Depuis le XIe siècle, la Vierge de Almudena est patronne de Madrid
Selon une très ancienne légende, « lorsque l’apôtre Jacques vint de Jérusalem pour évangéliser l’Espagne, il apporta à la couronne de Madrid la miraculeuse statue actuellement appelée Almudena » (selon un manuscrit de 1640).
Dans son acharnement pour retrouver la statue primitive, le roi Alfonso VI organisa une procession conduite par la Royauté elle-même, le clergé, la noblesse ainsi que le peuple de Madrid autour de la muraille, près de « l’almudith » (dépôt de blé que les maures appelaient « Almud », mesure) lorsqu’un tas de pierres tomba dans un seau qu’il y avait à côté, laissant à découvert la niche qui cachait la statue de la Vierge, appelée depuis lors Almudena.
Le peuple constata avec stupéfaction que les deux bougies à ses côtés étaient restées allumées trois siècles après, ce qui explique le visage « sombre » de la statue Depuis le 9 novembre 1085, la Vierge de Almudena est considérée comme Patronne de Madrid. Cette statue est certainement antérieure à l’an 712 lorsqu’elle fut cachée durant la conquête de l’islam.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Le 45e Pape de l’Église, Léon I, est né en Toscane en 406.
Il fut diacre du pape Célestin avant d’être envoyé en mission en Gaule. C’est là qu’il apprit sa nomination pontificale sous le nom de Léon I, pour succéder au Pape Sixte III.
L’époque est une époque très troublée : en même temps que commence la lente agonie de l’empire romain sous les coups des invasions des Francs, des Wisigoths, des Vandales, des Huns, des Burgondes, l’Église risque l’éclatement, confrontée à de nombreuses hérésies.
On dit que c’est lui qui arrêtera Attila qui s’apprêtait à envahir l’Italie à la tête des Huns, en 452. L’armée de l’empereur étant insuffisante, c’est la rencontre entre Léon et Attila qui décidera celui-ci à épargner Rome et à se retirer derrière le Danube. Pour remercier le ciel, Léon fera fabriquer une statue de St Pierre avec le bronze provenant d’une statue de Jupiter. Léon s’opposera ensuite à la mise à sac de Rome par les Vandales, mais ne pourra l’éviter en 455.
Léon I apporta son soutien à Flavien, le patriarche de Constantinople, par une lettre dogmatique le tome à Flavien, qui sera la base de la définition du concile christologique de Chalcédoine (451) quelques années plus tard : le Christ-Jésus réunit en sa seule personne toute la nature divine et toute la nature humaine.
Il laissa de très nombreuses homélies, prières liturgiques et lettres, pleines d’enseignement. Il fut proclamé Docteur de l’Église en 1754.
Il sera le premier pape à être enterré dans la Basilique Saint-Pierre de Rome.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,38-44.
En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
La charité universelle ; Tr. in Ia Jn ; X, 8-9 (Le corps mystique du Christ, tome II, E. Mersch, Desclée de Brouwer, 1936, p. 133)
Aimer le Christ dans son Corps
Étends ta charité sur le monde entier, si tu veux aimer le Christ ; parce que les membres du Christ sont étendus sur le monde. Si tu n’aimes qu’une partie, tu es séparé ; si tu t’es séparé, tu n’es pas dans le corps ; si tu n’es pas dans le corps, tu n’es pas sous la tête. À quoi bon croire et blasphémer ? Tu l’adores dans la tête ; tu le blasphème en son corps. Il aime, lui, son corps. Si, toi, tu te sépares de son corps, la tête, elle, ne se sépare pas de son corps. C’est en vain que tu m’honores, te crie-t-elle du ciel, c’est en vain que tu m’honores. Comme si quelqu’un voulait te baiser le visage, mais en t’écrasant les pieds. Le voilà qui, de ses souliers ferrés, te broie les pieds, voulant saisir ta tête et la baiser ; n’interromprais-tu pas sa démonstration de respect en criant : « Que fais-tu, homme, tu m’écrases ! » Ainsi notre Seigneur Jésus Christ, avant de monter au ciel, nous a-t-il recommandé son corps, par lequel il allait demeurer sur la terre. Il voyait que beaucoup l’honoreraient dans sa gloire, mais il voyait que leurs honneurs seraient vains, parce qu’ils mépriseraient ses membres sur terre.
