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Une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue

Une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue
Oh ! chère âme, qu’il y a de différence entre une âme formée en Jésus-Christ par les voies ordinaires de ceux qui, comme les sculpteurs, se fient en leur savoir-faire et s’appuient sur leur industrie, et entre une âme bien maniable, bien déliée, bien fondue, et qui, sans aucun appui sur elle-même, se jette en Marie et s’y laisse manier à l’opération du Saint-Esprit !
Qu’il y a de taches, qu’il y a de défauts, qu’il y a de ténèbres, qu’il y a d’illusions, qu’il y a de naturel, qu’il y a d’humain dans la première âme ; et que la seconde est pure, divine et semblable à Jésus-Christ !
Saint Louis Marie Grignion de Montfort, Le secret de Marie, § 18
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
12.07.2025 – SAINT DU JOUR
Saints Louis († 1894 et Zélie Martin († 1877)
Parents de sainte Thérèse de Lisieux
Témoins de l’Amour conjugal
Fêtés ensemble le 12 juillet : date de leur mariage.
Louis Martin, de son nom complet Louis-Joseph-Aloys-Stanislas Martin, naît à Bordeaux le 22 août 1823 ; il est horloger.
Zélie Martin, née Azélie-Marie Guérin, ouvrit les yeux au monde le 23 décembre 1831 à Gandelain, près de Saint-Denis-sur-Sarthon, Orne ; elle est dentellière.
Le 12 juillet 1858, Louis Martin et Zélie Guérin se marient à l’hôtel de ville d’Alençon à 22h et à l’église Notre-Dame à minuit. Tous deux avaient pensé à la vie religieuse mais c’est au cœur de la vie de couple et en élevant une famille de neuf enfants qu’ils vont découvrir leur chemin de sainteté.
Zélie sera une femme active à la tête d’une petite entreprise de dentelle (le point d’Alençon). Elle va procurer du travail à une vingtaine d’ouvrières à domicile. Elle sera une épouse amoureuse de son mari. Dans ses lettres à Louis, elle écrit : « Ta femme qui t’aime plus que sa vie » ou encore « Je t’embrasse comme je t’aime ».
Ce ne sont pas que des mots : leur joie est d’être ensemble et de partager tout ce qui fait la vie quotidienne, sous le regard de Dieu. Zélie sera une mère comblée et en même temps éprouvée. De 1860 à 1873, le couple Martin a eu neuf enfants, dont quatre sont morts en bas âge. Les cinq filles survivantes sont devenues religieuses et l’une, sainte Thérèse de Lisieux, carmélite morte en 1897 à l’âge de 24 ans, a été canonisée en 1925.
Zélie éprouvera de grandes joies à la naissance de ses enfants : « J’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir ». Au moment de la naissance de Thérèse, la dernière, Zélie a déjà le cancer du sein et elle souffre de plus en plus. Elle ajoute : « J’ai déjà beaucoup souffert dans ma vie ». La confiance est l’âme de l’éducation familiale. Zélie souhaite pour ses enfants de devenir des saints. Cela ne l’empêche pas d’organiser des fêtes, des jeux et même d’acheter de belles robes pour ses enfants. En famille, on prie tous les jours et durant le mois de mai les filles aiment apporter de belles fleurs à la statue de Marie : la Vierge du Sourire.
Zélie Martin décédera le 28 août 1877, à l’âge de 46 ans, en laissant cinq enfants qu’elle confiera à son mari : Louis.
Louis est un fils de militaire. Il va s’installer à Alençon et il ouvre une horlogerie-bijouterie à l’âge de 27 ans. Jusqu’à son mariage, il partage son temps entre son travail, des loisirs (la pêche en particulier), la lecture et la rencontre des autres. Il s’engage au service des plus pauvres dans le cadre de la Conférence Saint Vincent Paul et va, chaque matin, à la messe. Chaque semaine, il participe aussi à l’adoration eucharistique. Il a été un époux plein d’attention et d’affection pour son épouse et ses filles. Quand Zélie décède, il quitte Alençon pour Lisieux, auprès des Guérin, sa belle famille. Après l’entrée de Thérèse au Carmel, commence pour lui l’épreuve de la maladie qui le conduit à être interné au Bon-Sauveur, l’hôpital psychiatrique de l’époque. Pendant les périodes de rémission, on le voit s’occuper des malades qui l’entourent. Paralysé, il revient dans sa famille et meurt le 29 juillet 1894 à 71 ans. Zélie avait écrit, à propos de son mari : « Je suis très heureuse avec lui. Il me rend la vie bien douce. C’est un saint homme que mon mari, j’en désire un pareil pour toutes les femmes ».
