Benvenuta, née à Cividale del Friuli, Frioul-Vénétie julienne (I), le 4 mai 1255, passa sa vie dans des austérités hors du commun.
Elle entra dans le tiers ordre de saint Dominique et se sanctifia ainsi sans entrer dans un couvent. Ses contemporains l’ont dotée de toutes les vertus, mais « on se demande quand elle eut le temps de les mettre en œuvre tellement son biographe nous la montre occupée à faire sans cesse des miracles. » (Englebert).
Elle voulait imiter les souffrances du Christ. Un cilice ne lui suffisant pas, elle serra autour de sa taille une corde qui, peu à peu, lui entra dans la chair. Elle en tomba malade, couverte d’ulcères douloureux jusqu’à son départ, à l’âge de 38 ans, pour les demeures éternelles, le 30 octobre 1292.
Le pape Clément XIII (Carlo Rezzonico, 1758-1769) la béatifia le 6 février 1765, ratifiant ainsi le culte que le peuple lui rendait.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,22-30.
En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.” Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Théodore le Studite (759-826)
moine à Constantinople
Catéchèse 82 (Les Grandes Catéchèses, coll. Spiritualité orientale n° 79, trad. F. de Montleau, éd. Bellefontaine, 2002, p. 544-546; rev.)
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite » (Lc 13,24)
En traversant jour après jour le temps de la vie présente, sauvez vos vies (cf. Lc 21,19) par les vertus, prenez des gages sur le royaume des cieux et amassez les biens inconcevables que nous réservent les promesses. Étroite et resserrée est la voie de Dieu (cf. Mt 7,14) mais large et spacieux (cf. Mt 7,13) le lieux du repos qui est sur le point de s’offrir à vous : les tentations du démon se succèdent et enflamment en quelque sorte votre demeure spirituelle, mais la rosée de l’Esprit éteint ces incendies et tient toute prête pour vous l’eau jaillissant en vie éternelle (cf. Jn 4,14). (…) Allons, mes enfants, désormais supportons vaillamment ce très petit nombre de jours, ou, pour mieux dire, ces jours qui nous sont donnés pour lutter, et ceignons-nous de la couronne de justice (cf. 2 Tm 4,8). (…) Je vous en conjure, aux afflictions présentes, opposons un cœur léger (cf. 2 Co 4,17) : elles ne sont rien, et à l’instar, d’un songe ou d’une ombre, elles sont bien vite passées ! Que rien ne vous fasse trembler, ni fléchir, mais avec une ardeur renouvelée, mettons en œuvre les commandements du Seigneur. Ne vous laisser pas attrister par un outrage, détourner par une injure, égarer par un reproche, abattre par une irritation, torturer par une attitude dédaigneuse ! Baissons les yeux, élevons notre âme, soyons bons les uns envers les autres, indulgents, persévérants, patients. (…) Or, vous avez appris tout cela vous qui êtes enseignés par Dieu. Faites ce qui lui plaît (cf. Jn 8,29) ; et enfin supportez courageusement les jours présents, mes enfants !
LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 6,1-9.
Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres. Vous, les enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car c’est cela qui est juste : ‘Honore ton père et ta mère’, c’est le premier commandement qui soit assorti d’une promesse : ‘ainsi tu seras heureux et tu auras longue vie sur la terre.’ Et vous, les parents, ne poussez pas vos enfants à la colère, mais élevez-les en leur donnant une éducation et des avertissements inspirés par le Seigneur. Vous, les esclaves, obéissez à vos maîtres d’ici-bas comme au Christ, avec crainte et profond respect, dans la simplicité de votre cœur. Ne le faites pas seulement sous leurs yeux, par souci de plaire à des hommes, mais comme des esclaves du Christ qui accomplissent la volonté de Dieu de tout leur cœur, et qui font leur travail d’esclaves volontiers, comme pour le Seigneur et non pas pour des hommes. Car vous savez bien que chacun, qu’il soit esclave ou libre, sera rétribué par le Seigneur selon le bien qu’il aura fait. Et vous, les maîtres, agissez de même avec vos esclaves, laissez de côté les menaces. Car vous savez bien que, pour eux comme pour vous, le Maître est dans le ciel, et il est impartial envers les personnes.
