23.02.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Polycarpe
Évêque et martyr 
(† 167)

Polycarpe fut un personnage d’une éminente sainteté et d’une très profonde doctrine. Il avait eu le bonheur de connaître plusieurs disciples du Sauveur, et de les entretenir familièrement, surtout l’apôtre saint Jean, par l’autorité duquel il fut établi évêque de Smyrne.

Homme de grande foi, Polycarpe avait horreur de tout ce qui attaquait la doctrine chrétienne. L’hérétique Marcion s’approcha un jour de lui audacieusement, au moment où Polycarpe détournait la tête pour éviter de le voir, et il lui dit : « Ne me connaissez-vous pas ?“Si, répondit l’évêque, je vous connais pour le fils aîné de Satan.” » Une telle âme était préparée au martyre. 

Le récit de son sacrifice est une des plus belles pages de l’histoire aux premiers siècles. À l’entrée de ce saint vieillard dans l’amphithéâtre, tous les chrétiens présents entendirent une voix mystérieuse qui lui disait : « Courage, Polycarpe, combats en homme de cœur ! » 

Le proconsul lui demanda : « Es-tu Polycarpe ? “Oui, je le suis.” Aie pitié de tes cheveux blancs, maudis le Christ, et tu seras libre. “Il y quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m’a fait que du bien ; comment pourrais-je le maudire ? Il est mon Créateur, mon Roi et mon Sauveur.”Sais-tu que j’ai des lions et des ours tout prêts à te dévorer ? “Fais-les venir ! ” Puisque tu te moques des bêtes féroces, je te ferai brûler. “Je ne crains que le feu qui brûle les impies et ne s’éteint jamais. Fais venir tes bêtes, allume le feu, je suis prêt à tout.” » 

De toutes parts, dans l’amphithéâtre, la foule s’écrie : « Il est digne de mort. Polycarpe aux lions ! » Mais on arrêta qu’il serait brûlé vif.

Comme les bourreaux se préparaient à l’attacher sur le bûcher, il leur dit : « C’est inutile, laissez-moi libre, le ciel m’aidera. » Le saint lève les yeux au ciel et prie. Tout à coup la flamme l’environne et s’élève par-dessus sa tête, mais sans lui faire aucun mal, pendant qu’un parfum délicieux embaume les spectateurs. À cette vue, les bourreaux lui percent le cœur avec une épée.

Saint Polycarpe priez pour nous !

23.02.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,27-38.

En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.


À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

ermite et missionnaire au Sahara

Sur l’Évangile (Œuvre spirituelle, anthologie ; Éd. du Seuil, 1958 ; p. 207-208)

« Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. » (Lc 6,37)

« Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. » (Lc 6,37) Que Vous aimez les hommes, mon Dieu, Vous qui interdisez de les juger et qui Vous réservez à Vous, leur seul Père, leur seul Maître, leur seul Juge, leur jugement !… Que Vous aimez les hommes, Vous qui voulez qu’ils soient tant aimés les uns par les autres, et qui leur donnez ce commandement si propre à maintenir entre eux l’estime mutuelle, mère de l’amour et par là, à les faire aimer les uns par les autres !… Que Vous êtes bon, Vous qui voulez tellement les attacher à Vous, tellement développer en eux votre Amour, et qui leur donnez ce commandement si propre à établir en eux votre Amour, et parce qu’il adoucit leur cœur et l’empêche d’être amer envers les hommes, le rend par là même plus suave envers Vous (car on n’a qu’un cœur, amer pour tous ou suave pour tous), et ensuite, parce que détournant leur attention des actes des autres hommes, en leur défendant de les juger, Vous leur rendez bien plus facile d’attacher toute leur attention, tous leurs regards, toute leur contemplation, tout leur amour à Vous seul ! Ne jugeons pas : par obéissance à cette parole de Jésus et à tant d’autres analogues… parce que nous n’avons pas droit pour cela. « Pourquoi juges-tu le serviteur d’autrui ? » (Rm 14,4) (…) Par bonté, ayons le cœur doux, suave, sans amertume ; ce cœur est indulgent, ne juge pas, détourne ses yeux du mal ; la charité ne réfléchit pas au mal : elle croit tout, espère tout (1 Co 13, 7).

LECTURES :

Premier livre de Samuel 26,2.7-9.12-13.22-23. 

