « visible » et reconnaissable

  • en célébrant
  • en prenant la parole sur notre responsabilité commune et la manière del’exercer pour la mission, sans cacher nos questions et nos souffrances
  • en nous écoutant mutuellement à la lumière de l’Esprit Saint et en écoutant les autres communautés chrétiennes, les marginaux, les questions de notresociété… toutes les personnes qui ne se sentent pas écoutées par nous
  • en discernant comment le mode de vivre synodal peut s’approfondir en vuede la mise en œuvre des décisions

Cette réflexion sur la synodalité inclut des questions sur notre compréhension de l’Église :

Quand nous disons « notre Église », qui en fait partie, et qui est laissé à lamarge ?

Comment voyons-nous des attentes « extérieures » ?

Qui nous rassemble et nous demande de marcher ensemble ?

Qui sont les marcheurs avec qui nous pourrions rencontrer Jésus ?

Qui nous a rejoints en cours de route, et les avons-nous accueillis ?


Nous sommes dans la phase diocésaine du Synode. Les pistes et les questions visent à recueillir les réalités que nous vivons dans nos différents lieux, à faire l’inventaire de nos expériences et à les communiquer à notre évêque, à l’instar de ce qui se fait dans les diocèses du monde entier.

Programme de la phase diocésaine

A partir de l’ouverture des phases diocésaines, le 17 octobre 2021, les Unités pastorales, les services, les aumôneries, les mouvements et instituts religieux sont invités à rassembler les fidèles et les personnes intéressées (en essayant d’intéresser les personnes qui n’attendent rien d’un tel processus, en les rejoignant là où elles-mêmes sont rassemblées) pour effectuer la démarche esquissée ci-dessus. Les comptes rendus résumés (en 3 phrases clefs) de ces rencontres doivent parvenir à l’évêché au plus tard le 15 janvier 2022.

Vos retours sont à envoyer à synode@diocese-lgf.ch

Source, Diocèse LGF, le 15 octobre 2021

ENTRETIEN AVEC MGR CHARLES MOREROD: OÙ VA L’EGLISE ?

ENTRETIEN AVEC MGR CHARLES MOREROD: OÙ VA L’EGLISE ?

Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève, Fribourg (LGF),  s’exprime sur sa vision de l’Eglise de demain.

Vous avez affirmé que l’Église est parfois prise « dans un carcan trop lourd » et qu’il est urgent de « réduire les structures ». Le diocèse est-il à l’aube d’une révolution ? 

Mgr Morerod: Je ne sais pas si c’est nous qui sommes à l’aube d’une révolution ou s’il faut simplement observer ce qui se passe. Il y a quelques années, un évêque français disait déjà que dans son diocèse, le nombre de prêtres avait été divisé par 5 en 15 ans. Un autre soulignait qu’il ne manquait pas de prêtres, mais de chrétiens; enfin les analyses, en France, nous disent que la moitié des adultes baptisés dans l’année arrêtent d’aller à l’église dans l’année qui suit, car il n’y a plus de communauté. En visite pastorale à Genève, une femme d’une trentaine d’années m’a dit qu’elle ne va jamais à la messe de sa paroisse, où j’étais en visite, et qu’elle se rend plutôt à Saint-Joseph ou à Notre-Dame.

Ce n’est pas nouveau, mais quand va-t-on ouvrir les yeux ? Il ne s’agit pas de mépriser les paroisses avec peu de monde ou encore moins les personnes peu nombreuses qui y vont. Mais de prendre acte du fait qu’en plusieurs endroits nous n’avons plus la masse critique de mettre en œuvre les solutions du passé. Le risque est d’épuiser les personnes, sans leur offrir un lieu où elles sont heureuses de se rendre. Il est aussi important de préciser qu’il ne s’agit pas d’une déclaration générale, mais d’une réalité de nombreux endroits. À Genève, il y a des églises pratiquement collées les unes aux autres, surtout en ville. Je crois que nous devons surtout prévoir des lieux où la foi peut être vécue joyeusement et d’une façon qui donne envie d’y revenir.

La solution passe-t-elle par une réduction du nombre d’églises ou par une spécialisation des lieux ? 

Mgr Morerod: Cela dépend. Je pense qu’à certains endroits le fait que nous ayons un trop grand nombre d’églises participe vraiment à la dispersion. Je ne dis pas qu’il faut raser des églises, mais je ne sais pas pour combien de temps nous aurons encore de l’argent pour les entretenir. Le manque d’argent est aussi le signe qu’il n’y a pas une communauté qui en ressent le besoin. Il faut trouver la juste mesure d’une présence chrétienne diffuse, mais sans dispersion, afin de rassembler les fidèles plutôt que de les diviser par un trop grand nombre d’églises avec peu de monde. Il faut une communauté où l’on puisse justement remarquer que l’on n’est pas une espèce en voie de disparition.

À Genève des églises vont être restructurées pour construire des lieux de culte plus petits, mais modulables. 

Mgr Morerod: C’est une option sage, mais je crois que nous ne pouvons pas renoncer à réduire le nombre de lieux de culte. Des lieux plus petits et modulables peuvent aider les communautés à être heureuses de se retrouver. Être à 15 dans un lieu pas très vaste permet de ressentir d’être vraiment ensemble alors que ce n’est pas le cas si 15 personnes sont dans une église qui peut en accueillir 600 ou plus !  Avoir des lieux modulables est aussi une bonne option, surtout dans les villages. Il est, par exemple, souvent important pour les personnes de célébrer les funérailles d’un proche dans leur village. Reste à savoir si nous avons les moyens d’entretenir tous ces lieux et de les faire vivre.

En 2013, vous affirmiez déjà que si le manque de prêtres est un souci, la question plus fondamentale est la diminution du nombre de croyants. L’Église a-t-elle les forces d’inverser cette tendance ? 

Mgr Morerod: Je crois à un lien très étroit entre vie des communautés et vocations issues de ces communautés. Si l’on voit l’Évangile présent dans nos vies et nos communautés, si l’on se réunit dans la joie de la présence du Christ, bien des personnes qui se demandent que faire de leur vie pourront s’associer à cette joie. Le fait que l’on nous connaisse de moins en moins signifie d’une part qu’on vient moins à l’église, d’autre part qu’on peut la redécouvrir. Et cela est assez sensible à Genève. La diversification des propositions est sans doute bienvenue, et peut profiter de petites communautés vivantes.

Par voie de presse, vous avez déclaré qu’à terme, le nombre de prêtres peut être divisé par deux et qu’il ne faut plus favoriser le phénomène de fuite de cerveaux en « important » des prêtres de l’étranger pour célébrer des messes. Pourtant le rôle d’un prêtre n’est-il pas plus vaste ?

Mgr Morerod: Certes, il est plus vaste : avant de célébrer les sacrements, il doit annoncer l’Évangile. Toutefois il n’est pas seul à le faire. Si j’insiste sur le lien entre prêtre et communauté, c’est avant tout parce que la célébration de l’eucharistie est au cœur de la vie d’une communauté parce que c’est la présence du Christ (par la célébration à la fois de la liturgie de la Parole et de l’Eucharistie) qui constitue le plus fondamentalement l’Église.

Qu’en est-il des agents pastoraux laïcs et de la pastorale ‘catégorielle’ ? 

Mgr Morerod: La vie de l’Église est l’affaire de l’ensemble des baptisés. La participation active (et aussi professionnelle) de laïcs à l’apostolat est fondamentale : sans elle l’Église serait tronquée. De même que la vie des paroisses et la présence de l’Église dans de relatives « périphéries » sociales (rue, prison, hôpitaux-EMS etc.) s’appellent mutuellement.

Que pensez-vous du projet de Maison d’Église à Genève et du nouveau Service de la spiritualité ?

Mgr Morerod: Je trouve le projet de Maison d’Église très bien et plus facile à repérer que les locaux (dispersés) actuels. L’incendie de l’église du Sacré-Cœur a montré que ce lieu était connu des Genevois et leur tenait à cœur. Pour le nouveau Service, j’avais fait remarquer à Genève que la spiritualité était absente de ce que nous présentions et que là il y a un besoin et un désir très perceptible, surtout chez des personnes qui découvrent la religion d’une manière générale, car aujourd’hui on ne la connaît plus. Cela vaut vraiment la peine de partir de là. Car c’est pour ça que l’on va à l’église.

Lors de rencontres cantonales de réflexion sur le futur du diocèse vous avez indiqué deux concepts clés : la subsidiarité, pour le respect des réalités locales et personnelles, et la transversalité, pour favoriser une réflexion commune sur les questions communes. Quelles sont les implications déjà envisageables au niveau des structures ? 

