Martyrologe Romain : Mémoire des saints Charles Lwanga et ses douze compagnons : les saints Mbaga Tuzindé, Bruno Serunkerma, Jacques Buzabaliawo, Kizito, Ambroise Kibuka, Mgagga, Gyavira, Achille Kiwanuka, Adolphe Ludigo Mkasa, Mukasa Kiriwawanvu, Anatole Kiriggwajjo ; Luc Banabakintu, martyrs en Ouganda l’an 1886. Âgés de 14 à 30 ans, ils faisaient partie du groupe des pages ou de la garde du roi Mwanga. Néophytes et fermement attachés à la foi catholique, ils refusèrent de se soumettre aux désirs impurs du roi et furent soit égorgés par l’épée, soit jetés au feu sur la colline Nemugongo.
Avec eux sont commémorés neuf autres martyrs : les saints Joseph Mukasa Balikuddembe, Denis Sebuggwawo, André Kaggwa, Pontien Ngondwe, Athanase Bazzekuketta, Gonzague Gonza, Matthias Kalemba, Noé Mawaggali, Jean-Marie Muzei, qui subirent le martyre dans la même persécution, à des jours différents, entre 1885 et 1889.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,1-12.
En ce temps-là, Jésus se mit à parler en paraboles aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’ » Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Basile (v. 330-379)
moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Grandes Règles monastiques, § 2 (trad. Lèbe, Maredsous 1969, p. 53-54 rev.)
« Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il le leur envoya en dernier »
Dieu avait créé l’homme à son image et à sa ressemblance (Gn 1,26), il l’avait jugé digne de le connaître lui-même, mis par le don d’intelligence au-dessus de tous les animaux, établi dans la jouissance des délices incomparables du Paradis, et enfin constitué maître de tout ce qui se trouvait sur la terre. Cependant, lorsqu’il l’a vu, dévoyé par le serpent, tomber dans le péché et, par le péché, dans la mort et les souffrances qui y conduisent, il ne l’a pas rejeté. Au contraire, il lui a donné d’abord le secours de sa Loi ; il a désigné des anges pour le garder et prendre soin de lui ; il a envoyé des prophètes pour lui reprocher sa méchanceté et lui enseigner la vertu… Lorsque, malgré ces grâces et bien d’autres encore, les hommes ont persisté dans la désobéissance, il ne s’est pas détourné d’eux. Après avoir offensé notre bienfaiteur par notre indifférence devant les marques de sa bienveillance, nous n’avons pas été abandonnés par la bonté du Seigneur ni retranchés de son amour, mais nous avons été tirés de la mort et rendus à la vie par notre Seigneur Jésus Christ, et la manière dont nous avons été sauvés est digne d’une admiration plus grande encore. « Bien qu’il ait été Dieu, il n’a pas jugé bon de garder jalousement son égalité avec Dieu, mais il s’est abaissé jusqu’à prendre la condition d’esclave » (Ph 2,6-7). « Il a pris nos faiblesses, il a porté nos souffrances, il a été meurtri pour nous », afin de nous sauver par ses blessures (Is 53,4-5). Il « nous a rachetés de la malédiction en se faisant malédiction pour nous » (Ga 3,13) ; il a souffert la mort la plus infamante pour nous conduire à la vie de la gloire. Et il ne lui a pas suffi de rendre la vie à ceux qui étaient dans la mort, il les a revêtus de la dignité divine et leur a préparé dans le repos éternel un bonheur qui dépasse toute imagination humaine. « Que rendrons-nous donc au Seigneur » pour tout ce qu’il nous a donné ? (Ps 115,12) Il est si bon qu’il ne demande rien en compensation de ses bienfaits : il se contente d’être aimé.
LECTURES :
Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 1,2-7.
Bien-aimés, que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la vraie connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur. Sa puissance divine nous a fait don de tout ce qui permet de vivre avec piété, grâce à la vraie connaissance de celui qui nous a appelés par la gloire et la force qui lui appartiennent. De la sorte nous sont accordés les dons promis, si précieux et si grands, pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine, et que vous échappiez à la dégradation produite dans le monde par la convoitise. Et pour ces motifs, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance de Dieu, à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité, à la fraternité l’amour.
Psaume 91(90),1-2.14-15ab.15c-16.
Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du Puissant, je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ; je le défends, car il connaît mon nom. Il m’appelle, et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve. »
« Je veux le libérer, le glorifier ; de longs jours, je veux le rassasier, et je ferai qu’il voie mon salut. »
Corpus Christi: François appelle à rendre grâce en étant proche des autres
Le Pape François a présidé la liturgie solennelle de la Fête-Dieu dans la basilique Saint-Jean-de-Latran ce dimanche après-midi. Il a invité les fidèles à réfléchir à «l’action de grâce, à la mémoire et à la présence», trois dimensions essentielles de l’Eucharistie. Après la messe, une procession s’est rendue à la basilique Sainte-Marie-Majeure, où la bénédiction eucharistique a été donnée.
Vatican news
Cela faisait six ans que la basilique Saint-Jean-de-Latran n’avait pas accueilli la célébration de la solennité du Saint-Sacrement en son sein. Dans son homélie, le Saint-Père a invité les fidèles à partir de la bénédiction du pain par Jésus («Ayant pris du pain et prononcé la bénédiction» (Mc 14, 22)), afin de réfléchir aux trois dimensions suivantes: «l’action de grâce, la mémoire et la présence».
L’action de grâce
Se penchant en premier lieu sur «l’action de grâce», le Saint-Père a rappelé la signification du mot «Eucharistie»: «remercier Dieu pour ses dons». C’est pourquoi le signe du pain est important, a souligné le Pape, car «c’est la nourriture de tous les jours, par laquelle nous apportons à l’autel tout ce que nous sommes et ce que nous avons: la vie, les œuvres, les succès, et même les échecs». «L’Eucharistie nous apprend donc à bénir, à accueillir et à embrasser, toujours, en action de grâce, les dons de Dieu, et cela non seulement dans la célébration, mais aussi dans la vie» a poursuivi François.
Pour se faire, l’évêque de Rome a exhorté les fidèles à ne pas gaspiller les choses et les talents que le Seigneur leur a donnés, mais aussi à pardonner ceux qui se trompent et qui tombent, «par faiblesse ou par erreur». Accomplir son travail «avec amour, avec précision, avec soin» est également une action de grâce selon le Saint-Père. «Ce sont des attitudes “eucharistiques” importantes, parce qu’elles nous apprennent à saisir la valeur de ce que nous faisons et de ce que nous offrons» a déclaré le Souverain pontife.
Faire mémoire de Pâques dans le pain rompu de l’Eucharistie
Dans un deuxième temps, le Pape s’est intéressé à la bénédiction du pain, qui signifie «faire mémoire». À l’époque de l’ancien Israël «il s’agissait de se souvenir de la libération de l’esclavage en Égypte et du début de l’exode vers la Terre promise» a expliqué le Pape, avant d’ajouter qu’il s’agit aujourd’hui de «revivre la Pâque du Christ, sa Passion et sa Résurrection, par lesquelles il nous a libérés du péché et de la mort». Le Saint-Père a appelé à «faire mémoire de notre vie, de nos succès, de nos erreurs» et surtout à «faire mémoire de cette main tendue du Seigneur qui nous aide toujours à nous relever».
La liberté ne signifie cependant pas faire tout ce que l’on veut «au mépris des autres», et elle ne se trouve pas «dans les coffres-forts de ceux qui accumulent pour eux-mêmes, ni sur les divans de ceux qui se complaisent avec paresse dans le désengagement et l’individualisme». «La liberté se trouve dans le cénacle où, sans autre motif que l’amour, on se penche devant les frères et sœurs pour leur offrir son service, sa vie, comme des “sauvés »» a souligné François.
Se rendre proche des autres
Enfin, le pain eucharistique représente la présence réelle du Christ, «un Dieu qui n’est pas distant et jaloux, mais proche et solidaire de l’homme; qui ne nous abandonne pas, mais qui nous cherche, qui nous attend et qui nous accompagne, toujours jusqu’à se mettre, sans défense, entre nos mains». C’est cette présence, a expliqué François, qui invite les fidèles à être eux aussi proches des leurs frères et sœurs.
« Et combien notre monde a besoin de ce pain, de son parfum et de sa senteur, qui dégagent la gratitude, la liberté et la proximité!» s’est exclamé François. «Chaque jour, nous voyons trop de rues (…) être réduites à des tas de décombres à cause de la guerre, de l’égoïsme et de l’indifférence! Il est urgent de rendre au monde la bonne et fraîche odeur du pain de l’amour, de continuer à espérer et à reconstruire sans jamais se lasser de ce que la haine détruit» a conseillé le Souverain pontife.
