Gabriel de l’Addolorata (dans le siècle Francesco Possenti), onzième de treize enfants, naît le 1er mars 1838 à Assise, en Ombrie, alors États pontificaux.
Son père, Sante, était gouverneur des États pontificaux. Lorsque ce dernier fut nommé assesseur à Spolète, le jeune Francesco y fit ses études chez les Frères des écoles chrétiennes puis au collège des Jésuites. Pu
Il entre à dix-huit ans au noviciat des Passionistes où il reçoit le nom de frère Gabriel de l’Addolorata (en français « Notre-Dame-des-Sept-Douleurs ») pour laquelle il avait une dévotion particulière. De constitution fragile il développa une attention fidèle à la Règle et un amour joyeux envers Jésus crucifié. Il eut comme compagnon de noviciat Bernardo Maria di Gesù (Cesare) Silvestrelli (béatifié le 16 octobre 1988).
Il fit ses études de philosophie en 1858 à Pieve Torina (Macerata) auprès du Vénérable Norberto Cassinelli qui le suivit toute sa vie.
En 1859 il poursuivit ses études de théologie à Isola del Gran Sasso.
En 1861 il reçut les ordres mineurs à la cathédrale de Penne (Pescara).
Il mourut de tuberculose le 27 février 1862 demandant à la Vierge de la rejoindre vite.
Gabriele dell’Addolorata a été béatifié le 30 mai 1908 par saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914) et canonisé par le Pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922) le 13 mai 1920.Il est le co-patron de l’Action catholique et des Abruzzes.
Son sanctuaire à Isola del Gran Sasso est visité chaque année par un million de pèlerins.
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Saint Gabriel (Gabriele) de l’Addolorata priez pour !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »
Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !
Si tu sais en quoi consiste l’offrande du sacrifice, tu comprendras pourquoi on y implore la venue du Saint-Esprit. Selon le témoignage de l’apôtre Paul, le sacrifice est offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée et que revive le souvenir de celui qui a donné sa vie pour nous. Le Seigneur lui-même avait dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Donc, puisque le Christ est mort pour nous par amour, nous demandons, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, que l’amour nous soit donné par la venue de l’Esprit Saint. Nous demandons en suppliant que, par l’amour même qui a poussé le Christ à se laisser crucifier pour nous, nous aussi, ayant reçu la grâce de l’Esprit Saint, nous puissions être crucifiés au monde et imiter la mort de notre Seigneur pour marcher dans une vie nouvelle. Ainsi tous les fidèles qui aiment Dieu et leur prochain, même s’ils ne boivent pas le calice d’une passion corporelle, boivent cependant le calice de la charité du Seigneur. Car on boit le calice du Seigneur tant que l’on garde sa sainte charité sans laquelle il ne sert à rien de livrer son corps aux flammes. Le don de la charité nous confère d’être en vérité ce que nous célébrons mystiquement dans le sacrifice. (…) C’est pourquoi nous demandons que l’Esprit Saint vienne nous donner la charité.
LECTURES :
Livre d’Ézéchiel 18,21-28.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes décrets, s’il pratique le droit et la justice, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant – oracle du Seigneur Dieu –, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations du méchant, il le ferait et il vivrait ? Toute la justice qu’il avait pratiquée, on ne s’en souviendra plus : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra ! Et pourtant vous dites : “La conduite du Seigneur n’est pas la bonne”. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.
Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.
R/ Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat. (Ps 129, 7bc)
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne.
J’espère le Seigneur de toute mon âme ; je l’espère, et j’attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.
Oui, près du Seigneur, est l’amour ; près de lui, abonde le rachat. C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.
Nous étions revenus, la semaine passée, sur la nécessité de se plonger dans le contexte culturel d’un texte pour le comprendre. C’est a fortiori le cas de la Bible, rédigée en contexte hébraïque, dont nous sommes bien plus distants que les disciples. D’où l’importance majeure pour nous de l’Ancien Testament, qui constitue le contexte du Nouveau. On manque quelque chose d’essentiel du Christ, si on l’extrait du peuple dont il est le Messie. C’est une illusion d’imaginer que le christianisme a été une rupture radicale avec le judaïsme, ce que les Évangiles et l’Histoire d’ailleurs démentent. Le Christ et ses disciples se voient comme l’accomplissement du judaïsme.
Le texte d’aujourd’hui n’échappe pas à la règle, qui est truffé de symbolique juive et de références à l’Ancien Testament. Nous avons déjà relevé l’emploi constant, dans la culture hébraïque, d’images particulièrement concrètes pour présenter les réalités spirituelles : ainsi parlera-t-on de ‘marcher sur l’eau’ pour signifier ‘surmonter le doute et la peur’ ou des ‘flammes de l’Enfer’ pour illustrer l’âme aux prises avec ses tourments. Aujourd’hui, la transfiguration du Christ, en présence de Moïse et d’Élie, récit particulièrement extraordinaire et imagé, dont il convient de décrypter la symbolique.
Moïse représente ici la loi, la tradition, tandis qu’Élie incarne l’espérance, l’annonce du Messie. De prime abord, le récit nous propose donc une nouvelle image de Jésus accomplissant les Écritures. Moïse et Élie symbolisent ici le début et l’arrivée de la marche vers la délivrance, le Christ apparaissant lumineux au milieu d’eux.
Au-delà de l’affirmation théologique, intéressons-nous aux détails concrets du récit, dont nous savons qu’ils sont parlants pour la rhétorique juive. Nous sommes sur une haute montage, c’est à dire dans un moment d’élévation vers Dieu. Et si, comme le spécifie le texte, l’apparition de Moïse et d’Élie est clairement de l’ordre de la vision, il rapporte la Transfiguration comme effective. Le texte dit en effet : « Il fut transfiguré devant eux » – et non « Il leur apparu transfiguré » – « son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière ». Aujourd’hui, nous dirions sans doute que le Christ est apparu rayonnant, transcendé de bonheur en priant.
J’espère que nous avons tous vécu des évènements qui nous ont transfigurés, qui nous ont exalté l’âme jusqu’à rendre notre joie particulièrement visible et communicative. On pense sans doute à une rencontre amoureuse, à la naissance d’un enfant, à une extase spirituelle. Mais pensons aussi aux simples regards, aux douces paroles et aux petites marques d’attention qui nous ont transportés de joie. Ici, les images impressionnantes que nous livre le récit servent à souligner le caractère merveilleux et extraordinaire de ce qu’éprouve le Christ et qui impressionne les disciples. Mais nous savons décoder ces images désormais et comprendre qu’il s’agit avant tout d’un bouleversement intérieur qui rayonne la joie. Le concret du récit nous invite à considérer ce bouleversement comme réel : le bonheur transfigure concrètement l’humain.
Dans cette lignée des images fortes qui décrivent des réalités spirituelles, la nuée représente dans la Bible le trouble, la perte de repères, l’étourdissement – autant d’états spirituels que nous connaissons aussi. C’est dans le trouble que nous sommes appelés à reconnaître l’éclat du Christ que nous désigne le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Enfin, intéressons-nous à un troisième détail concret : les tentes que Pierre veut dresser. Départons-nous d’emblée de l’image d’un Pierre un peu pataud, qui ne comprend Jésus qu’à moitié et qui réagirait ici de manière futile. Dans la Bible, les tentes sont des lieux d’accueil et de fraternité, des demeures où l’on invite ses hôtes à rester. Avant la construction du Temple par Salomon, au temps de David, Dieu lui-même résidait dans la Tente de la rencontre. Ainsi l’intention de Pierre est-elle bien de préserver la présence du Christ entouré de Moïse et d’Élie, de leur proposer de demeurer avec lui.
On a maintenant tous les éléments pour comprendre le sens spirituel du texte : dans le trouble, entre légalisme et espérance, il s’agit de trouver la lumière du Christ et s’en laisser transfigurer à demeure. La personne troublée, en effet, oscille souvent entre préoccupation, parfois rigide, de la loi et soif de délivrance. Nos difficultés nous poussent à l’exigence et à l’ordre, et parfois nous braquent même sur le respect des règles. Par ailleurs, nos troubles nous poussent tout autant à l’espérance d’un changement radical, d’une transfiguration de notre vie. De là, la présence symbolique de Moïse et d’Élie qui reflète les bornes admissibles de nos oscillations spirituelles troublées.
Au centre de ce va-et-vient entre légalisme et espérance, il y a un bonheur rayonnant à trouver – le Christ – que nous désigne le Père, qui transfigure notre humanité et dissipe la nuée qui nous entoure. La nécessité de la loi et de l’espérance a alors disparu, seul reste à demeure le bonheur rayonnant.
Dans un monde troublé, la loi et l’espérance définissent le cadre de notre marche vers le bonheur. Il faut, à la fois, des règles pour circonscrire l’action du mal et une espérance pour donner sens à ces règles. Ainsi, il s’agit de ne tomber ni dans un légalisme désespéré, ni dans une espérance débridée. Au contraire, il s’agit de trouver, dans l’élévation vers Dieu, entre espérance et loi, une joie parfaite, paisible, stable et rayonnante qui nous libère de la quête du bonheur.
Le Christ demande à ses disciples de ne parler de ce qu’ils ont vu qu’après la Résurrection. Et, en effet, c’est au-delà de la mort que notre transfiguration sera achevée. Au ciel ne subsistera que notre partie rayonnante. Pourtant, le concret du récit nous pousse à croire que notre transfiguration est possible dès ici-bas. J’espère, si nous ne le sommes pas encore, que nous connaissons tous des personnes rayonnantes, qui incarnent cette promesse d’un bonheur affranchi du besoin d’espérer et des contraintes pour l’atteindre ; des gens qu’aucune loi, règle ou contrainte n’affecte plus désormais ; des gens qui ne nécessitent même plus d’espérer ; des gens à la quête de bonheur aboutie ; des gens simplement heureux de la présence de Dieu ; des gens rayonnants.
Avec ce 2ème dimanche du Carême, nous sommes invités à nous déplacer, à sortir de notre jardin, celui de notre petite vie bien tranquille. Les textes bibliques de ce dimanche évoquent trois mouvements qu’il faut avoir en permanence : quitter son « chez soi », monter pour découvrir la Lumière, puis accepter de redescendre vers la vallée (qui peut être une « vallée de larmes ».
C’est ce qui s’est passé pour Abraham (1ère lecture) : il a été appelé à quitter une vie où Dieu est inconnu ; il a marché vers le pays que Dieu lui destinait. Plus tard, Jésus demandera à ses disciples de tout quitter pour le suivre. Nous sommes appelés à nous libérer des entraves qui nous tiennent éloignées de Dieu et de la bénédiction qu’il veut répandre sur nous. Vivre le Carême, c’est sortir de notre vie tranquille, c’est nous nourrir chaque jour de l’Évangile du Christ, c’est suivre le Seigneur sur des chemins que nous n’avions pas prévus.
La lettre de saint Paul à Timothée rejoint le texte de la première lecture qui vient d’être proclamé. Elle nous redit le grand projet de Dieu : il ne souhaite rien d’autre que de déployer la bénédiction confiée à Abraham. La grande préoccupation de l’apôtre c’est que l’Évangile soit connu de tous : Dieu nous a sauvés. Il nous a donné la grâce dans le Christ Jésus avant tous les siècles… Il fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile ». La force de Dieu accompagne le missionnaire du Christ.
L’Évangile de ce jour nous montre Jésus qui prend avec lui trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean. « Il les emmène à l’écart sur une haute montagne ». Dans le monde de la Bible, « la montagne représente la proximité avec Dieu et la rencontre intime avec lui ». C’est le lieu de la prière. On y est vraiment en présence du Seigneur. Jésus laisse entrevoir à ses disciples la beauté de sa divinité. Nous nous rappelons qu’un jour, il a dit : « Je suis la lumière du monde ». Aujourd’hui, il laisse transparaître un peu de cette lumière qui est en lui. Si le Christ nous appelle à lui, c’est pour nous faire contemple les choses du ciel.
Pierre est ébloui par cette vision. Il a envie de rester là, de s’installer. Mais voilà que la voix du ciel se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui, je trouve ma joie. ÉCOUTEZ-LE ! » Cette parole est très importante ; elle est pour chacun de nous aujourd’hui : « Écoutez car il est mon Fils bien-aimé ». Écoutez Jésus ! Ce n’est pas le prêtre qui vous dit cela ; c’est Dieu le Père qui le dit à chacun de nous.
Nous qui sommes des disciples de Jésus, nous devons être de ceux qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre comme faisaient les foules de Palestine. Jésus était un itinérant, un marcheur qui proposait ses enseignements ou plutôt les enseignements du Père.
Nous sommes donc tous appelés à suivre le Christ pour l’écouter. Nous l’écoutons dans sa Parole écrite, dans l’Évangile. C’est important que nous puissions en lire un passage chaque jour, en particulier pendant le Carême. Nous pouvons nous arrêter à n’importe quel moment de la journée pour en lire un extrait. À travers ces textes que nous lisons, c’est Jésus qui nous parle.
Dans l’Évangile de la Transfiguration, nous pouvons souligner deux moments significatifs : la montée et la descente. Nous avons besoin d’aller à l’écart, de monter sur la montagne dans un espace de silence. C’est là que nous pourrons mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière, en particulier dans l’Eucharistie. Ce rendez-vous avec le Christ est un événement qu’il ne faut surtout pas manquer.
Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec le Christ nous pousse à « descendre de la montagne ». Nous sommes envoyés ver les « périphéries », vers ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie, des injustices, de la pauvreté matérielle et spirituelle. Nous sommes envoyés pour leur apporter les fruits de l’expérience que nous avons faite avec Dieu. Nous avons écouté la Parole de Dieu ; nous l’avons dans le cœur. Mais elle ne pourra grandir que si nous la donnons aux autres. C’est cela la vie chrétienne. C’est une mission pour tous les baptisés, pour nous tous : Écouter Jésus et le donner aux autres.
Tout au long de ce Carême, nous sommes tous appelés à sortir de notre vie tranquille et à gravir la montagne pour aller à la rencontre du Seigneur. Rappelons-nous que ses paroles sont celles « de la Vie éternelle ». C’est de cette bonne nouvelle que nous avons à témoigner dans un monde défiguré par tant de souffrances, de mensonges et de mépris de la dignité des personnes. Nous sommes attirés par l’espérance de la transfiguration finale. Alors comme Abraham et bien d’autres, mettons-nous en route pour suivre le Seigneur. Qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour que toute notre vie témoigne de l’amour qu’il nous porte.