Ce qui a caractérise la sainteté des époux Martin, c’est leur capacité à vivre l’ordinaire de la vie en ayant une grande confiance en l’amour de Dieu et une relation de couple fondée sur la prière et la générosité. Un chemin possible pour toutes les familles qui le désirent.
Louis et Zélie Martin ont été béatifiés le 19 octobre 2008, par le pape Benoît XVI, à l’occasion des 150 ans de leur mariage.
Louis et Zélie Martin ont formé un foyer d’amour et Thérèse écrira : « Le bon Dieu s’est plu à m’entourer d’amour, mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres ». En pensant à ses parents, elle dira qu’ils étaient plus dignes du ciel que de la terre.
Le pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) a proclamé, le dimanche 18 octobre 2015, à Rome, quatre nouveaux saints : Vincenzo Grossi, un prêtre italien mort en 1917 après avoir consacré sa vie à venir en aide aux pauvres dans le nord de l’Italie, María Isabel Salvat Romero, une religieuse espagnole morte en 1998 et le couple Louis et Zélie Martin, un geste symbolique en plein synode sur la famille.
La canonisation de Louis Martin et de son épouse Zélie marque une première dans l’histoire de l’Église. D’autres couples ont, par le passé, été béatifiés mais aucun n’avait jusqu’ici été canonisé.
Pour un approfondissement biographique :
>>> Témoins de l’amour conjugal
>>>Canonisation de Louis et Zélie Martin
>>>Louis et Zélie Martin – Kto
Source principale : enfamilleavecdieu.catholique.fr (« Rév. x gpm »).
Saints Louis et Zélie Martin priez pour nous !

12.07.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur.
Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.
Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ;

craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)
N°5 (trad. coll. Pères dans la foi, n°97, p. 26)
« Ne craignez pas… Soyez sans crainte »
Je te rends grâces, Seigneur, parce que je t’aime. Très-Haut, ne m’abandonne pas, car tu es mon espoir. Gracieusement j’ai reçu ta grâce, c’est elle qui me fait vivre. Mes persécuteurs viendront, et ils ne me verront plus. Un nuage d’obscurité tombera sur leurs yeux, et un air de ténèbres les obscurcira. Ils n’auront plus de lumière pour voir, ils ne pourront plus me saisir. Ils ont médité un plan, et il s’est anéanti pour eux. Ils ont conçu des projets méchants et les voilà dépouillés. Dans le Seigneur est mon espoir, je n’ai point de crainte. Le Seigneur est mon salut, je n’ai point de crainte. Il est comme une couronne sur ma tête, je ne chancellerai pas. Quand même tout l’univers chancellerait, je resterai debout. Si tout ce qui est visible périt, moi je ne mourrai pas. Car le Seigneur est avec moi, je suis avec lui. Alléluia !

LECTURES :
Livre de la Genèse 49,29-33.50,15-26a.
En ces jours-là, Jacob donna cet ordre à ses fils : « Je vais être réuni aux miens. Enterrez-moi auprès de mes pères, dans la caverne qui est dans le champ d’Éphrone le Hittite,
dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan, le champ qu’Abraham a acheté à Éphrone le Hittite comme propriété funéraire.
C’est là que furent enterrés Abraham et son épouse Sara ; c’est là que furent enterrés Isaac et son épouse Rébecca ; c’est là que j’ai enterré Léa.
C’est le champ qui fut acheté aux Hittites, avec la caverne qui s’y trouve. »
Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il s’allongea sur son lit, il expira et fut réuni aux siens.
Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : « Si jamais Joseph nous prenait en haine, s’il allait nous rendre tout le mal que nous lui avons fait… »
Ils firent dire à Joseph : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté :
“Vous demanderez ceci à Joseph : De grâce, pardonne à tes frères leur crime et leur péché. Oui, ils t’ont fait du mal, mais toi, maintenant, pardonne donc le crime des serviteurs du Dieu de ton père !” » En entendant ce message, Joseph pleura.
Puis ses frères vinrent eux-mêmes se jeter à ses pieds et lui dire : « Voici que nous sommes tes esclaves. »
Mais Joseph leur répondit : « Soyez sans crainte ! Vais-je prendre la place de Dieu ?
Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu a voulu le changer en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : préserver la vie d’un peuple nombreux.
Soyez donc sans crainte : moi, je prendrai soin de vous et de vos jeunes enfants. » Il les réconforta par des paroles qui leur allaient au cœur.
Joseph demeura en Égypte avec la famille de son père, et il vécut cent dix ans.
Il vit les petits-enfants de son fils Éphraïm ; quant aux enfants de Makir, fils de Manassé son autre fils, il les reçut sur ses genoux à leur naissance.
Joseph dit à ses frères : « Je vais mourir. Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a fait serment de donner à Abraham, Isaac et Jacob. »
Joseph fit prêter serment aux fils d’Israël, en disant : « Quand Dieu vous visitera, vous ferez monter d’ici mes ossements. »
Et Joseph mourut à cent dix ans.

Psaume 105(104),1-2.3-4.6-7.
R/ Cherchez Dieu, vous les humbles, et votre cœur vivra. (Ps 68, 33b)
Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.
Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.
Vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.
Le Seigneur, c’est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l’univers.

11.07.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE PARIS
11.07.2025 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
11.07.2026 – CHAPELET À LOURDES
CAP FATIMA – LETTRE DE LIAISON NO 175 DU 03.07.2025

Lettre de liaison n° 175 (3 juillet 2025)
Chers amis,
Après les apparitions de Pontevedra en 1925 et 1926, sœur Lucie eut encore d’autres apparitions. En octobre 1926, ayant achevé son postulat, elle entra au noviciat des sœurs de Sainte Dorothée, à Tuy. C’est là que, trois ans après son entrée, elle eut deux apparitions très importantes.
Tuy, juin 1929
Le 13 juin 1929, Notre-Dame lui apparut et lui demanda de faire dire au pape que le moment était venu de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Voici le récit qu’elle fit de cette apparition et que son confesseur le père Gonçalvès recopia un jour où il passait à Tuy :
Russie (1929) – Notre-Dame demande la consécration.
Le Révérend Père Gonçalvès est venu plusieurs fois confesser dans notre chapelle. Je me suis confessée à lui et, comme je m’entendais bien avec lui, j’ai continué à le faire durant les trois ans pendant lesquels il est resté ici comme supérieur.
C’est à cette époque que Notre-Seigneur m’a avertie que le moment était venu où il voulait que je fasse connaître à la Sainte Église son désir de la consécration de la Russie et sa promesse de la convertir… La communication s’est produite ainsi :
(13/6/1929) J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de onze heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine.
Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].
Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle, et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond.
Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la Croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme.
Un peu en dessous de la taille, suspendus en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice.
Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son Cœur Immaculé dans la main… (C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé, … dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes…)
Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’Autel, formaient ces mots : Grâce et Miséricorde.
Je compris que m’était montré le mystère de la Très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.
Ensuite, Notre-Dame me dit : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen. Elles sont tellement nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. »
Je rendis compte de ceci à mon confesseur, qui me demanda d’écrire ce que Notre-Seigneur voulait que l’on fasse.
Plus tard[1], par le moyen d’une communication intime, Notre-Dame me dit, en se plaignant : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande… ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. »
Sœur Lucie fit tout ce qu’elle put auprès des autorités religieuses pour que cette demande parvienne au Saint-Père. En particulier, elle en parla elle-même au nonce apostolique, Mgr Cardinale, venu lui rendre visite à Tuy quelques jours après l’apparition. Un peu plus tard, elle en parla à Mgr da Silva, mais sans succès. L’évêque écrivit au père Aparicio : « La dévotion des premiers samedis du mois est bonne, mais elle n’est pas encore à son heure, ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas la propager dans les maisons et les collèges religieux. » En effet, Mgr da Silva souhaitait voir se développer d’abord la dévotion à Notre-Dame de Fatima. Le père Aparicio ayant informé sœur Lucie de la position de l’évêque, elle lui répondit que cette réponse fut pour elle « un coup très dur ».