À l’issue de la messe, la procession s’est dirigée vers la basilique Sainte-Marie-Majeure, d’où a été donnée la bénédiction eucharistique. «Nous ne faisons pas cela pour nous exhiber, ni même pour faire étalage de notre foi, a précisé François, mais pour inviter tout le monde à participer, dans le Pain de l’Eucharistie, à la vie nouvelle que Jésus nous a donnée: c’est dans cet esprit que nous faisons la procession».
Angélus: l’Eucharistie nous invite à faire de notre vie un don pour les autres
En cette journée de célébration de la solennité du Corpus Christi, le Pape François a appelé les fidèles lors de la prière de l’Angélus à devenir «eucharistiques» en partageant leur pain et leurs ressources avec ceux qui sont dans le besoin.
Vatican news
Malgré un ciel gris et pluvieux, des centaines de fidèles munis de parapluie étaient réunis place Saint-Pierre ce dimanche matin en cette journée de célébration de la solennité du Corpus Christi. Depuis la fenêtre de ses appartements pontificaux, le Pape s’est arrêtésur l’Évangile de la liturgie du jour consacré à la dernière Cène de Jésus (Mc 14, 12-26). Dans cet épisode de la Bible, Jésus accomplit le geste de se livrer. «En effet, a expliqué François, dans le pain rompu et dans la coupe offerte aux disciples, c’est lui-même qui se donne pour toute l’humanité et qui s’offre pour la vie du monde».
Le don du Christ
Le Pape a ensuite souligné l’utilisation du verbe «donner», résonnant avec l’Eucharistie qui «rappelle avant tout la dimension du don». C’est en rompant et donnant le pain que Jésus révèle «son identité et sa mission». «Il n’a pas retenu la vie pour lui, mais il nous l’a donnée; il n’a pas considéré son être Dieu comme un trésor jaloux, mais il s’est dépouillé de sa gloire pour partager notre humanité et nous faire entrer dans la vie éternelle» (cf. Ph 2,1-11), a déclaré le Saint-Père.
Célébrer pleinement l’Eucharistie
François a ainsi invité les fidèles, célèbrant l’Eucharistie et mangeant le Pain chaque dimanche, à ne pas vivre cela comme «un acte de culte détaché de la vie ou un simple moment de consolation personnelle» mais comme «la communion avec Lui [qui] nous rend capables de devenir nous aussi le pain rompu pour les autres, de partager ce que nous sommes et ce que nous avons». Le Souverain pontife a ensuite rappelé les mots de Saint Léon le Grand, théologien et pasteur qui fut Pape de 440 à 461: «Notre participation au corps et au sang du Christ est de nous transformer en ce que nous consommons» (Sermon XII sur la Passion, 7).
Faire de sa vie un don pour l’autre
Le Pape a exhorté à devenir «ce que nous mangeons, devenir « eucharistiques », c’est-à-dire des personnes qui ne vivent plus pour elles-mêmes (cf. Rm 14,7), dans la logique de la possession et de la consommation, mais qui savent faire de leur vie un don pour les autres». «Ainsi, a-t-il poursuivi, grâce à l’Eucharistie, nous devenons prophètes et bâtisseurs d’un monde nouveau: lorsque nous dépassons l’égoïsme et que nous nous ouvrons à l’amour, lorsque nous cultivons les liens de fraternité, lorsque nous partageons les souffrances de nos frères et que nous partageons notre pain et nos ressources avec ceux qui sont dans le besoin, lorsque nous mettons nos talents à la disposition de tous, alors nous rompons le pain de notre vie à la manière de Jésus».
François a conclu sa prière de l’Angélus en invitant chacun à se poser les questions suivantes: «est-ce que je garde ma vie uniquement pour moi ou est-ce que je la donne comme Jésus l’a fait? Est-ce que je me dépense pour les autres ou est-ce que je me renferme sur moi-même? Et, dans les situations quotidiennes, est-ce que je sais partager ou est-ce que je cherche toujours mon propre intérêt?».
Saint Pothin, évêque Sainte Blandine, vierge et leurs compagnons Martyrs († 177)
Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l’Asie, avait été formé à l’école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules. Pothin, après avoir gagné un grand nombre d’âmes à Jésus-Christ, fut arrêté sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme ; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens : « Vous le connaîtrez si vous en êtes digne » répondit l’évêque. À ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui ; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, où il expira peu après.
Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l’histoire de l’Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d’os et de membres broyés et de chairs calcinées ; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition ; à toutes les interrogations il répondait : « Je suis chrétien ! » Ce titre était tout pour lui ; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l’amphithéâtre. Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre ; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces. Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.
