28.04.2024 – Messe présidée par le pape François sur la place Saint-Marc | #PapeAVenise

Le Pape appelle Venise à être un signe d’inclusion, d’attention à la création et de beauté pour tous

Lors d’une messe célébrée place Saint-Marc, «dans un des lieux les plus évocateurs au monde», le Pape exhorte 10 500 fidèles vénitiens à rester unis au Christ pour porter dans leur environnement les fruits de l’Évangile: des fruits de justice et de solidarité, des choix d’attention au patrimoine humain et écologique. Sans soins et protection, Venise pourrait «cesser d’exister» prévient François.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Quelques 10 500 fidèles venant de la centaine de paroisses du Patriarcat de Venise ont accueilli dans la joie le Pape François arrivé en petite papamobile sur l’immense place Saint-Marc baignée de soleil. Après avoir longuement salué la foule, François a pris place sur l’estrade dressée devant le palais de Venise, face à la splendide basilique byzantine. François s’y rendra à l’issue de la messe pour se recueillir en privé sur les reliques du saint patron de la ville.

Rester unis au Seigneur

«Rester dans l’amour du Christ», indique un panneau hissé face aux fidèles, le thème de cette visite pastorale issu de l’Évangile de Jean sur le sarment et la vigne est le point de départ de l’homélie du Pape. «Jésus est la vigne, nous sommes les sarments», affirme François, et «Jésus nous recommande de chérir ce don inestimable qu’est le lien avec Lui, dont dépendent notre vie et notre fécondité».

Tout en exprimant l’amour de Dieu, cette métaphore, prévient le Pape, est également une mise en garde: «si nous rompons ce lien avec le Seigneur, nous ne pourrons pas produire les fruits de la bonne vigne et nous risquons de devenir nous-mêmes des branches sèches que l’on jette». Et le Pape pense à la longue histoire qui lie Venise au travail de la vigne et à la production du vin, car de nombreux vignobles ont été cultivés au cours des siècles et encore aujourd’hui dans les jardins des îles de la lagune. «Dans cette mémoire, a expliqué François, il n’est pas difficile de saisir le message de la parabole de la vigne et des sarments: la foi en Jésus, le lien avec Lui, n’emprisonne pas notre liberté mais, au contraire, nous ouvre pour recevoir la sève de l’amour de Dieu, qui multiplie nos joies, nous soigne avec l’attention d’un bon vigneron et fait naître des sarments même quand le sol de notre vie devient aride».

Sans soins, Venise risque de disparaître

La métaphore sortie du cœur de Jésus peut également être lue en pensant à Venise, dit François, une ville construite sur l’eau et «reconnue pour cette singularité comme l’un des lieux les plus évocateurs au monde». Venise ne fait qu’un avec les eaux sur lesquelles elle se trouve, et sans le soin et la protection de ce cadre naturel, François explique sans détour qu’elle «pourrait même cesser d’exister». Et le Pape d’énumérer les nombreuses problématiques auxquelles la ville doit faire face: le changement climatique, qui a un impact sur les eaux de la lagune et sur le territoire; la fragilité des bâtiments, du patrimoine culturel, mais aussi des personnes; la difficulté de créer un environnement à échelle humaine à travers une gestion adéquate du tourisme; et aussi tout ce que ces réalités risquent d’engendrer en termes de relations sociales effritées, d’individualisme et de solitude.

Porter les fruits de l’Évangile

Comment répondre à ces défis et préserver la «beauté enchanteresse» de  Venise? En restant dans le Seigneur, en demeurant en lui, répond le Pape qui insiste sur ce verbe «demeurer», à ne pas interpréter de manière statique, avertit François. Il ne s’agit pas, souligne-t-il, de rester immobiles, «parqués dans la passivité», au contraire, poursuit François, ce verbe est une invitation au mouvement, à «grandir dans la relation avec le Seigneur, dialoguer avec Lui, accueillir sa Parole, le suivre sur le chemin du Royaume de Dieu». Rester unis au Christ, c’est se mettre en route à sa suite, se laisser provoquer par son Évangile et devenir des témoins de son amour. Ainsi, explique François, les fruits de l’Évangile pourront être portés dans «dans notre vie, nos relations, les lieux que nous fréquentons chaque jour, dans notre société».

