Antoni Lallican / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP Monastère arménien de Dadivank situé au Haut-Karabagh.
La chute du Haut-Karabagh le 20 septembre dernier a entraîné l’exil de quelque 120.000 personnes. Noms des villes effacés, sanctuaires chrétiens détruits par les tirs ennemis… Quel destin attend les Arméniens ?
Le corridor de Latchine est aussi calme depuis début octobre que deux semaines auparavant, lorsqu’il était fermé. La quasi-totalité des habitants du Haut-Karabagh (ou Artsakh) ont quittéleurs maisons. Les derniers à partir ont été les religieux, désirant abandonner par des prières leurs églises millénaires à la divine providence. Restent prisonniers de Stepanakert quelques membres du gouvernement.
L’épuration ethnique du Haut-Karabagh a reposé sur une stratégie de manipulation. Après avoir visé des quartiers résidentiels, maintenu une suprématie militaire, grâce à des drônes israéliens, le parti Azerbaijanais, a forcé le camp attaqué à un accord déséquilibré. Pour maintenir le peuple arménien dans la confusion, Ilham Aliyev, le président azeri a procédé dès les cinq jours suivant la défaite, fin septembre, à une distribution de nourriture et déclarait vouloir protéger les habitants du Haut-Karabagh.
Mais la réalité est malheureusement bien différente. Des églises, dont celle de Charikar, bâtie au XIIIe siècle, ont été profanées ; des civils forcés de fuir devant les soldats criant Allah akbar et portant un brassard sur lequel on lit « Ne t’enfuis pas arménien, tu vas mourir d’épuisement » ; assimilation ou assassinat pour le millier d’Arméniens resté sur place ; 300 membres de l’armée et du gouvernement arrêtés et traités comme criminel de guerre – conséquence des négociations de Yevlakh permettant l’ouverture du corridor. Le remplacement des noms des villes a du reste déjà lieu, sur Googlemap par exemple. Plus de drapeaux ni de statues arméniennes dans les grandes villes et 3.000 nouveaux arrivants d’Azerbaïdjan ont pris place dans les lieux désertés par les arméniens. Que reste-t-il ensuite ? La profanation de tombes pour nier jusqu’à l’histoire de ceux qui foulèrent ce sol ?
À la croisée des conflits
De quelle réalité parle-t-on ? Le Haut-Karabaghest une région située à l’est de l’Arménie dont les terres sont habitées depuis plus de mille ans – comme, du reste, l’a été en grande partie territoire Azrbaidjanais – par les Arméniens, chrétiens et d’ethnie persique. Inscrit entre deux conflits, à plus large échelle, le Haut-Karabagh et l’Arménie sont tantôt couloir entre l’Iran et la Russie, tantôt lieu de l’expansion turque qui se trouve de chaque côté de sa zone d’influence. Il y a à peine un siècle, la république d’Azerbaïdjan est créée de manière artificielle par l’URSS pour contenter des minorités d’ethnie turcique et musulmane. La région du Nakhitchevan, au bord sud-ouest de l’Arménie, est donnée à l’Azerbaïdjan, seul le Syunik est préservé grâce au courage de l’homme d’État arménien Garéguine Njdeh (1886-1955), . En 1994, les Arméniens récupèrent l’Artsakh, alors appelé Haut-Karabagh, et constitue une république autonome, non reconnue par les instances internationales.
Alors que l’Europe envisage de doubler ses importations de gaz venant d’Azerbaïdjan, le 2 octobre, Sergueï Lavrov a déclaré vouloir aider les Arméniens du Haut-Karabagh à cohabiter avec les Azerbaijanais, et œuvrer en collaboration avec Bakou, semblant ignorer l’exode des arméniens. Rejetant la faute sur le gouvernement de Nikol Pashinyan, le Premier ministre d’Arménie, il invite cependant à la poursuite de relations cordiales avec le peuple arménien.
Le Haut-Karabagh a été laissé à lui-même, dans l’indifférence quasi générale. Le seul soutien dont bénéficie les réfugiés est surtout celui de son peuple, un désastre humanitaire n’est pas tant à craindre en Arménie. La prière ne s’est jamais faite si fervente en ces temps où la bataille à venir est redoutée.
Réunion des exorcistes à Rome du 25 au 30 septembre derniers
203 exorcistes et 100 exorcistes auxiliaires de tous les continents
Ils ont également élu un nouveau président. Aujourd’hui, les chiffres sont encourageants : de 250 membres en juillet 2012, ils sont désormais 900 membres.
L’Association internationale des exorcistes (AIE) a publié un communiqué de presse informant qu’elle a tenu sa 14e Convention internationale du 25 au 30 septembre 2023 à la Maison de la spiritualité « Fraterna Domus » à Sacrofano, dans la province de Rome. Cette rencontre a réuni 203 prêtres exorcistes de tous les continents et une centaine d’exorcistes auxiliaires.
Dans son discours d’ouverture, le P. Francesco Bamonte, président sortant de l’Association, a rappelé les origines de l’AIE : la fondation et la première rencontre en 1991, la première Convention internationale en 1994, toutes deux organisées par le président de l’époque, le P. Gabriele Amorth. En trente ans, de nombreux pas ont été accomplis et, grâce à l’AIE, la sensibilité pastorale à l’égard du ministère de l’exorcisme, dont le Christ Jésus est la source et le modèle, s’est fortement accrue dans l’Église universelle. Les cours de formation et de recyclage pour exorcistes, en Italie et à l’étranger, la publication des lignes directrices pour le ministère de l’exorcisme (2019), ainsi que les Actes des Conférences nationales et internationales, de même que la diffusion de la bourse de formation interne Quaderni AIE (depuis 2015), représentent quelques-unes des réalisations de l’Association, atteintes ou consolidées au cours de la dernière décennie. Il convient de mentionner en 2014 l’érection canonique par le Saint-Siège de l’Association internationale des exorcistes en tant qu’association internationale privée de fidèles, puis l’approbation de ses statuts.
