01.02.2026 – SAINT DU JOUR

Bienheureux Benedict Daswa
Catéchiste et martyr en Afrique du Sud
Premier martyr sud-africain reconnu par l’Église

Benedict (à la naissance Bakali) Daswa naît le 16 juin 1946 dans le village de Mbahe au sein d’une famille non chrétienne ; il était l’aîné de cinq enfants. Il a été élevé dans la religion traditionnelle, au sein de son clan de la tribu Bakali Lemba.

C’est au lycée que Benedict a reçu une instruction dans la foi catholique, par son catéchiste, le P. Benoît Risimati : c’est pour lui rendre hommage qu’il a choisi Benoît comme prénom de baptême et qu’il a faite sienne la devise de saint Benoît, « Prie et travaille ».
Il a été baptisé le 21 avril 1963 par le Père Augustin O’Brien m.s.c., qui lui a donné la première communion. Trois mois plus tard, il était confirmé par l’évêque bénédictin de Pietersburg, Mgr Van Hoeck. 

Il est ensuite devenu instituteur et directeur de l’école primaire de Nweli. Benedict invitait les élèves qui ne pouvaient pas payer les frais de scolarité à travailler dans son jardin. Il rendait visite aux familles des absents pour offrir son aide ; il travaillait au potager et il plantait des arbres.
Il a été le premier de son village à construire une maison en briques avec ses économies et grâce à la vente des fruits et des légumes du potager et du verger. Grâce à des prévisions budgétaires prudentes, il pu acheter une voiture, un poste de télévision et il avait le téléphone.
Son succès attira des jalousies: il fut même accusé de faire usage de zombies, des soi-disant cadavres ramenés à la vie par la sorcellerie.

En 1980, Benedict épousa une luthérienne, Shadi Eveline Monyai, qui a ensuite été reçue dans l’Église catholique. Ils eurent huit enfants, le dernier naquit quatre mois après sa mort.
Il lui est tout naturel d’aider sa femme dans l’éducation des enfants et dans les tâches ménagères, et il encourageait les autres pères de famille à en faire autant: « Vous devriez aider votre femme dans les tâches ménagères ». Il enseignait à ses enfants à participer aussi aux tâches de la maison, à être assidus à l’école et au travail du jardin.
Mais surtout, sa famille était une école de prière. Tous les soirs, ils lisaient la Bible ensemble et ils participaient aux assemblées dominicales.
Il avait aussi institué ce qu’il appelait le « jour des Daswa », le jour de la fête de Noël : la famille et tous leurs proches parents passaient cette journée ensemble. Les enfants recevaient comme cadeau de Noël du matériel scolaire.

Le chef du village l’avait choisi comme secrétaire et conseiller. Son honnêteté, son intégrité, sa sincérité et son humilité le faisaient respecter.
Catéchiste et membre du Conseil pastoral de la paroisse, il aida à la création de la communauté ecclésiale, en particulier en préparant les candidats au baptême.
Il dirigeait l’office dominical, quand le prêtre ou un agent pastoral n’était pas disponible. Il aida dans la construction, à Nweli, de la première église catholique de la région ; il était très impliqué dans la pastorale des jeunes : il les voulait occupés et disciplinés, et il créa pour eux des clubs de football.

Lors d’une sécheresse survenue dans la région de Venda, dans les années quatre-vingt, il réussit à obtenir des fournitures et des vivres pour les enfants de l’école.
On le respectait aussi en tant qu’homme de prière et pour sa compassion et sa générosité pour les malades, les pauvres et les prisonniers qu’il visitait.

Le 25 janvier 1990, au cours d’un violent orage, la foudre tomba plusieurs fois sur les cases rondes, les ‘rondavels’ couvertes de chaume ; la population locale pensa que ces phénomènes étaient dus à des actes de sorcellerie. Le conseil des anciens décida donc de consulter un guérisseur et demanda pour cela aux habitants une contribution individuelle pour lui payer ses émoluments. Benedict répondit que les éclairs étaient des phénomènes naturels et que sa foi catholique lui interdisait d’offrir sa contribution afin de payer un sorcier, suscitant ainsi la colère de nombreux habitants.

Dans l’après-midi du 2 février 1990, alors qu’il travaillait dans son verger, sa belle sœur l’appelle de toute urgence, lui demandant d’emmener son enfant très malade chez le médecin, à Makwarela (Sibasa).
Il lui dit : « Avant de partir, prions ». Sur la route du retour à Mbahe, il s’arrêta pour emmener aussi un habitant d’un village voisin. Celui-ci portait un sac de farine de maïs et il ne voulait pas prendre les transports publics en raison des troubles dans la région.
Mais la route se trouva bloquée à un certain endroit par des troncs d’arbres. Lorsqu’il descendit pour dégager la route, une foule de jeunes garçons et d’hommes dissimulés derrière les buissons se ruèrent sur lui, lui jetant de grosses pierres. Blessé et saignant abondamment, il traversa le terrain de football, espérant trouver de l’aide auprès d’un “Shebeen”, un débit illégal de boissons alcoolisées.
Il finit par trouver refuge dans la cuisine d’une ‘rondavel’ mais sort quand ses poursuivants menacent de tuer l’habitante. Il meurt assassiné à coups de couteau et de ‘knobkerrie’ (type de bâton africain principalement utilisé dans l’Est et le Sud de l’Afrique)disant : « Dieu, je remets mon esprit entre tes mains ».
Lors de ses funérailles, le 10 février 1990, les prêtres portaient des vêtements liturgiques rouges, sûrs que Benedict était mort pour sa foi dans le Christ, du fait de son refus héroïque de la sorcellerie.

Benedict Daswa a été beatifié le 13 septembre 2015, au sanctuaire de Tshitanini, dans la province du Limpopo, par le card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, qui représentait le Pape François.
Sa commémoration a été fixée au premier février.

Sources principales : fides.org/fr/news/40646 ; fr.zenit.org/ (« Rév. x gpm »).

Bienheureux Benedict Daswa priez pour nous !

01.02.2024 – SAINT DU JOUR

Bx Benoît Daswa

CATÉCHISTE ET MARTYR († 1990)

Bienheureux Benedict Daswa
Catéchiste et martyr en Afrique du Sud
Premier martyr sud-africain reconnu par l’Église

Benedict (à la naissance Bakali) Daswa naît le 16 juin 1946 dans le village de Mbahe au sein d’une famille non chrétienne ; il était l’aîné de cinq enfants. Il a été élevé dans la religion traditionnelle, au sein de son clan de la tribu Bakali Lemba.

C’est au lycée que Benedict a reçu une instruction dans la foi catholique, par son catéchiste, le P. Benoît Risimati : c’est pour lui rendre hommage qu’il a choisi Benoît comme prénom de baptême et qu’il a faite sienne la devise de saint Benoît, « Prie et travaille ».
Il a été baptisé le 21 avril 1963 par le Père Augustin O’Brien m.s.c., qui lui a donné la première communion. Trois mois plus tard, il était confirmé par l’évêque bénédictin de Pietersburg, Mgr Van Hoeck. 

Il est ensuite devenu instituteur et directeur de l’école primaire de Nweli. Benedict invitait les élèves qui ne pouvaient pas payer les frais de scolarité à travailler dans son jardin. Il rendait visite aux familles des absents pour offrir son aide ; il travaillait au potager et il plantait des arbres.
Il a été le premier de son village à construire une maison en briques avec ses économies et grâce à la vente des fruits et des légumes du potager et du verger. Grâce à des prévisions budgétaires prudentes, il pu acheter une voiture, un poste de télévision et il avait le téléphone.
Son succès attira des jalousies: il fut même accusé de faire usage de zombies, des soi-disant cadavres ramenés à la vie par la sorcellerie.

En 1980, Benedict épousa une luthérienne, Shadi Eveline Monyai, qui a ensuite été reçue dans l’Église catholique. Ils eurent huit enfants, le dernier naquit quatre mois après sa mort.
Il lui est tout naturel d’aider sa femme dans l’éducation des enfants et dans les tâches ménagères, et il encourageait les autres pères de famille à en faire autant: « Vous devriez aider votre femme dans les tâches ménagères ». Il enseignait à ses enfants à participer aussi aux tâches de la maison, à être assidus à l’école et au travail du jardin.
Mais surtout, sa famille était une école de prière. Tous les soirs, ils lisaient la Bible ensemble et ils participaient aux assemblées dominicales.
Il avait aussi institué ce qu’il appelait le « jour des Daswa », le jour de la fête de Noël : la famille et tous leurs proches parents passaient cette journée ensemble. Les enfants recevaient comme cadeau de Noël du matériel scolaire.