Venise, une ville durable, accessible à tous

Le Pape évoque des fruits de justice et de paix, des fruits de solidarité et d’attention mutuelle; des choix d’attention au patrimoine écologique mais aussi au patrimoine humain car «nous avons besoin que nos communautés chrétiennes, nos quartiers, nos villes deviennent des lieux hospitaliers, accueillants, inclusifs». Venise, qui a toujours été un lieu de rencontre et d’échange culturel, est appelée à être un signe de beauté accessible à tous, en commençant par les derniers, un signe de fraternité et d’attention pour notre maison commune, a insisté François.

«L’Évangile veut faire de nous des artistes capables de répandre partout les fruits de l’amour et de la joie», souligne François qui prie enfin «pour que la beauté de cette ville se manifeste dans les visages et les gestes de vous tous qui l’aimez et l’habitez».  

Source : VATICANNEWS, le 28 avril 2024

28.04.2024 – Rencontre du pape François avec des jeunes de Venise | #PapeAVenise

Le Pape aux jeunes de Venise: sortir du virtuel pour révolutionner le monde réel

Pour Dieu, personne n’est un «profil digital», nous sommes «des enfants du ciel», a déclaré le Pape aux 1 500 jeunes de Venise réunis dimanche 28 avril 2024 devant la basilique du Salut. François a invité à «se lever» et à se faire «don», à rester constant dans les initiatives et à savoir travailler en équipe; à sortir du téléphone et des réseaux sociaux pour devenir des créateurs de nouveauté et de beauté afin de révolutionner le monde en en faisant un espace où chacun a sa place.

Stanislas Kambashi, SJ – Cité du Vatican

Nous sommes tous des enfants de Dieu, appelés à réaliser le rêve du Seigneur, celui de «témoigner et vivre dans la joie», a déclaré le Pape devant les jeunes. Comme nous partageons les belles expériences, ce dimanche est une occasion «pour redécouvrir dans le Seigneur la beauté que nous sommes et pour nous réjouir au nom de Jésus, le Dieu jeune qui aime les jeunes et qui surprend toujours», a poursuivi François.

Pour conserver le souvenir de ce beau moment de rencontre dans la beauté de Venise, le Saint Père a proposé aux jeunes deux verbes «pratiques», «maternels» et «de mouvement», qui ont animé le cœur de Marie et l’ont portée à aller répandre la joie du Seigneur et aider ceux qui étaient dans le besoin: se lever et aller.

Le Pape et des jeunes vénitiens.

Le Pape et des jeunes vénitiens.

Dieu voit en nous des enfants à relever et non pas des malfaiteurs à punir

Rapprochant le verbe se lever de se relever, le Pape a décrit la gamme de réalités existentielles auxquelles il est attaché, comme: se relever de terre, des chagrins pour regarder vers le haut, se lever pour faire face à la vie, pour dire à Dieu «Me voici», pour accueillir le don précieux et irremplaçable que nous sommes. François a conseillé aux jeunes qu’en se levant chaque matin, ils puissent faire un acte de reconnaissance au Seigneur en lui disant un merci pour la vie. Il les a aussi exhortés à prier avant de se plonger dans les activités du jour, en disant par exemple le Notre Père, dont le premier mot «Père», nous fait reconnaître comme des fils et filles bien-aimés, car pour Dieu, personne n’est un «profil digital», nous sommes «des enfants du ciel».

Une telle confiance aide à lutter contre une force de gravité négative qui tire vers le bas, «une inertie oppressante qui veut que nous voyions tout en gris». Celui qui tombe dans une telle situation doit laisser le Seigneur le prendre par la main pour le relever. En cas de doute, il ne doit pas hésiter à changer de cadre et à penser au regard de Dieu, lui qui manifeste toujours sa miséricorde face à nos fragilités, comme il a fait avec Pierre, Marie-Madeleine ou Zachée. Face à nos erreurs, Dieu ne voit pas des malfaiteurs à punir, mais des enfants à relever, puisqu’il sait que nous sommes à la fois beaux et fragiles, comme Venise est splendide et délicate à la fois, a dit le Pape.