Aujourd’hui, les chiffres sont encourageants : de 250 membres en juillet 2012, on compte désormais environ 900 membres. Le père Bamonte a ensuite annoncé que, à la veille de la Convention, le Conseil d’administration de l’Association avait décidé de déclarer saint Michel archange saint patron de l’Association internationale des exorcistes, au même titre que la Vierge Marie. Le père Bamonte, président depuis 2012, a été chaleureusement remercié par l’Assemblée pour son travail au cours de ses deux mandats consécutifs.
Robert-Joel Cruz,exorcisteaméricain, a parlé des bénédictions et des sacramentaux : de véritables armes spirituelles « à la fois défensives et offensives ». Le Seigneur offre à travers les sacrements et les sacramentaux le don de la communion avec lui. En même temps, chacun est appelé à être vigilant, surtout face aux formes dangereuses de spiritualité alternative que le temps de la pandémie a favorisées : pensons à l’exagération du thème écologique, qui conduit à des cultes panthéistes, sans parler des cultes tels que la Wicca, le druidisme, le chamanisme.
Bamonte a ensuite illustré l’histoire de sœur Tomasina Pozzi (1910-1944), originaire de la province de Sondrio (Italie), qui a subi de graves harcèlements diaboliques pendant sa vie de religieuse : un témoignage émouvant de souffrance.
Mgr Karel Orlita, exorciste et canoniste de la République tchèque, a présenté un rapport sur la délégation par l’évêque du pouvoir d’exorciser, en soulignant certains aspects de ce pouvoir liés au territoire, tant du point de vue de la région dans laquelle l’exorciste peut et doit exercer son ministère, que du point de vue des personnes qui ont besoin de son apostolat.
Piermario Burgo, également exorciste et canoniste, a parlé de la possibilité de prononcer des exorcismes sur des non-catholiques, qu’ils soient chrétiens d’autres confessions, croyants d’autres religions ou athées. Une fois qu’ils en ont fait la libre demande et que le besoin réel a été constaté, l’Église, à travers le ministère de l’exorciste, offre son aide, tout en évitant résolument toute attitude de prosélytisme à l’égard des victimes du malin. Dans ces cas qui, en raison du phénomène de l’émigration, se multiplient en Europe et sur le continent américain, l’exorciste doit toujours suivre les indications de l’évêque dont il dépend.
Cristian Cabrini, originaire d’Argentine, a retracé les étapes de sa vocation de prêtre et d’exorciste. Le démoniaque, a-t-il rappelé, est un pauvre parmi les pauvres, souvent abandonné, pas toujours reconnu et accepté. À la lumière de son expérience, il a déclaré qu’un discernement interdisciplinaire minutieux de chaque cas est toujours souhaitable.
Le Dr Richard Gallagher, assistant du ministère des exorcismes et psychiatre américain, a rappelé l’importance du discernement spirituel du prêtre exorciste, confronté à un phénomène – celui de la souffrance causée par l’action extraordinaire du malin – qui présente souvent un tableau clinique complexe, dans un contexte singulier. Le médecin collaborant avec le prêtre exorciste doit également veiller à ce que la personne tourmentée par le malin ne développe pas de pathologies secondaires.
Mgr Rubens Miraglia Zani, exorciste brésilien, a illustré l’approche psychothérapeutique de l’Allemand Bert Hellinger (1925-2019), théoricien des « constellations familiales ». Le psychologue Hellinger, ancien prêtre et missionnaire catholique, réduit ensuite à l’état laïc, a proposé une « recette » thérapeutique à contenu syncrétique, tirée de son expérience en Afrique et exposée aux dangers du spiritisme, où le lien supposé avec les générations passées, pour guérir la relation avec les ancêtres, se prête à des dérives avec des médiums alimentées par des implications théosophiques. Les hommes, observe Mgr Miraglia, n’ont certainement pas besoin de ces croyances « intergénérationnelles », imprégnées de déterminismes obscurs, mais plutôt d’une « catéchèse correcte fondée sur la Parole de Dieu authentiquement libératrice ».
Le professeur Alberto Castaldini,assistant et professeur universitaire de philosophie, a traité de la singulière concomitance, à l’époque moderne, des cas de conversion à la foi catholique et de possession. Un phénomène qui a généré des souffrances individuelles et des divisions sociales entre les groupes, où – comme en Italie et en France – il y a eu des situations d’opposition religieuse et des confrontations politiques.
Le père Burgo est revenu sur la question de savoir s’il est licite ou non de commander aux démons sans être exorciste. Partant d’un fait d’anthropologie théologique, l’orateur a rappelé que tout être humain, par la grâce de Dieu, est hiérarchiquement supérieur à tous les démons, sans exception. Il est donc interdit aux chrétiens d’avoir peur du diable, qu’ils doivent au contraire mépriser. Par conséquent, en cas de nécessité et dans des situations d’urgence, en sachant ce que l’on fait, il n’est pas inopportun et en soi dangereux d’ordonner au démon de cesser son action perturbatrice, et l’Église ne l’interdit pas non plus. Cela n’autorise pas quelqu’un qui n’est pas exorciste à utiliser le Rituel des exorcismes ou même l’exorcisme de Léon XIII, tel qu’il a été établi à l’époque par la Congrégation pour la doctrine de la foi, alors que pour soulager la souffrance il est licite, par exemple, qu’un époux ou un parent, en priant, en se confiant au Seigneur et avec la certitude de faire son devoir, ordonne au démon de cesser son action néfaste.
Benigno Palilla, exorciste et formateur, a rappelé la primauté de l’amour divin miséricordieux dans la pastorale de l’exorcisme. Comme l’attestent certains épisodes de l’Évangile, la personne libérée par Jésus, auparavant intimement blessée et accablée dans sa dignité, semble renaître.
L’exorciste mexicain, le père Andrés López Ruiz, a parlé du phénomène de la médiumnité, en montrant comment la personne, séduite par la possession de « pouvoirs », devient un instrument, un sujet passif et habituel de l’action du malin, ce qui génère progressivement une sujétion démoniaque, conduisant, entre autres, à une forte détérioration psychologique. Le discernement et l’accompagnement de ces personnes sont nécessaires, avec une catéchèse et un renoncement explicites et renouvelés de leur part, visant à favoriser un changement de mentalité.
Le père Paolo Morocutti, exorciste et professeur universitaire de psychologie, a présenté les effets secondaires et les dépendances générés par les pratiques occultes, y compris leur cadre pornographique fréquent et de plus en plus répandu, dont la personne sort détruite, brisée dans son identité et dans ses relations.
Mario Mingardi, exorciste et assistant spirituel de lacommunauté d’enfants « Domus FamiliaePadre Daniele », a présenté une analyse actualisée des offres musicales pour la jeunesse, en soulignant ses contenus occultes et sataniques (et certainement pas l’élan vers la beauté et la joie), qui favorisent la destruction de l’identité chez les plus jeunes auditeurs. Il faut être vigilant « comme des sentinelles », a-t-il souligné, « et être capables de signaler là où il y a des dangers ».
Dans son discours de clôture de la conférence, Don Aldo Buonaiuto, de l’Associazione Comunità Papa Giovanni XXIII et exorciste, animateur du service Anti-sectes, a expliqué que le phénomène des sectes dans le monde globalisé devient de plus en plus structuré et complexe. La secte occultiste et sataniste est une véritable « galaxie » (de plus en plus répandue sur le web) et chaque secte est un contexte dont il est souvent impossible de sortir. Le fait de commettre crimes et meurtres (même d’enfants) consolide l’appartenance au groupe, dans une dimension d’omertà et de coopération secrète dont il est très difficile de sortir. Ceux qui s’y opposent, consacrés et laïcs, représentent une minorité au sein de la minorité qui, avec un dévouement héroïque, apporte du réconfort à ceux qui souffrent. Le monde des sectes avec ses dynamiques, y compris politiques et économiques, est un monde qui asservit, emprisonne et introduit dans une expérience faite de magiciens, de gourous et de prêcheurs. Enfin, le père Buonaiuto s’est attardé sur la tragédie sociale des soi-disant « enfants sorciers » en Afrique, soumis à une violence indicible lors de pseudo-exorcismes tribaux ou abandonnés à leur sort dans les bidonvilles, dans les rues et souvent contraints de vivre dans des décharges.
Certaines des célébrations eucharistiques de la semaine de la Conférence ont été présidées par les évêques Mgr Baldo Reina (Vice-président du diocèse de Rome), Mgr Marco Salvi (Ordinaire du diocèse de Civita Castellana) et Mgr Andres Gabriele Ferrada Moreira (Secrétaire du Dicastère pour le clergé).
Le jeudi 28 septembre, au cours de la conférence – que le pape François a décrite dans son message aux participants comme un « moment d’approfondissement du ministère de l’exorcisme, délicat et plus nécessaire que jamais » – les nouveaux dirigeants de l’Association internationale des exorcistes ont été élus. Karel Orlita, exorciste du diocèse de Brno (République tchèque) a été éluprésident, tandis que le père Francesco Bamonte, exorciste du diocèse de Rome dans ses salutations finales, par le secrétaire du Dicastère pour le clergé, Mgr Andrés Gabriel Ferrada Moreira, comme « le cœur de l’Association internationale des exorcistes », en a été élu vice-président.
L’AIE est à son tour confirmée comme un cœur fort et battant, étroitement uni aux Cœurs du Christ et de la Vierge Marie, un cœur qui bat à l’unisson dans le partage fraternel de ses membres et qui est confirmé comme un moyen valable et efficace dans la lutte contre Satan et le monde des ténèbres, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut de tous ses enfants.
À cette occasion, le pape François a envoyé un télégramme de vœux et de bénédictions :
« À l’occasion du Congrès international de l’Association des exorcistes, le Saint-Père adresse ses vœux aux organisateurs, aux intervenants et à tous les participants.
Il souhaite que ces moments d’approfondissement du ministère de l’exorcisme, délicats et indispensables, favorisent l’engagement à accompagner avec sagesse les fidèles qui ont particulièrement besoin de guérison et de libération spirituelle. Le souverain pontife, en vous encourageant à placer la parole de Dieu au centre de votre mission et à proclamer le message du salut avec une ardeur renouvelée, a le plaisir de vous accorder sa bénédiction apostolique. »
Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État de Sa Sainteté
Synode : Publication des noms des membres de deux commissions
Commission du projet de synthèse et Commission d’information
Une femme fera partie de la Commission du projet de synthèse et deux de la commission d’information.
Lors de la séance du soir des travaux du Synode, le lundi 9 octobre 2023, un vote a eu lieu pour élire les membres de la Commission du rapport de synthèse et ceux de la Commission d’information.
La Commission du rapport de synthèse n’a pas pour mission de rédiger, mais de suivre, d’amender et d’approuver périodiquement l’élaboration du projet de rapport de synthèse qui sera présenté à l’Assemblée.
La Commission d’information a pour tâche de s’occuper de la communication des avancées de l’Assemblée synodale, conformément à l’art. 24 § 1 du Règlement intérieur, en accord avec le Dicastère pour la communication et le Secrétariat général du Synode, qui l’assiste avec son personnel.
Les élections se sont déroulées selon les procédures et les normes indiquées dans le Règlement, en particulier l’art. 11 § 2-4 ; l’art. 14 et l’art. 15.
