Au Nicaragua, interdiction des «posadas» et des crèches vivantes

Les « Posadas » sont une procession avec les figures de Joseph et Marie qui parcourent les maisons à la recherche d’un refuge (Posada) pour le bébé Jésus à naître.

Au Nicaragua, interdiction des «posadas» et des crèches vivantes

Dans ce pays d’Amérique centrale, les mesures restrictives du gouvernement Ortega à l’encontre de l’Église se multiplient. L’année 2023 a enregistré le plus grand nombre d’attaques contre des institutions catholiques, des prêtres et des religieux. La dernière restriction est l’interdiction des crèches vivantes. 

L’Osservatore Romano

Les mesures restrictives du gouvernement Ortega envers l’Église au Nicaragua s’étendent jusqu’à Noël. Le gouvernement du Nicaragua a interdit les traditionnelles «posadas» et les crèches vivantes organisées dans les rues les jours précédant la fête.

Dans ce pays d’Amérique centrale, les posadas de Noël impliquent une procession avec les figures de Joseph et Marie, généralement représentées par des enfants ou des adolescents, qui parcourent les maisons à la recherche d’un refuge («posada») pour le bébé Jésus à naître. En échange de l’accueil, les enfants chantent devant la crèche. Mais cette année, a annoncé l’avocate nicaraguayenne des droits de l’homme, Martha Molina, la police a indiqué qu’elle n’autoriserait pas ce type de célébrations en plein air. Elles ne pourront avoir lieu que dans les églises.

Une décision du président Ortega

L’avocate a affirmé que la décision aurait été prise personnellement par le président Ortega. Des activistes de différentes ONG ont dénoncé le fait que des agents de police se seraient rendus dans les paroisses pour empêcher les prêtres d’organiser de telles célébrations traditionnelles en plein air pendant la période de Noël.

L’année 2023, la pire pour l’Église

Cette année, la persécution envers l’Église a connu une escalade progressive. En effet, l’année 2023 a enregistré le plus grand nombre d’attaques – 275 – comprenant des fermetures d’organisations, d’universités catholiques, des interdictions, des arrestations de prêtres et de religieux.

Source : VATICANNEWS, le 23 décembre 2023

Au Nicaragua, arrestation d’un autre évêque par la police

L’évêque de Siuna au Nicaragua, Mgr Isidoro Mora. (© Facebook – Diocesi di Siuna)

Au Nicaragua, arrestation d’un autre évêque par la police

Mgr Isidoro Mora, évêque du diocèse de Siuna, a été arrêté après avoir prié pour Mgr Rolando Álvarez, l’évêque de Matagalpa condamné sans procès à 26 ans de prison et incarcéré depuis février dernier. L’ONU dénonce un «pays qui s’éloigne de plus en plus de l’État de droit».

Vatican News

Mercredi 20 décembre, la police nicaraguayenne a arrêté l’évêque de Siuna, Mgr Isidoro del Carmen Mora Ortega. Il s’agit du deuxième évêque détenu dans le pays, après Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, qui a été condamné à 26 ans de prison sans procès, pour conspiration, diffusion de fausses nouvelles, obstruction à la justice et outrage aux autorités. Il est en prison depuis février, après avoir été assigné à résidence depuis août 2022.

Selon certaines sources, Mgr Mora a été arrêté par la police et les paramilitaires «alors qu’il allait célébrer des confirmations dans la paroisse de La Cruz de Rio Grande». Avec lui, «les séminaristes Alester Sáenz et Tony Palacio ont également été arrêtés». Jusqu’à présent, l’on ignore où se trouvent les trois hommes. 

Arrêté après avoir prié pour Mgr Álvarez

L’homélie prononcée le 20 décembre dernier par Mgr Mora dans la cathédrale Saint-Pierre-Apôtre, serait à l’origine de son arrestation. C’est ce que rapporte la presse indépendante du pays, qui cite des sources ecclésiastiques. À cette occasion, l’évêque avait indiqué que la conférence épiscopale du Nicaragua continuait à prier pour Mgr Álvarez. «Nous sommes toujours unis dans la prière pour le diocèse bien-aimé de Matagalpa», avait déclaré Mgr Mora, «priant pour Mgr Rolando et pour chacun d’entre vous», avant de conclure: «Nous sommes unis dans la prière, dans la communion, dans la foi, dans l’amour, dans la tendresse».

Un pays qui s’éloigne de plus en plus de l’État de droit

Selon le Haut-Commissaire adjoint des Nations unies aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, le Nicaragua «s’éloigne de plus en plus» de l’État de droit et en particulier «des libertés fondamentales, aggravant les souffrances de la population, alimentant l’exode des jeunes et compromettant l’avenir des institutions démocratiques». Elle dénonce le fait que les autorités de Managua continuent de «persécuter ceux qui peuvent apporter une vision alternative dans la sphère publique, comme les leaders politiques et indigènes, les membres de l’Église catholique, les activistes et les journalistes». Dans ce contexte, souligne-t-elle, «les restrictions de l’espace civique se poursuivent, avec des cas répétés de détention arbitraire contre ceux qui exercent leurs libertés fondamentales».

Source : VATICANNEWS, le 22 décembre 2023

Au Nicaragua, Mgr Alvarez condamné à 26 ans de prison

Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa au Nicaragua.Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa au Nicaragua. (AFP or licensors)

Au Nicaragua, Mgr Alvarez condamné à 26 ans de prison

L’évêque de Matagalpa a été condamné par un tribunal nicaraguayen après avoir refusé de quitter le pays avec d’autres prêtres et des opposants politiques, expulsés la veille par les autorités. 

Vatican News

Il a refusé de quitter le Nicaragua pour s’exiler aux États-Unis. Pour cela, un tribunal nicaraguayen a condamné l’évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, Mgr Rolando José Álvarez Lagos, à 26 années de prison, au lendemain de son refus de monter dans un avion avec 222 autres personnes, prêtres, séminaristes, opposants politiques ou simples critiques du régime. Le juge de la cour d’appel a qualifié Monseigneur Álvarez, 56 ans, de «traître à son pays» et l’a condamné à rester en prison jusqu’en 2049.

La sentence avant le procès

L’évêque de Matagalpa est accusé de «conspiration visant à porter atteinte à l’intégrité nationale et propagation de fausses nouvelles par le biais des technologies de l’information et de la communication au détriment de l’État et de la société nicaraguayenne». Le procès devait s’ouvrir le 15 février mais le verdict est tombé plus tôt. Outre l’évêque, deux autres prêtres, Manuel García et José Urbina, appartenant au clergé du diocèse de Grenade, sont toujours détenus dans les prisons nicaraguayennes. 

Les accusations du président Ortega

Le président Daniel Ortega s’est exprimé sur la condamnation de Mgr Álvarez à la télévision nationale, qualifiant la position de l’évêque d’ «absurde» et déclarant qu’il est en prison pour «terrorisme». La police avait arrêté Alvarez en août dernier et les tribunaux l’ont ensuite inculpé de «conspiration» et de diffusion de «fausses nouvelles».

Source : VATICANNEWS, le 11 février 2023