Messe de la nuit de Noël et début d’une année de grâce, de renouveau et d’espérance
Avant de célébrer la Sainte Messe de la nuit de Noël, le Pape François a ouvert la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre, inaugurant ainsi le Jubilé 2025 placé sous le thème de l’espérance. Cette vertu chrétienne est incompatible avec la paresse et demande à chacun de «devenir des pèlerins à la recherche de la vérité», a déclaré le Saint-Père dans son homélie. Pendant un an, les fidèles du monde entier sont invités à traverser une Porte Sainte et ouvrir grand les portes au Christ.
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
C’est en silence et en prière que le Successeur de Pierre a ouvert les battants en bronze de la Porte Sainte de la basilique pétrinienne, plongeant officiellement les catholiques du monde entier dans l’Année Sainte 2025. La Porte, située à l’extrémité droite de l’atrium de la basilique vaticane, restera ouverte jusqu’au 6 janvier 2026, permettant aux pèlerins qui la franchiront, ainsi que les quatre autres Portes Saintes de la cité éternelle, de passer du péché à la grâce. C’est chose faite pour les 54 fidèles, tout âge confondu et venant des cinq continents, qui ont suivi les pas du Saint-Père ce 24 décembre, accompagnés de l’hymne officiel du Jubilé, et suivi des cardinaux, prêtres, religieux et membres de la curie romaine.
Devant les 6 000 fidèles de la basilique et les 25 000 autres rassemblés place Saint-Pierre, le Pape François a consacré son homélie à l’espérance apportée par la naissance de l’Enfant Jésus, «descendu parmi nous pour nous relever et nous ramener dans l’étreinte de Père». «Et si Dieu vient, même lorsque notre cœur ressemble à une pauvre mangeoire, alors nous pouvons dire: l’espérance n’est pas morte, l’espérance est vivante, et elle enveloppe notre vie pour toujours!» s’est exclamé le Souverain pontife, au pied du Baldaquin du Bernin restauré et de la statue de Notre-Dame de l’Espérance.
À l’image des bergers de Bethléem qui «se mirent en route sans tarder» après l’annonce de la naissance de l’enfant Jésus, le Saint-Père a invité les fidèles eux aussi à partir «sans tarder» à la recherche de l’espérance perdue afin de «la semer dans les désolations de notre temps et de notre monde», et de la traduire «dans les situations de notre vie».
L’espérance, incompatible avec la médiocrité et la paresse
Le Pape argentin a toutefois appelé à ne pas confondre l’espérance chrétienne avec «une fin heureuse à attendre passivement». Au contraire, a martelé le Saint-Père en son douzième Noël au Vatican, elle demande aux croyants de ne pas s’enfermer dans leurs habitudes, de ne pas s’enfoncer dans la médiocrité et la paresse mais de s’«indigner des choses qui ne vont pas et d’avoir le courage de les changer». L’espérance chrétienne «nous demande de devenir des pèlerins à la recherche de la vérité, des rêveurs qui ne se lassent pas, des femmes et des hommes qui se laissent bouleverser par le rêve de Dieu, le rêve d’un monde nouveau, où règnent la paix et la justice». Pour ce faire, l’évêque de Rome conseille de prendre à nouveau exemple sur les bergers de Bethléem, car «l’espérance qui naît en cette nuit ne tolère pas l’indolence des sédentaires et la paresse de ceux qui se sont installés dans leur confort; elle n’admet pas la fausse prudence de ceux qui ne se lancent pas par peur de se compromettre et le calcul de ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes; elle est incompatible avec la vie tranquille de ceux qui n’élèvent pas la voix contre le mal et les injustices qui se commettent sur le dos des plus pauvres». L’espérance chrétienne doit s’accompagner de responsabilité et de compassion.
L’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue
Choisie pour thème de l’année jubilaire, cette vertu chrétienne invite les fidèles «à redécouvrir la joie de la rencontre avec le Seigneur, (…) à un renouveau spirituel et nous engage à transformer le monde, afin que ce temps devienne vraiment un temps jubilaire» aussi bien pour la Terre, «défigurée par la logique du profit», que pour «les pays les plus pauvres, accablés de dettes injustes», ainsi que les «prisonniers des anciens et des nouveaux esclavages». L’ouverture de l’Année Sainte incombe à chacun «le don et l’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue», comme par exemple dans le cœur des pauvres, des souffrants ou encore des prisonniers. Ces derniers, souvent privés de la perspective d’une vie meilleure, seront mis à l’honneur ce jeudi 26 décembre lors de l’ouverture de la Porte Sainte dans la prison romaine de Rebbibia. Comme indiqué dans la bulle d’indiction Spes non confundit, l’ouverture de cette porte parmi les détenus symbolise l’espérance d’un nouveau départ possible pour chacun.
Le Saint-Père a poursuivi en citant une homélie de noël du défunt cardinal italien et archevêque de Milan, le jésuite Carlo Maria Martini, portant sur la tendresse de Dieu manifestée dans le visage de l’Enfant Jésus: «En contemplant la bonté aimante de Dieu qui surmonte nos méfiances et nos peurs, nous contemplons aussi la grandeur de l’espérance qui nous attend. […] Que cette vision d’espérance illumine notre chemin de chaque jour» (Homélie de Noël, 1980).