Par conséquent, conformément à l’article 14, paragraphe 2, du règlement intérieur, la Commission du rapport de synthèse est composée de :
Président : Cardinal Jean-Claude HOLLERICH S.J., Relateur général
Membres ex officio (cf. art. 11 § 2)
– Cardinal Mario GRECH, Secrétaire général du Secrétariat général du Synode M. Riccardo BATTOCCHIO, Secrétaire spécial
Semaine missionnaire mondiale : « Cheminer avec lui et montrer son Évangile au monde »
Du 15 au 22 octobre 2023
Une semaine missionnaire mondiale 2023 se tient du dimanche 15 au dimanche 22 octobre. Pour la 97e Journée mondiale des missions (22 octobre), le pape François a choisiun thème qui s’inspire du récit des disciples d’Emmaüs, dans l’Évangile de Luc : « Des cœurs brûlants, tous en chemin. »
Pendant la semaine missionnaire mondiale, l’équipe des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) invite les fidèles à se « plonger dans ce cœur à cœur avec Jésus pour cheminer avec Lui et montrer son évangile au monde ». Dans le communiqué de l’OPM, on lit : « Pour nous aider à mettre Jésus au cœur de nos vies et nous préparer à ce temps fort du dimanche des missions, nous vous proposons de vivre 7 jours de lectio divina sur la Mission, en paroisse, en famille ou seul. »
Le communiqué rappelle « l’importance d’ouvrir notre cœur à la mission, c’est-à-dire en premier à la Parole de Dieu, à l’Esprit Saint, au don de l’Eucharistie, à la prière à l’école de Marie pour y puiser, au cœur de notre monde, l’élan de l’annonce de la Bonne Nouvelle ».
Les membres de l’équipe invitent à s’engager « dans la prière et par l’aumône pour les Églises les plus pauvres ». « Et que sainte Thérèse, en son anniversaire, rende nos missions… brûlantes », écrivent-ils.
Les OPM ont préparé un livret d’animation de la semaine missionnaire présentant, entre autres, les médiations pour 7 jours de la semaine; le Rosaire vivant, les témoignages et une prière de la semaine.
Si l’importance de la célébration du dimanche 22 octobre et son impact potentiel « sont bien mis en évidence », écrivent les membres de l’équipe, les paroissiens « ne manqueront pas d’y répondre avec enthousiasme ». Voici leur suggestion pour parler du week-end avant la Journée missionnaire mondiale : « Le week-end prochain nous célébrerons le dimanche des missions. Le pape François invite toute l’Église à soutenir les diocèses missionnaires en Afrique, en Asie, dans les îles du Pacifique, en Amérique latine et dans certaines régions d’Europe, où prêtres, religieux et laïcs servent des communautés vulnérables. Prions pour le pape, pour la Mission et soyons généreux lors de la quête de la semaine prochaine. »
Rappelons que c’est le pape Pie XI (1857-1939) qui a créé la Journée missionnaire mondiale en 1926 afin de célébrer « la catholicité et la solidarité universelle ». Il a repris l’intuition initiale de la bienheureuse Pauline Jaricot (1799-1862) dont le slogan de collecte était : « de la part de tous, selon les possibilités ; à tous, selon les nécessités ! », indique le site journée mondiale.com
Dès l’âge de 17 ans, cette jeune lyonnaise s’associe avec des « ouvrières des usines de son père pour travailler à l’évangélisation par la prière et la mission ». « Elle met au point un ingénieux système participatif de récolte de fonds » : « elle crée une chaîne de dix personnes qui mettent un sou par semaine pour les missions, ces 10 personnes en recrutent 10 nouvelles, et ainsi de suite, jusqu’à amasser des sommes considérables pour l’époque ».
« L’Économie de François » : 4e rencontre annuelle à Assise
Message du Saint-Père à l’occasion de cette rencontre en ligne du 6 au 8 octobre
Chers jeunes bien-aimés
Il est bon de vous retrouver un an après l’événement d’Assise et de savoir que votre travail de relance de l’économie se poursuit avec fruit, enthousiasme et engagement.
Vous m’avez souvent entendu dire que la réalité est supérieure à l’idée [1]. Pourtant, parmi les idées il y en a une qui, depuis que je suis un jeune étudiant en théologie, me fascine. En latin, on l’appelle la coïncidentia oppositorum, c’est-à-dire l’unité des contraires. Selon cette idée, la réalité est constituée de pôles opposés, de paires qui s’opposent l’une à l’autre. Quelques exemples : le grand et le petit, la grâce et la liberté, la justice et l’amour, ou encore l’amour et la liberté, la justice et l’amour, etc. Que faire de ces contraires ? On peut certes essayer d’en choisir un et d’éliminer l’autre. Ou bien, comme le suggèrent les auteurs que j’ai étudiés, dans une tentative de concilier les contraires, on peut faire une synthèse en évitant d’éliminer l’un ou l’autre pôle, afin de les résoudre sur un plan supérieur, sans éliminer toutefois la tension.
Chers jeunes, toute théorie est partielle, limitée, elle ne peut prétendre enfermer ou résoudre complètement les oppositions. Il en va de même pour tout projet humain. La réalité échappe toujours. Ainsi, en tant que jeune jésuite, cette idée de l’unité des contraires m’a semblé un paradigme efficace pour comprendre le rôle de l’Église dans l’histoire. Mais si l’on y réfléchit, elle est utile pour comprendre ce qui se passe dans l’économie d’aujourd’hui. Les grands et les petits, la pauvreté et la richesse et tant d’autres oppositions existent également dans l’économie. L’économie, ce sont les étals des marchés, mais aussi les plaques tournantes de la finance internationale ; il y a l’économie concrète, faite de visages, de regards, de personnes, de petites banques et d’entreprises, et il y a l’économie si vaste qu’elle semble abstraite, faite de multinationales, d’États, de banques, de fonds d’investissement ; il y a l’économie de l’argent, des bonus et des hauts salaires à côté de l’économie de l’attention à l’autre, des relations humaines, des salaires trop bas pour vivre bien. Où est la coïncidence entre ces contraires ? Elle se trouve dans la nature authentique de l’économie : être un lieu d’inclusion et de coopération, un lieu d’innovation continue pour créer la valeur et la faire circuler. Le petit a besoin du grand, le concret de l’abstrait, le contrat du don, la pauvreté de la richesse partagée.
Cependant, n’oublions pas qu’il existe des oppositions qui ne génèrent aucune harmonie.
L’économie qui tue ne coïncide pas avec une économie qui fait vivre ; l’économie qui concentre les richesses au profit de quelques-uns ne s’harmonise pas avec les trop nombreux pauvres qui n’ont pas les moyens de vivre ; le gigantesque commerce de l’armement n’aura jamais rien de commun avec l’économie de la paix ; l’économie qui pollue et détruit la planète ne peut être conciliée avec l’économie qui la respecte et la préserve.
C’est précisément dans cette prise de conscience que réside le cœur de la nouvelle économie pour laquelle vous vous êtes engagés. L’économie qui tue, qui exclut, qui pollue, qui produit la guerre, n’est pas une économie : certains l’appellent économie, mais ce n’est qu’un vide, une absence, c’est une maladie, une perversion de l’économie elle-même et de sa vocation. Les armes produites et vendues pour les guerres, les profits réalisés sur le dos des personnes les plus vulnérables et sans défense, comme celles qui quittent leur terre à la recherche d’un avenir meilleur, l’exploitation abusive des ressources naturelles et des peuples : tout cela n’est pas de l’économie, ce n’est pas un bon pôle de la réalité à maintenir. Ce n’est que de l’intimidation, de la violence, ce n’est que la mise en place d’un système prédateur dont il faut libérer l’humanité.
Je voudrais proposer une deuxième idée qui me tient à cœur, liée à ce que je viens de vous dire sur les tensions au sein de l’économie : l’économie de la terre et l’économie du chemin. L’économie de la terre vient du premier sens du mot économie, celui de s’occuper de la maison. Le foyer n’est pas seulement le lieu physique où nous vivons, mais c’est notre communauté, nos relations, les villes que nous habitons, nos racines. Par extension, la maison est le monde entier, le seul que nous ayons, confié à chacun d’entre nous. Par le simple fait de naître, nous sommes appelés à devenir les gardiens de cette maison commune et, par conséquent, les frères et sœurs de tous les habitants de la terre. Faire de l’économie, c’est prendre soin de la maison commune, et cela ne sera pas possible si ne nous habituons pas à voir le monde depuis les périphéries : comme le voient les exclus, les derniers. Jusqu’à présent, le regard sur la maison qui a été imposé a été celui des hommes, des mâles, généralement de l’Ouest et du Nord. Nous avons laissé de côté pendant des siècles – entre autres – le regard des femmes : si elles avaient été présentes, elles nous auraient fait voir moins les biens que les relations, moins l’argent que la redistribution, elles auraient attiré notre attention sur les nantis et les démunis, sur la réalité plus que sur l’abstraction, sur le corps plutôt que sur les vaines paroles. Nous ne pouvons plus continuer à exclure ces regards autres de la pratique et de la théorie économiques, ainsi que de la vie de l’Église. C’est pourquoi, une joie particulière pour moi est de voir combien de jeunes femmes sont protagonistes de l’Économie de François.
L’économie intégrale est une économie qui se fait avec et pourles pauvres – de toutes les façons dont on est pauvre aujourd’hui – les exclus, les invisibles, ceux qui n’ont pas de voix pour se faire entendre. Nous devons être là, sur les failles de l’histoire et de l’existence et, pour ceux qui se consacrent à l’étude de l’économie, également aux périphéries de la pensée, qui ne sont pas moins importantes. Alors posez-vous la question : quelles sont aujourd’hui les périphéries de la science économique ?
Il ne suffit pas de penser auxpauvres et pour les pauvres, mais avec les pauvres, avec les exclus. De même en théologie, nous avons trop souvent « étudié les pauvres », mais nous avons peu étudié « avec les pauvres » : d’objet de science, ils doivent devenir sujets, parce que chaque personne a des histoires à raconter, une pensée sur le monde : la première pauvreté des pauvres est d’être exclus de la parole, exclus de la possibilité même d’exprimer une pensée considérée comme sérieuse. Il s’agit de dignité et de respect, trop souvent refusés.
Et maintenant l’économie du chemin. Si nous regardons l’expérience de Jésus et des premiers disciples, c’est celle du « fils de l’homme qui ne sait pas où poser sa tête » (Lc 9). L’une des plus anciennes façons de décrire les chrétiens était : « ceux qui sont sur la route ». Et lorsque François d’Assise, qui nous est si cher, a commencé sa révolution en partie économique au nom du seul l’Évangile, il est devenu mendiant, vagabond : il s’est mis à marcher, quittant la maison de son père Bernardone. Quel chemin, alors, pour ceux qui veulent renouer avec les racines ? Le chemin des pèlerins a toujours été risqué, fait de confiance et de vulnérabilité. Celui qui l’entreprend doit rapidement reconnaître sa dépendance à l’égard des autres tout au long du chemin : de la même façon, vous le comprenez, l’économie est tributaire d’autres disciplines et d’autres savoirs. Et comme le pèlerin sait que son voyage sera poussiéreux, vous savez que le bien commun exige un engagement qui vous salit les mains. Seules des mains sales peuvent changer la terre : la justice se vit, la charité s’incarne et, solidaires dans ces défis, il vous faut persévérer avec courage. Être des économistes et des entrepreneurs « de François » aujourd’hui signifie nécessairement être des femmes et des hommes de paix : ne pas se résigner, œuvrer pour la paix.
Chers jeunes, n’ayez pas peur des tensions et des conflits, essayez de les habiter et de les humaniser, chaque jour. Je vous confie la tâche de garder la maison commune et d’avoir le courage du voyage.
C’est difficile, mais je sais que vous pouvez le faire parce que vous le faites déjà. Je sais qu’il faut du temps pour voir fructifier vos efforts et partager vos rêves au sein de vos Églises et parmi les réalités économiques des territoires que vous habitez. La réalité semble déjà configurée, souvent aussi imperméable qu’un sol sur lequel il n’a pas plu depuis trop longtemps. Faites preuve de patience et d’ingéniosité pour vous faire connaître et établir progressivement des liens plus stables et plus fructueux. Le désir d’un monde nouveau est plus répandu qu’il n’y paraît. Ne vous refermez pas sur vous-mêmes : les oasis dans le désert sont des lieux auxquels tout le monde doit avoir accès, des carrefours où s’arrêter et d’où l’on peut repartir différent. Restez donc ouverts et cherchez avec détermination et enthousiasme vos collègues, vos évêques, vos concitoyens. Et en cela, je le répète, que les pauvres soient avec vous. Donnez une voix et une forme à un peuple, parce que l’application concrète de l’économie et des solutions que vous étudiez et expérimentez concernent la vie de tous. Il y a plus de place pour vous qu’il n’y paraît aujourd’hui. Je vous demande donc de rester activement unis, en construisant sur des questions opérationnelles de véritables ponts entre les continents, qui sortiront définitivement l’humanité de l’ère coloniale et de l’inégalité. Donnez des visages, des contenus et des projets à une fraternité universelle. Soyez des pionniers de la vie économique et entrepreneuriale du développement humain intégral.
Je vous fais confiance, et n’oubliez jamais : je vous aime beaucoup.
Le Pape appelle à une paix basée sur le courage de la fraternité en Terre Sainte
À l’issue de l’audience générale mercredi 11 octobre place Saint-Pierre, le Pape François a lancé un appel à la paix entre Israéliens et Palestiniens après le déclenchement d’une nouvelle guerre samedi par le Hamas. Le Saint-Père demande aussi la libération des otages israéliens et exprime sa préoccupation pour la bande de Gaza, assiégée par l’armée israélienne.
Après son appel dimanche 8 octobre lors de la prière de l’Angélus, au lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël, le Pape François s’est de nouveau exprimé sur ce nouveau conflit en Terre Sainte, confiant suivre «avec douleur et appréhension» les événements en cours en Israël et en Palestine. Avant de saluer les fidèles italiens réunis place Saint-Pierre pour l’audience générale, il a dit prier pour les familles «qui ont vu un jour de fête se transformer en jour de deuil». Le Saint-Père appelle aussi «à la libération immédiate des otages»israéliens, capturés par les membres du Hamas samedi lors de leur incursion en territoire israélien.
«Ceux qui sont attaqués ont le droit de se défendre mais je suis très préoccupé par le siège total que subissent les Palestiniens à Gaza, où l’on dénombre également de nombreuses victimes innocentes» a-t-il poursuivi. «Le terrorisme et l’extrémisme ne contribuent pas à trouver une solution au conflit entre Israéliens et Palestiniens, mais alimentent la haine, la violence et la vengeance, et ne font que faire souffrir les uns et les autres. Le Proche-Orient n’a pas besoin de guerre mais de paix, une paix fondée sur la justice, le dialogue et le courage de la fraternité», a-t-il encore déclaré.
Saint Calixte Ier (155-222) Pape (16 ème) de 217 à 222 Martyr
Calixte naît vers 155 d’une famille d’esclaves d’origine grecque qui habitait le quartier du Transtévère (Trastevere) à Rome. Calixte (kalistos = le plus beau) devint chrétien au début de sa vie d’adulte. Il fut d’abord au service d’un haut fonctionnaire de l’empereur Commode, nommé Carpophore, chrétien lui-même, qui le chargea d’administrer ses biens. En relation d’affaires avec quelques juifs de Rome, il fit de mauvaises opérations, s’affola, prit la fuite, fut finalement rattrapé et enfermé dans un cachot. Son maître, qui l’estimait, le fit relâcher, pensant qu’il parviendrait à récupérer l’argent perdu. Il était sur le point d’aboutir quand il pénétra un jour de sabbat dans la synagogue, perturba l’office qui s’y célébrait et se fit mettre rudement à la porte par les participants qui le livrèrent au préfet Tuscianus en le dénonçant comme chrétien.
Il fut condamné aux mines de soufre de Sardaigne pour avoir troublé une réunion juive, et parce que chrétien. Il travailla donc durant 3 ans à l’extraction du minerai en Sardaigne et là, côtoya de nombreux martyrs chrétiens, relégués au bagne comme lui : il se montra auprès d’eux d’un dévouement admirable.
Libéré et affranchi vers 190, il passa quelques années à Antium (Anzio) au sud-est de Rome. Zéphyrin, dès son élection comme pape en 199, l’appela à ses côtés, le faisant son secrétaire personnel et l’archidiacre de la ville : il le rendit responsable de la direction du clergé et de la création du premier cimetière chrétien qu’il fit creuser dans le tuf sur la Via Appia : cimetière qui porte aujourd’hui son nom « Catacombe de Saint-Calixte ».
A la mort de Zéphyrin, en 217, Calixte est élu pape. Il le demeura 5 ans 2 mois et 10 jours. Son court pontificat fut des plus difficiles, marqué par l’opposition d’un prêtre de Rome, Hippolyte, brillant mais excessif. Calixte défendit contre lui et quelques autres la foi trinitaire et fit prévaloir l’usage d’absoudre tous les péchés, y compris ceux que les rigoristes, tel Tertullien, considéraient comme impardonnables : l’idolâtrie, l’adultère et le meurtre. Il reconnut comme valide le mariage entre esclaves et femmes libres (non admis comme légal par le droit romain) et accepta le remariage des veufs ainsi que leur entrée éventuelle dans le clergé. Politique d’indulgence générale qui lui valut beaucoup de critiques : face à ses opposants, il resta ferme et donna sans se lasser l’image du bon pasteur.
Il est à remarquer qu’envers l’État, il ne montra aucune servilité. Apprenant qu’un chrétien venait d’être exécuté sur ordre de l’empereur Alexandre-Sévère et jeté dans le Tibre, Calixte se cacha sur les rives du fleuve et avec l’aide de quelques pêcheurs et membres du clergé, le retira des eaux, célébrant solennellement ses funérailles dans sa catacombe de la Via Appia.
Il mourut le 14 Octobre 222 dans son quartier du Transtévère, victime d’une émeute dirigée contre les chrétiens. Jeté du haut d’une fenêtre dans un puits, recouvert de décombres, il en fut retiré par un prêtre une quinzaine de jours après : on l’enterra sur la Via Aurélia dans le cimetière de Calépode non loin de là. Il laissait l’Église en pleine prospérité, organisée corporativement et dotée d’une école de théologie.
Dès le début du 4° siècle, il était déclaré martyr et l’un des rares à avoir son anniversaire. Ses reliques se trouvent sous le maître-autel de la basilique Sainte Marie du Transtévère : elle fut construite sur l’emplacement du modeste oratoire consacré à Marie qu’il avait fait édifier dans sa maison : Ier lieu de culte connu érigé à la mémoire de la mère du Christ dans la Ville éternelle.
Cité du Vatican (Agence Fides) – La « vocation » des opprimés est de libérer même leurs oppresseurs avec le miracle du pardon, « pour ouvrir des chemins d’espérance et permettre le changement ». Le Pape François l’a affirmé aujourd’hui en proposant, au cours de l’audience générale du mercredi, la figure de Giseppina Bakhita, la sainte qui, au cours de son existence, a également vécu l’expérience de l’esclavage.
Poursuivant le cycle de catéchèse consacré à la passion de l’annonce de l’Évangile, le Pontife a rappelé l’histoire incomparable de la sainte soudanaise pour montrer comment, dans l’expérience chrétienne, le pardon devient « la source d’un zèle qui devient miséricorde ».
Née en 1869 dans le « Darfour tourmenté », la future sainte – a rappelé le Pape – a été enlevée à sa famille à l’âge de sept ans et transformée en esclave. Elle a connu huit maîtres, elle a subi très tôt la malveillance et la violence qui ont laissé sur son corps « plus d’une centaine de cicatrices »sur son corps. Souvent, souligne l’évêque de Rome, la personne blessée blesse à son tour ; l’opprimé devient facilement oppresseur.
Chez Bakhita, l’amour gratuit du Christ accomplit le miracle qui la libère de la logique du ressentiment et de la rancœur. Ainsi, l’aventure chrétienne de Bakhita atteste que « la vocation des opprimés est de se libérer et de libérer leurs oppresseurs en devenant des restaurateurs de l’humanité », car « ce n’est que dans la faiblesse des opprimés que peut se révéler la puissance de l’amour de Dieu, qui libère tous les deux ».
En rencontrant l’amour de Jésus, grâce aussi à la contemplation d’un petit crucifix reçu en cadeau, Bakhita expérimente « une libération intérieure parce qu’elle se sent comprise et aimée et donc capable de comprendre et d’aimer à son tour. Ceci est le début ».
Devenue chrétienne, Joséphine Bakhita est transformée par les paroles du Christ qu’elle médite quotidiennement : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Si Judas avait demandé pardon à Jésus, dit la future sainte, il aurait lui aussi trouvé la miséricorde.
Nous pouvons dire que la vie de Sainte Bakhita est devenue une parabole existentielle du pardon. Qu’il est beau de dire d’une personne « elle a été capable, elle a été toujours capable de pardonner ». Et elle a pu le faire toujours, en effet : sa vie est une parabole existentielle du pardon. Le pardon parce qu’alors nous serons pardonnés. N’oubliez pas ceci : le pardon, qui est la caresse de Dieu pour nous tous ».
Et le pardon, « d’abord reçu par l’amour miséricordieux de Dieu, puis le pardon donné, a fait d’elle une femme libre, joyeuse, capable d’aimer ». Au point de vivre le service offert inlassablement aux autres « non comme un esclavage, mais comme l’expression du don gratuit de soi ». Enlevée à sa famille et devenue servante par la force », a rappelé le Pape François dans sa catéchèse, Bakhita « a ensuite choisi librement de se faire servante, de porter sur ses épaules les fardeaux des autres ».
A la fin de l’audience générale, avant de saluer les pèlerins italophones présents sur la place Saint-Pierre, le Pape François a évoqué les atrocités qui tourmentent à nouveau les populations de Terre Sainte.
« Je continue à suivre avec douleur et appréhension ce qui se passe en Israël et en Palestine. Tant de personnes tuées et d’autres blessées. Je prie pour les familles qui ont vu un jour de fête se transformer en jour de deuil ». L’évêque de Rome a demandé « que les otages soient libérés immédiatement ».
Il a rappelé que « c’est le droit de ceux qui sont attaqués de se défendre. Mais je suis très préoccupé », a poursuivi le Souverain Pontife, « par le siège total dans lequel vivent les Palestiniens à Gaza, où il y a eu de nombreuses victimes innocentes ».
Le terrorisme et l’extrémisme », a poursuivi le Pape François, « ne contribuent pas à trouver une solution au conflit entre Israéliens et Palestiniens, mais alimentent la haine, la violence et la vengeance, et font seulement souffrir les uns et les autres.
Le Moyen-Orient n’a pas besoin de guerre, mais de paix, une paix fondée sur la justice, le dialogue et le courage de la fraternité ».
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28.
En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Jean Cassien (v. 360-435)
fondateur de monastère à Marseille
De la science spirituelle, chap. IX ; SC 54 (Conférences VIII-XVII; trad. E. Pichery, éd. du Cerf, 1958; p. 200-201; rev.)
Les paroles salutaires qui réjouissent le cœur de l’homme
L’esprit humain ne saurait demeurer vide de pensées. S’il ne s’occupe des choses de Dieu, il reste fatalement engagé dans ce qu’il a précédemment appris ; tant qu’il n’a pas où revenir à tout moment et exercer son infatigable activité, une pente irrésistible l’entraîne vers les sujets dont il fut imbu dès la première enfance. (…) Recueillies avec empressement, soigneusement déposées et étiquetées dans les retraites de l’âme, munies du cachet du silence, il en sera des paroles salutaires comme de vins au parfum suave, qui réjouissent le cœur de l’homme. Mûries par de longues réflexions et dans les lenteurs de la patience, vous les verserez du réceptacle de votre poitrine avec des flots de senteurs embaumés ; telle une fontaine sans cesse jaillissante, elles surabonderont des conduits de l’expérience et des canaux inondants des vertus ; elles sourdront de votre cœur, comme d’un abîme, en fleuves intarissables. Il arrivera de vous, en effet, ce qui est dit dans les Proverbes à l’homme pour qui toutes ces choses sont devenues des réalités : « Bois l’eau de tes citernes et de la source de tes puits. » (Pr 5, 15 LXX) Selon la parole du prophète Isaïe, « vous serez comme un jardin bien arrosé, comme une source d’eau qui jamais ne tarit. Les lieux déserts depuis des siècles seront pour vous bâtis ; vous relèverez les fondements posés de génération en génération. » (Is 58, 11-12) La béatitude promise par le même prophète vous sera donnée en partage : « Le Seigneur ne fera plus s’éloigner de toi ton maître, et tes yeux verront ton précepteur. Tes oreilles entendront la voix de celui qui t’avertira, criant derrière toi : Voici le chemin ; marchez-y ; ne vous en détournez ni à droite ni à gauche. » (Is 30, 20-21) Et, de la sorte, il se fera que non seulement toute la direction de votre cœur et son étude, mais les écarts mêmes de vos pensées et leur vagabondage incertain ne seront plus qu’une sainte et incessante méditation de la loi divine.
LECTURES :
Livre de Joël 4,12-21.
Que les nations se réveillent, qu’elles montent jusqu’à la vallée de Josaphat (dont le nom signifie « Le Seigneur juge »), car c’est là que je vais siéger pour juger tous les peuples qui vous entourent. Lancez la faucille : la moisson est mûre ; venez fouler la vendange : le pressoir est rempli et les cuves débordent de tout le mal qu’ils ont fait ! Voici des multitudes et encore des multitudes dans la vallée du Jugement ; il est tout proche, le jour du Seigneur dans la vallée du Jugement ! Le soleil et la lune se sont obscurcis, les étoiles ont retiré leur clarté. De Sion, le Seigneur fait entendre un rugissement, de Jérusalem, il donne de la voix. Le ciel et la terre sont ébranlés, mais le Seigneur est un refuge pour son peuple, une forteresse pour les fils d’Israël. Vous saurez que je suis le Seigneur votre Dieu, qui demeure à Sion, sa montagne sainte. Jérusalem sera un lieu saint, les étrangers n’y passeront plus. Ce jour-là, le vin nouveau ruissellera sur les montagnes, le lait coulera sur les collines. Tous les torrents de Juda seront pleins d’eau, une source jaillira de la Maison du Seigneur et arrosera le ravin des Acacias. L’Égypte sera vouée à la désolation, Édom sera un désert désolé, car ils ont multiplié les violences contre les fils de Juda, ils ont répandu leur sang innocent dans le pays. Mais il y aura toujours des habitants en Juda, ainsi qu’à Jérusalem, de génération en génération. Je vengerai leur sang, que je n’avais pas encore vengé. Et le Seigneur aura sa demeure à Sion.
Psaume 97(96),1-2.5-6.11-12.
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! Joie pour les îles sans nombre ! Ténèbre et nuée l’entourent, justice et droit sont l’appui de son trône.
Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur, devant le Maître de toute la terre. Les cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire.
Une lumière est semée pour le juste, et pour le cœur simple, une joie. Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ; rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Rome (Agence Fides) – Les Patriarches catholiques du Moyen-Orient demandent aux fils et aux filles de leurs Églises d' » intensifier leurs prières » pour implorer le Seigneur Jésus-Christ de rétablir la paix sur la terre qui l’a vu naître. En même temps, ils appellent les grandes puissances et la communauté internationale à œuvrer pour la fin de la guerre en Terre Sainte en « appliquant les résolutions internationales adoptées par les Nations Unies » et en reconnaissant le « droit à l’autodétermination » des peuples.
Les Chefs des cinq Églises orientales catholiques présentes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, qui se trouvent à Rome depuis le début du mois d’octobre pour participer à l’Assemblée du Synode des Évêques, se sont réunis pour partager des informations, des considérations et des souhaits pastoraux concernant le moment que traversent leurs communautés dans le contexte de la nouvelle guerre qui a éclaté en Terre Sainte après les massacres perpétrés en Israël par les militants du Hamas et d’autres factions islamistes opérant dans la bande de Gaza. La réunion des patriarches a eu lieu le mercredi 11 octobre dans les locaux du Collège pontifical maronite.
Le patriarche syrien catholique Ignace Youssif III Younan, le patriarche maronite le cardinal Béchara Boutros Raï, le patriarche chaldéen et le cardinal Luis Raphael Sako, le patriarche copte catholique Ibrahim Isaac Sidrak et le patriarche catholicos de Cilicie des Arméniens Raphael Bedros XXI Minassian ont participé à la réunion.
Les cinq chefs des Églises orientales catholiques – lit-on dans une communication diffusée après la rencontre sur les réseaux sociaux – ont repris et fait leurs les paroles et les appels prononcés par le Pape François depuis le début de la nouvelle flambée de violence en Terre Sainte, exprimant comme le pontife leur proximité de prière aux familles des victimes et à « tous ceux qui vivent des heures de terreur et de douleur ».
Aux membres de leurs communautés, les patriarches demandent de ne pas rester confus et d' »intensifier leurs prières à Jésus-Christ, le Prince de la Paix, par l’intercession de sa mère la Vierge Marie, Reine de la Paix, afin que la paix revienne sur la terre où il est lui-même né ».
Les patriarches lancent également un appel aux « grandes puissances » et à la communauté internationale, les invitant à « travailler ensemble pour mettre fin à cette guerre destructrice et pour établir la paix juste et durable que nos peuples recherchent depuis longtemps, en mettant en œuvre les résolutions internationales adoptées par les Nations unies et en reconnaissant la dignité des peuples et leur droit à l’autodétermination ».
Au nom de tous les évêques ordinaires catholiques de Terre Sainte, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a invité toutes les paroisses et communautés religieuses à une journée de jeûne et de prière pour la paix et la réconciliation.
« Nous demandons », écrit le cardinal Pizzaballa dans la lettre qu’il a signée en tant que président de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte, « que le mardi 17 octobre, tout le monde fasse une journée de jeûne et d’abstinence, et de prière. Qu’il y ait des moments de prière avec l’adoration eucharistique et le chapelet à la Sainte Vierge. Il est probable que dans de nombreuses parties de nos diocèses, les circonstances ne permettront pas de grands rassemblements. Dans les paroisses, dans les communautés religieuses, dans les familles, il sera toujours possible d’organiser des moments de prière communs, simples et sobres”.