Mgr Morerod: Une consultation est en cours depuis pas mal de temps. Il y a un lien entre les deux. Alors que je venais d’être nommé évêque, j’ai rencontré le conseil pastoral sortant. Déjà alors, les gens me disaient : je veux bien venir à ce conseil, mais au fait je suis dans le conseil pastoral de ma paroisse, de mon Unité pastorale, du canton et du diocèse et l’on dit toujours les mêmes choses. J’ai l’impression que je ferais mieux de vivre ma vie chrétienne. Et cela est vrai dans d’autres domaines. Dans chaque canton ou Vicariat, on traite souvent des mêmes questions sans savoir ce qui est discuté ailleurs, alors qu’en mettant les gens ensemble nous pouvons tirer profit des expériences des autres dans le même domaine. L’idée d’un diocèse est aussi cette mise en commun des expériences. C’est le concept de la transversalité.

En même temps, il y a la subsidiarité, qui est liée. On observe que c’est sur place, auprès des personnes que l’on comprend vraiment la situation. Je m’inspire de ce que dit le pape à propos des familles : les grands principes sont toujours valables, mais plus on s’approche de cas très particuliers moins ils s’appliquent. Quand on regarde la personne devant soi, un lieu ou une petite communauté de près, on comprend des choses qui ne se comprennent pas seulement en termes généraux. C’est ça la subsidiarité, qui est locale et personnelle et pas seulement cantonale. Le poids des structures m’inquiète et je vise à ce qu’il y ait une plus grande vitalité, mais à ce stade, il est difficile d’être plus précis sur l’impact au niveau des structures.

Une expérience de transversalité a vu le jour avec la création d’une cellule COVID-19 diocésaine, réunissant notamment des personnes de l’ensemble des Vicariats. 

Mgr Morerod: C’est un bon exemple. Les normes cantonales pour la pandémie ont été différentes, mais les questions ont été les mêmes, bien qu’elles soient arrivées de façon décalée. Ainsi quand une question arrivait dans un canton, on y avait déjà réfléchi dans un autre, à certains égards. Cela évite aux autres de faire toute la réflexion à partir de zéro et cela évite de mobiliser un nombre de personnes plus grand. La cellule diocésaine réduit aussi le risque d’erreurs. C’est une forme d’entraide mutuelle pour les questions communes qui tient compte des spécificités locales.        

Propos recueillis par Sba – paru dans  le Courrier pastoral de février 2021

Source: Eglisecatholique-GE.ch, le 8 février 2021

MOT DE MGR CHARLES MOREROD, EVÊQUE DU DIOCÈSE DE LGF, DE JANVIER 2021

Charles Morerod – Wikipedia
Mgr Charles Morerod – photo Wikipédia

Variations sur le même thème de la réorganisation de la vie pastorale du diocèse

Dans ses précisions du 15 décembre 2020, notre évêque, Charles Morerod, indiquait notamment qu’il ne s’agissait pas « de chasser la moitié des prêtres, mais d’adapter progressivement leur nombre à la réalité pastorale ».

Or, dans la feuille diocésaine de janvier 2021, il s’agirait maintenant d’une « réduction des structures à ce qui est vraiment nécessaire, pour que davantage de temps soit consacré à la mission, dans laquelle nous trouvons notre joie ! « . Il s’agirait de réformer/abroger des structures inadaptées en considération de l’évolution du temps et des changements profonds de la société.

Des propos qui restent abstraits et ajoutent un peu plus de confusion à la réalité du moment.

De nouvelles précisions seront les bienvenues !

Ci-après le texte de janvier 2021.

Le changement d’année ne suscite pas en moi d’émotion, au moins depuis la fin de mon adolescence. Par contre l’évolution du temps, de la société et de l’Église me touche beaucoup. Ce que disait Vatican II il y a 55 ans n’a cessé de prendre du relief : « Le genre humain vit aujourd’hui un âge nouveau de son histoire, caractérisé par des changements profonds et rapides quis’étendent peu à peu à l’ensemble du globe. Provoqués par l’homme, par son intelligence et son activité créatrice, ils rejaillissent sur l’homme lui-même, sur ses jugements, sur ses désirs, individuels et collectifs, sur ses manières de penser et d’agir, tant à l’égard des choses qu’à l’égard de ses semblables. À tel point que l’on peut déjà parler d’une véritable métamorphose sociale et culturelle dont les effets se répercutent jusque sur la vie religieuse » (Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et spes, § 4.2).

Le temps s’était déjà accéléré depuis le 19ème siècle, et le mouvement s’est amplifié. L’accélération que remarquait Vatican II a augmenté très sensiblement. Pour ce qui nous concerne, il me semble que la pandémie nous met maintenant dans une situation que je pensais voir venir dans 10 ou 20 ans : elle occasionne à la fois des découvertes ou redécouvertes religieuses et un relatif éloignement (plus ou moins relatif mais aussi accéléré).

Je ne pense pas être le seul à trouver que nous sommes parfois pris dans un carcan trop lourd, bien que nous ne l’identifiions pas tous de la même manière… Cela a produit en moi une impatience qui fait bouger le couvercle de la marmite, parfois maladroitement (ce dont je suis désolé), et beaucoup d’entre vous voyez depuis quelques mois les mouvements du couvercle. Cela sera largement communiqué dans les mois qui viennent. En fait ce que je pressentais fin 2014, au terme de mes « Orientations et pistes pastorales » ne me semble plus devoir être renvoyé aux calendes grecques : « A terme il faudra trouver le moyen de réduire les structures à ce qui est vraiment nécessaire, pour que davantage de temps soit consacré à la mission, dans laquelle nous trouvons notre joie ! » (Désolé de me citer, je déteste ça, mais dans le fond si je ne le fais pas, personne ne le fera) La lenteur vient en partie de la nécessité de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain : les « structures » ont cela de bon qu’elles nous permettent de nous rencontrer pour un discernement commun, et pour la joie d’être ensemble. Il reste que la lenteur ne peut masquer indéfiniment une urgence.

Il y a au terme de ces « pistes pastorales » ce qui en donne l’orientation : la joie. Cette joie ne vient pas de nous, mais de la présence du Seigneur. En observant ce qui amène des personnes à découvrir l’Église, je vois un élément fondamental et constant : la joie de la présence du Seigneur. Nous parlons de lui, mais en sa présence. Sans cette perception, il serait normal de partir. Le tournant de l’année est bien centré sur la présence du Seigneur : l’octave qui étend la fête de la Nativité jusqu’à la fête de la Mère de Dieu (montrant la plus grande « collaboration » humaine au mystère de cette Présence).

En fait de cadeau de passage, nous pouvons dire avec Pierre : « Ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche ! » (Actes des Apôtres, 3,6). C’est donc mon vœu pour vous.

+ Charles Morerod OP

DIOCÈSE LGF : PRÉCISIONS SUITE À LA PUBLICATION D’ARTICLES

PRÉCISIONS SUITE À LA PUBLICATION D’ARTICLES

Communication à nos agents pastoraux

Après la parution d’un article précis dans la Neue Zürcher Zeitung1 du 13.12.2020, où la journaliste distinguait bien mes propres propos de ce qui lui venait d’autres sources (que je n’ai pas à connaître), je vois que la suite2 a mêlé l’ensemble de ces sources comme si tout venait de moi. Les réactions très variées reçues hier m’amènent donc à certaines précisions, à commencer par le fait que le but n’est pas de chasser la moitié des prêtres, mais d’adapter progressivement leur nombre à la réalité pastorale.

Le point de départ des réflexions publiées récemment, et qui ne sont pas du tout nouvelles (elles ont été l’objet de discussions au conseil épiscopal dès mon arrivée il y a 9 ans) est l’impact sur la vie des communautés chrétiennes, donc aussi des prêtres, de la permanence d’une couverture territoriale qui s’est fortement développée durant la première moitié du 20e siècle (on y a construit de nombreuses églises et fondé de nombreuses paroisses). Actuellement cela amène déjà beaucoup de croyants, notamment les jeunes mais pas seulement, à se rendre surtout, voire seulement, dans des lieux plus centraux, afin de sentir le soutien d’une communauté vivante ; je constate cette situation déjà existante, et qui rejoint la situation de l’Église antique où on se rassemblait des villes et des villages alentour pour l’eucharistie. A ce mouvement spontané de rassemblement de laïcs « libres » correspond le devoir de prêtres disant l’usure que représentent pour eux des célébrations devant des petits groupes de personnes qui ne leur répondent pas. Un évêque français m’avait dit, commentant sa propre expérience des années 1960-70, que la plupart des prêtres qui avaient quitté le ministère avaient été épuisés par le contraste entre l’enthousiasme du don de leur vie et une indifférence de plus en plus évidente. Certes, je sais aussi par expérience personnelle que la célébration de l’eucharistie, même avec une communauté réduite à sa plus simple expression, remplit une journée grâce à la présence du Christ. Et je sais encore que la foi de quelques personnes silencieuses au fond d’une église est un trésor caché, et qu’il ne faut pas abandonner ces personnes comme si leur fidélité était un problème.

