Devant l’Église slovaque, le Pape exhorte à cultiver la liberté avec Dieu 

Devant l’Église slovaque, le Pape exhorte à cultiver la liberté avec Dieu 

Pour son deuxième jour en terre slovaque, le Souverain pontife argentin a rencontré l’ensemble des évêques, prêtres et religieux de Slovaquie en la cathédrale catholique Saint-Martin de Bratislava, lundi 13 septembre 2021. Dans son discours, le Pape François a insisté sur la relation de liberté à nourrir dans la vie spirituelle et dans l’Église. 

Le Pape François a d’emblée fait allusion au style de la première communauté chrétienne,«assidus et unanimes, ils marchaient ensemble» (cf. Ac 1, 12-14), affirmant que l’Église avait besoin de cela. Elle n’est «pas une forteresse», «une puissance, un château situé en hauteur qui regarderait le monde avec distance et suffisance». «S’il vous plaît, ne cédons pas à la tentation de la magnificence, de la grandeur mondaine!», s’est exclamé l’évêque de Rome, pronant une Église humble, «qui ne se sépare pas du monde et ne regarde pas la vie avec distance, mais y habite».

Le centre de l’Église n’est pas l’Église

Cela aide à sortir de l’autoréférentialité: le centre de l’Église n’est pas l’Église!, a ensuite lancé François, appelant à sortir «de l’inquiétude excessive pour nous-mêmes, pour nos structures, pour la façon dont la société sympathise avec nous». 

Et le Pape de s’interroger: quels sont les besoins et les attentes spirituels de notre peuple? Qu’attend-on de l’Église?, a-t-il questionné proposant trois mots-clés.

Le premier est liberté. «Sans liberté, il n’y a pas de véritable humanité, parce que l’être humain a été créé libre pour être libre. Les périodes dramatiques de l’histoire de votre pays sont un grand enseignement: lorsque la liberté a été blessée, violée et éliminée, l’humanité a été dégradée et les tempêtes de la violence, de la coercition et de la privation des droits se sont déchaînées», a-t-il déclaré, ajoutant: «La liberté n’est pas une conquête automatique qui demeure une fois pour toutes. La liberté est toujours un chemin, parfois pénible, à renouveler continuellement. Il ne suffit pas d’être libre extérieurement, ou à travers les structures de la société, pour l’être vraiment».

Le risque du choix 

Il est parfois plus commode de ne pas se laisser provoquer par les situations concrètes et de continuer à répéter le passé, sans y mettre le cœur, sans le risque du choix, a pointé du doigt le Pape François, dénonçant l’attitude qui consiste à «passer sa vie en faisant ce que d’autres –peut-être la masse ou l’opinion publique– décident pour nous».

Le Pape critique cette attitude aussi dans l’Église, où cette idée peut faire son chemin: «mieux vaudrait avoir toutes les choses prédéfinies, des lois à observer, la sécurité et l’uniformité, plutôt que d’être des chrétiens responsables et adultes qui pensent, interrogent leur conscience et se remettent en cause». Dans la vie spirituelle et ecclésiale, la tentation existe de chercher une fausse paix qui nous laisse tranquille, plutôt que le feu de l’Evangile qui nous inquiète et nous transforme, alerte le Pape, exhortant à laisser place «à l’aventure de la liberté, même dans la vie spirituelle», sans quoi celle-ci risque de devenir «un lieu rigide et fermé».

«N’ayez pas peur de former les personnes à une relation mûre et libre avec Dieu. L’Église du Christ ne veut pas dominer les consciences ni occuper les espaces, elle veut être une “fontaine” d’espérance dans la vie des personnes», a fait remarquer le Pape.

“L’Église du Christ veut être une “fontaine” d’espérance dans la vie des personnes”

«Que l’annonce de l’Évangile soit libératrice, jamais écrasante. Et que l’Église soit signe de liberté et d’accueil!», a souhaité le Saint-Père.

La riche tradition chrétienne

Deuxième mot, avancé par le Pape, la créativité, citant l’exemple «des figures lumineuses des saints Cyrille et Méthode».

«Cyrille et Méthode ont parcouru ensemble cette partie du continent européen et, brûlants de passion pour l’annonce de l’Evangile, ils sont arrivés à inventer un nouvel alphabet pour traduire la Bible, les textes liturgiques et la doctrine chrétienne», a affirmé le Pape. «Ainsi ils sont devenus des apôtres de l’inculturation de la foi auprès de vous, des inventeurs de nouveaux langages pour transmettre la foi, ils ont été créatifs dans la traduction du message chrétien, ils ont été si proches de l’histoire des peuples qu’ils rencontraient qu’ils ont parlé leur langue et assimilé leur culture. La Slovaquie n’a-t-elle pas encore besoin de cela aujourd’hui?», a interrogé François avant de poursuivre: «N’est-ce pas là la tâche la plus urgente de l’Eglise auprès des peuples de l’Europe : trouver de nouveaux “alphabets” pour dire la foi?  

L’Évangile, en effet, estime le Saint-Père, ne peut pas croître s’il n’est enraciné dans la culture d’un peuple, c’est-à-dire dans ses symboles, dans ses interrogations, dans ses paroles, dans sa manière d’être. «Les deux frères ont été beaucoup gênés et persécutés, vous le savez. Ils étaient accusés d’hérésie parce qu’ils avaient osé traduire la langue de la foi. Voilà l’idéologie qui naît de la tentation d’uniformiser. Mais l’évangélisation est un processus d’inculturation : elle est une semence féconde de nouveauté».  