Le Pape François s’est enfin adressé à l’ensemble des fidèles: «Ma sœur, mon frère, en cette nuit, c’est pour toi que s’ouvre la “Porte Sainte” du cœur de Dieu. Jésus, le Dieu-avec-nous, est né pour toi, pour nous, pour chaque homme et chaque femme. Et avec Lui, la joie fleurit, avec Lui la vie change, avec Lui l’espérance ne déçoit pas».
Comme c’est la tradition chaque année, le Pape François a conclu la cérémonie en portant l’Enfant Jésus jusqu’à la crèche de la basilique Saint-Pierre, entouré par des enfants qui y ont déposé leurs bouquets de fleurs.
Comment peux-tu? Comment, toi Dieu, qui es si grand Peux-tu être aussi proche de moi Qu’un nouveau-né qu’on berce dans ses bras? Comment, toi Dieu, qui es Dieu Peux-tu soudain être un homme? J’ai beaucoup retourné ces questions Dans ma tête sans jamais y trouver de réponse. Je ne saurais donc jamais comment… Mon cœur m’a dit pourquoi, Il m’a dit: il n’y a que l’Amour! Amen!
Jean Debruynne, prêtre de la Mission de France (1925-2006)
Ouverture de la Porte Sainte lors du Jubilé de la Miséricorde (8 décembre
Papes et Jubilés: l’ouverture de la Porte Sainte dans l’Histoire
Partant des chroniques de L’Osservatore Romano et des archives sonores de Radio Vatican, nous retraçons quelques moments des cérémonies d’ouverture de la Porte Sainte depuis l’an 1900. Rituels, moments de silence et d’émotion au cours desquels le Souverain pontife franchit, «seul et le premier», le seuil de la Porte Sainte et ouvre le Jubilé.
Amedeo Lomonaco – Cité du Vatican
L’une des images symboliques de chaque Jubilé est celle du Pontife franchissant le seuil de la Porte Sainte. Il s’agit d’un cliché profondément ancré dans le Moyen-Âge. Le premier pèlerin à franchir le seuil est toujours l’évêque de Rome. Selon la description faite en 1450 par Giovanni Rucellai, c’est le Pape Martin V qui, en 1423, a ouvert la Porte Sainte pour la première fois dans l’Histoire des années jubilaires. À cette occasion, le décor était la basilique Saint-Jean-de-Latran. Dans la basilique vaticane, l’ouverture de la Porte Sainte est attestée pour la première fois à Noël de l’an 1499. Le Pape Alexandre VI souhaitait qu’elle soit ouverte non seulement à Saint-Jean-de-Latran, mais aussi dans les autres basiliques romaines.
“Je suis la porte: si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira et trouvera un pâturage. (extrait de l’Évangile selon Jean)”
L’ouverture de la Porte Sainte
L’ouverture de la Porte Sainte par le Pape, marque le début du Jubilé. L’Année Sainte 2025 qui s’ouvre prévoit, après ce rite, la célébration de la Sainte Messe dans la nuit de Noël, à l’intérieur de la basilique Vaticane. Le mur qui scelle la Porte de l’intérieur a été démonté ces derniers jours et la boîte métallique qui contenait la clé permettant d’ouvrir la Porte a été retirée.
Le Pape pousse les portes de manière symbolique et, pour des raisons de sécurité, l’utilisation du marteau utilisé pour frapper le diaphragme en briques qui la fermait autrefois sur le côté extérieur de la basilique, a été abandonnée. Après le rite présidé par le Pape, la porte reste ouverte toute l’année pour permettre aux pèlerins de la franchir. Ce geste permet de profiter pleinement de l’indulgence liée à l’Année Sainte. Franchir ce seuil signifie aussi que le chemin de conversion est scellé par la rencontre avec le Christ, la «Porte» qui nous unit au Père. Les Jubilés s’inscrivent dans une profonde histoire de foi qui ouvre largement ses portes au monde. Un voyage où les pas du Pontife rejoignent ceux du peuple de Dieu, sur les chemins du pardon. Retraçons les années saintes du XXe siècle et du troisième millénaire.
Les deux côtés de la Porte Sainte de Saint-Pierre avant son ouverture (photo d’archive).
Le Jubilé de 1900
Relever le défi de la modernisation. Tel était l’un des principaux objectifs du Jubilé de 1900. Le 24 décembre 1899 fut le jour de l’ouverture de la Porte Sainte. Dès les premières heures du matin, écrit L’Osservatore Romano dans son édition de Noël, on assiste à une «animation inhabituelle» dans toutes les parties de la ville. Des carrosses majestueux de cardinaux, d’évêques, de diplomates et de princes se dirigent «vers le plus grand temple de la chrétienté». De nombreux pèlerins arrivent également à pied ou dans des voitures «omnibus» pour le service public. Sur la place, le spectacle devient «impressionnant en raison du flux des calèches provenant des villages qui font face à la basilique». Le Pape Léon XIII franchit «seul et en premier» la porte et entre dans la basilique. Une fois l’office terminé, les portes s’ouvrent, permettant l’accès aux fidèles.