Il y a un paradoxe du moment présent. Comme peu de monde peut se rassembler, j’invite à multiplier les célébrations, et je remercie ceux qui le font de ce témoignage de foi et de souci pastoral. En même temps cette situation nous permet d’observer ce à quoi pourrait ressembler l’avenir, gardant toujours à l’esprit que le Saint Esprit n’est pas prisonnier de courbes statistiques.

Il existe depuis quelques années dans notre diocèse (comme dans d’autres pays) une « cellule » d’accueil pour les prêtres (et agents pastoraux laïcs, mais le cas est plus rare) « venus d’ailleurs ». Le but est de donner une introduction à des spécificités locales. Je rencontre cette cellule une fois par année et y dis chaque fois, entre autres : étant donné que votre expérience antérieure est souvent différente, soyez conscients que la mentalité suisse est très égalitaire (regarder les laïcs comme un troupeau obéissant suscite des allergies) et que les relations avec les Églises réformées y sont cordiales. Cette cellule (le terme n’a pas un sens carcéral) a pour but d’aider ces prêtres venus en mission, aussi en corrigeant nos propres erreurs dans leur accueil.

Plus de 60% des catholiques du diocèse sont de proche origine étrangère, et je les remercie fréquemment de leur présence. Ils sont souvent heureux de pouvoir rencontrer des prêtres de leur pays d’origine, et pas seulement dans les « missions linguistiques » ; certains relèvent aussi le bienfait pour eux de découvrir ici un respect inattendu pour leur vie de laïcs. Des Suisses sont évidemment aussi souvent heureux de la joie de prêtres étrangers, et je partage cette joie.

Il reste que des questions doivent être posées : la manière dont on « couvrait le territoire » il y a 60 ans doit-elle être, littéralement, fixée dans la pierre, que ce soit pour y célébrer la messe ou d’autres liturgies ? Des églises qui se trouvent à quelques minutes à pied les unes des autres (en ville…) aboutissent à une dispersion de petites communautés, et les célébrations qui s’y déroulent, notamment le dimanche, ne manifestent plus le rassemblement de la communauté autour de ce centre qu’est la présence du Christ dans l’eucharistie. Quel service rendons-nous aux Églises dont nous recevons les prêtres (le Vatican nous met constamment en garde) ? Comment stimulons-nous les vocations en Suisse (prière des communautés, éveil des candidats) si nous suggérons que de toute manière il suffit d’en importer ?

Je vous fais la confidence d’un rapport de ces réflexions avec les circonstances de ma propre vocation, laquelle me dérangeait parce qu’en fait je n’avais pas du tout envie d’y répondre, ce que je n’ai d’ailleurs jamais regretté d’avoir fait. A la fin de mon adolescence, je me demandais qui assurerait l’avenir de l’Église ici et maintenant. Comment aurais-je réfléchi si j’avais eu l’impression que ce don pas évident de ma vie n’était pas utile, puisqu’il y avait ailleurs des réserves suffisantes de prêtres ?

+ Charles Morerod

1 https://nzzas.nzz.ch/schweiz/bischof-will-priester-loswerden-ld.1591824

2 Cf. https://www.kath.ch/medienspiegel/bischof-will-priester-loswerden/ et https://www.cath.ch/newsf/charles-morerod-veut-reduire-de-moitie-leffectif-de-son-diocese/, articles où j’ai aussi pu m’exprimer moi-même.

(Version PDF de la communication)

Source: diocèse Lausanne, Genève, Fribourg, le 15 décembre 2020

Voir également sur cath.ch : LGF: Les prêtres étrangers attristés par les propos de Mgr Morerod

Une « neuvaine en temps de quarantaine » vous a été proposée par nos évêques – Diocèse LGF.

Neuvaine diocésaine
Par Diocèse LGF le vendredi 15 mai 2020 à 10h59

Communication à nos agents pastoraux/UP/paroisses/missions/communautés religieuses 

Une « neuvaine en temps de quarantaine » vous a été proposée par nos évêques. 

