« J’avais toujours la chaîne de Marie dans les mains ou dans ma poche »

« J’avais toujours la chaîne de Marie dans les mains ou dans ma poche »

Au « Pont de Bois », un faubourg de Tokyo, dans d’anciennes baraques militaires, vivait un millier de vieillards, d’isolés, de sans-patrie. Une nuit, vers deux heures, le téléphone sonne : une vieille femme sur le point de mourir demande un prêtre. Lorsqu’elle était jeune fille, elle a fréquenté une école catholique. Là-bas, une religieuse l’a instruite pendant trois ans et à l’âge de dix-sept ans, elle est devenue chrétienne. « J’ai reçu l’Eau sainte et le Pain de Dieu », me dit-elle. Mais ensuite elle s’est mariée selon le choix de sa famille et son mari était un bonze bouddhiste qui possédait un temple, loin dans la montagne. Elle s’en fut donc là-bas, dans le temple dont elle devait assurer l’entretien ; elle devait aussi entretenir de nombreuses tombes et faire brûler l’encens au cours des fêtes funèbres. Son mari lui aurait bien permis d’aller à l’église, mais il n’y en avait pas. Elle mit au monde huit enfants. Après 70 ans, son mari mourut, tous ses enfants moururent également, dont cinq fils tombés pendant la guerre et, il y a 10 ans, un autre prêtre bouddhiste arriva, de sorte qu’elle dut quitter le temple. Je lui demandai si, pendant toutes ces années, elle avait pensé à Dieu. Elle me regarde avec étonnement et sortit péniblement sa main droite de sous la couverture. Elle tenait un rosaire et j’entendis cette réponse : « Pendant ces années, tous les jours et plusieurs fois par jour, sans jamais manquer un seul, j’ai prié en faisant mon travail ; j’avais toujours la chaîne de Marie dans les mains ou dans ma poche et je lui ai demandé tous les jours qu’avant de mourir, je trouve encore une fois un prêtre catholique qui me donne le Pain de Dieu. »

Père Géréon Goldmann dans Le chiffonnier de Tokyo, rapporté par le Recueil Marial 1986 du Père Albert Pfleger, mariste

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

06.10.2025 – SAINT DU JOUR

St Bruno

Saint Bruno
Fondateur de l’Ordre des Chartreux 
(1030-1101)

« À la louange de la gloire de Dieu, le Christ, Verbe du Père, depuis toujours a choisi par l’Esprit Saint des hommes pour les mener en solitude et se les unir dans un amour intime. Répondant à cet appel, maître Bruno, l’an du Seigneur 1084, entra avec six compagnons au désert de Chartreuse et s’y établit. » Statuts I.1 de l’ordre des Chartreux.

Né à Cologne vers 1030 Bruno vient de bonne heure étudier à l’école cathédrale de Reims. Promu docteur, Chanoine du Chapitre cathédral, il est nommé en 1056 écolâtre, c’est-à-dire Recteur de l’Université. Il fut un des maîtres les plus remarquables de son temps : « un homme prudent, à la parole profonde. »

Il se trouve de moins en moins à l’aise dans une cité où les motifs de scandale ne font pas défaut du côté du haut clergé et de l’Évêque lui-même. Après avoir lutté, non sans succès, contre ces désordres, Bruno ressent le désir d’une vie plus totalement donnée à Dieu seul. 

Après un essai de vie solitaire de courte durée, il vient dans la région de Grenoble, dont l’évêque, le futur saint Hugues, lui offre un lieu solitaire dans les montagnes de son diocèse. Au mois de juin 1084 l’évêque lui-même conduit Bruno et ses six compagnons dans la vallée sauvage de Chartreuse qui donnera à l’Ordre son nom. Ils y installent leur ermitage, formé de quelques cabanes en bois s’ouvrant sur une galerie qui permet d’accéder sans trop souffrir des intempéries aux lieux de réunion communautaire : l’église, le réfectoire, la salle du chapitre. 