L’Année Sainte 1925
Le 24 décembre 1924, veille de Noël, «l’ouverture de la Porte Sainte dans la basilique vaticane a été faite par Pie XI». Avec cette fonction solennelle, écrit le journal du Saint-Siège relatant cette journée, «l’Année Sainte a commencé». Le rite se déroule sous le portique de la basilique Saint-Pierre: à gauche de la porte sainte se trouve le trône papal devant les tribunes royales. Au bout du portique se trouve le chœur de la Chapelle musicale pontificale. Devant la statue de Constantin, avant d’entrer dans le portique de la basilique, le Souverain pontife monte sur la chaise gestatoire, surmontée du baldaquin. Après le chant du «Veni Creator», Pie XI s’approcha de la Porte Sainte et, recevant le marteau offert par l’épiscopat du monde catholique, frappa trois fois la Porte Sainte en prononçant les paroles rituelles. Il franchit ensuite le seuil et débute ainsi le Jubilé.
Pie XI ouvre le Jubilé de 1925.
Le Jubilé de 1933
À l’occasion du 1900e anniversaire de la mort de Jésus, un Jubilé extraordinaire a été proclamé. Pour l’Année Sainte 1933, plus de deux millions de pèlerins sont arrivés à Rome. Le 3 avril de cette année-là, l’ouverture de la Porte Sainte marqua le début du Jubilé de la Rédemption. Tout au long de la journée, rapporte L’Osservatore Romano, «l’affluence à Saint-Pierre, Saint-Jean, Saint-Paul et Sainte-Marie-Majeure a été énorme». Quelques heures après la cérémonie d’ouverture, Pie XI reçoit en audience spéciale 500 pèlerins de l’archidiocèse de Milan, venus à Rome pour assister à l’ouverture de la Porte Sainte. De ce premier pèlerinage de l’Année Sainte, rappelle le quotidien du Saint-Siège, il y avait «des représentants des activités professionnelles les plus diverses», dont des cheminots, des employés de bureau, des électriciens.
L’Année Sainte 1950
Nous sommes le 24 décembre 1949. Le monde chrétien, titreL’Osservatore Romano en première page le jour de Noël, «se réjouit du don exceptionnel de la grâce»: le Pape Pie XII ouvre la Porte Sainte avec trois coups de marteau. Le Pontife porte le rabat, une tunique de soie blanche, l’aube, l’étole, la cape et la mitre blanche. Précédé par le Sacré Collège, il se rend d’abord à la chapelle Sixtine pour l’adoration du Saint-Sacrement. Il entonne ensuite l’hymne «Veni Creator» et descend, par la Scala Regia, (un imposant escalier du Palais apostolique du Vatican) jusqu’à la statue de Constantin.
Pie XII ouvre le Jubilé de 1950
Pie XII entre ensuite sous le portique de la basilique et reçoit le marteau. Il frappe pour la première fois la Porte Sainte en chantant le verset: «Aperite mihi portas Justitiae». Le Pontife frappe ensuite une seconde fois la Porte en chantant «Introibo in domum tuam, Domine». Le coup de marteau suivant est accompagné des mots: «Aperite portas quoniam nobiscum est Deus». Après ce troisième coup, le mur de la Porte Sainte s’écroule. Le Pontife, qui tient dans sa main gauche un cierge symbolisant la foi et la charité, s’avance tête non couverte et entonne le «Te Deum». Le Pape Pie XII franchit le seuil en premier. Il est 10h55 et le Jubilé s’ouvre.
De la place Saint-Pierre retentit l’écho d’un tonnerre d’applaudissements. Dans la chapelle de la Très Sainte Trinité, Pie XII adresse ensuite un discours aux représentants des archiconfréries et des confréries de la ville: «Selon une antique coutume, nous vous confions, enfants bien-aimés, la garde des Portes Saintes, durant l’année jubilaire, qui vient de s’ouvrir. Vous aurez ainsi la chance d’être les témoins immédiats d’un de ces temps de grâce privilégiés, où la Ville éternelle et l’univers catholique se trouvent unis dans le baiser fraternel de la paix du Christ».
Première page de l’Osservatore Romano sur l’ouverture du Jubilé de 1950.
Le Jubilé de 1975
L’année sainte 1975 a été consacrée à la réconciliation. Le rite de l’ouverture de la Porte Sainte, dans la nuit de Noël 1974, s’ouvre avec l’entrée du Pape Paul VI, précédé du clergé, dans l’atrium de la Basilique. Après le chant d’invocation à l’Esprit Saint, rapporte L’Osservatore Romano, ce jour-là, le Pontife s’approcha de la Porte Sainte. Le cardinal major de la pénitencerie lui tendant le marteau. Paul VI frappa trois fois sur la Porte et chantait, en alternance avec l’assemblée: «Ouvrez-moi les portes de la justice».
