Sainte Jeanne de Valois, peinture du XVIIIe siècle réalisée par A. Pradão, monastère marial de Balsamao au Portugal. CC0/wikimédia
Comment Marie enseigne la princesse Jeanne de France
Sainte Jeanne de France (1464-1505) est la fille du roi Louis XI et de la reine Charlotte de Savoie. A douze ans, elle est imposée en mariage au duc Louis d’Orléans qui n’acceptera jamais cette union forcée. Quand, en 1498, il accède au trône de France, il demande à Rome la reconnaissance en nullité de son mariage.
Jeanne, libérée de ses devoirs conjugaux, fonde alors à Bourges l’Ordre de la Vierge Marie (l’Annonciade). Lors d’apparitions, la Vierge Marie a enseigné à Jeanne trois choses capables de la faire avancer sur le chemin du plaisir de Dieu et de l’union au Christ : l’écoute de la Parole de Dieu, la méditation de la Passion du Christ, l’amour de l’Eucharistie.
Le confesseur de Jeanne rapporte que la Vierge lui a aussi demandé d’être un artisan de paix là où elle vit, d’être son avocate dans ses conversations et ses paroles, de chercher à établir la paix entre tous ceux au milieu desquels elle habite, de ne dire rien d’autre que des paroles de paix, soucieuse du salut des âmes, de ne pas écouter de paroles médisantes, de toujours pardonner, de toujours excuser. Faire cela, c’est un chemin de vie.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Jeanne de Valois, fille du roi Louis XI, vint au monde, le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi, laide et contrefaite, mais, en revanche, le Ciel révéla en elle, dès ses plus tendres années, une âme d’élite. Sa piété envers la Sainte Vierge marquait son âme du sceau des prédestinés. Elle avait cinq ans lorsque la Mère de Dieu daigna lui apprendre qu’elle était appelée à fonder en son honneur un ordre dont le but principal serait l’imitation de ses vertus.
Jeanne fut mariée malgré elle à un prince qui l’avait en aversion et ne la regarda jamais comme son épouse. Après quelques années pleines d’épreuves pour elle, le roi Louis XI étant mort, ce mariage, contracté en des conditions déplorables, fut, à la demande du mari, déclaré nul par le souverain pontife : « Que Dieu soit glorifié, dit alors la sainte, mes chaînes sont brisées ; c’est Lui qui l’a voulu, afin que désormais je puisse mieux Le servir que je ne l’ai fait jusqu’ici. »
Ses adieux au prince furent touchants : « Je vous dois, dit-elle, une grande reconnaissance, puisque vous me retirez de la servitude du siècle. Pardonnez-moi mes torts ; désormais, ma vie se passera à prier pour vous et pour la France. »
Dès lors la prière devint la compagne inséparable de Jeanne. Son ardent amour pour Jésus-Christ lui fit embrasser les mortifications volontaires, et plus d’une fois on la vit, à genoux au pied d’une croix, se frapper la poitrine avec une pierre et répandre un torrent de larmes, à la pensée de ses péchés et des souffrances de Jésus-Christ.
Consoler les pauvres, les servir à table, laver et baiser leurs pieds, voilà quelles étaient les occupations chères à son cœur. Son humilité aurait voulu cacher à tous les yeux les prodiges de sa charité ; elle n’aurait désiré que Dieu seul pour témoin, car elle ne cherchait que Lui dans la pratique de toutes les vertus.
L’eucharistie était sa force mystérieuse ; elle ne la recevait jamais que toute baignée de larmes, et c’est au pied du tabernacle qu’elle trouvait tous les trésors de dévouement qu’elle prodiguait autour d’elle.
Elle put, avant sa mort, fonder, selon la promesse de la Sainte Vierge, l’ordre des Annonciades. Une clarté extraordinaire parut pendant plus d’une heure dans sa chambre, au moment de sa mort, le 4 février 1505 à Bourges. On trouva son corps couvert d’un cilice, avec une chaîne de fer.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43.
En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Ambroise (v. 340-397)
évêque de Milan et docteur de l’Église
Commentaire sur l’évangile de Luc, 6, 60-63 ; SC 45 (tome I. Livres I-VI; trad. G. Tissot; Éd. du Cerf 1956, p. 249)
« Je te le dis, lève-toi »
Avant de ressusciter une jeune fille morte, c’est pour amener à la foi que Jésus commence par guérir la femme atteinte de pertes de sang. C’est pour t’instruire qu’il a fait arrêter ce saignement et a guéri cette femme alors qu’il se rendait auprès de la fille. De la même façon, c’est pour croire en notre résurrection éternelle que nous célébrons la résurrection historique du Seigneur qui a suivi sa Passion. (…) « Les serviteurs du chef arrivent et disent : ‘Ne dérange plus le maître’ » : ils ne croient pas encore en la résurrection de Jésus prédite dans la Loi et accomplie dans l’Évangile. C’est pourquoi, en arrivant à la maison, Jésus ne prend avec lui que peu de témoins de la résurrection qui va se produire : ce n’est pas le grand nombre qui a cru tout de suite à la résurrection. Quand Jésus déclare : « L’enfant n’est pas morte, elle dort », la foule « se moque de lui », car ceux qui ne croient pas se moquent. Qu’ils pleurent donc leurs morts, ceux qui les croient morts : quand on a la foi en la résurrection, ce n’est pas une fin que l’on voit dans la mort mais un repos. (…) Prenant donc la main de l’enfant, Jésus la guérit et il lui fait donner à manger. C’est là une attestation de la vie, afin qu’on ne puisse pas croire à une illusion mais à la réalité. Heureuse celle dont la Sagesse tient ainsi la main ! Plaise à Dieu qu’elle tienne aussi mes actions, que la justice tienne ma main, que le Verbe, la Parole de Dieu, tienne ma main, et qu’il me conduise dans le lieu caché où il demeure. Qu’il détourne mon esprit de l’erreur, qu’il ramène celui qu’il sauve, et qu’il ordonne de me donner à manger, car le Verbe de Dieu c’est le pain du ciel (Jn 6,32). C’est pourquoi cette Sagesse, qui a déposé sur l’autel saint les aliments divins de son Corps et de son Sang, déclare : « Venez manger mon pain, venez boire le vin que je vous ai préparé » (Pr 9,5).
LECTURES :
Lettre aux Hébreux 12,1-4.
Frères, nous aussi, entourés de cette immense nuée de témoins, et débarrassés de tout ce qui nous alourdit – en particulier du péché qui nous entrave si bien –, courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré la croix en méprisant la honte de ce supplice, et il siège à la droite du trône de Dieu. Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché,
Psaume 22(21),26b-27.28.30.31-32.
R/ Ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent (Ps 21, 27b)
Devant ceux qui te craignent, Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « À vous, toujours, la vie et la joie ! »
La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui : Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ; promis à la mort, ils plient en sa présence.
Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son œuvre !
« Avant Medj, je vivais comme si Dieu n’existait pas vraiment… »
Medjugorje (1)… Je restais prudent sur tout ce qui se raconte là-bas, mais curieux. Je n’avais pas particulièrement de dévotion mariale, je m’adressais même fort rarement à la Sainte Vierge. Mais voilà que par un heureux hasard, je connais Ludovic, qui organise les pèlerinages du Club Medj. Et me voilà sur la route de Medj ! Sur place, rien de spectaculaire à raconter : Medjugorje est somme toute un simple village coincé entre deux collines rocailleuses, j’étais d’ailleurs prévenu. Lors de notre première visite à la Communauté du Cénacle installée à Medj et qui aide des jeunes à sortir de la drogue dure, simplement par la prière, en sortant Sœur Elvira croise mon regard et me donne deux franches tapes dans le dos, que je ressens comme une invitation à je ne sais quoi. A oser faire comme elle ? A oser faire plus confiance à Dieu en tous cas.
Le lendemain nous avons la chance d’apprendre qu’une apparition aura lieu à l’Oasis de la Paix. Sur place, je ne vois pas la Vierge, bien sûr, je ne peux pas dire que j’ai ressenti non plus quoi que ce soit. Alors j’ai prié, avec autant de confiance que je pouvais. Mais quand la voyante Marija nous a dit que la Vierge nous a tous bénis et a emporté avec elle nos intentions de prières, quelle joie ! Je commence à réaliser – un tout petit peu – que c’est une très, très Grande Dame qui était là, tout près de nous.
« Cela ne prouve rien ! »,diront les sceptiques. Mais je n’ai pas l’intention de prouver quoi que ce soit, j’ai compris là-bas que la foi est un don mystérieux… Je ressens dans ce village une paix presque palpable, moi qui étais choqué, durant le trajet en car, par les traces encore visibles de la guerre. Nous avons tous eu la grâce d’être présents à une autre apparition juste avant de repartir. Là non plus, rien de spectaculaire en soi… Marie travaille cependant en nous avec douceur, et en profondeur !
Qu’est-ce qui distingue Medjugorje des autres pèlerinages, me demanderez-vous ? Rien, peut-être. Sinon que, sans m’en rendre compte, j’ai acquis la certitude que Marie est réellement là-bas. Je ne l’ai pas « ressenti » physiquement, et pourtant je ne peux plus en douter ! Et j’ai pris conscience là-bas d’un fait pourtant tout simple en apparence : Dieu existe vraiment !
(1) Medjugorje est une ville de Bosnie-Herzégovine devenue un site de pèlerinage catholique depuis le début des apparitions de la Vierge Marie sur la « colline des apparitions » en 1981. Des apparitions qui ne sont toujours pas terminées.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Blaise fut l’un des saints autrefois les plus populaires et les plus célèbres par l’efficacité de leur intercession. D’abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple, qui l’entourait d’une grande estime. Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s’enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l’homme de Dieu, et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.
Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d’ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Blaise saisi peu de temps après comme chrétien, exprima sa joie profonde, à la pensée de souffrir pour Jésus-Christ. Arrivé devant le gouverneur : « Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de Dieu par tes tourments ? Non, non, le Seigneur est avec moi, c’est Lui qui me fortifie ! »
Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison. Quelques jours après, est rappelé au tribunal : “Choisis, Blaise, lui dit le juge, choisis entre deux partis : ou bien adore nos dieux, et alors tu seras notre ami, ou bien, si tu refuses, tu seras livré aux supplices et tu périras d’une mort cruelle” « Ces statues que tu adores, reprend l’évêque, ne sont pas des dieux, mais les organes du démon, je ne puis donc les adorer. »
Le tyran, le voyant inflexible, ordonna de l’attacher à un chevalet, puis il fit apporter des peignes de fer, avec lesquels on lui déchira le dos et tout le corps. La victime, se tournant toute sanglante vers le gouverneur, lui dit : « Déjà voisin du ciel, je méprise toutes les choses de ce monde ; je me ris de vous et de vos supplices. Ces tourments ne dureront qu’un instant, tandis que la récompense sera éternelle. »
Après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide. Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée.
Tandis qu’il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d’être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C’est sans doute pour ce fait qu’on l’invoque spécialement pour les maux de gorge.