LECTURES :
Premier livre des Rois 17,10-16.
Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. » Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. » Élie lui dit alors : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ; ensuite tu en feras pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. » La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.
Psaume 146(145),7.8-9a.9bc-10.
Le Seigneur fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin,
il égare les pas du méchant. D’âge en âge, le Seigneur régnera : ton Dieu, ô Sion, pour toujours !
Lettre aux Hébreux 9,24-28.
Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.
En 1978, la naissance de notre quatrième enfant, une fille, après trois garçons et sept ans d’attente, nous comblait de joie. Pourtant, sans raison apparente, Jo, mon mari, s’enfonça alors dans une profonde dépression. Malgré le réconfort de la prière de communautés amies et du groupe de prière du Renouveau charismatique, les années passaient, sans amélioration de son état: il n’avait goût à rien. Devant ses nombreuses tentatives de suicide, le psychiatre en est venu à me demander d’accoutumer les enfants à la possibilité d’une issue fatale, car pour lui, la guérison était inenvisageable. Je ne l’ai pas fait.
C’est alors qu’un jour de mars 1983, une amie m’a invitée à participer au pélé-polios de Lourdes, car on manquait d’infirmières. Que faire ? Rester à la maison et veiller sur mon mari et nos enfants, ou partir, avec le sentiment d’abandonner ma famille ? Après avoir prié, j’ai proposé un pacte à la Vierge Marie : « J’ai besoin de souffler, je vais m’occuper de tes enfants malades, pendant que toi, tu veilleras sur Jo et nos enfants. »
Fin septembre, à Lourdes, tout allait bien. J’avais confiance en Marie, mais tous les soirs, au téléphone, j’avais droit au « bonjour tristesse » de la maison ! Le vendredi, cependant, la voix de Jo avait changé. J’ai pensé : « Il en a marre des enfants, il est content de me voir revenir. » Le samedi matin, de retour chez moi, je retrouvai un mari souriant ! Une première depuis cinq ans ! Il m’a dit : « Vendredi après-midi, j’ai perçu comme un voile qui se déchirait dans ma tête, une grande lumière a balayé les idées de tristesse et de mort et m’a enveloppé de paix. Je me suis senti vivre. J’avais envie de louer le Seigneur ! » Et moi, qu’avais-je fait ce vendredi après-midi ? Surmontant mon horreur de l’eau froide, j’étais allée aux piscines, y emmenant en pensée Jo et les enfants. Le pacte avec Marie m’est revenu en mémoire.
Mais cette amélioration allait-elle durer ? Nous restions discrets, tandis que Jo revenait à une foi vivante. Un peu plus tard, le père Christian, moine de Bellefontaine, a confirmé notre expérience : « Vous bénéficiez d’une guérison-conversion, c’est pour aider les autres. » Par la suite, il nous envoyait de nombreuses personnes mal dans leur peau. Qu’avions-nous à leur apporter sinon notre écoute ?
Finalement, à l’Ascension 2006, Jo a été ordonné diacre permanent.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Bx Luigi Beltrame Quattrocchi Père de famille exemplaire
Luigi Beltrame Quattrocchi naît le 12 janvier 1880 à Catane en Sicile, Luigi est le fils de Carlo Beltrame et de Francesca Vita. Il portera aussi le nom de Quattrocchi à la suite de la demande d’un beau-frère de Carlo qui, n’ayant pas d’enfants, tenait à ce que son neveu porte le sien.
La famille s’installa à Rome en 1892, et Luigi s’inscrivit à la faculté de jurisprudence, la Sapienza où, en 1902 il soutint une thèse sur le thème l’erreur de fait dans le droit pénal. Il réussit ensuite un concours national lui ouvrant le chemin de la profession d’avocat et épouse Maria Corsini le 25 novembre 1905. Outre son travail et sa vie de famille, Luigi s’implique dans un apostolat actif et prend part à la vie associative catholique.
En 1916 il travaille avec l’association scoute naissante l’ASCI, devenant en 1917 président du secteur Roma V et en 1918 membre du Commissariato Centrale. En 1919 il fonde le groupe scout « Reparto Scout Roma XX », qu’il dirige jusqu’en 1923. En 1921, il devient Conseiller général de l’ASCI jusqu’en 1927.
