Une maternité virginale, royale, divine, œuvre de l’Esprit Saint

Détail de La Visitation de Raphaël, vers 1517, musée du Prado, Madrid. CC0/wikimedia

Une maternité virginale, royale, divine, œuvre de l’Esprit Saint

C’est au concile d’Ephèse, en 431, que la Vierge Marie a été proclamée « Theotokos », « Mère de Dieu ». Il s’agit du premier dogme marial de l’Eglise. La maternité divine de Marie constitue le motif principal du culte marial : cela apparaît dans l’attitude d’Elisabeth et de Jean Baptiste au moment de la Visitation (Luc 1,39-45) qui est le prolongement de l’Annonciation :

– Jean-Baptiste tressaille parce qu’il est rempli de l’Esprit Saint ;

– L’Esprit Saint introduit Elisabeth dans le mystère de la maternité de Marie ;

– Elisabeth reconnaît Marie comme la Mère du Seigneur.

– C’est une maternité virginale : Marie est vierge (Lc 1,27) et dit « je ne connais pas d’homme » (Lc 1,34).

– C’est une maternité royale : ce fils est de la descendance de David et son règne n’aura pas de fin. Il accomplit les promesses de Nathan (2 Sam 7) et la prophétie d’Isaïe 7,14, qui ont en commun l’initiative unilatérale de Dieu et sa fidélité. Mère du messie davidique, Marie est la reine mère à qui s’adressent l’hommage et la vénération de tout le peuple messianique. Le prince qui naîtra d’elle n’est pas seulement fils de David, mais Fils de Dieu (on observe la progression entre Lc 1, 32 et Lc 1, 35).

– C’est une maternité par l’opération du Saint Esprit, qui de sa puissance divine prend sous son ombre la Vierge Marie, comme la nuée couvrait l’arche de l’alliance et rendait présent le Seigneur. Une telle maternité virginale, royale, divine, œuvre de l’Esprit Saint, est objet d’une vénération pleine de stupeur de la part de la cousine de Marie, Élisabeth, et de l’Église : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? (…) Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 43-45)

Françoise Breynaert (avec l’aide du père Ignazio Calabuig)

Encyclopédie Mariale

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

11.10.2023 – SAINT DU JOUR

St Jean XXIII

PAPE (261E) DE 1958 À 1963

Saint Jean XXIII
Pape (261e) de 1958 à 1963
Surnom affectueux : « Le Bon Pape »

« Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

Jean XXIII (au siècle : Angelo Giuseppe Roncalli) est né le 25 novembre 1881, à Sotto il Monte près de Bergame, dans une famille nombreuse de milieu modeste. Il entre au séminaire à l’âge de douze ans. Il y suit le cursus ecclésiastique classique. 

En 1904, il est ordonné prêtre. Peu après, il est nommé secrétaire de Mgr Giacomo Radini Tedeschi, nouvel évêque de Bergame, et reste à son service jusqu’à la mort de ce dernier en 1914. Pendant cette période, il s’occupe aussi de l’enseignement auprès du séminaire de Bergame.

En 1915, il est incorporé dans le service des santés des armées, avant de devenir aumônier militaire. Après la guerre, il devient directeur spirituel du séminaire de Bergame.

En 1921, il entre dans la Curie romaine, dans la Congrégation pour la propagation de la foi (plus connue sous le nom de Propaganda Fide). 

En 1925, Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le promut évêque et l’envoie en Bulgarie, terre orthodoxe, en tant que visiteur, puis délégué apostolique. Il occupe ensuite le même poste à Istanbul entre 1935 et 1944, ce qui lui permet de sauver, pendant l’occupation, des victimes du nazisme.

En 1945, il succède comme nonce apostolique de Paris à Mgr Valeri, compromis avec le régime de Vichy. Il règle avec succès le problème des autres évêques compromis avec le régime de Vichy, dont le gouvernement français demandait la substitution. Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) devra accepter seulement les démissions de trois prélats : les évêques de Mende, Aix-en-Provence et Arras.

En 1953, sa carrière diplomatique s’achève, et il retourne à sa première vocation pastorale : il est nommé patriarche de Venise, puis cardinal.