Tuy, mai 1930
L’année suivante, au mois de mai, Notre-Seigneur fit savoir à sœur Lucie que les deux demandes concernant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et la consécration de la Russie devaient être adressées au Saint-Père lui-même. Le 29 mai, elle mit au courant le père Gonçalvès qui lui ordonna de mettre par écrit ce qu’elle avait appris :
JMJ Tuy, 29/V/1930
Révérend Père,
Ce qui me paraît s’être passé entre Dieu et mon âme au sujet de la dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie et de la persécution de la Russie.
Il me semble que le bon Dieu, au fond de mon cœur, agit sur moi pour que je demande au Saint-Père l’approbation de la dévotion réparatrice, que Dieu lui-même et la Très Sainte Vierge ont daigné demander en 1925, pour, au moyen de cette petite dévotion, donner la grâce du pardon aux âmes qui ont eu le malheur d’offenser le Cœur Immaculé de Marie, la Très Sainte Vierge promettant aux âmes qui chercheront à lui faire réparation de cette manière, de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour qu’elles se sauvent.
La dévotion consiste, durant cinq mois consécutifs, le premier samedi, à recevoir la sainte communion, à dire un chapelet et à tenir compagnie à Notre-Dame durant quinze minutes, en méditant les mystères du Rosaire, et à se confesser, avec la même intention. Cette confession peut être faite un autre jour. Si je ne me trompe, le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Sa Sainteté promettant, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice, indiquée ci-dessus.
Je déclare que je crains beaucoup de me tromper, et le motif de cette crainte est que je n’ai pas vu personnellement Notre-Seigneur, mais j’ai seulement senti sa divine présence.
Quant à la répugnance que je sens d’aller dire cela à la Révérende Mère Supérieure, je ne sais pas bien d’où elle vient. Ce peut être en partie la crainte que j’ai que la Révérende Mère désapprouve tout cela, ou dise que c’est une illusion, une suggestion du démon, et des choses de ce genre.
Je baise respectueusement la main de votre Révérence.
Ce serait une erreur de croire que les expressions « je crains beaucoup de me tromper » ou encore « si je ne me trompe » que l’on trouve également dans d’autres lettres, soient des expressions restrictives manifestant un doute ou une incertitude : sous la plume de sœur Lucie, ces expressions sont des formules d’humilité et d’obéissance indiquant par là qu’elle s’en remet entièrement au jugement de son directeur de conscience. On trouve des expressions semblables dans les écrits de sainte Marguerite-Marie.
Cette lettre est très importante car elle précise clairement plusieurs points capitaux.
Elle commence par rappeler en quoi consiste la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, les grâces qui y sont attachées et la nécessité de faire approuver cette dévotion par le Saint-Père.
Ensuite, elle énonce précisément les conditions dans lesquelles la consécration de la Russie doit être faite. Elles sont au nombre de six. Le jour choisi, le pape doit : 1) avec tous les évêques du monde entier, 2) consacrer, 3) la Russie, 4) au Cœur Immaculé de Marie, 5) avec un acte public et solennel de réparation, et 6) promettre d’approuver et de recommander la communion réparatrice des premiers samedis du mois.
La sixième condition signifie que la communion réparatrice des premiers samedis du mois ne doit pas rester une dévotion privée ; le Ciel demande qu’elle devienne une pratique stable, approuvée, répandue et encouragée par la hiérarchie de l’Église.
Enfin, cette lettre manifeste le lien étroit existant entre la communion réparatrice et la consécration de la Russie. Mais elle montre aussi que la première chose que demande le Ciel, c’est l’approbation de la dévotion réparatrice par le Saint-Siège.
En recevant cette lettre, le père Gonçalvès fit immédiatement remettre à sœur Lucie une note lui demandant de répondre à six questions :
Veuillez répondre, comme vous pourrez, sur une feuille de papier à lettres, aux questions suivantes :
1. Quand, comment et où, c’est-à-dire la date (si vous la savez), l’occasion et la manière selon laquelle vous avez éprouvé la manifestation de la dévotion des samedis ?