Attale, pendant qu’on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement : « Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c’est vous ; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal. » On lui demanda comment s’appelait Dieu : « Dieu, dit-il, n’a pas de nom comme nous autres mortels. »
Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l’esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères ; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l’avaient devancé ; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs ; enfin elle eut la tête tranchée.
Saint Pothin, Sainte Blandine et compagnons priez pour nous !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Bonaventure (1221-1274)
franciscain, docteur de l’Église
Traité de la préparation à la Messe (Œuvres spirituelles, Tome III, Sté S. François d’Assise, 1932, pp. 250-252, rev.)
Ce prodigieux mystère de l’Eucharistie
Lorsque tu dois t’approcher de la table du céleste banquet, « examine-toi toi-même », selon le conseil de l’Apôtre (1 Co 11, 28). Examine soigneusement avec quelle foi tu t’approches. (…) Vois d’abord quelle foi tu dois avoir à la vérité et à la nature de ce Sacrement de l’Eucharistie. Tu dois croire avec fermeté et sans aucun doute ce qu’enseigne et proclame la foi catholique : au moment où sont prononcées les paroles du Christ, le pain matériel et visible rend en quelque sorte hommage au Créateur et fait place, sous l’apparence visible des accidents, au Pain vivant qui descend du ciel pour le ministère et le service sacramentel. Le pain matériel cesse d’exister et, au même instant, sous ses accidents, existent vraiment plusieurs choses d’une manière prodigieuse et ineffable. D’abord la chair très pure et le corps sacré du Christ, qui furent engendrés par l’opération du Saint-Esprit dans le sein de la glorieuse Vierge Marie, suspendus à la croix, déposés dans le sépulcre et glorifiés au ciel. Puisque la chair ne vit pas privée du sang, ce sang précieux, qui a coulé sur la croix heureusement pour le salut du monde, est là aussi nécessairement présent. Et comme il n’y a point d’homme véritable sans une âme raisonnable, l’âme glorieuse de Jésus-Christ, qui dépasse en grâce et en gloire toute vertu, toute gloire et toute puissance, en qui « reposent tous les trésors de la sagesse divine » (Col 2, 3), est elle-même présente. Enfin puisque le Christ est vrai homme et vrai Dieu, Dieu est là dans la gloire de sa majesté. Ensemble et distinguées l’une de l’autre, ces quatre réalités se trouvent entières et parfaitement contenues sous les espèces du pain et du vin ; aussi bien dans le calice que dans l’hostie et non moins dans l’un que dans l’autre, si bien que rien ne manque en l’un qui doive être suppléé dans l’autre, et que tout se trouve en chacun des deux par un mystère « dont nous aurions beaucoup de choses à dire » (cf. He 5, 11). Mais il suffit de croire que chacune des espèces contient le vrai Dieu et Homme, entouré du concours des Anges et de la présence des Saints.
LECTURES :
Livre de l’Exode 24,3-8.
En ces jours-là, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes ses ordonnances. Tout le peuple répondit d’une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique. » Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur. Il se leva de bon matin et il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël. Puis il chargea quelques jeunes garçons parmi les fils d’Israël d’offrir des holocaustes, et d’immoler au Seigneur des taureaux en sacrifice de paix. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des coupes ; puis il aspergea l’autel avec le reste du sang. Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. » Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l’Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous. »
Psaume 116(115),12-13.15-16ac.17-18.
Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.
Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ?
Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple.
Lettre aux Hébreux 9,11-15.
Frères, le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création, il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive. S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ;
son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant. Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.
« Adorez Notre-Seigneur en la société de la sainte Vierge »
Nous invoquons Marie sous le titre « Notre-Dame du très Saint-Sacrement », car Marie est la Mère du Sauveur, qui vit en l’Eucharistie; Marie est la souveraine dispensatrice de ce Sacrement et des grâces qu’il renferme ; Marie, en pratiquant la première les devoirs de la vie eucharistique, nous enseigne, par son exemple, à bien assister à la messe, à bien communier et à visiter souvent et pieusement le Très Saint-Sacrement.
Adorez Notre-Seigneur en la société de la sainte Vierge. Je ne dis pas : Demeurez en elle : non, Jésus est là devant vous pour que vous vous adressiez directement à lui ; mais faites-le avec Marie…
Ainsi, vous découvrirez l’union si parfaite de ces deux cœurs, celui de Jésus et celui de Marie, perdus en un seul amour et une seule vie.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.