La constance et le travail d’ensemble font réaliser des grandes choses

Une fois relevés, il faut désormais «rester constant» et ne pas lâcher prise, car c’est cela le secret des grandes réussites, a exhorté François. Le Saint-Père a mis en garde contre les situations éphémères dans lesquelles beaucoup tombent aujourd’hui, sans aller loin: les émotions rapides, les sensations momentanées, les instincts qui durent quelques instants. Les champions sportifs, les artistes et les scientifiques montrent pourtant que «les grandes réalisations ne se font pas en un instant, tout et tout de suite». De même, ce qui compte dans la vie, «la foi et l’amour», ne se réalisent pas non plus en un instant, a fait remarquer le Pape, soulignant le danger de l’improvisation, de prier, d’aller à la messe ou de faire des bonnes choses quand on en a envie. Une telle manière de faire ne donne pas des bons résultats, il faut persévérer jour après jour, «faire ensemble» car «le faire seul ne fonctionne pas dans les grandes choses», a insisté François. Il a invité les jeunes à ne pas s’isoler, à chercher les autres et à faire ensemble l’expérience de Dieu, à suivre les chemins du groupe sans se lasser. L’évêque de Rome a aussi appelé les jeunes à la décision courageuse d’aller «sans crainte à contre-courant: prends ta vie en main, engage-toi; éteins la télé et ouvre l’Évangile; quitte ton téléphone portable et va à la rencontre des gens!»

Se faire «don» et devenir des créateurs de beauté et de nouveauté

Le Pape s’est ensuite penché sur le deuxième verbe. «Si se lever, c’est s’accueillir comme un don, aller signifie se faire don», a-t-il expliqué. La vie est un don que nous sommes appelés à vivre en nous faisant don. François a par ailleurs appelé les jeunes à sortir du monde des produits fabriqués pour s’émerveiller devant la beauté de la création qui les entoure, afin de devenir des créateurs de beauté et de nouveauté. Pour cela, il invite à penser à Dieu le Père qui a tout créé et à se demander: «et nous, ses enfants, pour qui créons-nous quelque chose de beau?». Être créateur signifie faire quelque chose qui n’existait pas avant, a expliqué le Saint-Père. Pour le faire, il ne faut pas être «des professionnels d’un tapotement compulsif mais des créateurs de nouveauté», a martelé François, avant d’expliciter ce en quoi consiste créer et imiter le style de Dieu: «Une prière faite avec le cœur, une page que vous écrivez, un rêve que vous réalisez, un geste d’amour pour quelqu’un qui ne peut pas vous rendre la pareille». Un tel style de gratuité permet de sortir de la logique nihiliste du «je fais pour avoir» et du «je travaille pour gagner», a déclaré le Pape, qui a appelé les jeunes à être créatifs avec gratuité, à être révolutionnaires et à se donner sans crainte, à donner vie «à une symphonie de gratuité dans un monde qui cherche le profit!».

Jeune, lève-toi et va!

François a conclu son discours avec cette exhortation: «Jeune qui veut prendre ta vie en main, lève-toi! Ouvre ton cœur à Dieu, remercie-le, embrasse la beauté que tu es, tombe amoureux de ta vie. Et puis va! Sors, marche avec les autres, cherche ceux qui sont seuls, colore le monde avec ta créativité, peins avec l’Évangile les rues de la vie. Relève-toi et va. C’est à toi que Jésus adresse cette invitation. À tant de personnes qu’il a aidées et guéries, il a dit: « Relève-toi et va » (cf. Lc 17,19). Écoute cet appel, répète-le en toi, garde-le dans ton cœur. Relève-toi et va!»

Source : VATICANNEWS, le 28 avril 2024

28.04.2024 – Rencontre du pape François avec les artistes de la Biennale de Venise | #PapeAVenise

À Venise, le Pape rappelle l’importance des artistes et le rôle éducateur de l’art

«Le monde a besoin d’artistes», a rappelé le Pape François dans son discours aux artistes de la Biennale d’art de Venise, lors de sa deuxième prise de parole au cours de sa brève et intense visite pastorale dans la ville italienne ce dimanche 28 avril 2024. Le Saint Père a souligné le statut de «ville refuge» de l’art et son rôle pacifique et d’éducateur au regard contemplatif. Il a aussi invité l’art moderne à valoriser la contribution des femmes, «co-protagonistes de l’aventure humaine».

Stanislas Kambashi, SJ – Cité du Vatican

C’était le deuxième temps fort de la visite du Pape François à Venise. Après la rencontre avec les détenues de la prison pour femmes de la Giudecca, le Saint Père s’est rendu à l’église de la Madeleine, chapelle du même centre de détention, où il a rencontré les artistes qui prennent part à la Biennale de Venise. L’exposition internationale d’art qui restera ouverte au public jusqu’au 24 novembre, rassemble dans cette ville du nord-est de l’Italie plusieurs artistes.

Dans son discours le Pape a fait part du désir qui l’habitait de rendre visite à la Biennale d’art de Venise, après avoir accueilli, en juin dernier, un grand groupe d’artistes à la Chapelle Sixtine. Exprimant aux artistes sa proximité et sa gratitude pour leur œuvre de beauté, François a adressé un message clair: «le monde a besoin d’artistes». Pour preuve, l’évêque de Rome a fait remarquer que les événements artistiques sont fréquentés par des personnes de tous âges. Il a aussi mentionné les Chapelles du Vatican et le premier pavillon du Saint Siège construit dans le cadre de la Biennale d’architecture il y a six ans sur l’île de San Giorgio, en collaboration avec la Fondation Cini.

L’art, une «ville refuge» pour tous

Pour le Pape, «l’art a le statut de « ville refuge »», «une ville qui désobéit au régime de la violence et de la discrimination pour créer des formes d’appartenance humaine capables de reconnaître, d’inclure, de protéger, d’embrasser tout le monde». Cela étant, François avoue ne pas se sentir étranger aux côtés des artistes, comme se sentirait tout être humain. «Je me sens chez moi», a-t-il confessé.

Les «villes refuge», a expliqué le Saint Père, sont une institution biblique, mentionnée dans le code deutéronomique, «destinée à empêcher l’effusion de sang innocent et à modérer le désir aveugle de vengeance, à garantir la protection des droits de l’homme et à rechercher des formes de réconciliation». Avec ce rôle pacifique que peut jouer l’art, le Pape souligne l’importance d’établir, à partir des différentes pratiques artistiques, une sorte de «réseau de villes refuge», qui puisse collaborer pour débarrasser le monde des contradictions. «Des antinomies insensées, et désormais vides, qui cherchent à prendre le dessus dans le racisme, la xénophobie, l’inégalité, le déséquilibre écologique et l’aporophobie, ce terrible néologisme qui signifie « phobie des pauvres »», a détaillé François. Pour le Saint Père, «derrière ces antinomies, il y a toujours le rejet de l’autre», l’égoïsme qui «fait fonctionner comme des îles solitaires au lieu d’archipels collaboratifs». Pour guérir le monde, le Pape propose aux artistes, d’imaginer des villes qui n’existent pas encore sur la carte, «des villes où aucun être humain n’est considéré comme un étranger». Ainsi, au lieu de dire «étrangers partout», on dira «frères partout».

L’art éduque à un regard contemplatif

S’exprimant sur le nom du pavillon où a eu lieu cette rencontre, «Avec mes yeux», François a souligné l’importance du regard dont nous avons tous besoin. Seul Jésus est le Maître éternel, capable de regarder chacun avec l’intensité d’un amour qui ne juge pas, mais proche et encourageant. L’art, a déclaré François, éduque à ce type de regard, ni possessif, ni objectivant, mais à la fois ni indifférent, ni superficiel. Il nous éduque à un regard plutôt «contemplatif». Le Saint Père donne ici l’exemple des artistes qui sont de ce monde, tout en étant appelés à le dépasser. Dans le même ordre d’idée, il souligne l’urgence pour eux de savoir distinguer l’art du marché, pour éviter que la créativité soit «vampirisée», que le marché ne vole l’innocence et qu’il n’instruise froidement sur ce qu’il faut faire.

Les femmes, co-protagonistes de l’aventure humaine

Ayant reçu les artistes à la prison féminine de la Giudecca, le Pape a eu une pensée pour des artistes comme Frida Khalo, Corita Kent ou Louise Bourgeois. Il a invité l’art moderne à ouvrir les yeux du monde, «en nous aidant à valoriser à sa juste valeur la contribution des femmes, en tant que co-protagonistes de l’aventure humaine». Si personne n’a le monopole de la douleur humaine, «…il y a une joie et une souffrance qui s’unissent au féminin sous une forme unique et que nous devons écouter, car elles ont quelque chose d’important à nous apprendre», a déclaré François, avant d’inviter les artistes à réfléchir sur la question adressée par Jésus aux foules, à propos de Jean le Baptiste: «Qu’êtes-vous allés regarder au désert? un roseau agité par le vent? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir?» (Mt 11, 7-8).

Source : VATICANNEWS, le 28 avril 2024

28.04.2024 – Rencontre du Pape avec les détenues de la prison de la Giudecca | #PapeAVenise

Le Pape à Venise: la prison doit être un lieu de renaissance

Nouveau signe de son attention aux marges, le Pape a rendu visite aux femmes détenues sur l’île de la Giudecca, première étape de sa visite pastorale dans la lagune italienne. Le Saint-Père les a encouragées à regarder l’horizon avec espérance. «Il est fondamental que la prison offre aux personnes détenues des espaces de croissance (…), prémices d’une saine réinsertion», estime François qui implore «ne mettons pas la dignité à l’isolement».

Marie Duhamel – Cité du Vatican 

Le Pape ne voulait pas d’une rencontre «officielle» avec les détenues de la prison vénitienne et, dans la cour de l’ancien couvent augustinien où des sœurs accueillaient jadis les courtisanes en reconversion, ce fut comme l’espérait François un temps «de prière, de proximité et d’affection fraternelle». Plusieurs détenues, la voix parfois tremblante, ont remercié le Pape de sa venue, de son attention ou d’avoir amené des artistes dans leur prison à l’occasion de la Biennale et, de surcroit, de leur permettre -à elles- de faire découvrir leurs œuvres d’art à des étrangers.

Le Pape et des détenues dans la cour de la prison de la Giudecca.

Le Pape et des détenues dans la cour de la prison de la Giudecca.

«Comme l’événement artistique que vous accueillez le symbolise, le temps passé en réclusion peut marquer le début de quelque chose de nouveau, à travers la redécouverte d’une beauté insoupçonnée en nous-mêmes et chez les autres», a souligné le Pape qui a invité les 80 détenues qui l’écoutaient ce dimanche matin à faire de leur séjour en prison «un chantier de reconstruction». Ces femmesarrivées là «par des chemins différents, certains très douloureux, également à cause d’erreurs pour lesquelles, de différentes manières, chacun porte des blessures et des cicatrices», ont été encouragées par Françoisà évaluer leur vie avec courage pour enlever ce qui n’est pas nécessaire, «ce qui encombre ou qui est nuisible», pour établir un plan, creuser des fondations nouvelles et poser une brique après l’autre «à la lumière de l’expérience», avec détermination.

“«Tous nous avons fait des erreurs dont nous faire pardonner et des blessures à guérir, même moi, et tous nous pouvons devenir des guéris qui apportent la guérison, des pardonnés qui pardonnent, des revenus à la vie qui apportent la renaissance»”

François a demandé à ces femmes de «ne pas fermer la fenêtre», de regarder l’horizon et le futur avec espérance. «J’aime penser à l’espérance comme une ancre jetée dans le futur, nous avons en nos mains la corde qui permet de l’atteindre». À chaque prisonnière, François a demandé de commencer leur journée en se disant qu’«aujourd’hui est le bon jour», «le jour où je recommence».

Le Saint-Père croit en ces femmes, et en la possibilité de faire de la prison un lieu de renaissance en dépit des problèmes du système carcéral que sont la surpopulation, le manque de structures et de ressources, les épisodes de violence. La prison est un lieu «à la réalité dure», reconnait François mais «il peut aussi devenir un lieu de renaissance morale et matérielle où la dignité n’est pas mise à l’isolement». Le Pape invite au respect réciproque, à se montrer attentif aux talents et aux capacités «qui ont été emprisonnés par les affres de la vie (…) et qui peuvent réapparaitre pour le bien de tous».

François juge «fondamental» que le système carcéral offre aux détenus des instruments et des espaces de croissance humaine, spirituelle, culturelle et professionnelle, pour permettre leur réinsertion. «S’il vous plait, ne mettez pas la dignité à l’isolement, mais donnez de nouvelles possibilités!», a-t-il lancé.

À la fin de leur rencontre, des détenues travaillant en prison ont offert plusieurs de leurs productions au Pape, du savon ou des créations textiles. François leur a offert une icône de la Vierge, la mère de la tendresse.

Source : VATICANNEWS, le 28 avril 2024

Pour Montfort le Rosaire est l’instrument le plus puissant de la mission (I)

© Unsplash/Anna Hecker

Pour Montfort le Rosaire est l’instrument le plus puissant de la mission (I)

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort consacra un livre entier au Rosaire qui n’a été publié qu’en 1911 (deux siècles après sa mort !). Il l’appela « Le Secret admirable du très saint rosaire », avec pour sous-titre « pour se convertir et se sauver » (abréviation SAR). Le Rosaire est pour Montfort l’instrument le plus puissant de la mission. Il commente chaque prière du Rosaire ainsi :

« Le Credo ou Symbole des Apôtres qu’on récite sur la croix du Rosaire ou du chapelet, étant un sacré raccourci et abrégé des vérités chrétiennes, est une prière d’un grand mérite, parce que la foi est le fondement et le commencement de toutes les vertus chrétiennes, de toutes les vertus éternelles et de toutes les prières que Dieu a pour agréables. » (SAR 34) « Comme la foi est la seule clef qui nous fait entrer dans tous les mystères de Jésus et de Marie renfermés au saint Rosaire, il faut le commencer en récitant le Credo avec une grande attention et dévotion, et plus notre foi sera vive et forte, et plus le Rosaire sera méritoire. » (SAR 35).

La prière du Notre Père est grande parce qu’elle nous a été enseignée par Jésus, notre Seigneur : son auteur « n’est pas un homme ou un ange, mais le Roi des anges et des hommes, Jésus-Christ. » (SAR 36) « Elle surpasse, dit Thomas à Kempis, tous les désirs des saints, elle contient en abrégé toutes les douces sentences des psaumes et des cantiques; elle demande tout ce qui nous est nécessaire; elle loue Dieu d’une excellente manière; elle élève l’âme de la terre au ciel et l’unit étroitement avec Dieu. » (SAR 36) « Saint Augustin assure que le Pater bien récité efface les péchés véniels » (SAR 37) et nous enseigne à détester et à éviter le péché (SAR 43).

« La Salutation angélique, le Je vous salue Marie, est si sublime, si relevée, que le bienheureux Alain de la Roche a cru qu’aucune créature ne peut la comprendre et qu’il n’y a que Jésus-Christ, né de la Vierge Marie, qui puisse l’expliquer. Elle tire principalement son excellence de la très Vierge à qui elle fut adressée, de l’Incarnation du Verbe pour laquelle elle fut apportée du ciel, et de l’archange Gabriel qui la prononça le premier. » (SAR 44) « Quoique ce cantique nouveau s’adresse directement à la Mère de Dieu et qu’il contienne ses éloges, il est néanmoins très glorieux à la Trinité, parce que tout l’honneur que nous rendons à la Vierge retourne à Dieu comme à la cause de toutes ses perfections et de tous ses vertus. » (SAR 47)

Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

28.04.2024 – SAINT DU JOUR

St Louis-Marie Grignion de Montfort

PRÊTRE ET FOND. (+ 1716)

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
Fondateur d’ordres religieux,
Docteur de la médiation de Marie

Louis-Marie Grignion de La Bacheleraie naît à Montfort-la-Cane, alors du diocèse de Saint-Malo, aujourd’hui de celui de Rennes, le 31 janvier 1673. Par esprit de religion et d’humilité, il abandonna plus tard le nom de sa famille, pour prendre celui du lieu de sa naissance et de son baptême. Sa première éducation fut pieuse et forte ; il la compléta chez les Jésuites de Rennes, où il acquit la réputation d’un saint Louis de Gonzague. 

La Providence le conduisit ensuite à Paris, pour y étudier en diverses maisons tenues par les Sulpiciens, et à Saint-Sulpice même. Dans ce séminaire, où il brilla par son intelligence et sa profonde piété, on ne comprit pas assez les vues de Dieu sur lui. Dieu le permit ainsi pour le former à l’amour de la Croix, dont il devait être l’apôtre passionné. C’est à l’école de Saint-Sulpice qu’il puisa toutefois son merveilleux amour de Marie et qu’il se prépara à devenir son apôtre et son docteur.

Jeune prêtre, ordonné en juin 1700, il fut d’abord aumônier à l’hôpital de Poitiers, où il opéra une réforme aussi prompte qu’étonnante. Ballotté ensuite pendant quelques temps par les persécutions que lui suscitaient les Jansénistes, il se rendit à Rome en vue de s’offrir au Pape pour les missions étrangères, et il reçut du Souverain Pontife l’ordre de travailler à l’évangélisation de la France. 

Dès lors, pendant dix ans, il va de missions en missions, dans plusieurs diocèses de l’Ouest, qu’il remue et transforme par sa parole puissante, par la flamme de son zèle et par ses miracles. Il alimente sa vie spirituelle dans une prière continuelle et dans des retraites prolongées, il est l’objet des visites fréquentes de la Sainte Vierge. Ses cantiques populaires complètent les fruits étonnants de sa prédication ; il plante partout la Croix ; il sème partout la dévotion au Rosaire : il prépare providentiellement les peuples de l’Ouest à leur résistance héroïque au flot destructeur de la Révolution, qui surgira en moins d’un siècle. 

Les cinq années d’avant sa mort en 1716 furent pour Louis-Marie des années d’activité intense. Il était constamment occupé à prêcher des missions et se rendait de l’une à l’autre à pied. Il trouva pourtant le temps d’écrire: le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge, Le Secret de Marie, les Règles des Filles de la Sagesse (ou de la Providence), et de nombreux cantiques qu’il utilisait dans ses missions en les faisant chanter sur des airs de danse de l’époque. Il entreprit deux longs voyages, l’un à Paris et l’autre à Rouen, pour essayer de trouver des recrues pour sa Compagnie de Marie dont il rêvait de plus en plus alors que sa vie tirait à sa fin. De temps à autre aussi il éprouvait le besoin de se retirer dans un endroit paisible et isolé, tel que la Forêt de Mervent ou son petit ermitage  de Saint-Eloi près de La Rochelle.

Ses missions ont exercé une grande influence, surtout en Vendée. On a dit que l’une des raisons pour lesquelles les habitants de cette région sont restés fortement opposés aux tendances antireligieuses et anticatholiques de la Révolution française 80 ans plus tard, était que leur foi avait été affermie par la prédication de saint Louis-Marie. Il eut pourtant beaucoup de difficulté à persuader d’autres prêtres de s’adjoindre à lui et de travailler avec lui comme membres de la Compagnie de Marie. Finalement, au cours de sa dernière année, deux prêtres, les Abbés René Mulot et Adrien Vatel, s’adjoignirent à lui, et il réunit aussi autour de lui un certain nombre de Frères qui l’aidaient dans sa tâche.

L’évêque de La Rochelle, Mgr. Étienne de Champflour, resta pour lui un grand ami, même si d’autres continuaient de s’opposer à lui et même attentaient à sa vie. Avec l’appui de l’évêque, il fonda des écoles charitables pour les enfants pauvres de La Rochelle, et invita Marie-Louise Trichet et Catherine Brunet, qui attendaient patiemment à Poitiers depuis dix ans, à venir l’aider. Elles firent enfin leur profession religieuse et c’est ainsi que naquit la congrégation des Filles de la Sagesse. Bientôt d’autres se joignirent à elles.

En avril 1716, épuisé par le travail et la maladie, Louis-Marie se rendit finalement à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour commencer à prêcher la mission qui devait être la dernière. Il tomba malade au cours de la mission et mourut le 28 avril. 

Des milliers de personnes assistèrent à ses funérailles dans l’église paroissiale, et peu de temps après le bruit se répandit que des miracles avaient eu lieu à son tombeau. 

Louis-Marie Grignion de Montfortfut béatifié le 22 janvier 1888, par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903), et canonisé le 20 juillet 1947, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958). 

Les congrégations qu’il a données à l’Église, la Compagnie de Marie, les Filles de la Sagesse, et les Frères de Saint Gabriel (congrégation qui se développa à partir du groupe de Frères réunis par saint Louis-Marie), se sont développées et propagées, en France d’abord et ensuite dans le monde entier. Elles continuent de témoigner du charisme de saint Louis-Marie, et prolongent sa mission, qui est d’établir le Royaume de Dieu, le Règne de Jésus par Marie.

Pour un approfondissement biographique :

 >>> Famille Montfortaine

St Louis-Marie Grignion de Montfort priez pour nous !

28.04.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.


Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.


Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.


Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

abbé

Le Christ modèle et source de sainteté sacerdotale (Le Christ idéal du prêtre, Éd. de Maredsous, 1951, p. 43-44 ; rev.)

« Je suis la vigne, vous êtes les sarments » (Jn 15,5)

Jésus lui-même a voulu éclairer, par une comparaison, notre foi en son action sanctifiante. « Je suis la vigne, a-t-il-dit ; vous êtes les sarments » (Jn 15,5). Les sarments vivent, mais ne tirent pas de leur propre fond la sève qui les féconde. Constamment ils empruntent leur vitalité à la sève qui vient du tronc. Élaborée ailleurs, c’est elle qui les vivifie. Ainsi en est-il pour les membres du Christ : bonnes actions, pratique des vertus, progrès spirituels, sainteté leur appartiennent, certes ; mais c’est la sève de la grâce venant du Christ qui opère en eux ces merveilles : « Comme le sarment ne peut porter du fruit de lui-même, sans demeurer sur la vigne, ainsi vous, si vous ne demeurez en moi » (Jn 15,4). En Jésus-Christ, tout rayonne la vie : ses paroles, ses actions, ses états. Tous ses mystères, ceux de l’enfance comme ceux de sa mort, de sa résurrection et de sa gloire, possèdent une puissance toujours efficace de sanctification. En lui le passé n’est pas aboli (cf. Rm 6,9 ; He 13,6). Sans arrêt, il verse en nous la vie surnaturelle. Mais notre manque d’attention ou de foi paralyse trop souvent son action dans nos âmes. Pour nous, vivre de la vie divine, c’est posséder la grâce sanctifiante et faire partir du Christ, par une intention de foi et d’amour, nos pensées, nos affections, toute notre activité.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 9,26-31. 

En ces jours-là, arrivé à Jérusalem, Saul cherchait à se joindre aux disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas que lui aussi était un disciple.
Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assurance au nom de Jésus.
Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec eux, s’exprimant avec assurance au nom du Seigneur.
Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer.
Mis au courant, les frères l’accompagnèrent jusqu’à Césarée et le firent partir pour Tarse.
L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle se construisait et elle marchait dans la crainte du Seigneur ; réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait.

Psaume 22(21),26b-27.28-29.31-32. 

Devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; 
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : 
« À vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, 
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté, 
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; 
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître : 
Voilà son œuvre !

Première lettre de saint Jean 3,18-24. 

Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.
Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ;
car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.
Bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous avons de l’assurance devant Dieu.


Quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.


Or, voici son commandement : mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé.
Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné part à son Esprit.