Au moment du Fascisme en Italie, comme il avait refusé de prendre sa carte du parti, son avancement professionnel fut stoppé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il cacha des Juifs, et d’autres personnes poursuivies par le régime en place. À la fin de la guerre, en 1946, il fut nommé vice-avocat général de l’État Italien. Luigi mourut le 9 novembre 1951, d’un infarctus, sa veuve lui survivra 14 ans.
Maria Corsini naît le 24 juin 1884 à Florence. Son père Angelo Corsini était capitaine de grenadiers, sa mère était Giulia Salvi. Mariée le 25 novembre 1905 à Luigi Beltrame Quattrocchi, elle se consacra à l’éducation de ses enfants, aux soins de ses parents âgés, tout en ayant une vie spirituelle intense. Elle meurt le 26 août 1965 à Serravalle di Bibbiena dans une maison construite pour elle par son époux. Elle écrivit son dernier livre à l’âge de 71 ans.
La vie commune de Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini
S’étant rencontrés en 1900 ils se fiancèrent en mars 1905, et se marièrent le 25 novembre de la même année à la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Leur vie était très pieuse, et très équilibrée. Tous les jours, ils assistaient à la Messe et y communiaient. Maria expliquait : « La journée commençait ainsi: messe et communion ensemble. Sortis de l’église, il me disait bonjour comme si la journée ne commençait que maintenant. On achetait le journal, puis on montait à la maison. Lui à son travail, moi à mes occupations, mais chacun pensant sans cesse à l’autre. Nous nous retrouvions à l’heure des repas. Avec quelle joie j’attendais, puis je l’entendais mettre la clé dans la serrure, chaque fois bénissant le Seigneur de toute mon âme. Nous avions alors des conversations sereines qui se faisaient joyeuses et espiègles, la main dans la main. Nous parlions un peu de tout. Ses remarques étaient toujours perspicaces. Il était toujours bienveillant. ».
Ils élevaient tous les deux leurs enfants dans la piété mais aussi la joie et la détente, discutant ensemble très souvent, partageant à la fois des moments de prière et de loisirs. Tous les soirs, tous récitaient le chapelet. Tous les mois, ils faisaient une retraite ensemble à la Basilique Saint-Paul-hors-les-murs en compagnie d’Alfredo Ildefonso Schuster, proclamé bienheureux en 1996. Mais ils faisaient aussi de longues promenades, et ouvraient l’esprit de leurs enfants par de fréquentes conversations artistiques et culturelles. Leur maison était ouverte à tous, ils étaient toujours prêts à aider et à accueillir quiconque ayant besoin de leur sourire et de leur foi. Maria faisait le catéchisme et participait à de nombreux mouvements d’action catholique. Pendant la Guerre, elle s’était engagée volontairement comme infirmière de la Croix-Rouge pour porter secours aux blessés. Plus tard, elle servira pendant la Guerre d’Éthiopie, s’étant spécialisée dans les maladies tropicales. Luigi, par son attitude, témoignait discrètement de sa foi dans son milieu professionnel. Il accompagnait sa femme dans son action au sein des mouvements catholiques et soutint le mouvement scout quand il se répandit en Italie.
Leur premier fils, Filippo, est né en 1906. Il deviendra prêtre à Rome sous le nom de Don Tarcisio. Leur second enfant, Stefania, est née en 1908. Elle sera moniale bénédictine à Milan sous le nom de sœur Cécile, longtemps supérieure de son couvent, elle mourra en 1993. Le troisième enfant, Cesare, est né en 1909, il deviendra moine, d’abord chez les Bénédictins, puis chez les Trappistes, sous le nom de Père Paolino. La quatrième enfant du couple, Enrichetta, est née après une grossesse difficile. Luigi et Maria refusèrent l’avortement préconisé par le corps médical qui craignait pour la vie de la mère et de l’enfant. La petite fille naquit en bonne santé en avril 1914 et devint à son tour laïque consacrée.
Maria Corsini et Luigi Beltrame Quattrocchi ont été béatifies ensemble (une première dans l’histoire de l’Église) le 21 octobre 2001, à Rome, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).
La mémoire individuelle, selon le M.R., correspond au dies natalis de chacun : aujourd’hui pour Luigi Beltrame Quattrocchi et le 26 août pour Maria Corsini. Fête commune : 25 novembre (Anniversaire de leur mariage).