Psaume 145(144),10-11.12-13ab.13cd-14.
R/ Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit. (Ps 144, 13a)
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits.
Ils annonceront aux hommes tes exploits, la gloire et l’éclat de ton règne : ton règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges des âges.
Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit, fidèle en tout ce qu’il fait. Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés.
Par son règne en nous, Marie veut nous donner la liberté
S’approcher de Marie et de la seigneurie de son amour, c’est s’ouvrir à la purification intérieure, afin de pouvoir recevoir les grâces de son Fils sans entraves d’aucune sorte.
Le terme « purification », du point de vue du culte et de la liturgie, signifie nettoyer une personne ou un objet afin qu’il soit digne de Dieu. Par conséquent, le premier acte de purification dans notre vie est l’eau du baptême, qui nous fait passer d’un état de séparation d’avec Dieu à la filiation divine. Il est beau de penser que l’une des tâches de la Vierge est de nous purifier afin que nous puissions maintenir notre union originelle avec la Sainte Trinité.
Parfois, ce sont ses larmes qui nous nettoient des blessures de nos péchés, d’autres fois, elle verse dans nos âmes le baume de sa tendresse, lorsqu’elle nous voit plus découragés ; et dans les moments de joie, elle nous purifie avec le mélange de ses parfums, qui donnent à nos âmes une profonde présence de Dieu.
Cette tâche de purification exige un effort quotidien pour nettoyer nos âmes afin de pouvoir percevoir le règne de Dieu. (…) Si nous voulons que la Sainte Vierge règne vraiment dans nos cœurs, afin qu’elle fasse de nous de bons enfants de Dieu, nous pouvons nous demander : quels sont les aspects de ma vie qui ont besoin d’être purifiés ? Est-ce que j’essaie de faire passer toutes mes affections et mes pensées par le cœur de Marie ?
La purification est le premier pas pour jouir de la liberté que la Vierge Marie veut nous donner par son règne. En nous la donnant comme Mère, Jésus lui a confié une tâche bien précise : forger en nous un cœur nouveau, capable d’avoir les mêmes affections que celles de son Fils.
Marie nous aide ainsi à réaliser en chacun de nous les paroles prophétiques d’Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles » (Ez 36, 26-27).
N’est-ce pas la tâche principale d’une bonne mère que de cultiver peu à peu la sensibilité de ses enfants, afin qu’ils puissent jouir de ce monde à la gloire de Dieu ?
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Gaetano Errico Prêtre et fondateurs de la Congrégation : « Missionnaires des Sacrés Cœurs »
Gaetano, Gaëtan en français, troisième enfant d’une famille de dix enfants, naît le 19 octobre 1791 à Secondigliano (nord de Naples) de Pasquale et Maria Marseglia ; il reçoit le baptême le lendemain dans la paroisse des saints Côme et Damien avec les prénoms de Gaetano, Cosma et Damiano. Son père dirigeait une fabrique de pâtes et sa mère faisait du tissage.
À l’âge de quatorze ans, il prit conscience de sa vocation religieuse et demanda à rejoindre les Rédemptoristes qui le refusèrent à cause de son trop jeune âge.
A 16 ans, en 1808, il entre au séminaire diocésain de Naples et il est ordonné prêtre en 1815 dans la cathédrale de cette ville.
Pendant 20 ans il exerce son ministère dans l’église paroissiale des Saints Côme et Damien et il est instituteur. Il accomplit une intense activité apostolique, missionnaire et caritative, marquée par la prière et la pénitence. Chaque année, il se retire chez les pères rédemptoristes de Pagani pour ses exercices spirituels.