Le souvenir des blessures, brèches pour imiter Dieu

Enfin, troisième et ultime piste suggérée par François, le dialogue. L’unité, la communion et le dialogue sont toujours fragiles, surtout quand il y a derrière une histoire de souffrances qui a laissé des cicatrices, affirme-t-il. En effet, «le souvenir des blessures peut entraîner le ressentiment, la méfiance, et même le mépris, en incitant à élever des barrières». Mais, relève enfin François, «les blessures peuvent être des brèches, des ouvertures qui, en imitant les plaies du Seigneur, font passer la miséricorde de Dieu».

Source: VATICANNEWS, le 23 septembre 2021

Le Pape à Budapest et en Slovaquie: programme détaillé du voyage

Logo du voyage apostolique en Slovaquie du 12 au 15 septembre 2021. Logo du voyage apostolique en Slovaquie du 12 au 15 septembre 2021.  

Le Pape à Budapest et en Slovaquie: programme détaillé du voyage

Le programme du voyage apostolique de François à Budapest et en Slovaquie a été rendu public mercredi 21 juillet par la Salle de presse du Saint-Siège. Du 12 au 15 septembre prochain, le Souverain pontife visitera cinq villes, commençant par la capitale hongroise pour la messe de clôture du 52ème Congrès eucharistique international, poursuivant avec la capitale slovaque Bratislava, et faisant escale par les trois villes slovaques de Košice, Prešov et Šaštin. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Quatre jours de déplacement en Europe centrale et orientale pour ce second voyage apostolique de l’année 2021. 8 prises de paroles du Saint-Père sont prévues ainsi que 3 messes publiques, selon le programme officiel paru ce mercredi 21 juillet.

La demi-journée hongroise

Le Pape François décollera de Rome-Fiumicino pour Budapest dimanche 12 septembre dès l’aube, à 6h00 du matin. Après un accueil officiel à l’aéroport international Franz-Liszt de la capitale hongroise, le Pape rencontrera le président de la république de Hongrie János Áder, ainsi que le Premier ministre Viktor Orban, au Musée des Beaux-Arts de Budapest.

C’est dans ces lieux abritant la plus grande collection d’art de Hongrie que le Saint-Père rencontrera aussi l’épiscopat hongrois dans la matinée du dimanche 12 septembre. Un discours est prévu. Suivront toujours entre les murs de ce musée inauguré en 1906, une rencontre avec les représentants du Conseil œcuménique des Églises et quelques communautés hébraïques de Hongrie. Un discours est également prévu.

À 11h30, sur la vaste place monumentale des Héros de Budapest, devant le Musée des Beaux-Arts, le Successeur de Pierre célébrera la messe de clôture du 52ème Congrès eucharistique international.

Messe en la cathédrale Saint-Martin de Bratislava

En début d’après-midi, le Pape quittera Budapest pour rejoindre par avion Bratislava – durée de vol 50 minutes. Il conclura ce dimanche chargé par une rencontre œcuménique à la nonciature apostolique de Bratislava -à 16h30, discours prévu-, et une heure plus tard -à 17h30-, par une rencontre privée avec les jésuites de Slovaquie, toujours à la nonciature.

La journée du lundi 13 septembre commencera avec l’accueil officiel de l’évêque de Rome par les autorités slovaques. À 9h30, le Pape rendra une visite de courtoisie à la présidente de la République, Zuzana Čaputová, au Palais présidentiel, rencontrant autorités, société civile et corps diplomatique dans les jardins du Palais Grassalkovitch à 10h00. Un autre discours est prévu.

Le Saint-Père se rendra ensuite en la cathédrale catholique Saint-Martin de Bratislava, plus grande et ancienne église de la capitale – datant du XIVème siècle- pour prononcer un discours devant les évêques, prêtres, religieux, séminaristes et catéchistes du pays. Il visitera le centre Bethléem et rencontrera ensuite la communauté juive slovaque -discours- avant de recevoir à la nonciature apostolique, le président du Parlement slovaque, puis le Premier ministre Eduard Heger, tout récemment entré en fonction, en avril 2021.

Liturgie byzantine et piété mariale

Enfin mardi 14 septembre, le Souverain pontife partira pour Košice, la deuxième ville du pays, afin de présider une divine liturgie selon le rite byzantin de saint Jean Chrysostome à Prešov à 10h30.  

Le Pape échangera un salut avec la communauté rom de Košice à 16h00, et s’exprimera de nouveau publiquement devant les jeunes de la ville à 17h00.

Ultime jour, mercredi 15 septembre, consacré à la messe au sanctuaire national de Šaštin -dans la région de Trnava-, en la basilique de Notre-Dame des Sept Douleurs, à 10h00, avant de regagner Rome en milieu de journée. Le 15 septembre est justement fêtée Notre-Dame des Douleurs, patronne de la Slovaquie, et depuis 1564, des fidèles font le pèlerinage national à Šaštín, en ce jour de fête qui est aussi férié.

La devise de ce voyage apostolique en Slovaquie est « Avec Marie et Joseph, en route vers Jésus » –Con Maria e Giuseppe sulla via verso Gesù-, les fidèles slovaques vénérant profondément la Vierge des douleurs, invoquant son aide depuis des siècles. 

Source: VATICANNEWS, le 21 juillet 2021