22.09.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,16-18. 

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière.


Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.


Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Un sermon attribué à Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Cf. Discours sur le Ps 139,15 ; Sermons sur St Jean, n° 57 (trad. Humeau; rev. Tournay)

« Faites attention à la manière dont vous écoutez »

« Que chacun soit toujours prêt à écouter, mais lent à parler » (Jc 1,19). Oui, frères, je vous le dis franchement…, moi qui vous parle fréquemment sur votre propre demande : ma joie est sans mélange quand je suis au rang des auditeurs ; ma joie est sans mélange quand j’écoute, et non quand je parle. C’est alors que je goûte la parole en toute sûreté ; ma satisfaction n’est pas menacée par la vaine gloire. Quand on est assis sur la pierre solide de la vérité, comment redouterait-on le précipice de l’orgueil ? « J’écouterai, dit le psalmiste, et tu me rempliras de joie et d’allégresse » (Ps 50,10). Je ne suis donc jamais plus joyeux que lorsque j’écoute ; c’est notre rôle d’auditeur qui nous maintient dans une attitude d’humilité. Au contraire, si nous prenons la parole (…) nous avons besoin d’une certaine retenue ; même si je ne cède pas à l’orgueil, j’ai peur de le faire. Si j’écoute par contre, personne ne peut enlever ma joie (Jn 16,22), car personne n’en est témoin. C’est bien la joie de l’ami de l’époux dont saint Jean dit « qu’il se tient debout et qu’il écoute » (Jn 3,29). Il se tient debout parce qu’il écoute. Le premier homme, lui aussi, parce qu’il écoutait Dieu, se tenait debout ; dès qu’il a écouté le serpent, il est tombé. L’ami de l’époux est donc « ravi de joie à la voix de l’Époux » ; ce qui fait sa joie, ce n’est pas sa propre voix de prédicateur, de prophète, mais la voix de l’Époux lui-même.

LECTURES :

Livre d’Esdras 1,1-6. 

La première année du règne de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole du Seigneur proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume – et même consigner par écrit – :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda.
Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, que son Dieu soit avec lui, qu’il monte à Jérusalem, en Juda, et qu’il bâtisse la Maison du Seigneur, le Dieu d’Israël, le Dieu qui est à Jérusalem.
En tout lieu où résident ceux qui restent d’Israël, que la population leur vienne en aide : qu’on leur fournisse argent, or, dons en nature, bétail, qu’on y joigne des offrandes volontaires pour la Maison de Dieu qui est à Jérusalem. »
Alors les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les lévites, bref, tous ceux à qui Dieu avait inspiré cette décision, se mirent en route et montèrent à Jérusalem pour bâtir la Maison du Seigneur ;
tous leurs voisins leur apportèrent de l’aide : argent, or, dons en nature, bétail, objets précieux en quantité, sans compter toutes sortes d’offrandes volontaires.

Psaume 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5. 

R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous ! (Ps 125, 3a)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, 
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : 
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs, 
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes 
moissonne dans la joie.

En Slovaquie, des apparitions mariales entre 1990 et 1995 ont reçu le « nihil obstat »

En Slovaquie, des apparitions mariales entre 1990 et 1995 ont reçu le « nihil obstat »

Grâce aux nouvelles normes publiées en 2024, le dicastère pour la Doctrine de la foi a pu donner son accord (nihil obstat) après en avoir évalué les fruits spirituels, à la dévotion liée aux apparitions mariales survenues entre 1990 et 1995 à Litmanová, sur le mont Zvir, en Slovaquie. La lettre du cardinal préfet de la Doctrine de la Foi est adressée à l’archevêque de Prešov pour les catholiques de rite byzantin, Mgr Jonáš Jozef Maxim.

Accueillant la demande de l’évêque, qui cite les innombrables « confessions sincères et profondes », les conversions, et apprécie « les nombreux fruits spirituels obtenus par les pèlerins qui ne cessent de fréquenter le lieu » malgré la fin présumée du phénomène il y a trente ans, le dicastère a analysé les différents messages qui y sont associés. Ceux-ci contiennent « de précieuses invitations à la conversion » : « Laissez Jésus vous libérer… Et ne permettez pas à votre ennemi de limiter votre liberté pour laquelle Jésus a versé tant de sang ».

La Vierge Marie elle-même se présente comme «heureuse» et invite à trouver le vrai chemin du bonheur dans la reconnaissance d’être aimé inconditionnellement : « Je vous aime tels que vous êtes… Je veux que vous soyez heureux, mais ce monde ne vous rendra pas heureux ».

Plusieurs messages encouragent les gens en leur montrant que le chemin de l’Évangile n’est pas compliqué : « Il vous veut toujours plus simples ». Trouver la joie et la paix dans le Seigneur rend capable de témoigner et de répandre la paix. Les messages relèvent également la nécessité d’une réponse et d’un engagement à l’initiative du Seigneur, en imitant le Christ qui se donne par amour. Aimer ses frères devient la synthèse de notre réponse et de notre accomplissement.

Le dicastère réaffirme que le nihil obstat n’implique pas la reconnaissance de l’authenticité surnaturelle des apparitions présumées, mais « permet néanmoins d’approuver le culte public et de communiquer aux fidèles que, s’ils le souhaitent, ils peuvent s’approcher sans risque de cette proposition spirituelle ».

Les apparitions présumées ont commencé le 5 août 1990 à trois kilomètres de Litmanová, un petit village de tradition catholique byzantine situé dans les montagnes du nord de la Slovaquie, et ont impliqué trois enfants, Ivetka Korcáková, 11 ans, Katka Ceselkovâ, 12 ans, et Mitko Ceselka, 9 ans. La Vierge s’était présentée sous le titre d’Immaculée Pureté.

www.vaticannews.va

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

21.09.2025 – SAINT DU JOUR

St Matthieu

Saint Matthieu
Apôtre et martyr 
(Ier siècle)

Matthieu était probablement galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les romains, profession très odieuse parmi les juifs. Son nom fut d’abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l’aperçut et l’appela. Sa place était avantageuse ; mais aucune considération ne l’arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du Sauveur. Celui qui l’appelait par sa parole le touchait en même temps par l’action intérieure de sa grâce. 

Lévi, appelé Matthieu après sa conversion, invita Jésus-Christ et ses disciples à manger chez lui ; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui. C’est à cette occasion que les pharisiens dirent aux disciples du sauveur : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit ces belles paroles : « Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, je veux la miséricorde et non le sacrifice ; car je suis venu appeler non les justes, mais les pécheurs. »

Après l’Ascension, saint Matthieu convertit un grand nombre d’âmes en Judée ; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyre. Il est le premier qui ait écrit l’histoire de Notre-Seigneur et sa doctrine, renfermées dans l’évangile qui porte son nom. On remarque, dans l’évangile de saint Matthieu, qu’il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de celui qui a dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » On rapporte qu’il évangélisa l’Éthiopie. Là, il se rendit populaire par un miracle : il fit le signe de la croix sur deux dragons très redoutés, les rendit doux comme des agneaux et leur commanda de s’enfuir dans leurs repaires.

Ce fut le signal de la conversion d’un grand nombre. La résurrection du fils du roi, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays. On attribue à saint Matthieu l’institution du premier couvent des vierges. C’est en défendant contre les atteintes d’un prince une vierge consacrée au Seigneur, que le saint apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l’autel.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Matthieu

©Evangelizo.org

Saint Matthieu priez pour nous !

21.09.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”
Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.”
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?”
Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.”
Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.”
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »
Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.


Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

patriarche arménien

Deuxième partie, § 605-623 ; SC 203 (Jésus Fils Unique du Père, trad. I. Kéchichian, éd. du Cerf, 1973; p. 158-161)

Accorde-moi d’être digne de ta louange !

Grâce à ta nature créatrice Une maison fut bâtie à l’être pensant ; Le premier homme a été établi intendant De cette maison terrestre ici-bas. Et ses descendants venus à l’existence Reçoivent de Toi des charges variées d’intendants : Les uns pour les œuvres corporelles très glorieuses, Et les autres pour distribuer des biens spirituels. (…) Tu as placé encore comme intendant fidèle Du corps et de l’âme, l’esprit incorporel Pour donner à chacun ce dont il a besoin Avec sollicitude, selon son rang : En nourrissant l’âme avec la Parole Et en soignant avec sobriété le corps ; Et entre les deux jouant le rôle d’arbitre Il maintient dans la rectitude leur rang. Le corps doit être rangé comme serviteur Suivant ton ordre de création, Et l’âme, comme une princesse souveraine, Suivant l’image de ton Archétype. Mais moi, infidèle à l’égard des deux, À l’égard de mon âme et de celle des autres, Je suis devenu semblable à l’intendant infidèle, Qui est le type de ma lâcheté. C’est que, à l’achèvement de ma vie d’ici-bas Je ne puis moi ni faire le bien, Ni mendier auprès de ceux qui le possèdent, Car j’ai honte parce qu’ils ne vont pas me donner. Mais Toi, libéral en tout, Donne le regret à mon âme impénitente, Pour revenir à Toi totalement, Avant que je ne sois appelé au Tribunal, Pour le jugement de mes fautes ; Pour me remettre au moins une partie de la dette : À mon âme, les cinquante mesures d’huile, À mon corps, les vingt mesures de blé. Accorde-moi, à moi aussi, la grâce comme l’intendant D’être digne de ta louange ; Bien que je sois fils du monde, Donne-moi la sagesse de me convertir du péché !

LECTURES :

Livre d’Amos 8,4-7. 

Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays,
car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.
Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

Psaume 113(112),1-2.5-6.7-8. 

R/ Louez le nom du Seigneur : de la poussière il relève le faible. (Ps 112, 1b.7a)

Louez, serviteurs du Seigneur, 
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur, 
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ? 
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre.
De la poussière il relève le faible, 

il retire le pauvre de la cendre
pour qu’il siège parmi les princes, 
parmi les princes de son peuple.

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8. 

Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes,
pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.
Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur,
car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.
En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus,
qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage,
pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité.
Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.

«La grandeur de la justice ne diminue pas lorsqu’on l’exerce dans les petites choses»

«La grandeur de la justice ne diminue pas lorsqu’on l’exerce dans les petites choses»

En recevant en audience les participants au jubilé de ceux qui promeuvent et défendent la Justice, le Pape a rappelé combien justice évangélique et justice humaine se rejoignent. Léon XIV invite à réfléchir à la réalité de nombreux peuples qui “ont faim et soif de justice”. 

Olivier Bonnel – Cité du Vatican

C’est sous le soleil de la place Saint Pierre que Léon XIV a prononcé son discours samedi matin devant des milliers de pèlerins venus du monde entier, parmi lesquels plus de 15 000 acteurs de la Justice, réunis à Rome pour leur jubilé. «Quelle meilleure occasion pour réfléchir de plus près à la justice et à sa fonction, que nous savons indispensable tant pour le développement ordonné de la société que comme vertu cardinale qui inspire et oriente la conscience de chaque homme et de chaque femme !» a lancé le Pape, rappelant combien la justice est appelée «à remplir une fonction supérieure dans la coexistence humaine, qui ne peut être réduite à la simple application de la loi ou à l’action des juges, ni se limiter aux aspects procéduraux».

L’évêque de Rome a mis en évidence le désir profond de justice qui est en chacun de nous, une soif universelle «qui est l’instrument essentiel pour édifier le bien commun dans toute société humaine». La justice,a souligné Léon XIV «conjugue la dignité de la personne, sa relation avec l’autre et la dimension de la communauté faite de coexistence, de structures et de règles communes». Cela place ainsi au centre la valeur de chaque être humain.

La vertu de justice

Citant le catéchisme de l’Église catholique, le Souverain pontife a rappelé combien la tradition enseigne que la justice est une vertu. La vertu de justice, a t-il poursuivi, consiste en particulier dans «la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû». Dans cette perspective, pour le croyant, la justice dispose «à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l’harmonie qui promeut l’équité à l’égard des personnes et du bien commun». 

Que ce soit l’épisode de la veuve qui pousse le juge à retrouver le sens de la justice (Lc 18, 1-8) ou l’invitation à pardonner non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois (cf. Mt 18, 21-35), le Pape est revenu sur les nombreux récits évangéliques qui mettent au coeur l’esprit de justice. «C’est la force du pardon, propre au commandement de l’amour, qui émerge comme élément constitutif d’une justice capable de conjuguer le surnaturel et l’humain».

Le sens de l’égalité

Poursuivant sa méditation, Léon XIV a développé sa réflexion sur la notion d’égalité: «la justice se concrétise lorsqu’elle tend vers les autres, lorsque chacun reçoit ce qui lui est dû, jusqu’à atteindre l’égalité en dignité et en opportunités entre les êtres humains», a t-il précisé. Cette égalité est une condition indispensable à la bonne administration de la justice, mais n’empêche pas pour autant qu’il y ait des discriminations dont le premier effet est précisément le manque d’accès à la justice. En revanche a précisé le Pape, «la véritable égalité est la possibilité donnée à chacun de réaliser ses aspirations et de voir les droits inhérents à sa dignité garantis par un système de valeurs communes et partagées, capables d’inspirer les normes et les lois sur lesquelles se fonde le fonctionnement des institutions».

“Aujourd’hui, ce qui interpelle les acteurs de la justice, c’est précisément la recherche ou la récupération des valeurs oubliées dans la vie en communauté, leur préservation et leur respect.”

En citant abondamment son maître Saint Augustin, l’Évêque de Rome a ensuite rappelé quelles devaient être les exigences et vertus de la justice. On ne saurait la qualifier comme telle «si elle n’est pas prudente, forte et tempérante». La grandeur de la justice poursuivait l’évêque d’Hippone (dans De la doctrine chrétienne), «ne diminue pas lorsqu’on l’exerce dans les petites choses, mais elle se manifeste toujours lorsqu’elle est appliquée avec fidélité au droit et au respect de la personne, où qu’elle se trouve dans le monde». 

La faim et la soif de justice

Revenant ensuite sur les Béatitudes, et ceux qui «ont faim et soif de justice», l’évêque de Rome a expliqué que cela signifie «être conscient qu’elle exige un effort personnel pour interpréter la loi de la manière la plus humaine possible, mais surtout qu’elle demande de tendre vers une “satiété” qui ne peut trouver son accomplissement que dans une justice plus grande, transcendant les situations particulières».

C’est enfin sur la démarche jubilaire que Léon XIV s’est arrêté : «le Jubilé nous invite également à réfléchir sur un aspect de la justice qui n’est souvent pas suffisamment mis en évidence: à savoir la réalité de nombreux pays et peuples qui “ont faim et soif de justice”, car leurs conditions de vie sont tellement iniques et inhumaines qu’elles en deviennent inacceptables» a-t-il déploré. C’est en citant encore Saint Augustin que le Pape a laissé les fidèles en les invitant «à toujours exprimer au mieux l’exercice de la justice au service du peuple, le regard tourné vers Dieu, afin de respecter pleinement la justice, le droit et la dignité des personnes».

Source : VATICANNEWS, le 20 septembre 2025