Saül se mit en route, il descendit vers le désert de Zif avec trois mille hommes, l’élite d’Israël, pour y traquer David.
David et Abishaï arrivèrent de nuit, près de la troupe. Or, Saül était couché, endormi, au milieu du camp, sa lance plantée en terre près de sa tête ; Abner et ses hommes étaient couchés autour de lui.
Alors Abishaï dit à David : « Aujourd’hui Dieu a livré ton ennemi entre tes mains. Laisse-moi donc le clouer à terre avec sa propre lance, d’un seul coup, et je n’aurai pas à m’y reprendre à deux fois. »
Mais David dit à Abishaï : « Ne le tue pas ! Qui pourrait demeurer impuni après avoir porté la main sur celui qui a reçu l’onction du Seigneur ? »
David prit la lance et la gourde d’eau qui étaient près de la tête de Saül, et ils s’en allèrent. Personne ne vit rien, personne ne le sut, personne ne s’éveilla : ils dormaient tous, car le Seigneur avait fait tomber sur eux un sommeil mystérieux.
David passa sur l’autre versant de la montagne et s’arrêta sur le sommet, au loin, à bonne distance.
David répondit : « Voici la lance du roi. Qu’un jeune garçon traverse et vienne la prendre !
Le Seigneur rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité. Aujourd’hui, le Seigneur t’avait livré entre mes mains, mais je n’ai pas voulu porter la main sur le messie du Seigneur.

Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13. 

R/ Le Seigneur est tendresse et pitié. (Ps 102, 8a)

Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme, 
n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses 
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe 
et te couronne d’amour et de tendresse.

Le Seigneur est tendresse et pitié, 
lent à la colère et plein d’amour ;
il n’agit pas envers nous selon nos fautes, 
ne nous rend pas selon nos offenses.

Aussi loin qu’est l’orient de l’occident, 
il met loin de nous nos péchés.
comme la tendresse du père pour ses fils, 
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,45-49. 

L’Écriture dit : ‘Le premier homme, Adam, devint un être vivant’ ; le dernier Adam – le Christ – est devenu l’être spirituel qui donne la vie.
Ce qui vient d’abord, ce n’est pas le spirituel, mais le physique ; ensuite seulement vient le spirituel.
Pétri d’argile, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel.
Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel.
Et de même que nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel.

« Pierre de Jésus et de Marie, viens »

Illustration
Giovanni Bellini, Saint Pierre, 1487, Gallerie dell’Accademia, Florence. CC0/wikimedia

« Pierre de Jésus et de Marie, viens »

Après son reniement et la mort de Jésus, Pierre rencontre Marie qui l’appelle :

Marie doucement : « Simon de Jonas, viens.» Rien. « Simon Pierre, viens. » Rien. « Pierre de Jésus et de Marie, viens. » Un âpre accès de pleurs. Mais il n’entre pas. Marie se lève. Elle laisse le manteau sur la table et va à la porte.


Pierre est blotti là dehors, comme un chien sans maître. Il pleure si fort et tout pelotonné qu’il n’entend pas le bruit de la porte qui s’ouvre en grinçant, ni le bruit des sandales de Marie. Il s’aperçoit qu’elle est là, quand elle se penche pour lui prendre une main pressée sur ses yeux et l’oblige à se lever. Elle entre dans la pièce en le traînant comme un enfant. Elle ferme la porte et met le verrou, et courbée par la douleur, comme lui l’est par la honte, elle revient à sa place.

Pierre va à ses pieds, à genoux, et il pleure sans retenue. Marie caresse ses cheveux grisonnants, tout en sueur à cause de la douleur. Pas autre chose que cette caresse jusqu’à ce qu’il soit plus calme. Enfin, quand Pierre dit : « Tu ne peux me pardonner. Ne me caresse donc pas, car je l’ai renié », Marie dit :

« Pierre, tu l’as renié, c’est vrai. (…) Pierre de mon Fils, pauvre Pierre qui as été, comme tous, entre les mains de Satan dans cette heure de ténèbres, et ne t’en es pas aperçu, et qui crois avoir agi par toi-même, viens, viens ici sur le cœur de la Mère des fils de mon Fils. Ici, Satan ne peut plus te faire de mal. (…)

Au pied de la Croix, j’étais martyrisée par Lui et par vous et — comment ne l’as-tu pas senti ? — et j’ai appelé vos esprits si fort que je crois qu’ils sont venus réellement à moi. Et, renfermés en mon cœur, ou plutôt déposés sur mon cœur, comme les pains de proposition, je les ai tenus sous le bain de son Sang et de ses larmes. Je le pouvais, car Lui, en Jean, m’a rendue Mère de toute sa descendance…

Combien je t’ai désiré !… En ce matin-là, en cet après-midi-là, et nuit et nouveau jour… Pourquoi as-tu fait tant attendre une Mère, pauvre Pierre, blessé et piétiné par le Démon ? Ne sais-tu pas que c’est la tâche des mères de remettre en ordre, de guérir, de pardonner, de ramener ? Je te ramène à Lui. »

Maria Valtorta

L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, Tome X

p. 361 – 363

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie