15.12.2025 – SAINT DU JOUR

Ste Virginie Centurione Bracelli

Sainte Virginie Centurione Bracelli

Veuve et fondatrice :

« Soeurs de Notre-Dame du Refuge du Mont-Calvaire »

« Soeurs Filles de Notre-Dame au Mont Calvaire »

Virginie (Virginia) naît le 2 avril 1587 à Gênes (Italie). 

Son père fut Doge de la République au cours des années 1621-1622, sa mère étant également issue d’une famille d’antique noblesse. 

Elle reçut sa première formation religieuse et littéraire en famille. Malgré son inclination pour la vie religieuse, son père la maria en 1602 à Gaspare Grimaldi Bracelli, d’une illustre famille, mais qui menait une vie extrêmement dissolue. De cette union naquirent deux filles. 

En 1607, son mari mourut alors qu’elle avait 20 ans. Elle fit vœu de chasteté, refusant de se remarier, et mena une vie retirée chez sa belle-mère avec ses deux filles. 

En 1610, elle sentit plus clairement la vocation à « servir Dieu à travers ses pauvres » et elle participa activement à des œuvres de charité. 

Après avoir marié ses filles, elle se consacra entièrement au soin des enfants abandonnés, des personnes âgées, des malades et à la promotion des laissés-pour-compte.

Pendant la guerre entre la République ligure et le Duc de Savoie, au cours de l’hiver 1624-1625, elle accueillit chez elle une quinzaine de jeunes orphelins, puis de nombreuses femmes pauvres aux besoins desquelles elle subvenait. Pour faire face à la misère croissante, elle institua les « Cent Dames de la Miséricorde protectrices des Pauvres de Jésus Christ », qui avaient pour tâche de constater, lors de visites à domicile, les besoins des plus démunis. 

En 1631, elle s’installa dans le couvent vide de Montecalvario, qu’elle avait loué, avec ses assistées. Après trois ans, l’œuvre comptait déjà trois maisons avec environ 300 pensionnaires. Elle demanda donc la reconnaissance du Sénat de la République, qui lui fut accordée en décembre 1635. Elle acheta alors deux maisons et fit construire une église consacrée à Notre-Dame du Refuge, qui devint la Maison-mère de son œuvre. 

Avec le temps, l’œuvre se développera en deux Congrégations religieuses : les « Soeurs de Notre-Dame du Refuge du Mont Calvaire » et les « Soeurs Filles de Notre-Dame au Mont Calvaire ». Au sein de son œuvre, elle fit preuve d’une grande humilité, abandonnant le gouvernement de ses maisons aux Protecteurs de l’Œuvre, et vivant comme la plus humble de ses sœurs. Sa santé déclina rapidement, mais elle resta un point de référence pour les plus démunis et demeura toujours disponible pour ceux qui lui demandaient de l’aide.

Elle meurt le 15 décembre 1651 à l’âge de 64 ans. 

Virginia Centurione Bracelli a été béatifiée, par Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), à l’occasion de son voyage apostolique à Gênes, le 22 septembre 1985, et canonisée à Rome, par ce même pape, le 18 mai 2003 (>>> Homélie du pape Jean-Paul II).

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Sainte Virginie Centurione Bracelli priez pour nous !

15.12.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,23-27. 

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? »
Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :

Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?”
Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »
Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Hilaire (v. 315-367)

évêque de Poitiers et docteur de l’Église

La Trinité, VII, 26-27

« Par quelle autorité fais-tu cela ? »