Le 9 octobre 1958 le pape Pie XII vient de mourir. Le cardinal Angelo Roncalli, patriarche de Venise, âgé et malade, se rend à la Cité du Vatican pour participer au conclave qui élira un nouveau pontife. À mesure que le conclave se déroule Roncalli revoit très clairement des images de son passé, comme lorsque, jeune prêtre, il soutenait des ouvriers en grève ; ou bien cette fois où, délégué apostolique en Turquie, il a négocié secrètement avec un ambassadeur nazi afin de sauver des juifs arrivant dans les trains bondés; ou encore en France, devant un de Gaulle autoritaire, qu’il a convaincu de ne pas expulser plusieurs évêques contestés. 

Au douzième tour du scrutin, le 28 octobre 1958, Angelo Giuseppe Roncalli est élu pape et prend le nom de Jean XXIII : il est couronné le 4 novembre. On s’attendait à ce qu’il soit un pape de transition sans grand éclat. Mais il surprend le monde entier en convoquant, le 25 janvier 1959, le Concile Vatican II. Cette démarche audacieuse vers une importante modernisation de l’église vise à assurer que cette institution, l’une des plus vieilles au monde, continuera de s’épanouir jusqu’à la fin du 20e siècle et bien au-delà. Il se préoccupe aussi du conflit entre les États-Unis et l’Union soviétique, qui devient de plus en plus pressant.

Le 11 octobre 1962, le concile, couramment désigné depuis lors sous le nom de « Vatican II », est ouvert. Jean XXIII y prononce un important >>> Discours. À la fin de la journée d’ouverture du Concile, était organisée une procession aux flambeaux entre le château Saint-Ange et la place Saint-Pierre. Le pape Jean XXIII, attiré par la prière de la foule, était apparu à sa fenêtre, improvisant une allocution connue aujourd’hui comme le >>> Discours à la lune. Le passage qui a fait éclater les applaudissements est celui de la larme d’un enfant : « En rentrant chez vous, vous trouverez vos enfants. Donnez une caresse à vos enfants, et dites-leur : c’est la caresse du pape. Vous trouverez peut-être quelque larme à essuyer. Ayez une bonne parole pour celui qui souffre : Le pape est avec nous, spécialement aux heures de tristesse et d’amertume ».

Vers la fin de 1962, un cancer de l’estomac est diagnostiqué. Jean XXIII s’efforce cependant de permettre au concile de continuer son travail. Le 11 avril 1963, il promulgue une encyclique qui est perçue comme étant son testament spirituel : >>> Pacem in Terris. Au-delà du monde catholique elle est adressée à tous les hommes de bonne volonté, fait l’apologie de la démocratie, affirme que la guerre ne peut être un instrument de justice et préconise que ce soit désormais la « loi morale » qui régisse la relation entre les états, prônant la solidarité, la justice et la liberté. Le 11 mai il reçoit le prix Balzan pour son engagement en faveur de la paix : c’est là sa dernière apparition publique.

Le 28 mai 1963 il est victime d’une hémorragie. À ce moment Radio Vatican transmet chaque jour l’état de santé du Pape en indiquant sa température et son pouls défaillants. Jean XXIII, entre lucidité et inconscience, continue toutefois de tenir son rôle jusqu’aux derniers moments. À l’issu d’une longue agonie il meurt le 3 juin 1963, jour de la fête de la Pentecôte. Il voulait être un prêtre ordinaire, mais il a changé la face du monde à jamais.

Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli) a été béatifié le 3 septembre 2000 par saint Jean-Paul II. 

Le  27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800.000 et plus fidèles qui du monde entier ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d’un voyage éternel dans la gloire de l’Église catholique.

Pour un approfondissement :
>>> Canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II

Saint Jean XXIII priez pour nous !

11.10.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,1-4.

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.»

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jérôme (347-420)

prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église

Commentaire de l’Épître aux Galates (Œuvres complètes de Saint Jérôme, tome 10; trad. abbé J. Bareille; Éd. Louis Vivès 1884, p. 293-294; rev.)

« Quand vous priez, dites : Père »