Après six ans de paisible vie solitaire, Bruno fut appelé par le pape Urbain II au service du Siège apostolique. Ne pensant pas pouvoir continuer sans lui sa communauté pensa d’abord se séparer, mais elle se laissa finalement convaincre de continuer la vie à laquelle il l’avait formée. Conseiller du pape, Bruno ne se sent pas à l’aise à la cour pontificale. Il ne demeure que quelques mois à Rome. Avec l’accord du pape il établit un nouvel ermitage dans les forêts de Calabre dans le sud de l’Italie, avec quelques nouveaux compagnons. C’est là qu’il meurt le 6 octobre 1101. À l’approche de sa dernière heure, pendant que ses frères désolés entouraient son lit de planches couvert de cendres, Bruno parla du bonheur de la vie monastique, fit sa confession générale, demanda humblement la Sainte Eucharistie, et s’endormit paisiblement dans le Seigneur.

Un témoignage de ses frères de Calabre : 

« Bruno mérite d’être loué en bien des choses, mais en cela surtout : il fut un homme d’humeur toujours égale, c’était là sa spécialité. Il avait toujours le visage gai, la parole modeste ; il montrait avec l’autorité d’un père la tendresse d’une mère. Nul ne l’a trouvé trop fier, mais doux comme l’agneau. »

Quelques extraits des « Statuts » de l’ordre :
« Séparés de tous, nous sommes unis à tous car c’est au nom de tous que nous nous tenons en présence du Dieu vivant. » Statuts 34.2
« Notre application principale et notre vocation sont de vaquer au silence et à la solitude de la cellule. Elle est la terre sainte, le lieu où Dieu et son serviteur entretiennent de fréquents colloques, comme il se fait entre amis. Là, souvent l’âme s’unit au Verbe de Dieu, l’épouse à l’Époux, la terre au ciel, l’humain au divin ». (Statuts 4.1)
« La grâce du Saint-Esprit rassemble les solitaires pour en faire une communion dans l’amour, à l’image de l’Église, une et répandue en tout lieu. » Statuts 21.1
« Qui persévère sans défaillance dans la cellule et se laisse enseigner par elle tend à faire de toute son existence une seule prière continuelle. Mais il ne peut entrer dans ce repos sans passer par l’épreuve d’un rude combat : ce sont les austérités auxquelles il s’applique comme un familier de la Croix, ou les visites du Seigneur, venu l’éprouver comme l’or dans le feu. Ainsi, purifié par la patience, nourri et fortifié par la méditation assidue de l’Écriture, introduit par la grâce du Saint-Esprit dans les profondeurs de son cœur, il pourra désormais, non seulement servir Dieu, mais adhérer à lui ». (Statuts 3.2)

Auteur : L’Ordre des chartreux  (http://www.chartreux.org)

Saint Bruno priez pour nous !

06.10.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,25-37. 

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

pape et docteur de l’Église

Livre XII, SC 212 (Morales sur Job, trad. A. Bocognano, éd. du Cerf, 1974 ; p. 223-225)

Enraciner son cœur dans le désir de la vie éternelle

« Il ne sera pas habité, sa fortune ne durera pas, il ne poussera pas sa racine dans la terre. » (Jb 15,29 Vg) (…) L’homme ne s’enrichit de vertus que si son âme est habitée par Dieu tout-puissant. Mais comme la pensée de l’orgueilleux n’est pas habitée par la grâce de son créateur, il ne saurait s’enrichir de vertus. Ainsi, comme il est intérieurement vide, on peut dire : « Il ne sera pas habité », et c’est raison d’ajouter : « sa fortune ne durera pas. » (…) Si nous appliquons cette expression à la terre de ce monde, il est bien évident qu’un arbre qui n’a pas de racine dans la terre est ébranlé par la brise la plus légère et tombe. Or, quand l’orgueilleux se fortifie contre le Seigneur tout-puissant, quand il court le cou dressé, quand il se dresse, la nuque grasse, contre l’auteur de la vie, il paraît avoir la stature d’un arbre. Il a cette stature mais il est sans racine, puisque, telle une douce brise, la simple mise en branle d’une sentence cachée lui arrache la vie. (…) Mais si par le mot de terre nous entendons la récompense de la vie éternelle qui fait dire au prophète : « Tu es mon partage dans la terre des vivants » (Ps 141,6), cet injuste ne pousse pas sa racine dans la terre, parce qu’il n’enracine jamais la pensée de son cœur au désir de la vie éternelle. Ce que la racine est pour l’arbre, la pensée personnelle l’est, en effet, pour chaque homme, parce que ce qui apparaît de lui au-dehors est lié à ce qui en son for intérieur n’apparaît pas. C’est ce qui fait dire encore au prophète : « Il poussera sa racine vers le bas et il fera croître ses fruits vers le haut. » (Is 37,31) Oui, lorsque notre pensée s’oriente vers la compassion pour notre prochain dans la misère, nous pouvons dire que nous poussons notre racine vers le bas, afin de faire croître le fruit qui sera notre récompense dans le ciel.