Ces neuf jours de prière commune auront lieu du dimanche 24 mai au lundi 1er juin. Les prières, disponibles sur le site du diocèse dès le 24 mai, seront proposées par diverses communautés religieuses. Vous pourrez les lire, chaque jour, ou alors vous joindre à nos évêques qui les reprendront lors de leurs messes quotidiennes, diffusées en direct* sur notre site internet, à 12h15. 

Du 24 mai au 1er juin, c’est …

  • … entre Ascension et Pentecôte : on invoquera donc l’Esprit-Saint.
  • … sur les dates du pèlerinage interdiocésain à Lourdes (qui a été reporté) : on invoquera Marie présente au cénacle avec les apôtres, et on lui demandera le réconfort des malades.
  • … dans un contexte de pandémie et d’incertitude : on invoquera Notre-Dame de Bourguillon, gardienne de la foi sur les lieux d’une ancienne léproserie.
  • … lundi de Pentecôte (jour de conclusion de cette neuvaine) dédié par le pape François à Marie Mère de l’Eglise, Marie invoquée à ce titre par Paul VI au terme du Concile Vatican II, appel au renouveau de l’Eglise ! 


Le Service diocésain de la communication 

* NOUVELLE HORAIRE DES MESSES :
Depuis le 15 mai, les messes des évêques sont disponibles en direct tous les jours du lundi au samedi à 12h15 et le dimanche à 10h30, sur notre site internet et sur notre chaîne YouTube. Les vidéos demeurent en ligne et peuvent être visionnées en tout temps. 

CRISE SANITAIRE : MGR CHARLES MOREROD INVITE LES PAROISSES À LA SOLIDARITÉ

Crise sanitaire : Mgr Charles Morerod invite les paroisses à la solidarité
Diocèse LGF le vendredi 15 mai 2020 à 14h48

Dans le contexte de crise sanitaire et économique actuelle, Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, souhaite que les églises de son diocèse, toujours ouvertes, deviennent des lieux de récolte de nourriture et de produits de première nécessité.

L’évêque demande aux paroisses de son diocèse, dès maintenant, de faire appel à la générosité des fidèles en les invitant à venir déposer des denrées alimentaires et produits de première nécessité et en assurant la distribution aux personnes dans le besoin, le tout dans le respect des normes sanitaires. 

Ces actions se poursuivront dès la reprise des messes publiques, où les fidèles – dans la mesure du possible et selon leurs moyens – pourront se rendre à l’église avec leurs « offrandes ». 

S’engager pour les plus démunis fait partie de la vie chrétienne. Le cas de pandémie a déjà révélé dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg une forte mobilisation (souvent œcuménique) dans l’accompagnement des plus fragiles. L’évêque remercie tous les acteurs de cette solidarité, parmi lesquels de nombreux bénévoles !

Aide fournie par l’Eglise aux démunis : Quelques exemples parmi d’autres dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg

Dans le canton de Vaud, ce sont plus de 440 familles qui sont soutenues directement par des distributions alimentaires, et 200 familles en collaboration avec des associations existantes. Le foyer Saint-Vincent de Paul, resté ouvert pendant la pandémie, accueille toujours des femmes et des enfants de la rue et l’église saint François à Renens offre un accueil de jour. 

Dans le canton de Genève, la « Pastorale des Milieux ouverts » propose, à la paroisse de Montbrillant, un repas est servi trois fois par semaine, suivi d’un moment de repos autour d’un café ou d’une activité de jardinage. Un espace douche, accès à un lave-linge, et un nouveau vestiaire ont été ouverts au Temple de la Servette. En collaboration avec cette action, la paroisse Sainte-Clotilde a lancé un appel sur les réseaux sociaux en en vue de collecter des biens de première nécessité. Grâce à la chaîne du bonheur et des dons privés des paniers sous forme de bons d’achat sont distribués à près de 100 familles. De plus, un soutien scolaire a été proposé, tout comme la confection de masques destinées aux personnes en situation précaire. 

Dans le canton de Neuchâtel, des livraisons de nourriture dans les familles sont en train d’être mises sur pied. 

Parmi les catholiques, de nombreuses personnes s’engagent, bénévolement, dans les rangs d’associations caritatives (sans lien ecclésial direct). 

Le Service diocésain de la communication