12.12.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,11-15. 

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules :
« Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui.
Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer.
Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean.
Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

pape et docteur de l’Église

Homélie 20 sur les Evangiles, § 14 (trad. Le Barroux rev.)

« Le Royaume des cieux subit la violence ; des violents s’en emparent »

      Jean Baptiste nous recommande d’accomplir de grandes choses : « Produisez des fruits dignes du repentir » et encore : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même » (Lc 3,8.11). N’est-ce pas donner à comprendre clairement ce qu’affirme celui qui est la Vérité : « Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des cieux se prend de force ; ce sont les violents qui s’en emparent » ? Ces paroles nous viennent d’en haut ; nous devons les méditer avec une grande attention. Il faut rechercher comment le Royaume des cieux peut se prendre de force. Qui peut faire violence au ciel ? Et s’il est vrai que le Royaume des cieux se prend de force, pourquoi cela n’est-il vrai que depuis le temps de Jean Baptiste et non auparavant ?       L’ancienne Loi…frappait les pécheurs par des peines rigoureuses, mais sans les ramener à la vie par la pénitence. Mais Jean Baptiste, annonçant la grâce du Rédempteur, prêche la pénitence afin que le pécheur, mort par suite de son péché, vive par l’effet de sa conversion : c’est donc vraiment depuis lors que le Royaume des cieux s’est ouvert à ceux qui le prennent de force. Qu’est-ce que le Royaume des cieux, sinon le séjour des justes ? … Ce sont les humbles, les chastes, les doux, les miséricordieux qui parviennent aux joies d’en haut. Mais quand les pécheurs…reviennent de leurs fautes par la pénitence, eux aussi obtiennent la vie éternelle et entrent dans ce pays qui leur était étranger. Ainsi…, en enjoignant la pénitence aux pécheurs, Jean leur a appris à faire violence au Royaume des cieux.       Frères bien-aimés, réfléchissons donc nous aussi à tout le mal que nous avons fait et pleurons. Emparons-nous de l’héritage des justes par la pénitence. Le Tout-Puissant veut accepter cette violence de notre part ; il veut que nous ravissions par nos larmes le Royaume qui ne nous était pas dû selon nos mérites. 

LECTURES :

Livre d’Isaïe 41,13-20. 

C’est moi, le Seigneur ton Dieu, qui saisis ta main droite, et qui te dis : « Ne crains pas, moi, je viens à ton aide. »
Ne crains pas, Jacob, pauvre vermisseau, Israël, pauvre mortel. Je viens à ton aide – oracle du Seigneur ; ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël.
J’ai fait de toi un traîneau à battre le grain, tout neuf, à double rang de pointes : tu vas briser les montagnes, les broyer ; tu réduiras les collines en menue paille ;
tu les vanneras, un souffle les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur ; dans le Saint d’Israël, tu trouveras ta louange.
Les pauvres et les malheureux cherchent de l’eau, et il n’y en a pas ; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas.
Sur les hauteurs dénudées je ferai jaillir des fleuves, et des sources au creux des vallées. Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines.
Je planterai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai ensemble dans les terres incultes le cyprès, l’orme et le mélèze,
afin que tous regardent et reconnaissent, afin qu’ils considèrent et comprennent que la main du Seigneur a fait cela, que le Saint d’Israël en est le créateur.

Psaume 145(144),1.9.10-11.12-13ab. 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. (Ps 144, 8)

Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi, 
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
la bonté du Seigneur est pour tous, 
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce 
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne, 
ils parleront de tes exploits.

Ils annonceront aux hommes tes exploits, 
la gloire et l’éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Le regard de Marie sur tous, est le regard de la Mère


©Shutterstock/mojahata

Le regard de Marie sur tous, est le regard de la Mère

Célébrer Marie est, en premier lieu, faire mémoire de notre mère. (…) Cela m’a toujours impressionné de voir, chez différents peuples d’Amérique latine, ces mères qui luttaient, souvent seules, et qui réussissaient à faire progresser leurs enfants. Marie est comme cela avec nous, ses enfants : une femme qui lutte face à la société de la méfiance et de l’aveuglement, face à la société de l’indolence et de la dispersion ; une femme qui lutte pour renforcer la joie de l’Évangile. Une lutte pour donner « chair » à l’Évangile.