LECTURES :

Livre de Jonas 1,1-16.2,1.11. 

La parole du Seigneur fut adressée à Jonas, fils d’Amittaï :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, et proclame que sa méchanceté est montée jusqu’à moi. »
Jonas se leva, mais pour s’enfuir à Tarsis, loin de la face du Seigneur. Descendu à Jaffa, il trouva un navire en partance pour Tarsis. Il paya son passage et s’embarqua pour s’y rendre, loin de la face du Seigneur.
Mais le Seigneur lança sur la mer un vent violent, et il s’éleva une grande tempête, au point que le navire menaçait de se briser.
Les matelots prirent peur ; ils crièrent chacun vers son dieu et, pour s’alléger, lancèrent la cargaison à la mer. Or, Jonas était descendu dans la cale du navire, il s’était couché et dormait d’un sommeil mystérieux.
Le capitaine alla le trouver et lui dit : « Qu’est-ce que tu fais ? Tu dors ? Lève-toi ! Invoque ton dieu. Peut-être que ce dieu s’occupera de nous pour nous empêcher de périr. »
Et les matelots se disaient entre eux : « Tirons au sort pour savoir à qui nous devons ce malheur. » Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas.
Ils lui demandèrent : « Dis-nous donc d’où nous vient ce malheur. Quel est ton métier ? D’où viens-tu ? Quel est ton pays ? De quel peuple es-tu ? »
Jonas leur répondit : « Je suis Hébreu, moi ; je crains le Seigneur, le Dieu du ciel, qui a fait la mer et la terre ferme. »
Les matelots furent saisis d’une grande peur et lui dirent : « Qu’est-ce que tu as fait là ? » Car ces hommes savaient, d’après ce qu’il leur avait dit, qu’il fuyait la face du Seigneur.
Ils lui demandèrent : « Qu’est-ce que nous devons faire de toi, pour que la mer se calme autour de nous ? » Car la mer était de plus en plus furieuse.
Il leur répondit : « Prenez-moi, jetez-moi à la mer, pour que la mer se calme autour de vous. Car, je le reconnais, c’est à cause de moi que cette grande tempête vous assaille. »
Les matelots ramèrent pour regagner la terre, mais sans y parvenir, car la mer était de plus en plus furieuse autour d’eux.
Ils invoquèrent alors le Seigneur : « Ah ! Seigneur, ne nous fais pas mourir à cause de cet homme, et ne nous rends pas responsables de la mort d’un innocent, car toi, tu es le Seigneur : ce que tu as voulu, tu l’as fait. »
Puis ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer. Alors la fureur de la mer tomba.
Les hommes furent saisis par la crainte du Seigneur ; ils lui offrirent un sacrifice accompagné de vœux.
Le Seigneur donna l’ordre à un grand poisson d’engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits.
Alors le Seigneur parla au poisson, et celui-ci rejeta Jonas sur la terre ferme.

Livre de Jonas 2,3.4.5.8. 

R/ Tu retires ma vie de la fosse, Seigneur mon Dieu. (Jon 2, 7)

Dans ma détresse, je crie vers le Seigneur, 
et lui me répond ; 
du ventre des enfers j’appelle : 
tu écoutes ma voix.

Tu m’as jeté au plus profond du cœur des mers, 
et le flot m’a cerné ; 
tes ondes et tes vagues ensemble 
ont passé sur moi.