Il est bien au Père, ce Fils qui lui ressemble. Il vient de lui, ce Fils qu’on peut lui comparer, car il lui est semblable. Il est son égal, ce Fils qui accomplit les mêmes œuvres que lui (Jn 5,19)… Oui, le Fils accomplit les œuvres du Père ; c’est pourquoi il nous demande de croire qu’il est le Fils de Dieu. Il ne s’arroge pas là un titre qui ne lui serait pas dû ; ce n’est pas sur ses propres œuvres qu’il appuie sa revendication. Non ! Il rend témoignage que ce ne sont pas ses propres œuvres, mais celles de son Père. Et il atteste ainsi que l’éclat de ses actions lui vient de sa naissance divine. Mais comment les hommes auraient-ils pu reconnaître en lui le Fils de Dieu, dans le mystère de ce corps qu’il avait assumé, dans cet homme né de Marie ? C’est pour faire pénétrer en leur cœur la foi en lui que le Seigneur accomplissait toutes ces œuvres : « Si j’accomplis les œuvres de mon Père, alors, même si vous ne voulez pas croire en moi, croyez au moins mes œuvres » (Jn 10,38)… Si l’humilité de son corps semble un obstacle pour croire en sa parole, il nous demande de croire au moins en ses œuvres. En effet, pourquoi le mystère de sa naissance humaine nous empêcherait-il de percevoir sa naissance divine ? … « Si vous ne voulez pas croire en moi, croyez en mes œuvres, pour savoir et reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le Père »… Telle est la nature qu’il possède par naissance ; tel est le mystère d’une foi qui nous assurera le salut   : ne pas diviser ceux qui sont un, ne pas priver le Fils de sa nature, et proclamer la vérité du Dieu Vivant né du Dieu Vivant… « Comme le Père qui m’a envoyé est vivant, de même, moi, je vis par le Père » (Jn 6,57)… « Comme le Père a la vie en lui-même, de même il a donné au Fils d’avoir aussi en lui-même la vie » (Jn 5,26).

LECTURES :

Livre des Nombres 24,2-7.15-17a. 

En ces jours-là, levant les yeux, le prophète païen Balaam vit Israël qui campait, rangé par tribus. L’esprit de Dieu fut sur lui,
et il prononça ces paroles énigmatiques : « Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l’homme au regard pénétrant,
oracle de celui qui entend les paroles de Dieu. Il voit ce que le Puissant lui fait voir, il tombe en extase, et ses yeux s’ouvrent.
Que tes tentes sont belles, Jacob, et tes demeures, Israël !
Elles s’étendent comme des vallées, comme des jardins au bord d’un fleuve ; le Seigneur les a plantées comme des aloès, comme des cèdres au bord des eaux !
Un héros sortira de la descendance de Jacob, il dominera sur des peuples nombreux. Son règne sera plus grand que celui de Gog, sa royauté sera exaltée.
Balaam prononça encore ces paroles énigmatiques : « Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l’homme au regard pénétrant,
oracle de celui qui entend les paroles de Dieu, qui possède la science du Très-Haut. Il voit ce que le Puissant lui fait voir, il tombe en extase, et ses yeux s’ouvrent.
Ce héros, je le vois – mais pas pour maintenant – je l’aperçois – mais pas de près : Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse, issu d’Israël. »

Psaume 25(24),4-5ab.6-7bc.8-9. 

R/ Seigneur, fais-moi connaître ta route ! (Ps 24, 4b)

Seigneur, enseigne-moi tes voies, 
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, 
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas.
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles, 
il enseigne aux humbles son chemin.

14.12.2025 – ANGÉLUS À ROME

Angélus: «La prophétie, même enchaînée, reste une voix libre»

Au terme de la messe qu’il a présidée dans la basilique Saint-Pierre à l’occasion du jubilé des détenus, le Pape Léon XIV, depuis la fenêtre des appartements pontificaux, a livré, avant la prière de l’angélus, une méditation dense sur l’espérance chrétienne. Une espérance qui ne déçoit pas, même dans l’épreuve, car elle se fonde sur l’action concrète du Christ au cœur de l’humanité blessée. 

Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican

«La prophétie, même enchaînée, reste une voix libre en quête de vérité et de justice». En évoquant Jean-Baptiste emprisonné à cause de sa prédication, le Pape Léon XIV a ouvert sa réflexion dominicale par une image forte. Derrière les barreaux, le Précurseur continue d’espérer et d’interroger. Il devient ainsi le signe que la Parole de Dieu ne peut être muselée, même lorsque le prophète est privé de liberté.

Depuis sa prison, Jean-Baptiste entend parler des œuvres accomplies par Jésus. Pourtant, ces œuvres ne correspondent pas à l’attente qu’il s’en faisait. D’où sa question: «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?». Une interrogation qui traverse les siècles et rejoint tous ceux «qui recherchent la vérité et la justice, ceux qui attendent la liberté et la paix [qui] interrogent Jésus».

Le Christ se révèle par ses œuvres

Face à cette question, Jésus ne donne pas de définition théorique de son identité. Il invite à regarder ce qu’Il fait. «Ce sont les derniers, les pauvres, les malades, qui parlent pour Lui», a souligné le Saint-Père, indiquant que le Messie se reconnaît à ses gestes qui sont des signes visibles du salut à l’œuvre: «Les aveugles voient, les muets parlent, les sourds entendent». Même l’image de Dieu, défigurée par la maladie et l’exclusion, retrouve son intégrité. Jusqu’aux morts eux-mêmes, «totalement insensibles», qui reviennent à la vie. C’est là, a-t-il insisté, le cœur de l’Évangile: «Quand Dieu vient dans le monde, ça se voit!».

Libérés du découragement et de la souffrance

“La parole de Jésus nous libère de la prison du découragement et de la souffrance: toute prophétie trouve en Lui l’accomplissement attendu.”

C’est le Christ, en effet, a encore souligné le Pape, qui ouvre les yeux de l’homme à la gloire de Dieu qui «donne la parole aux opprimés, auxquels la violence et la haine ont ôté la voix; vainc l’idéologie qui rend sourd à la vérité; et guérit des apparences qui déforment le corps».

L’Avent, temps d’attente et d’attention

Le Pape a en outre invité les fidèles, en ce temps de l’Avent, à unir deux attitudes fondamentales: «l’attente du Sauveur et l’attention pour ce que Dieu fait dans le monde. Nous pourrons alors expérimenter la joie de la liberté de qui rencontre son Sauveur».

«Gaudete in Domino semper». Léon XIV a également rappelé le sens du troisième dimanche de l’Avent, dimanche de Gaudete, la joie. Il s’agit d’une joie qui n’ignore pas les épreuves, mais qui demeure «surtout lorsque la vie semble perdre son sens et que tout nous paraît plus sombre».

Source : VATICANNEWS, le 14 décembre 2025

14.12.2025 – Jubilé des Détenus : messe présidée par le pape Léon XIV en la basilique Saint-Pierre

Léon XIV: «Que personne ne soit perdu»

Dans une basilique Saint-Pierre pleine de près de 5 500 fidèles, le Pape Léon XIV a, lors de son homélie à l’occasion du Jubilé des détenus ce dimanche 14 décembre, invité le monde carcéral et toute la société à raviver l’espérance, à croire en la possibilité d’un avenir nouveau et à œuvrer pour une justice authentiquement réparatrice. 

Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican

En ce troisième dimanche de l’Avent, également connu sous le nom de dimanche Gaudete, le Souverain pontife a célébré la messe dans la basilique Saint-Pierre. Méditant sur le mot «Gaudete», il a expliqué que ce dimanche de «joie» nous rappelle «la dimension lumineuse de l’attente: la confiance que quelque chose de beau, de joyeux, va arriver».

Ce 14 décembre marque également le Jubilé de l’espérance pour le monde carcéral, pour les détenus et pour tous ceux qui s’occupent des prisons. Le Pape a rappelé le geste fort de son prédécesseur, le 26 décembre dernier, lorsqu’il ouvrit une Porte Sainte dans la maison d’arrêt de Rebibbia, à Rome, lançant cet appel emblématique: «La corde en main, avec l’ancre de l’espérance… ouvrez en grand les portes du cœur».

Une image qui, selon Léon XIV, invite à garder les yeux fixés sur l’éternité, sans cesser de s’engager concrètement pour la justice et la charité dans le présent.

Messe à l'occasion du jubilé des détenus
Messe à l’occasion du jubilé des détenus   (ANSA)

Justice, réinsertion et responsabilité collective

À l’approche de la clôture de l’Année jubilaire, le Saint-Père n’a pas occulté les défis persistants du monde carcéral: surpopulation, insuffisance des programmes éducatifs et de réhabilitation, manque d’opportunités de travail. S’appuyant sur le prophète Isaïe – «Dieu est Celui qui libère» – il a insisté sur une conviction centrale: «Aucun être humain ne se résume à ses actes et la justice est toujours un processus de réparation et de réconciliation».

Dans les contextes les plus difficiles, a-t-il souligné, lorsque demeurent la miséricorde, le respect et l’attention aux autres, «des fleurs merveilleuses s’épanouissent du sol dur de la souffrance et du péché».

Léon XIV lors de la messe du jubilé des détenus
Léon XIV lors de la messe du jubilé des détenus

La charité, fondement de la «civilisation de l’amour»

Reprenant l’enseignement de saint Paul VI à la fin du Jubilé de 1975, le Pape Léon XIV a rappelé que la charité doit devenir le principe structurant de la vie sociale et publique: «La civilisation de l’amour»est appelée à s’enraciner aussi dans les prisons.

Dans cette perspective, il a renouvelé l’appel du Pape François à envisager des formes d’amnistie ou de remise de peine et à offrir de véritables possibilités de réinsertion, conformément à l’esprit biblique du Jubilé, «une année de grâce où chacun peut recommencer».

Jean-Baptiste et la force de la conversion

L’Évangile de ce troisième dimanche de l’Avent a conduit le Saint-Père à méditer sur la figure de Jean-Baptiste, prophète droit et courageux, capable de dénoncer l’injustice tout en accueillant avec miséricorde ceux qui cherchaient à changer de vie.

Évoquant saint Augustin et l’épisode de la femme adultère, l’évêque de Rome a rappelé que le cœur de l’Évangile réside dans cette rencontre entre «la misère et la miséricorde», où Dieu ouvre toujours un avenir nouveau.

«Que personne ne soit perdu»

«Que personne ne soit perdu! Que tous soient sauvés!», tel est le message, en définitive, que le Pape a lancé aux détenus, personnels pénitentiaires, responsables politiques et communautés chrétiennes.

Malgré les blessures du passé, les découragements et les tentations d’abandon, le Pape a exhorté à rester fermes dans l’espérance, particulièrement à l’approche de Noël: «Nous ne sommes pas seuls: le Seigneur est proche, il marche avec nous».

Source : VATICANNEWS, le 14 décembre 2025

Le 8 décembre 1947 Marie a arrêté le communisme en France

Le 8 décembre 1947 Marie a arrêté le communisme en France

Le 8 décembre 1947, fête de l’Immaculée conception, la France victorieuse traverse une grave crise interne. C’est la grève générale, la multiplication des sabotages, l’affrontement avec la police : un climat de guerre civile et la menace d’un putsch communiste comme bien d’autres.

C’est alors qu’à l’Île-Bouchard, un village de 1255 habitants entre deux bras de la Loire, à 42 kilomètres au sud-ouest de Tours, quatre petites filles voient la Vierge, durant une semaine, entre le 8 et le 14 décembre.

Faut-il voir un rapport entre cette semaine d’apparitions, durant toute l’octave de l’Immaculée Conception, et la fin soudaine de cette crise ?

Dans une lettre du 21 septembre 1983, le Père Finet, guide spirituel de Marthe Robin, témoigne :

« Marthe a beaucoup prié, car elle était très douloureuse, constatant le progrès du communisme en France et redoutant les pires catastrophes. Le vendredi 12 décembre, après la Passion, Marthe m’a dit que la Sainte Vierge lui avait montré qu’en ce jour, elle avait arrêté le communisme, qui n’avait pu réaliser l’attaque, pour s’emparer avec violence du pouvoir. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, peu après, j’ai appris que la Sainte Vierge était apparue à l’Ile Bouchard ! »

L’équipe MDN www.ilebouchard.com/histoire.htm

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

14.12.2025 – SAINT DU JOUR

St Jean de la Croix

Saint Jean de la Croix
Carme, Docteur de l’Église

Jean de la Croix (Juan de Yepes Álvarez) naît en 1542 dans le petit village de Fontiveros, proche d’Avila, en Vieille Castille, de Gonzalo de Yepes et Catalina Álvarez.

Jouant un jour au bord d’un étang, il glissa au fond de l’eau ; une grande et belle dame vint lui offrir la main pour le sauver : « Non, dit l’enfant, vous êtes trop belle, ma main salirait la vôtre. » Alors un vieillard se présenta, marchant aussi dans l’eau, tendit son bâton à l’enfant et le ramena sur le bord. Une autre fois il tomba dans un puits ; on croyait l’y retrouver mort ; il était assis paisiblement : « Une belle dame, dit-il, m’a reçu dans son manteau et m’a gardé. » 

Ainsi Jean croissait sous le regard de Marie. 

Un jour qu’il priait Notre-Seigneur de lui faire connaître sa vocation, une voix intérieure lui dit : « Tu entreras dans un ordre religieux, dont tu relèveras la ferveur primitive. »

Il avait vingt et un ans quand il entra au Carmel, et dépassa de beaucoup tous ses frères, tout en cachant ses œuvres extraordinaires. Il habitait un réduit obscur, mais dont la fenêtre donnait dans la chapelle, en face du Très Saint-Sacrement. Il portait autour du corps une chaîne de fer hérissée de pointes, et par-dessus cette chaîne un vêtement étroit et serré, composé de joncs enlacés par de gros nœuds. Ses disciplines étaient si cruelles, que le sang jaillissait en abondance.

Le sacerdoce ne fit que redoubler son désir de la perfection. Il songeait à s’ensevelir à la Chartreuse, quand sainte Thérèse, éclairée de Dieu sur son mérite, lui confia ses projets de réforme du Carmel et l’engagea à se faire son auxiliaire. Jean se retira dans une maison étroite, pauvre, et commença seul un nouveau genre de vie, conforme aux règles primitives de l’Ordre du Carmel. Peu de jours après, il avait deux compagnons : la réforme était fondée.

Ce ne fut pas sans tempêtes qu’elle se développa, car l’enfer sembla s’acharner contre elle, et tandis que le peuple vénérait Jean comme un saint, il eut à souffrir, de la part de ceux qui auraient dû le seconder, d’incroyables persécutions, les injures, les calomnies, jusqu’à la prison. Pour le consoler, Marie lui apparut et lui annonça sa délivrance prochaine ; en effet, quelques jours après, il se trouva, sans savoir comment, au milieu de la ville de Tolède. Dieu le récompensa de ses épreuves par des extases fréquentes ; sainte Thérèse l’appelait un homme tout divin. Il écrivit des ouvrages spirituels d’une élévation sublime. Une colombe le suivait partout, et une odeur suave s’exhalait de son corps. 

Au moment de sa mort, la nuit entre le 13 et le 14 décembre 1591, à Úbeda, en Espagne, un globe de feu brillant comme un soleil entoura son corps.

Jean de la Croix a été béatifié en 1675 par le Pp Clément X (Emilio Altieri, 1670-1676) ; canonisé par le pape Benoît XIII (Pietro Francesco Orsini, 1724-1730), le 27 décembre 1726 ; déclaré docteur de l’Église par le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le 24 août 1926.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :

>>> Saint Jean de la Croix

©Evangelizo.org

Saint Jean de la Croix priez pour nous !

14.12.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,2-11. 

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.

Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’

Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

évêque et docteur de l’Église

Premier dialogue christologique, 706 ; SC 97 (trad. SC p. 27 rev.)

« Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres »

      « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.       En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).       Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 35,1-6a.10. 

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose,
qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.
Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,
dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Psaume 146(145),7.8.9ab.10a. 

R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous ! (Is 35, 4)

Le Seigneur fait justice aux opprimés ; 
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, 
le Seigneur redresse les accablés, 
le Seigneur aime les justes,

le Seigneur protège l’étranger.
Il soutient la veuve et l’orphelin,
D’âge en âge, le Seigneur régnera !

Lettre de saint Jacques 5,7-10. 

Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive.
Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.