Le chant terminé, le Pape retourna à la cathèdre et, à ce moment-là, fut retirée le mur de la Porte Sainte. Les montants des portes sont polis à l’eau bénite par les quatre pénitenciers de la basilique vaticane. Le choeur entonne ensuite un psaume et le Pontife chante l’ancienne oraison «Deus qui per Moysem». Le Pape s’agenouille au seuil de la Porte Sainte et, tenant la Croix Pastorale à la main, franchit le seuil. Au moment de l’ouverture, comme le montre la vidéo de l’époque, des débris tombèrent d’en haut, touchant Paul VI, heureusement sans conséquences. Cette circonstance a conduit à une modification du rite, et le mur qui fermait la porte a depuis été construit à l’intérieur de la basilique.
Le Pape Paul VI ouvre le Jubilé de 1975.
L’Année Sainte de 1983
1983 a été l’année du Jubilé de la Rédemption, un pont vers le troisième millénaire. Jean-Paul II a invité le monde catholique à célébrer cette Année Sainte pour commémorer l’événement de la mort et de la résurrection du Seigneur.
Le 25 mars, solennité de l’Annonciation du Seigneur, Jean-Paul II a inauguré l’Année Sainte en suivant le rite traditionnel de l’ouverture de la Porte Sainte, située dans l’atrium de la basilique Saint-Pierre. Il s’agit d’un Jubilé extraordinaire car il est célébré en dehors du cycle de 25 ans. Dans son homélie lors de la cérémonie d’ouverture, le Pape Jean-Paul II a rappelé que la porte est «un symbole» par lequel on entre non seulement dans la basilique vaticane mais aussi «dans la dimension la plus sainte de l’Église, dans la dimension de grâce et de salut qu’elle puise toujours dans le Mystère de la Rédemption ».
Jubilé de l’an 2000
Dans la nuit de Noël, le 24 décembre 1999, Jean-Paul II, revêtu d’une chape aux couleurs iridescentes, ouvre la porte du grand Jubilé de l’an 2000. Dans le long silence qui accompagne les gestes du Pontife, l’histoire de deux millénaires semble condensée. Agenouillé, les mains jointes à la Croix, le Pape ouvre l’Année Sainte. C’est l’aube du troisième millénaire.
Les yeux du monde, fixés sur les seize tuiles de bronze qui composent la Porte Sainte, s’illuminent d’espérance. Jean-Paul II, précédé des cardinaux concélébrants, monte sur la cathèdre pour ouvrir la célébration solennelle. Après le chant de l’Évangile, le Pape entra vers la Porte Sainte et, arrivé devant celle-ci, il dit en latin: «Voici la porte du Seigneur». À pas lents, Jean-Paul II se dirigea ensuite vers la Porte qu’il ouvre à 23h25. Ce sont des moments de grande émotion: le Pontife s’agenouilla au seuil et pria pendant quelques minutes. On entendit ensuite des applaudissements prolongés, de l’assemblée réunie à Saint-Pierre et dans l’atrium. À l’extérieur, sur la place Saint-Pierre, plus de 50 000 personnes suivent l’événement sur les écrans géants situés dans les différents coins de l’hémicycle du Bernin. Et dans le monde entier, des millions et des millions de personnes étaient à l’écoute.
Jean-Paul II ouvre le Jubilé de l’an 2000.
Année Sainte 2015
L’ouverture du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde en 2015, à l’occasion du 50e anniversaire de la fin du concile Vatican II, est liée à deux dates: le 29 novembre, jour où le Pape François ouvre la Porte sainte de la cathédrale Notre-Dame de Bangui, à l’occasion de son voyage apostolique en Afrique, et celui du 8 décembre. Le jour de la solennité de l’Immaculée Conception, la silhouette rétroéclairée du Pape François, filmée par le monde entier, brise la pénombre dans laquelle est plongée la basilique vaticane. L’ouverture de la Porte Sainte, rapporte L’Osservatore Romano, suit un rite ancien, riche en symboles, caractérisé par une image inédite: celle de François et de son prédécesseur Benoît XVI, alors Pape émérite, qui franchissent «le seuil l’un après l’autre, non sans avoir échangé une accolade affectueuse dans l’atrium».
Le Pape François ouvre le Jubilé 2015.
Le Jubilé est un don de grâce. L’Année sainte 2025, qui s’apprête à s’ouvrir, s’inscrit dans la continuité de ces temps particuliers de grâce, dont les origines sont liées à 1300 et au pontificat de Boniface VIII. «Maintenant – souligne le Pape François dans la bulle d’indiction «Spes non confundit» – le moment est venu d’un nouveau Jubilé, pour ouvrir à nouveau la Porte Sainte pour offrir l’expérience vivante de l’amour de Dieu, qui suscite l’espérance dans les cœurs certains du salut en Christ.»
Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, en l’église de la Sainte-Famille, à Gaza/ville le 22 décembre 2024
Cardinal Pizzaballa aux chrétiens de Gaza: vous êtes la lumière de notre Église
Le patriarche latin de Jérusalem a pu entrer dans la ville de Gaza ce quatrième dimanche de l’Avent, 22 décembre, et rejoindre le petit troupeau des fidèles autour du père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse latine de l’enclave. Le cardinal Pizzaballa a ressenti une grande joie d’y présider la messe et de pouvoir administrer le sacrement de confirmation, prélude à celle de la Nativité qu’il célèbrera à Bethléem en Cisjordanie, le 24 décembre.
Delphine Allaire – Cité du Vatican
La veille devant la Curie romaine, le Souverain pontife s’indignait du refus d’entrer à Gaza présenté au cardinal Pierbattista Pizzaballa. Le lendemain, le patriarche latin a pu retrouver ses ouailles afin de célébrer Noël à l’église de la Sainte-Famille. Pour sa deuxième visite dans l’enclave depuis le 7 octobre 2023, le cardinal a laissé exprimer sa joie en toute dignité au début de son homélie dominicale: «Tout le monde voulait venir pour être avec vous et apporter des cadeaux, mais nous ne pouvions pas en porter beaucoup. Vous êtes devenus la lumière de notre Église dans le monde entier», a-t-il assuré dans la paroisse où sont réfugiés près de 500 chrétiens.
«La lumière est ici, dans cette église»
«La lumière est ici, dans cette église», a abondé le cardinal de Jérusalem, invitant à se tourner vers Jésus, «le seul qui nous donne la force d’endurer cette période sombre». Lucide, le patriarche latin constate que l’année écoulée a appris aux chrétiens de Terre Sainte qu’ils ne peuvent compter les humains. «Combien de promesses ont été faites et n’ont jamais été tenues? Et combien de violence et de haine sont nées à cause des hommes?», interroge-t-il alors que les espoirs de cessez-le-feu sont, une fois de plus et comme toutes les autres, de plus en plus crédibles. Le cardinal Pizzaballa invite à la communauté latine de Gaza à s’enraciner plutôt en Jésus pour ne pas perdre espérance. Et de se lancer dans une ode «au jour d’après», à l’année zéro, qui tôt ou tard commencera.
«À la fin de la guerre, nous reconstruirons tout»
«Je ne sais pas quand ni comment cette guerre se terminera, et chaque fois que nous approchons de la fin, il semble que nous recommencions à zéro. Mais tôt ou tard, la guerre se terminera la fin de la guerre, nous reconstruirons tout: nos écoles, nos hôpitaux et nos maisons. Nous devons rester résistants et pleins de force», a-t-il déclaré, plein de force et de confiance. «Nous ne vous abandonnerons jamais et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous soutenir et vous aider.»
Et le cardinal italien d’exhorter surtout la petite communauté à ne pas laisser infiltrer la haine dans les cœurs. «Si vous voulez rester une lumière, nous devons rendre nos cœurs disponibles pour Jésus seul», a-t-il enjoint, conscient que l’année écoulée et ce deuxième Noël de guerre représentent un vrai défi pour la foi. «Jusqu’à quand, Seigneur?», pouvons-nous demander.«Aujourd’hui, nous répondons par notre volonté: ‘’Nous voulons que cette situation prenne fin rapidement, mais nous voulons rester avec Toi, Seigneur. Le Christ l’a affirmé en disant: ‘’Je suis Emmanuel’’, ce qui signifie ‘’Dieu est avec nous’’», a poursuivi le patriarche latin, souhaitant que chacun «reste ferme dans sa foi», «prie pour la fin de cette guerre», et «ait confiance totale dans le fait qu’avec le Christ, rien ne peut nous vaincre». En témoignent selon lui les nombreux miracles survenus au milieu des ténèbres de cette année. «Le monde entier, et pas seulement les chrétiens, a voulu vous soutenir et se tenir à vos côtés.»
Préserver l’unité, montrer notre différence
«Nous devons préserver notre unité pour maintenir la lumière du Christ ici à Gaza, dans notre région et dans le monde. Nous avons une mission, et vous devez aussi donner quelque chose, pas seulement recevoir. Le monde qui vous regarde doit voir à qui vous appartenez, si vous appartenez à la lumière ou aux ténèbres ? Appartenez-vous à Jésus, qui donne sa vie, ou à un autre?», a-t-il interrogé alors que des drones se font entendre en dehors de l’église.
Achevant son homélie, le patriarche latin de Jérusalem a demandé aux catholiques de Gaza de faire remarquer au monde qu’ils sont différents, citant l’un de ses fidèles qui lui dit un jour: «En tant que chrétiens, nous n’avons pas de violence dans le sang. Nous voulons rester chrétiens et rester la lumière dans ce lieu.»
Le temps de Noël est un temps d’abondance et de fraternité, l’occasion de célébrer à nouveau frais le surgissement de la vie divine en notre Humanité, et donc en nos âme et cœur. Pour beaucoup d’entre nous, ce sera aussi un temps de préoccupation des plus pauvres, l’occasion d’un élan de générosité plus appuyé envers les plus défavorisés.
Dès lors se pose la question : quelle générosité et dans quelle mesure ? Les défis sont innombrables et colossaux. Il y la question des réfugiés, celles des familles démunies, des personnes sans logis ou isolées. Il y a la question des moyens : Comment agir pour un mieux ? Quoi donner ?