Et je dis : me voici rejeté 
de devant tes yeux ; 
pourrai-je revoir encore 
ton temple saint ?

Quand mon âme en moi défaillait, 
je me souvins du Seigneur ; 
et ma prière parvint jusqu’à toi 
dans ton temple saint.

05.10.2025 – MESSE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE LÉON XIV POUR LE JUBILÉ DU MONDE MISSIONNAIRE ET POUR LE JUBILÉ DES MIGRANTS

Le Pape encourage à raviver la conscience de notre vocation missionnaire

Célébrant l’Eucharistie ce dimanche 05 septembre place Saint-Pierre, à l’occasion de la clôture des Jubilés du monde missionnaire et des migrants, Léon XIV a indiqué dans son homélie qu’une nouvelle ère missionnaire s’ouvrait dans l’histoire de l’Église. «Si pendant longtemps nous avons associé la mission au « départ »», «aujourd’hui, les frontières de la mission ne sont plus géographiques, car la pauvreté, la souffrance et le désir d’une plus grande espérance viennent à nous», a affirmé le Pape.

Fabrcie Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

Environ 30 000 fidèles étaient présents à cette célébration eucharistique qui a eu lieu sur la place Saint-Pierre. La coïncidence des deux Jubilés a offert une occasion au Pape qui a été longtemps missionnaire chez des peuples en quête d’espérance, au Pérou, de «raviver en chacun la conscience de la vocation missionnaire» qui selon lui, «naît du désir d’apporter à tous la joie et la consolation de l’Évangile, en particulier à ceux qui vivent une histoire difficile et blessée». Il a également mis l’accent sur la situation des migrants qui ont dû «quitter leurs terres, souvent en laissant leurs proches, traversant des nuits de peur et de solitude, vivant dans leur chair la discrimination et la violence». Aussi, a-t-il rappelé le devoir de l’Église: «Toute l’Église est missionnaire, et il est urgent – comme l’a affirmé le Pape François – qu’elle ‘‘sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans délai, sans répulsion et sans crainte’’», a dit Léon XIV. (Voir François, Exhortation apostolique Evangelii gaudium, 23).

Le mal a une échéance

«L’Esprit nous envoie poursuivre l’œuvre du Christ dans les périphéries du monde, parfois marquées par la guerre, l’injustice et la souffrance», a affirmé le Souverain pontife, indiquant que face à ces scénarios sombres, resurgit le cri qui s’est souvent élevé vers Dieu au cours de l’histoire: «Pourquoi, Seigneur, n’interviens-tu pas? Pourquoi sembles-tu absent?». Ce cri de douleur, a dit le Saint-Père, est «une forme de prière qui imprègne toute l’Écriture», se référant ici au livre du prophète Habacuc que la liturgie du jour proposait à la méditation: «Jusqu’à quand, Seigneur, implorerai-je ton aide sans que tu m’écoutes […]. Pourquoi me fais-tu voir l’iniquité et restes-tu spectateur de l’oppression ?», clame le prophète aux deuxième et troisième versets du premier chapitre de son livre. Pour amplifier ces lamentations, Léon XIV a recouru à la pensée du Pape Benoît, qui, après sa visite à Auschwitz affirmait dans sa catéchèse du 14 septembre 2011: «Dieu se tait, et ce silence déchire l’âme de celui qui prie, qui appelle sans cesse, mais sans trouver de réponse. […] Dieu semble si lointain, si oublieux, si absent». L’évêque de Rome a par ailleurs fourni une réponse à ce questionnement: «Si le prophète dénonce la force inéluctable du mal qui semble prévaloir, le Seigneur, quant à lui, lui annonce que tout cela aura une fin, une échéance, car le salut viendra et ne tardera pas», a déclaré le Souverain pontife. 