L’Apôtre prouve que nous sommes fils de Dieu par le fait que nous avons en nous l’Esprit Saint ( Gal 4, 4). Jamais, dit-il, nous n’oserions dire : « Notre Père qui es aux cieux… » sans la conscience de l’Esprit Saint habitant en nous et criant par la voix puissante de l’intelligence et de la foi : « Abba, Père ». (…) Il faut remarquer que, dans l’Écriture sainte, le mot ‘cri’ signifie non l’intensité de la voix, mais la force de la pensée et de la vérité exprimée. C’est ainsi que dans l’Exode, le Seigneur répond à Moïse : « Pourquoi cries-tu vers moi ? » (Ex 14, 15) alors que Moïse n’avait prononcé auparavant aucune parole. L’Écriture appelle donc ‘cri’ son cœur contrit et gémissant avec larmes sur le peuple. (…) « Ainsi tu n’es plus serviteur, mais fils. Et si tu es fils, tu es aussi héritier de par Dieu. » (Gal 4,7) En ayant, dit-il, l’Esprit du Fils de Dieu qui crie en vous « Abba, Père », vous avez cessé d’être des serviteurs pour devenir des fils. Auparavant, vous ne différiez en rien d’un serviteur, bien que vous apparteniez à la nature de Dieu ; mais vous viviez comme de tout petits, sous la puissance de tuteurs et de maîtres. Si maintenant vous êtes devenus fils, l’héritage vous est dû en conséquence. (…) Étant passés de la servitude à la liberté, il faut que vous héritiez avec l’héritier du Père, le Christ Jésus qui, dans la nature humaine qu’Il a assumée, dit dans le psaume : « Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré ; demande-moi et je te donnerai les nations en héritage. » (Ps 2, 7-8) Or ce que nous disons ici au singulier doit s’entendre de tout le genre humain, car nous tous qui croyons, nous sommes un dans le Christ Jésus, membres de son Corps et destinés à l’état d’homme parfait, nous avons le Christ pour chef, parce que le Christ est le chef de l’homme (1 Cor 11,2).

LECTURES :

Livre de Jonas 4,1-11.

Quand il vit que Dieu pardonnait aux habitants de Ninive, Jonas trouva la chose très mauvaise et se mit en colère.
Il fit cette prière au Seigneur : « Ah ! Seigneur, je l’avais bien dit lorsque j’étais encore dans mon pays ! C’est pour cela que je m’étais d’abord enfui à Tarsis. Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment.
Eh bien, Seigneur, prends ma vie ; mieux vaut pour moi mourir que vivre. »
Le Seigneur lui dit : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère ? »
Jonas sortit de Ninive et s’assit à l’est de la ville. Là, il fit une hutte et s’assit dessous, à l’ombre, pour voir ce qui allait arriver dans la ville.
Le Seigneur Dieu donna l’ordre à un arbuste, un ricin, de pousser au-dessus de Jonas pour donner de l’ombre à sa tête et le délivrer ainsi de sa mauvaise humeur. Jonas se réjouit d’une grande joie à cause du ricin.
Mais le lendemain, à l’aube, Dieu donna l’ordre à un ver de piquer le ricin, et celui-ci se dessécha.
Au lever du soleil, Dieu donna l’ordre au vent d’est de brûler ; Jonas fut frappé d’insolation. Se sentant défaillir, il demanda la mort et ajouta : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre. »
Dieu dit à Jonas : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère au sujet de ce ricin ? » Il répondit : « Oui, j’ai bien raison de me mettre en colère jusqu’à souhaiter la mort. »
Le Seigneur répliqua : « Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit, et en une nuit a disparu.
Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? »

Psaume 86(85),3-4.5-6.9-10.

Prends pitié de moi, Seigneur,
toi que j’appelle chaque jour.
Seigneur, réjouis ton serviteur :
vers toi, j’élève mon âme !

Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

Toutes les nations, que tu as faites,
viendront se prosterner devant toi
et rendre gloire à ton nom, Seigneur,
car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

Cette semaine au Synode sur la synodalité : Délibérations et agendas voilés

Cette semaine au Synode sur la synodalité : Délibérations et agendas voilés

Le Synode sur la synodalité au Vatican connaîtra une autre première cette semaine, alors que le rassemblement passe du travail en groupes dans des cercles restreints à une assemblée plénière – l’une des Congrégations générales officielles. Les journalistes pourront enfin, pour un temps, suivre les discours et les débats dans la salle d’audience. 

L’un des discours les plus importants est celui du cardinal Jean-Claude Hollerich, en sa qualité de rapporteur général, à la fin de la discussion de chaque section du document. 

Le prochain rapport – appelé « présentation » dans le calendrier du synode – est attendu le 13 octobre, et un autre aura lieu le 18 octobre. Il est probable que ces présentations seront également retransmises en direct. 

Cette semaine sera marquée par de nouveaux discours, mais aussi par des thèmes tels que les influences extérieures potentielles, la recherche de la communion synodale et les murmures de réforme qui résonnent dans les couloirs du Vatican. 

Des agendas en jeu ?

Des inquiétudes subsistent quant à la possibilité pour des groupes de pression d’influencer le cours du synode. Ce n’est pas une coïncidence si le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa, a déclaré lors d’une conférence de presse que personne n’apporterait son programme personnel, et encore moins n’essaierait de l’imposer aux autres. « Il n’y a pas d’agenda, nous sommes tous frères et sœurs », a réaffirmé le prélat africain.

Le cardinal congolais a également déclaré que le résultat du processus serait « accueilli par tous comme la volonté de Dieu ». 

Toute mention de la recherche de la communion au synode n’est guère surprenante : Il s’agit d’un refrain courant dans de nombreuses conversations annexes, évoquant un semblant de déjà vu – ou un retour au passé.

Avant 2014, on parlait de « consensus synodal », les documents étant soumis à un vote paragraphe par paragraphe. L’absence d’une majorité des deux tiers conduisait à ne pas publier les documents, une pratique visant à favoriser la communion plutôt que la division.

Dans un souci de transparence apparente, le pape François a déjà divulgué toutes les formes de documents finaux et le résultat du vote. Ce synode, cependant, suivra une voie différente. 

Au lieu d’un document final, c’est un document de synthèse qui sera présenté, son approbation dépendant davantage du récit général de l’expérience du synode que de chapitres particuliers. 

En octobre 2024, l’approbation du texte final par l’assemblée pourrait potentiellement bouleverser le document de synthèse.

Les enjeux de cette semaine

L’attente est grande autour de ce qui se passera lundi après-midi, lorsque la commission synodale désignée pour rédiger le document de synthèse émettra ses votes. Ces résultats – qui révèlent les noms des membres de la commission – pourraient donner un aperçu de la formulation du document ou, à tout le moins, indiquer le ton général des documents et, par conséquent, de l’ensemble du synode.

Selon le calendrier officiel, deux points clés de l’instrumentum laboris, le document de travail, doivent être discutés cette semaine :

Section B1 : « Comment pouvons-nous être plus pleinement signe et instrument de l’union avec Dieu et de l’unité du genre humain ? »

Section B2 : « Coresponsables de la mission » avec une question centrale : « Comment partager les tâches et les dons au service de l’Évangile ?

Les petits groupes de travail – circoli minori – présenteront leurs interventions le 11 octobre, avant de finaliser et de soumettre leurs rapports au Secrétariat général le 12 octobre. 

Le processus se terminera par un après-midi libre consacré à un pèlerinage, vraisemblablement dans les catacombes romaines. À partir du 13 octobre, la section B2 de l’instrumentum laboris fera l’objet d’un examen minutieux.

Deux après-midi de cette semaine sont consacrés à la « conversation de l’Esprit », décrite comme un temps de discernement commun pour le synode. Décrit dans les sections 37 à 39 de l’instrumentum laboris, ce processus comprend trois phases : une délibération profonde avant de prendre la parole devant l’assemblée, un temps de silence et de prière pour s’imprégner des demandes des autres, et une session pour identifier les questions clés et forger un consensus commun.

Les « conversations de l’Esprit » visent à élaborer un document qui incarne le consensus et l’esprit communautaire. Il reste à voir si cet objectif sera atteint. Le fait que le cardinal Hollerich ait déjà fait allusion à une feuille de route pour l’année à venir implique une plongée prudente dans les eaux pour l’instant. 

L’année prochaine, ces « conversations » pourraient se concentrer sur des sujets spécifiques avec plus d’acuité, bien que cela reste du domaine de la spéculation.

Source : D’Andrea Gagliarducci sur le National Catholic Register, le 9 octobre 2023

Les chrétiens de Palestine n’ont pas de « marge de manœuvre » dans un contexte de violence

Des Palestiniens près des décombres d’un tir de missile israélien, le 8 octobre 2023. Crédit : Fars Media. CC BY SA 4.0

Les chrétiens de Palestine n’ont pas de « marge de manœuvre » dans un contexte de violence

Après une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre, le patriarche latin de Jérusalem a appelé les dirigeants du monde à une désescalade de la violence, exhortant à une solution pacifique au conflit dans la région.

Mais alors que le patriarche n’a pas condamné directement l’attaque du Hamas, un prêtre vivant en Israël a déclaré à The Pillar que le cardinal Pierbattista Pizzaballa est confronté à une perspective difficile alors que la guerre commence, avec la possibilité qu’une déclaration de sa part puisse causer du tort aux chrétiens palestiniens.

« L’opération lancée depuis Gaza et la réaction de l’armée israélienne nous ramènent à la pire période de notre histoire récente », a déclaré Mgr Pizzaballa dans un communiqué publié le 7 octobre. « Les trop nombreuses victimes et tragédies auxquelles les familles palestiniennes et israéliennes doivent faire face ne feront qu’attiser la haine et la division, et détruiront de plus en plus toute perspective de stabilité », a-t-il ajouté. « Nous appelons la communauté internationale, les chefs religieux de la région et du monde entier à faire tout leur possible pour aider à réduire le nombre de victimes et de tragédies. Nous appelons la communauté internationale, les chefs religieux de la région et du monde à faire tout leur possible pour aider à désamorcer la situation, à rétablir le calme et à travailler pour garantir les droits fondamentaux des personnes dans la région ».

La déclaration de Mgr Pizzaballa intervient après que le Hamas a lancé une attaque surprise contre Israël le 7 octobre, au cours de laquelle plus de 700 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées. Parmi ces violences, on peut citer l’attaque surprise d’un festival de musique dans le sud d’Israël – organisé pour commémorer la fête juive de Soukkot – au cours de laquelle quelque 260 personnes ont été tuées par des militants du Hamas. L’attaque s’est accompagnée de violences à l’encontre de civils dans tout Israël, y compris des messages sur les réseaux sociaux suggérant que les attaquants du Hamas avaient commis des actes d’agression sexuelle contre des Israéliens. Le Hamas a également affirmé avoir pris plus de 100 otages dans la bande de Gaza, le territoire palestinien qu’il contrôle le long de la côte de la mer Méditerranée. 

Israël a réagi en assiégeant la bande de Gaza, en coupant l’approvisionnement en carburant et en eau du territoire et en ordonnant une série de tirs de missiles sur la bande de Gaza. Des combats au sol à Gaza entre les forces israéliennes et les militants du Hamas sont attendus dans les jours à venir, Israël ayant officiellement déclaré la guerre au Hamas en réponse aux attaques. Selon le Wall Street Journal, l’attaque du Hamas a été coordonnée et financée avec l’aide de l’armée iranienne. 

Les dirigeants du monde entier ont condamné l’attaque du Hamas contre Israël. Le président américain Joe Biden a déclaré que les États-Unis « condamnaient sans équivoque cet effroyable assaut contre Israël par les terroristes du Hamas depuis Gaza » et a soutenu une riposte militaire israélienne.

Mais la déclaration de Pizzaballa était plus circonspecte, condamnant un « cycle de violence » impliquant les Palestiniens et les Israéliens. Le Père Antoine Levy, OP, un universitaire qui vit à Jérusalem, a déclaré à The Pillar que Pizzaballa devait aborder ses déclarations publiques avec beaucoup de prudence, en raison de l’impact qu’elles pourraient avoir sur les chrétiens palestiniens, qui pourraient être confrontés à une violence mortelle s’ils étaient perçus comme s’opposant aux activités du Hamas. Le prêtre, qui est juif et s’est converti au catholicisme, a déclaré lundi que « le réflexe de l’Église [face à la violence] est toujours le même : essayer de protéger ses propres fidèles ». Le problème est que la majorité des fidèles catholiques de cette région sont des Palestiniens, et qu’ils sont donc pris dans ce combat – coincés entre les deux – et qu’ils se trouvent dans des zones chaudes ou non, il y a une pression considérable dans le monde palestinien pour soutenir ce conflit. Je comprends donc que les pasteurs essaient de limiter les dégâts pour le moment, de trouver une sorte de juste milieu pour leurs paroissiens. « Le patriarche est également pris dans ce combat, et il sait très bien où se trouve le bien et le mal, mais il ne peut pas prendre parti, parce que la majorité des fidèles catholiques sont des Palestiniens, donc c’est vrai pour lui et pour eux – ils ne peuvent pas prendre parti, ce serait très, très dangereux pour eux », a-t-il ajouté.

Près de 1 100 chrétiens palestiniens vivent dans la bande de Gaza – une petite minorité parmi les plus de 2 millions d’habitants de la région. En 2017, environ 47 000 chrétiens vivaient en Cisjordanie et plus de 100 000 en Israël. Pris au milieu des conflits de la région, ces chrétiens sont confrontés à des défis uniques pour leur propre sécurité. Les chrétiens de la bande de Gaza « vivent la même expérience que les Palestiniens chrétiens d’Israël et de Cisjordanie, mais elle est multipliée par 100. Ils n’ont aucune marge de manœuvre. Ils doivent se taire et, même s’ils ne sont pas totalement convaincus, ils doivent faire semblant d’être entièrement du côté du Hamas, car c’est leur seule chance de survie », a déclaré M. Levy.

La bande de Gaza est soumise depuis 2007 à un blocus israélien et égyptien, ce qui rend la région presque entièrement dépendante d’Israël pour la nourriture, l’eau et l’électricité. Le blocus a été instauré après que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza cette année-là, à la suite d’un conflit militaire entre le Fatah et le Hamas, et après la décision du Hamas de ne pas reconnaître Israël ou de désavouer la violence contre les Israéliens.

Israël, pour sa part, a été accusé de superviser un blocus qui fait de Gaza une « prison à ciel ouvert », selon les défenseurs des droits de l’homme, tandis que le Hamas a poursuivi son propre engagement en faveur de la violence contre Israël, faisant de la situation une source de conflit régional permanent.

Si les dirigeants politiques ont largement condamné les attaques du Hamas, certaines déclarations ont également affirmé qu’Israël était responsable de la violence. Les sociaux-démocrates d’Amérique ont déclaré dans un communiqué du 7 octobre que l’attaque était « le résultat direct du régime d’apartheid d’Israël, un régime qui reçoit des milliards de dollars de financement de la part des États-Unis », et plusieurs organisations étudiantes aux États-Unis ont exprimé des sentiments similaires. M. Levy a réfuté ce point de vue. Le Hamas a « transformé Gaza en une forteresse militaire contre Israël », a-t-il accusé. « Que faire dans cette situation ? Le prêtre a déclaré que, d’après son expérience, « les injustices sont inévitables dans des situations extrêmement tendues et compliquées. [Mais je crois aussi que la police israélienne et surtout l’armée font tout ce qu’elles peuvent pour réduire ces injustices au minimum », a déclaré le prêtre à The Pillar. Il a ajouté que les accusations d’injustice israélienne ne « justifient pas le massacre de civils et l’enlèvement d’enfants, comme nous l’avons vu ces derniers jours ». Le prêtre a déclaré qu’à son avis, « Israël ne va pas ménager ses efforts » dans sa réponse. « La priorité d’Israël est désormais de récupérer les otages, à n’importe quel prix. Le nombre de soldats du Hamas qu’ils devront tuer n’aura pas d’importance pour eux. Bien sûr, ils n’attaqueront pas les enfants, ils essaieront de minimiser les pertes dans la population civile. Mais la véritable décision, qui pèse sur l’État d’Israël depuis tant d’années, est de savoir si Israël veut éradiquer le Hamas en tant qu’entité politique ou non. Israël sait en effet que si cette entité politique disparaît – aussi terrible soit-elle – ce qui pourrait la remplacer pourrait être encore plus terrible », a-t-il déclaré. Selon le prêtre, cette décision aurait un impact considérable sur la vie des chrétiens palestiniens.

« Comment faire face à un chaos complet ?  

Le prêtre a déclaré qu’il ne savait pas quoi attendre de la communauté internationale alors que la guerre se poursuit dans la région. Selon le père Levy, alors qu’Israël s’efforce d’extraire les otages par la force des quartiers densément peuplés de Gaza, il y aura davantage d’effusions de sang de part et d’autre de la guerre, y compris des victimes civiles. « C’est probablement un calcul du Hamas », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Israël n’a que peu de bons choix pour répondre – seulement un « choix un peu moins mauvais » que d’autres.

Pour sa part, le pape François a appelé dimanche à un cessez-le-feu au Moyen-Orient, affirmant que « le terrorisme et la guerre ne mènent à aucune solution, mais seulement à la mort et à la souffrance de tant d’innocents ». « La guerre est toujours une défaite ! Chaque guerre est une défaite », a-t-il insisté.

Selon M. Levy, il est possible que le Saint-Siège tente de jouer un rôle de médiateur dans le conflit dans les jours à venir. « Je pense que toute la question est de savoir si le Hamas est prêt à négocier, et aussi si Israël est prêt à négocier. Pour l’instant, c’est loin d’être acquis d’un côté ou de l’autre. C’est une partie d’échecs. « Mais s’il existe un espace de désescalade, le Saint-Siège est bien placé : c’est l’une des rares puissances à être perçue comme neutre par les deux parties. Il pourrait donc s’agir d’un recours, mais c’est un grand point d’interrogation.

Source : The Pillar, le 9 octobre 2023