Le chef du village l’avait choisi comme secrétaire et conseiller. Son honnêteté, son intégrité, sa sincérité et son humilité le faisaient respecter.
Catéchiste et membre du Conseil pastoral de la paroisse, il aida à la création de la communauté ecclésiale, en particulier en préparant les candidats au baptême.
Il dirigeait l’office dominical, quand le prêtre ou un agent pastoral n’était pas disponible. Il aida dans la construction, à Nweli, de la première église catholique de la région ; il était très impliqué dans la pastorale des jeunes : il les voulait occupés et disciplinés, et il créa pour eux des clubs de football.

Lors d’une sécheresse survenue dans la région de Venda, dans les années quatre-vingt, il réussit à obtenir des fournitures et des vivres pour les enfants de l’école.
On le respectait aussi en tant qu’homme de prière et pour sa compassion et sa générosité pour les malades, les pauvres et les prisonniers qu’il visitait.

Le 25 janvier 1990, au cours d’un violent orage, la foudre tomba plusieurs fois sur les cases rondes, les ‘rondavels’ couvertes de chaume ; la population locale pensa que ces phénomènes étaient dus à des actes de sorcellerie. Le conseil des anciens décida donc de consulter un guérisseur et demanda pour cela aux habitants une contribution individuelle pour lui payer ses émoluments. Benedict répondit que les éclairs étaient des phénomènes naturels et que sa foi catholique lui interdisait d’offrir sa contribution afin de payer un sorcier, suscitant ainsi la colère de nombreux habitants.

Dans l’après-midi du 2 février 1990, alors qu’il travaillait dans son verger, sa belle sœur l’appelle de toute urgence, lui demandant d’emmener son enfant très malade chez le médecin, à Makwarela (Sibasa).
Il lui dit : « Avant de partir, prions ». Sur la route du retour à Mbahe, il s’arrêta pour emmener aussi un habitant d’un village voisin. Celui-ci portait un sac de farine de maïs et il ne voulait pas prendre les transports publics en raison des troubles dans la région.
Mais la route se trouva bloquée à un certain endroit par des troncs d’arbres. Lorsqu’il descendit pour dégager la route, une foule de jeunes garçons et d’hommes dissimulés derrière les buissons se ruèrent sur lui, lui jetant de grosses pierres. Blessé et saignant abondamment, il traversa le terrain de football, espérant trouver de l’aide auprès d’un “Shebeen”, un débit illégal de boissons alcoolisées.
Il finit par trouver refuge dans la cuisine d’une ‘rondavel’ mais sort quand ses poursuivants menacent de tuer l’habitante. Il meurt assassiné à coups de couteau et de ‘knobkerrie’ (type de bâton africain principalement utilisé dans l’Est et le Sud de l’Afrique) disant : « Dieu, je remets mon esprit entre tes mains ».
Lors de ses funérailles, le 10 février 1990, les prêtres portaient des vêtements liturgiques rouges, sûrs que Benedict était mort pour sa foi dans le Christ, du fait de son refus héroïque de la sorcellerie.

Benedict Daswa a été beatifié le 13 septembre 2015, au sanctuaire de Tshitanini, dans la province du Limpopo, par le card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, qui représentait le Pape François.
Sa commémoration a été fixée au premier février.

Bienheureux Benedict Daswa priez pour nous !

Bienheureux Benedict Daswa, un modèle pour les enseignants et catéchistes

Le père Adéchina Samson Takpé, prêtre du diocèse de Dassa-Zoumé (Sud-Bénin) et doctorant en liturgie à Vinzenz Palloti University (Allemagne) propose la présentation de la vie et des vertus de certains bienheureux africains. Cette semaine, il se penche sur le bienheureux sud-africain Benedict Daswa.

Benedict Daswa (1) naquit le 16 juin 1946 dans le village de Mbahe, en Afrique du Sud. Il est l’aîné d’une famille de cinq enfants. Ses parents sont agriculteurs et éleveurs, adeptes de la religion africaine traditionnelle. Benedict commence l’école en 1957. De 1962 à 1965, il poursuit son instruction dans une école gérée par l’Armée du salut.

Au cours de vacances scolaires chez son oncle Frank Gundula, à Johannesburg, il se lie d’amitié à un jeune homme qui lui parle de la beauté de la foi catholique. Quelque temps plus tard, il fait la connaissance de Benedict Risimati, un jeune catéchiste très pieux qui lui enseigne les rudiments de la foi. Après deux ans de catéchisme, le 21 avril 1963, il est baptisé par le père Augustine O’Brien. Trois mois plus tard, le 21 juillet, il reçoit la confirmation. Il fait ensuite le cycle secondaire jusqu’en 1968.

En 1970, après une brève formation, il obtient son diplôme d’enseignant et donne des cours dans une école primaire. En 1973, il décroche le certificat d’enseignement dans les écoles secondaires. L’année suivante, il épouse Shadi Eveline Monyai, le couple aura huit enfants. Benedict meurt assassiné le 2 février 1990 et est béatifié le 13 septembre 2015, donné en modèle aux catéchistes et aux enseignants.

Vertus

La sœur Angela, coordinatrice de l’enseignement religieux dans la communauté de Benedict témoigne : « Je vais jusqu’à dire que tout en lui était chrétien. Il ne parlait pas beaucoup de sa foi, mais en vivait ». La famille Daswa est une véritable église domestique forgée dans la récitation quotidienne du chapelet, la lecture et le partage de la Parole de Dieu, la prière avant et après le repas, la prière au lever et au coucher ainsi qu’une participation régulière à la messe paroissiale.

L’époux, faisant fi de la répartition traditionnelle des tâches, se porte volontiers au fleuve puiser de l’eau, lave les habits des enfants et aide sa femme dans le ménage. Le reste de ses temps libres sont meublés par des activités caritatives : visite aux malades, aux nécessiteux et à ceux qui ont abandonné la pratique religieuse ou tourné dos à l’Église.

Invité à régler des conflits familiaux, Benoît rassemble d’abord sa propre famille afin que l’on prie pour la famille en difficulté. « Dans les cas difficiles, rapporte sa fille, il nous demandait même de jeûner » (ibid.). Benedict veille à ce que les parents nécessiteux obtiennent un soutien financier, mais il est modeste et ne veut pas que ses bonnes œuvres soient connues.

Quand il devient directeur d’école à Nweli, il exige tant des apprenants que des enseignants un comportement moral et professionnel irréprochable dont il donne lui-même l’exemple. Il interdit en outre l’usage qui consistait à se doper ou porter des amulettes pour les compétitions sportives. Cette prise de position contre toutes formes de sorcellerie ne restera pas sans conséquences.

Benedict Daswa, invoqué contre la sorcellerie

Benedict Daswa est souvent invoqué contre la sorcellerie parce qu’il s’est opposé toute sa vie, à la croyance en la sorcellerie. À côté de son métier de directeur d’école et de catéchiste, Benedict est aussi secrétaire du conseil traditionnel du village. Mais le chef du village et le conseil lui en veulent de s’être détourné de la religion africaine traditionnelle pour embrasser la foi chrétienne.

Entre novembre 1989 et janvier 1990, il se produit dans le village des coups de foudre répétés et des incendies. Les anciens prétendent que ces phénomènes ne sont pas naturels mais dus à la sorcellerie et décident d’interroger un célèbre devin. Il a alors demandé à chaque chef de famille une participation de 5 rands (environ 185 FCFA) pour payer les honoraires du charlatan.

Benedict refuse d’y souscrire et tente plutôt de persuader le chef du village et ses conseillers de ce que la foudre et les tempêtes sont des phénomènes naturels, que le fait de vouloir trouver des boucs émissaires va conduire inévitablement au meurtre d’innocents. Il a ajouté qu’au nom de sa foi en Jésus, il ne pouvait porter cette responsabilité. Son refus de coopérer est interprété comme un signe de culpabilité et son arrêt de mort est signé. Il sera criblé de pierres par des jeunes gens, et son crâne fendu, arrosé d’eau bouillante !

Bienheureux Benedict Daswa, un modèle pour les enseignants et catéchistes
Père Adechina Samson Takpe

Source: LA CROIX AFRICA

Bienheureux Benedict Daswa, un modèle pour les enseignants et catéchistes

Le père Adéchina Samson Takpé, prêtre du diocèse de Dassa-Zoumé (Sud-Bénin) et doctorant en liturgie à Vinzenz Palloti University (Allemagne) propose la présentation de la vie et des vertus de certains bienheureux africains. Cette semaine, il se penche sur le bienheureux sud-africain Benedict Daswa.

Benedict Daswa (1) naquit le 16 juin 1946 dans le village de Mbahe, en Afrique du Sud. Il est l’aîné d’une famille de cinq enfants. Ses parents sont agriculteurs et éleveurs, adeptes de la religion africaine traditionnelle. Benedict commence l’école en 1957. De 1962 à 1965, il poursuit son instruction dans une école gérée par l’Armée du salut.

Au cours de vacances scolaires chez son oncle Frank Gundula, à Johannesburg, il se lie d’amitié à un jeune homme qui lui parle de la beauté de la foi catholique. Quelque temps plus tard, il fait la connaissance de Benedict Risimati, un jeune catéchiste très pieux qui lui enseigne les rudiments de la foi. Après deux ans de catéchisme, le 21 avril 1963, il est baptisé par le père Augustine O’Brien. Trois mois plus tard, le 21 juillet, il reçoit la confirmation. Il fait ensuite le cycle secondaire jusqu’en 1968.

En 1970, après une brève formation, il obtient son diplôme d’enseignant et donne des cours dans une école primaire. En 1973, il décroche le certificat d’enseignement dans les écoles secondaires. L’année suivante, il épouse Shadi Eveline Monyai, le couple aura huit enfants. Benedict meurt assassiné le 2 février 1990 et est béatifié le 13 septembre 2015, donné en modèle aux catéchistes et aux enseignants.

Vertus

La sœur Angela, coordinatrice de l’enseignement religieux dans la communauté de Benedict témoigne : « Je vais jusqu’à dire que tout en lui était chrétien. Il ne parlait pas beaucoup de sa foi, mais en vivait ». La famille Daswa est une véritable église domestique forgée dans la récitation quotidienne du chapelet, la lecture et le partage de la Parole de Dieu, la prière avant et après le repas, la prière au lever et au coucher ainsi qu’une participation régulière à la messe paroissiale.

L’époux, faisant fi de la répartition traditionnelle des tâches, se porte volontiers au fleuve puiser de l’eau, lave les habits des enfants et aide sa femme dans le ménage. Le reste de ses temps libres sont meublés par des activités caritatives : visite aux malades, aux nécessiteux et à ceux qui ont abandonné la pratique religieuse ou tourné dos à l’Église.

Invité à régler des conflits familiaux, Benoît rassemble d’abord sa propre famille afin que l’on prie pour la famille en difficulté. « Dans les cas difficiles, rapporte sa fille, il nous demandait même de jeûner » (ibid.). Benedict veille à ce que les parents nécessiteux obtiennent un soutien financier, mais il est modeste et ne veut pas que ses bonnes œuvres soient connues.

Quand il devient directeur d’école à Nweli, il exige tant des apprenants que des enseignants un comportement moral et professionnel irréprochable dont il donne lui-même l’exemple. Il interdit en outre l’usage qui consistait à se doper ou porter des amulettes pour les compétitions sportives. Cette prise de position contre toutes formes de sorcellerie ne restera pas sans conséquences.

Benedict Daswa, invoqué contre la sorcellerie

Benedict Daswa est souvent invoqué contre la sorcellerie parce qu’il s’est opposé toute sa vie, à la croyance en la sorcellerie. À côté de son métier de directeur d’école et de catéchiste, Benedict est aussi secrétaire du conseil traditionnel du village. Mais le chef du village et le conseil lui en veulent de s’être détourné de la religion africaine traditionnelle pour embrasser la foi chrétienne.

Entre novembre 1989 et janvier 1990, il se produit dans le village des coups de foudre répétés et des incendies. Les anciens prétendent que ces phénomènes ne sont pas naturels mais dus à la sorcellerie et décident d’interroger un célèbre devin. Il a alors demandé à chaque chef de famille une participation de 5 rands (environ 185 FCFA) pour payer les honoraires du charlatan.

Benedict refuse d’y souscrire et tente plutôt de persuader le chef du village et ses conseillers de ce que la foudre et les tempêtes sont des phénomènes naturels, que le fait de vouloir trouver des boucs émissaires va conduire inévitablement au meurtre d’innocents. Il a ajouté qu’au nom de sa foi en Jésus, il ne pouvait porter cette responsabilité. Son refus de coopérer est interprété comme un signe de culpabilité et son arrêt de mort est signé. Il sera criblé de pierres par des jeunes gens, et son crâne fendu, arrosé d’eau bouillante !

Bienheureux Benedict Daswa, un modèle pour les enseignants et catéchistes
Père Adechina Samson Takpe

Source: LA CROIX AFRICA