La foi ne s’impose par la puissance mais se réalise dans les petits gestes de chaque jour

Face à l’épreuve et la souffrance, Léon XIV nous indique la foi comme arme de résistance et de persévérance. «Il y a donc une vie, une nouvelle possibilité de vie et de salut qui vient de la foi, car elle nous aide non seulement à résister au mal en persévérant dans le bien, mais elle transforme notre existence au point d’en faire un instrument du salut que Dieu veut encore aujourd’hui opérer dans le monde», a dit le Pape. Il ensuite expliqué que, comme Jésus nous le dit dans l’Évangile, il s’agit d’une force douce: «la foi ne s’impose pas par la puissance et de manière extraordinaire; il suffit d’un grain de sénevé pour faire des choses impensables (cf. Lc 17, 6), car elle porte en elle la force de l’amour de Dieu qui ouvre des voies de salut», a affirmé Léon XIV.

Il a par ailleurs relevé le rôle de chacun dans cette réalisation. «C’est un salut qui se réalise lorsque nous nous engageons personnellement et que nous prenons soin, avec la compassion de l’Évangile, de la souffrance de notre prochain; c’est un salut qui se fraye un chemin, silencieusement et apparemment inefficace, dans les gestes et les paroles quotidiennes, qui deviennent comme la petite graine dont nous parle Jésus; c’est un salut qui grandit lentement lorsque nous devenons des ‘‘serviteurs inutiles’’», a-t-il indiqué, pour qui, «nous devenons vraiment serviteurs», «lorsque nous nous mettons au service de l’Évangile et de nos frères sans rechercher nos propres intérêts, mais uniquement pour apporter l’amour du Seigneur dans le monde». C’est avec ce souhait que Léon XIV a appelé à «renouveler en nous le feu de la vocation missionnaire».

Aujourd’hui, les frontières de la mission ne sont plus géographiques

Entamant ensuite une réflexion sur le sens de la mission et du missionnaire, le Pape est arrivé à la conclusion qu’«aujourd’hui s’ouvre une nouvelle ère missionnaire dans l’histoire de l’Église». «Si, pendant longtemps, nous avons associé la mission au ‘‘départ’’, au fait d’aller vers des terres lointaines qui n’avaient pas connu l’Évangile ou qui vivaient dans la pauvreté, aujourd’hui, les frontières de la mission ne sont plus géographiques, car la pauvreté, la souffrance et le désir d’une plus grande espérance viennent à nous». Il en a pris pour témoin l’histoire de tant de migrants, «le drame de leur fuite devant la violence, la souffrance qui les accompagne, la peur de ne pas y arriver, le risque de traversées périlleuses le long des côtes maritimes, leur cri de douleur et de désespoir». Selon Léon XIV, «notre mission doit consister à ce que ces bateaux qui espèrent apercevoir un port sûr où s’arrêter, et ces yeux chargés d’angoisse et d’espoir qui cherchent une terre ferme où accoster, ne peuvent et ne doivent pas trouver la froideur de l’indifférence ou la stigmatisation de la discrimination.»

Chacun de nous doit agir dans la mesure de ses possibilités

Le Saint-Père a par ailleurs avisé que tant il ne s’agit pas de «partir», il ne s’agit non plus de «rester» pour le simple fait de rester, mais pour annoncer le Christ à travers l’accueil, la compassion et la solidarité: «rester sans se réfugier dans le confort de notre individualisme, rester pour regarder en face ceux qui arrivent de terres lointaines et martyrisées, rester pour leur ouvrir les bras et le cœur, les accueillir comme des frères, être pour eux une présence de consolation et d’espoir». Il a mentionné ici les nombreux missionnaires, mais aussi les croyants et les personnes de bonne volonté, «qui travaillent au service des migrants et pour promouvoir une nouvelle culture de fraternité sur le thème des migrations, au-delà des stéréotypes et des préjugés». Ce précieux service, a-t-il dit, «interpelle chacun de nous, dans la mesure de ses modestes possibilités». «Le moment est venu, de nous constituer tous en ‘‘état permanent de mission’’, se référant dans cette dernière expression à son prédécesseur le Pape François.

Coopération missionnaire et vocation missionnaire

Pour répondre à cet appel, le Pape recommande deux grands engagements missionnaires: la coopération missionnaire et la vocation missionnaire. Concernant la première, le Saint-Père demande de «promouvoir une coopération missionnaire renouvelée entre les Églises». Il exhorte à ce que dans «les communautés de tradition chrétienne ancienne» comme celles d’Occident, la présence de nombreux «frères et sœurs du Sud du monde» soit considérée comme «une opportunité d’échange qui renouvelle le visage de l’Église et suscite un christianisme plus ouvert, plus vivant et plus dynamique». Il invite en même temps chaque missionnaire à «habiter les cultures qu’il rencontre avec un respect sacré, en orientant vers le bien tout ce qu’il trouve de bon et de noble, et en y apportant la prophétie de l’Évangile».

Quant à la vocation missionnaire, Léon XIV rappelle tout d’abord «la beauté et l’importance des vocations missionnaires», lui qui a été longtemps missionnaire loin de sa terre natale. Aussi, s’adressant de façon particulière à l’Église européenne, le Pape a renouvelé l’appel à l’engagement missionnaire. «Aujourd’hui, il y a besoin d’un nouvel élan missionnaire, de laïcs, de religieux et de prêtres qui offrent leur service dans les terres de mission, de nouvelles propositions et expériences vocationnelles capables de susciter ce désir, en particulier chez les jeunes». 

Que chacun de nous devienne collaborateur du Royaume du Christ

Pour conclure son exhortation, le Saint-Père a exprimé toute son affection et donné sa bénédiction «au clergé local des Églises particulières, aux missionnaires et à ceux qui sont en discernement vocationnel». Aux migrants, le Pape a dit en ces termes: «Soyez toujours les bienvenus!». Il leur a souhaité de trouver le «visage de Dieu dans les missionnaires» qu’ils rencontreront, rappelant que «les mers et les déserts que vous avez traversés sont, dans les Écritures, des ‘‘lieux de salut’’, où Dieu s’est rendu présent pour sauver son peuple».

Confiant tous à l’intercession de Marie, «première missionnaire de son Fils, qui marche rapidement vers les montagnes de Judée, portant Jésus dans son sein et se mettant au service d’Élisabeth», le Pape a imploré son soutien, «afin que chacun de nous devienne collaborateur du Royaume du Christ, Royaume d’amour, de justice et de paix».

Source : VATICANNEWS, le 5 octobre 2025

Le peuple malgache choisit Marie pour Patronne de Madagascar

Le peuple malgache choisit Marie pour Patronne de Madagascar

En 1971 a été célébré le centenaire de l’arrivée du premier prêtre catholique à Fiaharantsoa. L’actuel Archevêque Mgr Gilbert Ramanantoanina a placé cette année du centenaire sous le signe de la sanctification de la famille en prenant la Sainte Famille pour modèle. Dans une interview accordée au journal catholique Lumière, l’archevêque rappelle les événements saillants des cent premières années de vie chrétienne dans sa circonscription ecclésiastique… Il évoque la personnalité du Père Finaz qui en 1885 a dit la première messe à Tananarive et y vécut clandestinement pendant la persécution. Puis, commença l’évangélisation de Fianarantsoa… Arrivé le 5 octobre 1871, le père Finaz réussit à déjouer l’hostilité des protestants et à louer une modeste case. Il y installa un oratoire dont l’autel est surmonté d’une statue de la Sainte Vierge. Dès la première réunion le dimanche 9 octobre, il enseigna aux enfants des cantiques et le chapelet. Ce fut le recours confiant à Marie Immaculée qui permit au père Finaz, malgré des difficultés en apparence insurmontables, d’obtenir de la Reine et du premier ministre la concession de deux terrains nécessaires à l’établissement de la Mission : le premier fut concédé le 8 décembre 1871, et le deuxième le même jour de l’année suivante. Dès 1867, un recueil de cantiques avait été composé par un autre missionnaire, le Père Castets, commençant par ces mots : « Ô Marie, Mère sans souillure, nous, peuple malgache, nous vous choisissons pour notre Patronne et notre force. » Cet engagement est toujours valable et les Malgaches continuent fidèlement de prier particulièrement Marie dans les nombreuses grottes de Notre-Dame  de Lourdes édifiées dans le pays.

Extrait de N.D. des Temps Nouveaux, 1971 n°2

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie