La consécration mariale du Liban dans un monde au bord du gouffre

La consécration mariale du Liban dans un monde au bord du gouffre

Fin août 2025, au Liban, le cardinal Béchara Raï, chef de l’Église maronite, a présidé une messe au cours de laquelle il a renouvelé, en présence de la première dame, Nehmat Aoun, la consécration du Liban au Cœur de Marie. Historiquement, cette consécration remonte à 2012 lors de l’ouverture, par Benoît XVI, du synode sur le Moyen-Orient. Elle a été renouvelée une première fois en 2017, à l’occasion du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima (Portugal). Le patriarche maronite s’était rendu spécialement à Fatima à cette occasion.

La consécration, dans la tradition chrétienne, désigne le rite liturgique par lequel une église, une personne, une communauté ou un lieu est dédié solennellement à Dieu, et pour ainsi dire « sanctifié », mis à part.

L’habitude de la consécration d’une nation ou d’un État n’est pas neuve dans l’histoire de l’Église, mais elle a été popularisée au XXe siècle par la Vierge Marie en personne, au cours des dialogues qu’elle a pu engager avec trois jeunes bergers de Fatima (Portugal, 1917).

Aux jeunes bergers, Marie a affirmé que, pour sauver une grande partie de l’humanité d’un séjour interminable en enfer, « Dieu voulait établir dans le monde la dévotion à son Cœur immaculé ».

« Si l’on obéit à ces demandes, la Russie se convertira et le monde connaîtra un temps de paix », avait-elle aussi promis. On était à la veille de la Révolution bolchévique (Octobre 1917).

Hélas, l’Église catholique ne sut pas saisir cette balle au bond. En conséquence, entre la Seconde Guerre mondiale, le communisme et le nazisme, le XXe siècle fut le siècle le plus sanglant de l’histoire avec au moins 100 millions de morts violentes, dont près de 100.000 après Hiroshima.

La dévotion au Cœur de Marie est, malgré les apparences, profondément christocentrique. Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, l’un de ses grands artisans, saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), écrit : « C’est par la très sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde ».

Cette perspective deviendra un fil conducteur majeur dans toute l’histoire ultérieure de la consécration au Cœur Immaculé de Marie dans ses grandes variantes (Sacré-Cœur, Saints-Cœurs, Cœurs unis de Jésus et de Marie).

icibeyrouth.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : UNE MINUTE AVEC MARIE

23.11.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Clément I
Pape (4ème) de 88 à 97 et martyr († 100) 

Clément était né à Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des aspirations de son âme. Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les apôtres dans la prédication de l’Évangile ; et saint Paul, dans son épître aux Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au Livre de vie. Cet attachement de Clément aux apôtres, ce zèle qu’il montra pour la foi, l’ont fait appeler par les Pères homme apostolique. 

Élevé à l’épiscopat par saint Pierre, il devait être son troisième successeur, vers l’an 91. Il vit la chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem. Sous l’empereur Vespasien, Clément fut conduit au tribunal du préfet, qui demeura émerveillé de la sagesse de ses réponses ; mais la volonté de l’empereur était nette : « Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse ! » Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux mille chrétiens ! La consolation de ces chrétiens fut indicible : « Dieu, leur dit l’humble pontife, m’a fait une grâce dont je n’étais pas digne, en m’envoyant au milieu de vous partager vos couronnes. » 

Les généreux confesseurs de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d’eau et devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en Dieu, Clément dit aux chrétiens : « Prions le Seigneur, qui a fait jaillir l’eau d’un rocher du désert ; il nous viendra en aide. » Il se mit donc en prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d’eau vive jaillissant soudain. À partir de ce jour, les martyrs eurent de l’eau en abondance. La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus tard le paganisme était complètement détruit. 

Saint Clément nous a laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques. Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d’exil, que le saint Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut jeté à la mer, une ancre au cou. Les chrétiens priaient sur la plage. La mer se retira, chose inouïe, d’une lieue et demi, et le corps du martyr parut à découvert, dans une chapelle de marbre construite par les anges. Les marins ont pris saint Clément pour patron.

 Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

>>>  Saint Clément, Évêque de Rome 

©Evangelizo.org

Saint Clément I priez pour nous !

23.11.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 23,35-43. 

En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »


Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »


L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »


Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Pie XI

pape de 1922 à 1939

Encyclique Quas Primas, 11 déc. 1925, n° 14-15 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Prince de la paix » (Is 6,5)

Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables — une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix — se répandraient infailliblement sur la société tout entière. (…) Si les princes et les gouvernants légitimement choisis étaient persuadés qu’ils commandent bien moins en leur propre nom qu’au nom et à la place du divin Roi, il est évident qu’ils useraient de leur autorité avec toute la vertu et la sagesse possibles. Dans l’élaboration et l’application des lois, quelle attention ne donneraient-ils pas au bien commun et à la dignité humaine de leurs subordonnés ! (…) Alors les peuples goûteraient les bienfaits de la concorde et de la paix. Plus loin s’étend un royaume, plus il embrasse l’universalité du genre humain, plus aussi — c’est incontestable — les hommes prennent conscience du lien mutuel qui les unit. Cette conscience préviendrait et empêcherait la plupart des conflits ; en tout cas, elle adoucirait et atténuerait leur violence. Pourquoi donc, si le royaume du Christ s’étendait de fait comme il s’étend en droit à tous les hommes, pourquoi désespérer de cette paix que le Roi pacifique est venu apporter sur la terre ? Il est venu « tout réconcilier » (Col 1,20) ; « il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Mt 20,28). « Maître de toutes créatures » (Ep 1,10), il a donné lui-même l’exemple de l’humilité et a fait de l’humilité, jointe au précepte de la charité, sa loi principale. Il a dit encore : « Mon joug est doux à porter et le poids de mon autorité léger » (Mt 11,30).

LECTURES :

Deuxième livre de Samuel 5,1-3. 

En ces jours-là, toutes les tribus d’Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Vois ! Nous sommes de tes os et de ta chair.
Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, c’est toi qui menais Israël en campagne et le ramenais, et le Seigneur t’a dit : “Tu seras le berger d’Israël mon peuple, tu seras le chef d’Israël.” »
Ainsi, tous les anciens d’Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur. Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël.

Psaume 122(121),1-2.3-4.5-6. 

R/ Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur. (Ps 121, 1)

Quelle joie quand on m’a dit : 
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin 
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs : 
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, 
là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.

C’est là le siège du droit, 
le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem : 
« Paix à ceux qui t’aiment !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,12-20. 

Frères, rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière.
Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé :
en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.
Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature :
en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui.
Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui.
Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté.
Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude
et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel.

22.11.2025 – Audience jubilaire du pape Léon XIV

Audience jubilaire: espérer, c’est prendre position, comme Jésus, avec Jésus

Lors de l’audience jubilaire de ce samedi matin, place Saint-Pierre, le Pape a souligné dans sa catéchèse qu’espérer signifie «prendre position», comme l’a fait Dorothy Day, initiatrice du mouvement Catholic Worker, journaliste, écrivaine, pacifiste et militante américaine, connue pour son engagement en faveur des pauvres, contre l’armement et pour la justice sociale. Le Pape a également salué les 35 000 participants au Jubilé des chœurs et des chorales, organisé ce 22 et 23 novembre à Rome.

Augustine Asta – Cité du Vatican

«Espérer, c’est prendre position, comme Jésus, avec Jésus», c’est aussi «comprendre dans son cœur et montrer par des actes que les choses ne doivent pas continuer comme avant», a expliqué Léon XIV aux pèlerins réunis sur la place Saint-Pierre. Les membres des chœurs professionnels, diocésains, paroissiaux et amateurs, provenant de 117 pays, étaient présents en grand nombre ce samedi 22 novembre pour participer à l’audience jubilaire du Pape avant la messe que le Saint-Père présidera dimanche à l’occasion de leur jubilé, célébré ce week-end.

La paix du Christ

D’une certaine manière, a reconnu le Saint-Père, «Jésus nous enlève la paix, si nous pensons à la paix comme à un calme inerte». Mais, a-t-il nuancé, il ne s’agit aucunement de la «la vraie paix», «la paix de Dieu». Puisque «la paix que Jésus apporte est comme un feu» et «nous demande surtout de prendre position», a-t-il soutenu. «Face aux injustices, aux inégalités, là où la dignité humaine est bafouée, là où les plus fragiles sont privés de la parole», le Pape a demandé aux fidèles catholiques de «prendre position».

La figure inspiratrice de Dorothy Day

S’inspirant de la figure de Dorothy Day, une «petite grande femme américaine», qui a vécu au siècle dernier, le Pape a noté qu’elle «avait le feu sacré» et a «pris position» voyant que le modèle de développement de son pays ne créait pas les mêmes opportunités pour tous. Cette Américaine engagée toute sa vie pour la justice sociale et les droits des personnes, en particulier des pauvres, des travailleurs exploités, des marginaux de la société, a été déclarée Servante de Dieu en 2000. En tant que chrétienne, a continué le Souverain pontife, «elle a compris qu’elle devait s’engager auprès des travailleurs, des migrants, des laissés-pour-compte d’une économie qui tue». «Elle écrivait en tant que journaliste», elle réfléchissait et faisait réfléchir», a précisé le Sucesseur de Pierre.«Écrire est important. Et lire aussi, aujourd’hui plus que jamais», a-t-il détaillé. Il faut donc, a encore proposé le Souverain pontife, «unir l’esprit, le cœur et les mains».

Être artisans de paix signifie, àl’instar de Dorothy Day, «prendre position»tout en assumant les conséquences, a fait savoir Léon XIV, affirmant dans la foulée que la journaliste américaine, figure catholique inspirante ayant œuvré pour le bien commun et pensé la question du travail, a mobilisé des milliers de personnes, qui à leur tour ont ouvert des maisons dans de nombreuses villes et quartiers, «des lieux de charité et de justice où l’on peut s’appeler par son nom, se connaître les uns les autres, et transformer l’indignation en communion et en action».

«Jésus attend donc beaucoup de nous»

 «À celui à qui l’on a beaucoup donné, il sera beaucoup demandé ; à celui à qui l’on a beaucoup confié, il sera demandé davantage», a dit le Saint-Père rappelant ainsi le passage de l’Évangile de Saint Luc. Léon XIV a estimé alors que «nous avons beaucoup reçu du chemin parcouru jusqu’ici» et «nous avons été avec Jésus et avec l’Église», même si, a-t-il fait remarquer, l’Église est une communauté avec des limites humaines, «nous avons beaucoup reçu». C’est pourquoi a-t-il insisté «Jésus attend donc beaucoup de nous». Cela est un «signe de confiance, d’amitié». Car «il attend beaucoup, parce qu’il nous connaît et sait que nous en sommes capables!», a-t-il ajouté.

“Jésus est venu apporter le feu: le feu de l’amour de Dieu sur terre et le feu du désir dans nos cœurs.”

Source : VATICANNEWS, le 22 novembre 2025