Depuis qu’en 1982, la Communauté de Sant’Egidio a accueilli un petit groupe de personnes pauvres autour de la table de Noël, dans la basilique Sainte-Marie-au-Transtevere, à Rome, c’est devenu une tradition que le Pape a repris et qui perdure jusque chez nous. C’est au fond une résurgence des sacrifices de Paix qui étaient offerts au Temple de Jérusalem, partagés entre Dieu, les prêtres et l’offrant, pour un repas sacré. Quelle part de notre budget de Noël serions-nous prêts à consacrer en offrande aux pauvres ?
L’esprit de Noël, qui célèbre le surgissement du divin en nos vies, nous invite en outre à réfléchir à notre regard sur les plus démunis : Comment puis-je mieux incarner la prédilection du Christ envers les plus pauvres ? Comment me convertir de surcroît à l’amour de ceux qui sont dépourvus de tout, parfois même de la plus élémentaire des considérations ?
A qui n’est-il jamais arrivé de détourner le regard d’un mendiant ? C’est pourtant notre propre mendicité d’espérance et d’amour que Dieu est venu combler en s’incarnant.
« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. » C’est une réflexion que l’on entend souvent, a fortiori quand on évoque l’accueil des migrants. C’est une réflexion qui, par son exagération inappropriée, témoigne de dureté de cœur. A personne, pas même aux États, il n’est demandé d’accueillir toute la misère du monde. Il nous est simplement demandé d’envisager notre part. S’effrayer de toute la misère du monde pour prôner l’inaction sert ici de prétexte aux cœurs fermés. 8,5 % de la population mondiale vit sous le seuil international de pauvreté défini par la Banque mondiale. Éradiquer la pauvreté la plus criante est tout-à-fait soutenable, alors que nous déjetons 17 % de la nourriture que nous produisons.
Le pauvre est crasseux, vecteur de maladies, déprimé voire désespéré, violent parfois, alcoolisé souvent, « méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien » (Isaïe 53, 3).
Sans doute, le premier devoir chrétien est-il d’humaniser le pauvre, de le considérer comme une personne avant de le voir indigent. Une belle résolution de Noël serait ainsi de ne plus jamais laisser un pauvre auquel nous tendons quelqu’argent dans l’anonymat. Demander à un mendiant son prénom, c’est déjà le regarder autrement. C’est aussi engager un dialogue dont découlera peut-être une histoire, un partage d’humanité et de vie. Demander à un mendiant son prénom, son récit, prendre le temps de quelques mots de réconfort, c’est humaniser la pauvreté et ainsi mieux la comprendre.
« Il va aller s’acheter de l’alcool ou de la drogue. » Voici encore un stéréotype qui, pour certains, sert de principe à l’inaction. La force d’un stéréotype c’est qu’il contient quelque vérité : il y a en effet un risque indéniable de voir notre générosité détournée du bien que nous souhaitons prodiguer. Il reste cependant qu’un consommateur de drogues doit aussi se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner. Considérer que l’argent que l’on donne sera dépensé spécifiquement en stupéfiants plutôt qu’en biens utiles, c’est dévoiler un a priori qui n’est pas forcément vrai. On peut tout aussi bien penser contribuer à une nuit au chaud. Ainsi, on fait d’un risque un prétexte qui ne permettra jamais à la personne d’hiérarchiser ses priorités.
Il y a un risque à donner gratuitement, sans a priori. Prendre le risque de voir son don détourné de sa finalité bonne, c’est aussi assumer le risque que prend le Christ en s’incarnant, risque de l’offrande généreuse de soi que les hommes finalement mépriseront. Il convient, pour qu’il soit christique, que notre don soit gratuit, dégagé d’a priori et de conditions ; que notre don laisse libre celui qui le reçoit, notamment libre de choisir son repas.
On commence aujourd’hui à étudier l’impact positif du don en espèces sur le don en nature. Ainsi on découvre que la meilleure façon d’aider une personne indigente est de lui confier un petit budget à gérer, quitte à risquer qu’elle le gère mal. Tout en maintenant l’autonomie de la personne, on la responsabilise sur de petits montants. On témoigne ainsi d’une confiance qui élève – là encore, le propre de Dieu qui s’incarne.
Faut-il donner de l’argent aux pauvres ? La réponse est que le risque en vaut la chandelle. Non seulement, il assume une aide immédiate, mais il proclame aussi une espérance et une confiance. A contrario, le refus de donner de l’argent est toujours un pessimisme sur la nature humaine. De préférence, donner un billet : il n’est pas possible aujourd’hui de s’offrir un repas au chaud pour moins de 5 €, sans parler d’une chambre pour la nuit.
Faut-il donner de l’argent aux pauvres ? La réponse est oui si ce don nous change le regard et le cœur, a fortiori s’il nous est difficile. C’est alors une petite kénose, un exercice spirituel d’identification à Dieu qui s’offre au risque de l’humain et de ses errements.
Mais il faut surtout donner de l’humanité aux pauvres, outre leur témoigner de confiance par des dons, leur offrir attention et affection, à commencer par connaître leur prénom. Et – qui sait ? – peut-être initier une relation.
En cette nuit, la liturgie nous parle d’une illumination. Dieu a illuminé cette nuit très sainte de la splendeur du Christ. C’est lui la vraie lumière du monde. Malheureusement, beaucoup ont oublié le vrai sens de Noël. Nous pouvons demander à des enfants quel en est le personnage principal : nous devinons quelle sera leur réponse. Beaucoup pensent d’abord à celui qui leur apporte des cadeaux. On ne peut pas le leur reprocher. Personne ne leur en a vraiment parlé.
Il faut le dire et le redire : le personnage principal de Noël n’est pas celui qui apporte des cadeaux mais Celui qui vient nous sauver la vie. Dans la première lecture, le prophète Isaïe l’appelle “le Prince de la Paix”. En disant cela, il s’adresse à un peuple qui souffre. Le pays est dévasté par une armée étrangère. Face à ce désastre, Isaïe invite son peuple à se tourner vers l’avenir. Il lui annonce une grande joie. La naissance du petit enfant de Noël sera le point de départ d’une nouvelle espérance. Avec la distance des siècles, nous comprenons que cet oracle annonçait la naissance du Messie.
C’est cette bonne nouvelle que l’apôtre Paul annonce aux chrétiens dans la deuxième lecture : “La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes”. Nous croyons que Jésus s’est donné pour nous et nous a sauvés. Dès lors, plus rien ne peut être comme avant : nous devons rejeter “le péché et les passions d’ici-bas pour devenir un peuple pour devenir un peuple ardent à faire le bien”. Tous les hommes sans exception sont concernés par cette bonne nouvelle. L’amour de Dieu est offert à tous. Le seul vrai cadeau de Noël, c’est celui que Dieu fait aux hommes. Il a “tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils unique.
Dans l’évangile de saint Luc, nous lisons l’événement de Noël : le voyage de Marie et Joseph pour le recensement, la naissance de Jésus dans une étable à Bethléem. Nous avons déjà là des signes très parlants : il faut savoir que le nom de Bethléem signifie “la maison du pain”. Ce Jésus qui est déposé dans une mangeoire pour animaux à la “Maison du Pain” se présentera plus tard comme “le pain vivant venu du ciel”, un pain qu’il faut manger pour avoir la vie. C’est déjà une annonce de l’Eucharistie, de ce cadeau que Dieu nous fait pour nous faire vivre de sa vie et de son amour.
Puis nous avons ce qui se passe avec les bergers. Ils passaient la nuit à garder les troupeaux. A travers eux, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres : “Aujourd’hui, vous est né un Sauveur, dans la ville de David : il est le Messie, le Seigneur”. Il est roi mais pas à la manière des hommes. Il n’est pas venu prendre le pouvoir avec force et majesté. Il nous a rejoints pour partager le sort des plus pauvres et des plus humbles. Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.
Tout cela nous amène à nous poser une question : Quelle sera notre réponse ? Comment allons-nous vivre Noël en vérité ? Bien sûr, on va se réunir autour d’une bonne table, on va offrir des cadeaux. Les plus généreux vont associer les pauvres à ces festivités. Tout cela est très beau. Mais il ne faut surtout pas oublier Celui qui est à l’origine de cette joie de Noël. Le principal personnage de cette fête c’est ce petit enfant né dans des conditions misérables. C’est lui qui nous invite. Si nous l’oublions c’est un peu comme si des enfants fêtaient l’anniversaire d’un copain sans tenir compte de lui.
C’est important aussi pour nous qui sommes venus dans cette église : Certains n’y viennent que pour retrouver les chants qui ont bercé leur enfance. C’est dommage car là, on oublie l’essentiel. C’est un peu comme si on donnait plus d’importance au papier cadeau qu’au cadeau lui-même. La seule attitude qui convient pour vivre Noël en vérité c’est celle des bergers : “Rendez-vous à l’étable”. Allons à la crèche auprès de l’enfant Jésus. Allons à lui avec toutes nos souffrances. Jésus nous attend. Il nous demande de lui apporter tout ce qu’il y a de méchant et de cassé dans notre vie, nos mensonges, nos calomnies, nos cruautés, nos lâchetés… Il ne se lasse jamais de nous pardonner nos fautes.
Seigneur Jésus, tu as pris notre humanité pour nous faire participer à ta divinité. Nous voulons t’accueillir dans la joie et nous laisser renouveler par toi. Nous te confions toutes nos parts d’ombre et de désespoir. Nous avons la ferme certitude que tu nous remettras sur la voie du Salut, dans la joie et la paix. Amen
Au commencement, était le Verbe…” Commencement, c’est le premier mot de cet Évangile de saint Jean ainsi que celui de saint Marc. Ce mot nous renvoie au premier récit de la Création : “Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre… (Gn 1, 1) C’est une manière de dire que “le Verbe” est à l’origine de toutes choses. C’est ce que nous proclamons dans la troisième préface du Temps ordinaire : “C’est par ton Fils que tu as créé l’homme et c’est encore par lui que tu en as fait une créature nouvelle”.
En ce jour de Noël, c’est un nouveau “commencement” qui s’annonce : En ce petit enfant qui vient de naître dans des conditions misérables, c’est Dieu qui s’est fait homme. “Il s’est fait mortel, fragile comme nous ; il partagé notre condition humaine excepté le péché, mais il a pris sur lui les nôtres comme s’ils étaient les siens. Il est entré dans notre histoire. Il est devenu pleinement Dieu-avec-nous. La naissance de Jésus nous montre que Dieu a voulu s’unir à chacun de nous, pour nous communiquer sa vie et sa joie”. (Pape François)
Cette naissance du Sauveur n’a pas été annoncée aux grands de ce monde. Pour accueillir un tel message, il faut un cœur de pauvre. Les premiers qui l’ont entendu, ce sont les bergers. Ils passaient la nuit dans les champs à garder leurs troupeaux. C’étaient des pauvres gens qui vivaient comme ils pouvaient avec de pauvres moyens. Et surtout, ils vivaient en marge de la société. Ils ne participaient pas au culte. Aux yeux de la haute société, ils ne comptaient pas. Or voici que l’ange du Seigneur vient leur annoncer cette bonne nouvelle : “Aujourd’hui, vous est né un Sauveur ; il est le Messie, le Seigneur… Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire.” Dès le départ, l’évangile c’est la bonne nouvelle annoncée aux petits, aux pauvres et aux exclus.
Cette bonne nouvelle retentit dans toutes les églises du monde entier : “Aujourd’hui vous est né un Sauveur…” Malheureusement, ils sont nombreux ceux et celles qui ignorent l’origine de cette fête ou qui ne veulent pas en entendre parler. Certains vont même jusqu’à saccager les crèches. D’autres ne pensent qu’à la fête profane : Tout est prévu, le sapin, le réveillon, les guirlandes… Mais on oublie l’essentiel. On oublie que Noël c’est Jésus qui est venu et qui continue à venir pour “chercher et sauver ceux qui étaient perdus.”
Avec les bergers, nous sommes tous invités à nous rendre à la crèche. C’est là que notre Sauveur nous attend. Nous venons nous imprégner de la présence de Celui qui veut naître en nos cœurs. Nous accueillons cette lumière qui est en lui pour qu’elle transforme notre vie. Puis nous sommes envoyés pour la communiquer à tous ceux et celles que nous rencontrerons sur notre route. Cette présence et cet amour de Dieu c’est comme un trésor qu’il nous faut accueillir et partager. Nous ne devons jamais oublier que Noël c’est Jésus qui continue à venir pour nous et pour le monde entier.
Ce Jésus que nous fêtons à Noël est né pauvre parmi les pauvres. Bien plus, il se reconnaît en chacun d’eux. S’il n’y a pas de place pour eux dans notre vie, c’est lui que nous rejetons. “Il est venu chez les siens et le siens ne l’ont pas reçu…” L’Évangile nous fait comprendre qu’il est impossible de fêter Noël sans eux. Si nous voulons le rencontrer et l’accueillir, c’est vers eux qu’il nous faut aller ; il est présent dans celui qui a faim et froid, celui qui est malade et seul, celui qui a perdu ou oublié sa dignité humaine. Vivre Noël c’est aussi accueillir le Christ dans la personne du pauvre et lui donner la place d’honneur.
“Le Verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme, en venant dans le monde…” Plus tard, Jésus dira : “Je suis la Lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres…” C’est cette lumière que nous recevons en ce jour de Noël. Mais il ne faut pas oublier cette recommandation du Christ : “Gardez vos lampes allumées”. Cette lampe c’est celle de la foi, celle de la prière. En accueillant Jésus et en nous mettant à son écoute, nous apprenons à nous ajuster de plus en plus à l’amour qui est en lui. Avec lui, c’est comme une porte qui s’est ouverte, une lumière nouvelle, une nouvelle manière de regarder la vie.
Aujourd’hui, le Christ rejoint tous ceux et celles qui sont éprouvés par la souffrance, la maladie, le deuil, le chômage, les conflits familiaux… il ne va pas faire un miracle pour résoudre tous ces problèmes. Mais il va nous ouvrir la porte de l’espoir et du courage pour chercher encore. Notre Dieu est un compagnon qui marche avec nous. Parfois même, il nous porte. Et ce qui est extraordinaire c’est que nous pouvons toujours le rejoindre dans la prière. Il est toujours là pour nous aider et nous encourager à pousser des portes entrouvertes.
Nous vivons dans un monde enfermé à double tours, enfermé dans les murs de l’égoïsme, de l’indifférence, du racisme, de la rancune. Mais Noël nous apporte un message d’espérance offert à tous. Nous accueillons dans la joie la visite de Dieu. Elle est pour nous. Accueillons son message d’espérance. Laissons-nous faire par lui. Nous ne le regretterons pas. C’est à ce prix que nous pourrons vivre un bon Noël.