Regarder la « Guadalupana » (1), c’est se souvenir que la visite du Seigneur passe toujours à travers ceux qui parviennent à faire en sorte que sa Parole « devienne chair », qui cherchent à incarner la vie de Dieu dans leurs propres entrailles, devenant des signes vivants de sa miséricorde.

Célébrer la mémoire de Marie, c’est affirmer contre tout pronostic que « dans le cœur et dans la vie de nos peuples, bat un fort sentiment d’espérance, malgré les conditions de vie qui semblent ternir toute espérance ».

Célébrer la mémoire de Marie, c’est célébrer le fait que, comme elle, nous soyons invités à sortir et à aller à la rencontre des autres avec le même regard, avec les mêmes entrailles de miséricorde, avec les mêmes gestes qu’elle. La contempler, c’est sentir l’invitation forte à imiter sa foi. Sa présence nous pousse à la réconciliation, nous donnant de la force pour générer des liens sur notre terre bénie latino-américaine, en disant « oui » à la vie et « non » à tout type d’indifférence, d’exclusion, de rejet des peuples ou des personnes.

N’ayons pas peur de sortir regarder les autres avec ce même regard. Un regard qui fait de nous des frères. Nous le faisons parce que, comme Juan Diego (le voyant de Notre Dame de Guadalupe), nous savons que notre mère est là, nous savons que nous sommes sous son ombre et sa protection, qu’elle est la source de notre joie, que nous sommes dans ses bras.

Pape François

Zenit.org 12 décembre 2016


(1) Notre Dame de Guadalupe, au Mexique

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

11.12.2024 – SAINT DU JOUR

St Damase

St Damase

PAPE (37E) DE 366 À 384

Saint Damase
Pape (37e) de 366 à 384

Damase naît à Rome vers 305 ; fut diacre du pape Libère (352-366) qu’il accompagna en exil (355) ; retourné assez vite à Rome, il prit du service auprès de l’antipape Félix II (355-365) mais se réconcilia avec le pape Libère quand celui-ci fut autorisé à rentrer à Rome. A la mort de Libère (24 septembre 366) éclatèrent de violents désordres : les fidèles du défunt pape, réunis dans la basilique Julienne, élisaient le diacre Ursin à sa succession et le faisaient sacrer ; les autres, où l’on voyait beaucoup de partisans du défunt antipape, choisirent Damase et soudoyèrent une bande de voyous qui firent l’assaut de la basilique Julienne où, pendant trois jours, on massacra des ursiniens. 

Le 1° octobre 366, après que ses partisans se furent emparé de la basilique du Latran, Damase fut sacré et, avec l’appui du préfet de la ville, fit chasser Ursin et ses fidèles de Rome d’où les derniers disparurent dans la prise de la basilique libérienne (26 octobre 366).
Pour les chrétiens du IV siècle, les catacombes sont des cimetières où ils enterrent chaque jour les leurs qui veulent reposer près des martyrs, mais l’accès est malaisé (éboulements, dégradations, vétusté). Après la paix constantinienne, de somptueuses basiliques sont édifiées en l’honneur des martyrs : Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent, Sainte-Agnès … Devait-on multiplier ces monuments qui demandaient d’énormes dépenses ? Le pape Damase préféra restaurer le culte des martyrs dans les catacombes elles-mêmes et il entreprit des fouilles systématiques pour découvrir les tombes inconnues ou méconnues. Dans la Via Salaria vetus, la catacombe des saints Prothe et Hyacinthe est explorée, restaurée et embellie. On relie les salles par des escaliers qui facilitent la marche et la circulation des pèlerins. Au cimetière de Saint-Sébastien, Damase met à jour et honore les reliques du pape saint Eutychien (mort en 283). Non content de restaurer et de canaliser la dévotion populaire, le maître d’œuvre compose et appose une bonne cinquantaine d’inscriptions. Tibulle, poète élégiaque du I siècle avant Jésus-Christ, exprimait le souhait : Fac lapis inscriptis stat super ossa notis, (Fais en sorte que, grâce aux inscriptions sur pierre, nos restes soient identifiés) ; ce sera l’actif souci du pape Damase. Les fragments découverts dans la crypte des papes du cimetière de Calliste permettent de reconstituer l’hommage de Damase aux témoins ici rassemblés : Ci-gît, réunie, une foule de saints. Si vous les cherchez, leurs corps sont réunis dans ces vénérables tombes. Quant à leurs âmes sublimes, les célestes royaumes les ravit. –  Ci-gisent les compagnons de Sixte ; de l’ennemi, ils portent les trophées. – Ici, nombre d’hommes illustres gardent les autels du Christ. – Ci-gît un évêque dont la vie s’écoula en longue paix. – Ici, les saints confesseurs, transférés de Grèce, reposent. – Ici, vous trouverez : jeunes gens, enfants, vieillards, chaste génération qui pudeur garda. – Ici, je l’avoue, Moi, Damase, j’aurais souhaité faire ensevelir mes restes. Je m’en suis abstenu, soucieux de ne pas troubler les pieuses cendres des saints.