Pendant une retraite qu’il fit en 1818 chez les Rédemptoristes, il eut une vision : saint Alphonse-Marie de Liguori (fondateur des Rédemptoristes) qui l’incitait à bâtir une église et à fonder une Congrégation.
Il se mit alors à l’ouvrage, récoltant des fonds auprès de la population locale et, le 9 Décembre 1830, l’église Notre-Dame des Douleurs était ouverte. Elle devint par la suite un très important lieu de Pèlerinage en Italie.
Plus tard, une autre apparition lui précise que la nouvelle congrégation doit être instituée en l’honneur des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie. Il se fait alors l’apôtre de leur amour miséricordieux dans toute l’Italie méridionale. Aux Jansénistes qui insistaient trop sur la justice de Dieu, répandant dans les âmes peur et malaise, Gaétan Errico oppose l’annonce de la miséricorde divine. Il ne se lasse pas d’exhorter les prêtres: « Si des âmes arrivent emplies de nombreuses fautes, aidez-les à se relever, encouragez-les à la confiance, dites-leur que le Seigneur les pardonne toutes, si elles se repentent de tout cœur ». Il donne l’exemple en passant des journées entières au confessionnal, prodiguant ses meilleures énergies dans l’accueil et l’écoute des pénitents.
En 1833, il quitte la maison familiale et se retire dans une petite maison qui deviendra le siège de sa fondation: la Congrégation des « Missionnaires des Sacrés Cœurs », laquelle fut approuvée successivement par les évêques en 1838, le roi en 1840 et le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) le 7 août 1846. Don Gaetano en fut le premier supérieur général. La Congrégation est aujourd’hui présente en Italie, en Argentine, aux États-Unis, en Inde et en Slovaquie.
Le 29 octobre 1860, à Secondigliano, à 10 heures du matin c’est pour lui l’heure de la Rencontre avec Celui auquel il a donné toute sa vie !
Gaetano Errico a été béatifié le 14 avril 2002, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et canonisé le 12 octobre 2008, par le Pape Benoît XVI (Joseph Aloisius Ratzinger).
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,18-21.
En ce temps-là, Jésus disait : « À quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer ? Il est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. »
Il dit encore : « À quoi pourrai-je comparer le règne de Dieu ?
Il est comparable au levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Nersès Snorhali (1102-1173)
patriarche arménien
Deuxième partie, § 477-482 ; SC 203 (Jésus Fils Unique du Père, trad. I. Kéchichian, éd. du Cerf, 1973 ; p. 134-135)
La foi du grain et la force du levain
La foi d’un tout petit grain de sénevé, Figure du Royaume, Je ne l’ai pas reçues en mon âme, Afin que les montagnes perverses fussent transportées. Ni non plus, pareil aux oiseaux du ciel, Je ne me suis posé sur les branches du précepte, Où les âmes pures se reposent, Héritières du saint Tabernacle des cieux. (…) Je suis devenu un levain sans force et vieilli, Et non point, suivant la parabole, celui qui fait lever : le levain que la femme a caché dans la pâte, Comme l’Église, ton mystère. Ce levain, en effet, a été pris de Toi d’abord ; Grâce à lui furent avisés les Chœurs d’en-haut ; Et lorsqu’à notre masse, issue d’Adam, Il s’est uni intimement, tout a levé. Privé je le suis, moi seul, dans les deux cas Pour ce qui est de la lumière ineffable de la Sagesse ; Daigne m’en rendre participant de nouveau, Veuille me redonner ce que j’ai perdu.
LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,21-33.
Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps.
Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle,
afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même.
Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : ‘À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.’ Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. Pour en revenir à vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-même, et la femme doit avoir du respect pour son mari.
Psaume 128(127),1-2.3.4-5.
R/ Heureux qui craint le Seigneur ! (Ps 127, 1a)
Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !
Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier.
Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur. De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.