2. Les conditions requises, c’est-à-dire ce qui est demandé pour l’accomplissement de cette dévotion ?
3. Les avantages : quelles grâces sont promises à ceux qui la pratiqueront au moins une fois ?
4. Pourquoi cinq samedis, et non neuf, ou sept, en l’honneur des Douleurs de Notre-Dame ?
5. Si l’on ne peut accomplir toutes les conditions le samedi, ne peut-on y satisfaire le dimanche ? Les gens de la campagne, par exemple, ne le pourront pas, bien souvent, parce qu’ils habitent loin…
6. En relation au salut de la pauvre Russie, que désirez-vous ou que voulez-vous ?
Le soir même, au cours de l’heure sainte que sœur Lucie faisait chaque jeudi de onze heures à minuit, suivant en cela la demande du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial, Notre-Seigneur lui fit connaître les réponses. Quelques jours après, le 12 juin 1930, sœur Lucie envoya au père Gonçalvès la lettre suivante :
JMJ 12/6/1930
Révérend Père,
Après avoir imploré l’assistance des Très Saints Cœurs de Jésus et de Marie, je vais, autant que possible, répondre aux questions de votre Révérence.
Pour ce qui touche à la dévotion des cinq samedis :
1. Quand ? Le 10 décembre 1925.
Comment ? Par une apparition de Notre-Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation.
Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.
2. Les conditions requises ?
Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre-Dame en méditant les mystères du Rosaire, et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.
3. Avantages ou promesses.
« Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut. »
4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ?
Me trouvant dans la chapelle avec Notre-Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930, et parlant à Notre-Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé :
« Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :
1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
2) contre sa virginité,
3) contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
4) [les offenses de] ceux qui cherchent publiquement à inculquer dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
5) [les offenses de] ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.
Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes. »
5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ?
« La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes. »
6. En relation avec la Russie, si je ne me trompe, le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux Évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux Saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus.
Dans la sixième réponse, on retrouve exactement les mêmes conditions à respecter pour la consécration de la Russie, que celles énoncées dans la lettre du 29 mai précédent. Le père Gonçalvès transmit la lettre à Mgr da Silva ; puis, devant l’inertie de l’évêque, il prit l’initiative d’informer lui-même Pie XI.
Rianjo, Août 1931
En août 1931, sœur Lucie s’étant trouvée fatiguée, elle fut envoyée à Rianjo, près de Pontevedra, pour se reposer. Notre-Dame lui apparût et lui fit connaître son mécontentement de ce que la demande de consécration de la Russie n’avait toujours pas été exécutée :
Ils n’ont pas voulu écouter ma demande… ! Comme le Roi de France, ils s’en repentiront et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir.
Tout de suite, elle en fit part à son confesseur qui lui demanda d’écrire à Mgr da Silva, ce qu’elle fit le 29 août :
Mon confesseur m’ordonne de faire part à votre Excellence de ce qui s’est passé, il y a peu de temps entre notre bon Dieu et moi. Comme je demandais à Dieu la conversion de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, il me sembla que sa divine majesté me dit :
« Tu me consoles beaucoup en me demandant la conversion de ces pauvres nations. Demande-la aussi à ma Mère, en lui disant souvent : Doux Cœur de Marie, soyez le salut de la Russie, de l’Espagne et du Portugal, de l’Europe et du monde entier. Et d’autres fois : Par votre pure et Immaculée Conception, ô Marie, obtenez-moi la conversion de la Russie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Europe et du monde entier.
Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie. »
Quelle terrible révélation ! Les ministres de Dieu, pour ne pas avoir voulu obéir, suivront le roi de France dans son malheur ! Ainsi pour la troisième fois en deux ans (juin 1929, mai 1930, août 1931), le Ciel demandait avec insistance la consécration de la Russie et redemandait que la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois soit approuvée et recommandée par le Saint-Père. Malheureusement, les autorités de l’Église allaient rester sourdes à son appel.
Centenaire de la demande de Notre-Dame
Les cérémonies organisées par le Jubilé des premiers samedis de Fatima (https://jubile2025-fatima.org/) pour fêter le centenaire de la demande de Notre-Dame se poursuivent. Le premier samedi du mois de juin, la messe a été dite par le cardinal Burke au sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe à La Crosse aux États-Unis. La prochaine cérémonie aura lieu samedi au Puy en Velay (voir affiche ci-après).
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus
[1] Ce sera deux ans plus tard, en août 1931, à Rianjo. Voir § suivant.
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