Si Damase ne fut pas un très grand versificateur, il eut le génie et le courage du restaurateur, soucieux de canaliser la piété populaire par le culte des saints et les pèlerinages à leurs tombes. On lui doit aussi la fondation de Sainte-Anastasiede Saint-Laurent-in-Damaso, de Saint-Clément, de Sainte-Pudentienne et du baptistère de Saint-Pierre. Son rôle n’est-il pas celui d’un pontife éclairé qui, non seulement prescrit la doxologie (formule de louange) Gloria Patri, à la fin des psaumes, mais surtout établit des rapports étroits entre Église et État, après l’extirpation des vieilles hérésies. 

Le saint pape Damase meurt le 11 décembre 384, presque octogénaire sous l’empereur Théodose, dit saint Jérôme, après avoir gouverné pendant dix-huit ans l’Église de Jésus-Christ avec un dévouement inlassable et une sagesse éprouvée.

Saint Damase priez pour nous !

11.12.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,28-30. 

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Claude la Colombière (1641-1682)

jésuite

Journal spirituel (Écrits spirituels, coll. Christus n° 9, éd. DDB, 1982, p. 153-154)

« Venez à moi, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,28-29)

Dieu est parfait en tout sens. Il est impossible de trouver en lui quelque chose qui ne soit pas infiniment bon. Il est sage, prudent, fidèle, bon, libéral, beau, doux, ne méprisant rien de tout ce qu’il a créé, faisant cas de nous, nous gouvernant avec douceur, et même avec respect, patient, exempt de tous les mouvements déréglés des passions ; il a tout ce que nous aimons dans les créatures ; tout est réuni en lui, et pour toujours, et d’une manière infiniment plus parfaite. Il n’a aucun des défauts qui nous choquent, qui nous rebutent, qui nous dégoûtent des objets créés. D’où vient donc que nous ne l’aimons pas uniquement ? (…) Dieu est non seulement parfait, mais encore il est la source de toute perfection. Ce n’est qu’en lui qu’on la peut puiser ; et cela se fait en l’étudiant, en la considérant : « Nous lui serons semblable, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3,2). Ce sera dans le ciel, et, en cette vie, nous approcherons d’autant de cette ressemblance que nous le considérerons davantage. (…) Jésus, autant que je pourrai, je veux me régler par vos exemples et par vos maximes, qui seules peuvent me conduire à vous et me tirer des embarras de l’ignorance, et des erreurs où mes passions pourraient me précipiter.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 40,25-31. 

À qui pourriez-vous me comparer, qui pourrait être mon égal ? – dit le Dieu Saint.
Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom. Si grande est sa force, et telle est sa puissance que pas une seule ne manque.
Jacob, pourquoi dis-tu, Israël, pourquoi affirmes-tu : « Mon chemin est caché au Seigneur, mon droit échappe à mon Dieu » ?
Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas entendu ? Le Seigneur est le Dieu éternel, il crée jusqu’aux extrémités de la terre, il ne se fatigue pas, ne se lasse pas. Son intelligence est insondable.
Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible.
Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher,
mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer.

Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10. 

R/ Bénis le Seigneur, ô mon âme ! (Ps 102, 1a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses 
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe 
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d’amour ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes, 
ne nous rend pas selon nos offenses.