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Notre Dame des Abandonnés, des Fous et des Innocents

Notre Dame des Abandonnés, des Fous et des Innocents
Aujourd’hui (12 mai) est la fête de Notre Dame des Abandonnés de Manille aux Philippines, affectueusement appelée « Mama Amparo » (1) par ses fidèles. Elle est aussi appelée « La Gobernadora de Manille » (Gouverneure de Manille). Son image est vénérée à l’église de Santa Ana à Manille.
Le culte de l’image de la Vierge des Abandonnés, vient à l’origine d’Espagne. Il s’agit d’une Madone à l’Enfant où la Sainte Vierge porte son Fils Jésus sur son bras droit. L’Enfant Jésus, quant à lui, porte une croix ornée de bijoux qui symbolise sa crucifixion à venir, celle qui sauvera l’humanité de la damnation éternelle. L’image montre également deux enfants, qui représentent les Saints Innocents tués par Hérode, car le titre complet de l’image est Nuestra Señora de los Desamparados y los Inocentes (Notre Dame des Abandonnés et des Innocents).
En Espagne Notre Dame des Abandonnés est l’une des sept Patronnes des communautés autonomes d’Espagne. En effet, le 24 février 1409, le père Juan Gilabert Jofré se dirigeait vers la cathédrale de Valence en Espagne, pour prononcer un sermon durant le Carême, quand il fut le témoin du lynchage d’un malade mental dans une rue proche de Santa Catalina (actuellement Martín Mengod), une rue de Valence. Ce drame lui fit prendre la décision de fonder un hospice pour les malades mentaux. La confrérie fut créée sous l’invocation de Nostra Dona Sancta dels Folls Innocents e Desamparats (Notre-Dame des fous innocents et abandonnés). L’objectif de la confrérie était de s’occuper des fous, mais à cause des famines de l’époque et de la peste noire, les rues étaient remplies d’enfants abandonnés. L’hospice fut agrandi pour recueillir les enfants abandonnés, exposés aux dangers ou orphelins.
Deux ans plus tard, on nomma la Vierge Marie patronne de la confrérie pour qu’elle soit la mère des enfants abandonnés qu’on y recueillait, et on modifia l’invocation en Mare de Déu dels Desemparats, c’est à dire « Mère de Dieu des Abandonnés ».
C’est cette Vierge appelée par les Espagnols « Notre Dame de Abandonnés » qui attire aujourd’hui une foule immense dans Manille, la capitale des Philippines, chaque année pour sa fête.
(1) Amparo : dérivé de « Desamparados, les abandonnés »
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
12.05.2025 – SAINT DU JOUR

Bx Álvaro del Portillo
Évêque et 1er succ. de Josemaría Escrivá
alla guida dell’Opus Dei
Le jour choisi pour la commémoration n’est pas le ‘dies natalis’ (23 mars) mais le 12 mai, jour de sa première communion.
Álvaro del Portillo naît à Madrid (Espagne), le 11 mars 1914, dans une famille profondément chrétienne. Il était ingénieur des Ponts et Chaussées, et docteur en philosophie et droit canon.
C’est en 1935 qu’il s’incorpora à l’Opus Dei, institution de l’Église Catholique, fondée sept ans auparavant par saint Josemaría Escrivá de Balaguer. Il reçut directement de son fondateur sa formation et l’esprit propres à cette voie nouvelle dans l’Église. Il s’investit dans un vaste travail d’évangélisation parmi ses camarades d’étude et de travail.
À partir de 1936, il fit de nombreux voyages apostoliques dans différentes villes d’Espagne.
Le 25 juin 1944, il fut ordonné prêtre par l’évêque de Madrid, mgr Léopold Eijo y Garay, avec deux autres fidèles de l’Opus Dei, José Maria Hernandez Garnica et José Luis Muzquiz : ce sont les trois premiers prêtres de l’Opus Dei, après le fondateur.
En 1946, il emménagea à Rome quelques mois avant que saint Josémaria, qu’il ne quitta plus, ne s’y installe à son tour. Ce fut une période cruciale pour l’Opus Dei qui reçut alors les premières approbations juridiques du Saint-Siège.
Entre 1947 et 1950, il encouragea l’expansion apostolique de l’Opus Dei à Rome, à Milan, à Naples, à Palerme et dans d’autres villes italiennes. Il promut des activités de formation chrétienne et exerça son ministère sacerdotal auprès de très nombreuses personnes. Aujourd’hui, beaucoup de rues, de places portent son nom dans différentes villes pour témoigner de la trace profonde de son travail en Italie.
Le 29 juin 1948, le fondateur de l’Opus Dei érigea, à Rome, le Collège Romain de la Sainte-Croix, centre international de formation dont Álvaro del Portillo fut le premier recteur et où il enseigna la théologie morale (1948-1953). En 1948, il obtint le doctorat en Droit Canonique à l’Université Pontificale de Saint-Thomas.
À Rome, les papes qui se sont succédé, du Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) à saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), lui confièrent de nombreux postes, en tant que membre ou consulteur de 13 organismes du Saint-Siège.
Il participa activement au Concile Vatican II. Saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963) le nomma consulteur de la Sacrée Congrégation du Concile (1959-1966). Dans les étapes antérieures au concile Vatican II, il fut président de la commission pour le Laïcat. Durant le concile (1962-1965), il fut secrétaire de la commission sur la Discipline du Clergé et du Peuple chrétien. À la fin de cet événement ecclésial, saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) le nomma consulteur de la commission postconciliaire sur les Évêques et le Gouvernement des Diocèses (1966). Durant beaucoup d’années, il fut aussi consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
La vie d’Álvaro del Portillo est étroitement unie à celle du fondateur. Il demeura toujours à ses côtés jusqu’au moment même de sa mort, le 26 juin 1975, pour collaborer avec saint Josémaria aux tâches d’évangélisation et de gouvernement pastoral. Il fit avec lui de nombreux voyages pour encourager et orienter les différents apostolats de l’Opus Dei: « En percevant sa présence aimable et discrète aux côtés de la dynamique figure de mgr Escrivá, je pensais à la modestie de saint Joseph », écrivit à l’occasion de sa mort le père augustinien irlandais John O’Connor.
Le 15 septembre 1975, le congrès général convoqué après le décès du fondateur, élut don Álvaro pour lui succéder à la tête de l’Opus Dei. Le 28 novembre 1982, lorsque saint Jean-Paul II érigea l’Opus Deien Prélature Personnelle, il le désigna comme Prélat de la nouvelle prélature. Huit ans après, le 7 décembre 1990, il le nomma évêque et le 6 janvier 1991, il lui conféra l’ordination épiscopale en la basilique Saint-Pierre.
Tout au long des années qu’il demeura à la tête de l’Opus Dei, mgr Álvaro del Portillo promut le début de l’activité de la prélature dans 20 nouveaux pays. Lors des voyages pastoraux qu’il fit dans les cinq continents, il s’adressa à des milliers de personnes pour leur parler de l’amour de l’Église et du Pape, et il prêcha avec une sympathie persuasive le message chrétien de saint Josemaría sur la sainteté dans la vie ordinaire.
En tant que Prélat de l’Opus Dei, mgr Álvaro del Portillo encouragea la mise en route de nombreuses initiatives sociales et éducatives. Le Centre Hospitalier Monkole(Kinshasa, Congo), le Center for Industrial Technology and Enterprise (CITE, à Cebu, aux Philippines) et la Niger Foundation(Enugu, au Nigeria) sont des exemples d’institutions sociales confiées aux fidèles de l’Opus Dei et à d’autres personnes, sous l’encouragement direct de mgr del Portillo.
De même, l’Université Pontificale de la Sainte-Croix à partir de 1985, le séminaire international Sedes Sapientiæ (à partir de 1990), tous les deux à Rome, ainsi que le Collège Ecclésiastique International Bidassoa, à Pampelune, en Espagne, ont formé, pour tous les diocèses, des milliers de candidats au sacerdoce envoyés par les évêques du monde entier.
« Le sacerdoce n’est pas une carrière, écrivit-il en 1986, mais un don généreux, total, sans calculs ni limites, pour être semeurs de paix et de joie dans le monde et pour ouvrir les portes du Ciel à ceux qui profitent de ce service et de ce ministère ».
Il meurt à Rome, au petit matin du 23 mars 1994. Quelques heures auparavant, il venait de rentrer d’un pèlerinage en Terre Sainte. La veille, le 22 mars, il avait dit sa dernière messe en l’église du Cénacle de Jérusalem.
Mgr Álvaro del Portillo a été béatifié à Madrid le 27 septembre 2014. La messe solennelle était présidée par le Card. Angelo Amato s.d.b., Préfet de la Congrégation pour la cause des Saints, qui représentait le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-), en présence de 18 cardinaux, 150 évêques et plus de 200 000 personnes venues du monde entier.
Pour un approfondissement biographique :
>>> Opus Dei – Bx Álvaro del Portillo (site multilangues)
Bx Álvaro del Portillo priez pour nous !

12.05.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,1-10.
En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint John Henry Newman (1801-1890)
cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre
Sermon « The Shepherd of Our Souls », PPS, t. 8, n° 16 (trad.©Evangelizo.org)
« Il marche à leur tête, et elles le suivent »
« Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger » (Mt 9,36). (…) Les brebis ont été dispersées parce qu’il n’y avait pas de berger. (…) Ainsi en était-il dans le monde entier quand le Christ est venu dans sa miséricorde infinie « pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Et si pour un moment ils ont été à nouveau laissés sans guide, lorsque dans sa lutte contre l’ennemi le bon berger a donné sa vie pour ses brebis — selon la prophétie : « Frappez le berger, et les brebis seront dispersées » (Za 13,7) — bientôt cependant, il est ressuscité d’entre les morts pour vivre à jamais, selon cette autre prophétie : « Celui qui a dispersé Israël le rassemblera comme un berger son troupeau » (Jr 31,10). Comme il le dit lui-même dans la parabole qu’il nous propose, « il appelle ses propres brebis par leur nom et les mène dehors, et il marche devant elles, et les brebis le suivent car elles connaissent sa voix ». Ainsi, le jour de sa résurrection, comme Marie pleurait, il l’a appelée par son nom (Jn 20,16), et elle s’est retournée et a reconnu par l’oreille celui qu’elle n’avait pas reconnu par la vue. De même, il a dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? », et il a ajouté : « Suis-moi » (Jn 21,15.19). Et de même, lui et son ange ont dit aux femmes : « Il vous précède en Galilée » ; « Allez dire à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée, et là ils me verront » (Mt 28,7.10). Depuis ce temps-là le bon pasteur, qui a pris la place de ses brebis et qui est mort pour qu’elles puissent vivre à jamais, les précède et elles « suivent l’Agneau partout où il va » (Ap 14,4).

LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 11,1-18.
En ces jours-là, les Apôtres et les frères qui étaient en Judée avaient appris que les nations, elles aussi, avaient reçu la parole de Dieu.
Lorsque Pierre fut de retour à Jérusalem, ceux qui étaient juifs d’origine le prirent à partie,
en disant : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! »
Alors Pierre reprit l’affaire depuis le commencement et leur exposa tout dans l’ordre, en disant :
« J’étais dans la ville de Jaffa, en train de prier, et voici la vision que j’ai eue dans une extase : c’était un objet qui descendait. On aurait dit une grande toile tenue aux quatre coins ; venant du ciel, elle se posa près de moi.
Fixant les yeux sur elle, je l’examinai et je vis les quadrupèdes de la terre, les bêtes sauvages, les reptiles et les oiseaux du ciel.
J’entendis une voix qui me disait : “Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange !”
Je répondis : “Certainement pas, Seigneur ! Jamais aucun aliment interdit ou impur n’est entré dans ma bouche.”
Une deuxième fois, du haut du ciel la voix répondit : “Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit.”
Cela se produisit par trois fois, puis tout fut remonté au ciel.
Et voici qu’à l’instant même, devant la maison où j’étais, survinrent trois hommes qui m’étaient envoyés de Césarée.
L’Esprit me dit d’aller avec eux sans hésiter. Les six frères qui sont ici m’ont accompagné, et nous sommes entrés chez le centurion Corneille.
Il nous raconta comment il avait vu l’ange se tenir dans sa maison et dire : “Envoie quelqu’un à Jaffa pour chercher Simon surnommé Pierre.
Celui-ci t’adressera des paroles par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison.”
Au moment où je prenais la parole, l’Esprit Saint descendit sur ceux qui étaient là, comme il était descendu sur nous au commencement.
Alors je me suis rappelé la parole que le Seigneur avait dite : “Jean a baptisé avec l’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés.”
Et si Dieu leur a fait le même don qu’à nous, parce qu’ils ont cru au Seigneur Jésus Christ, qui étais-je, moi, pour empêcher l’action de Dieu ? »
En entendant ces paroles, ils se calmèrent et ils rendirent gloire à Dieu, en disant : « Ainsi donc, même aux nations, Dieu a donné la conversion qui fait entrer dans la vie ! »

Psaume 42(41),2.3.43(42),3.4.
R/ Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. (Ps 41, 3ab)
Comme un cerf altéré
cherche l’eau vive,
ainsi mon âme te cherche
toi, mon Dieu.
Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ?
Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure.
J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu !

11.05.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE PARIS
Prudent et discipliné, Léon XIV dépeint par l’un de ses proches au Pérou

Péruvien d’adoption, le Pape Léon XIV a passé de nombreuses années dans le pays andin en tant que missionnaire, avant de devenir évêque de Chiclayo en 2015. Entretien avec son chargé de pastoral d’alors et proche ami, César Piscoya.
Entretien réalisé par Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
C’est à l’âge de trente ans que le Pape Léon XIV, alors père Prevost, foule pour la première fois le sol du pays sud-américain. Après un parcours étasunien, puis un détour par Rome, il est envoyé dans la mission augustinienne de Chulucanas, dans le département de Piura au Pérou, en 1985. S’ensuivront ensuite de nombreux allers-retours au Pérou, accompagnés d’une nomination à l’évêché de Chiclayo en 2015 par le Pape François, et d’une désignation à la vice-présidence de la conférence épiscopale péruvienne en 2018. Le cardinal Robert Francis Prevost obtient même la nationalité péruvienne en 2015.
Retour sur son parcours dans le pays avec son proche ami depuis 30 ans, César Piscoya, qui fut également son chargé de pastorale au diocèse de Chiclayo. Il travaille désormais à Bogota pour le Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), au Centre des programmes et réseaux d’action pastorale. Ce père de famille décrit un homme humain, toujours resté sensible aux réalités et aux souffrances du peuple péruvien.
Comment avez-vous reçu la nouvelle de sa nomination? Avez-vous eu des échos du diocèse de Chiclayo?
J’ai été très ému et très heureux d’entendre cette nouvelle. Je me trouve actuellement à Bogota car je travaille pour la Conférence épiscopale latino-américaine, et je n’étais donc pas dans ma ville de Chiclayo lorsque j’ai appris son élection, mais les nouvelles qui me sont parvenues de ma famille, de mes amis, étaient empreintes d’une grande joie, d’un grand émerveillement, d’un grand enthousiasme. Les gens affluaient sur la place principale, dans la cour de la cathédrale, ils étaient submergés par l’émotion, et c’est ainsi que les nouvelles ont été reçues par ce petit peuple souffrant, mais grand dans son affection et son amitié.
Vous êtes-vous rencontrés à Chiclayo? Comment avez-vous commencé à travailler ensemble?
Je connais Roberto depuis 1996. Nous avons partagé de nombreuses années ensemble dans l’expérience de la mission des Augustiniens. Puis, en 2017, je suis retourné à Chiclayo, et quand je suis revenu, il m’a demandé si nous pouvions travailler ensemble dans le diocèse, et nous avons donc travaillé jusqu’en décembre 2022, quand il était évêque de Chiclayo. Lorsqu’il m’a invité à travailler pour la pastorale dans le diocèse de Chiclayo, il m’a dit deux choses fondamentales, l’une étant «César, nous devons travailler dans l’unité» et l’autre «César, nous avons besoin que nos gens, notre communauté, notre diocèse comprennent qu’il est important de travailler de manière coresponsable». C’était l’orientation que Mgr Roberto voulait donner, et il m’a dit «n’oublie pas le Concile (Vatican II), nous devons générer un processus de renouvellement et de structuration de notre diocèse». Le projet a été intitulé « projet de renouvellement et d’évangélisation du diocèse », et c’était la tâche missionnaire qu’il m’a confiée.
Cette tâche était-elle difficile en tant que laïc?
C’est une très bonne question car cela me permet de dire quelque chose d’essentiel sur notre nouveau Pape Léon XIV. Il connaissait le contexte du diocèse, il savait à quel point cette expérience pouvait être difficile parce qu’il s’agissait d’un contexte clérical: Chiclayo avait déjà soixante ans de présence de l’Opus Dei. Leur travail a une orientation plus «réduite» ou plus axée sur les aspects sacramentels et liturgiques externes, qui sont toujours bons, mais il y a peu d’intérêt pour les questions sociales, pour aller à la rencontre des autres,de la périphérie. Donc Mgr Prevost a compris que nous avions ce défi et il m’a donc soutenu dès le premier instant, et m’a invité à être présent dans une Église où les prêtres, les religieux et les laïcs doivent travailler ensemble de manière coresponsable. C’est important, et c’était donc difficile, mais ce n’était pas impossible parce que nous croyions aussi en ce que l’Esprit Saint faisait pour son Église, en particulier pour l’Église de Chiclayo.
Par exemple, quand nous avons commencé à nous engager pastoralement, nous avions très peu de laïcs impliqués dans les tâches d’évangélisation et de mission. Ceux qui étaient dans les paroisses étaient réduits à se réunir sporadiquement en conseil paroissial, mais lui, avec le soutien de ce projet que nous encouragions, a décidé de mettre en place des équipes paroissiales d’animation pastorale. Et ces équipes étaient majoritairement composées de plus de huit laïcs par paroisse. Donc, si l’on multiplie les quelques cinquante paroisses par huit, on obtient un nombre important de laïcs qui ont été impliqués pendant la période où il était évêque du diocèse.
Vous avez travaillé sur la place des femmes dans le diocèse de Chicalyo. Ces travaux ont eu un lien avec le type de gouvernance mis en place par Léon XIV?
Le souci d’impliquer les laïcs, et nous savons que la plupart d’entre eux sont des femmes, faisait partie du processus de «renouveau» car nous constations une Église très centrée sur les prêtres, une Église centrée sur peu de laïcs et sur les hommes, même si les femmes étaient présentes dans de nombreux espaces pastoraux, par exemple la catéchèse, la liturgie, la formation, mais elles n’avaient pas de responsabilité ni d’espace de prise de décision. Les équipes paroissiales qui ont été constituées également au niveau des équipes vicariales et au niveau des équipes diocésaines, étaient des organes de décision pour qu’avec le curé ou avec l’évêque, parce que Mgr Roberto accompagnait aussi ces organes, nous puissions prendre des décisions communes. Il a impliqué les femmes dans ces espaces.
Par ailleurs, il a donné des responsabilités aux femmes dans de nombreuses commissions. Par exemple, pendant que Mgr Prevost était évêque, la Caritas de Chiclayo était dirigée par une femme, Janinna Sesa Córdova, et l’Université catholique Santo Toribio de Mogrovejo a choisi une femme, Patricia Julia Campos Olazábal, comme rectrice. C’est-à-dire qu’il a commencé à placer des femmes à des endroits stratégiques qui sont aussi des postes de responsabilité dans l’Église.
Quelle place occupe la synodalité dans sa conception de l’Église? Est-elle inspirée du Pape François?
Je crois que Mgr Roberto, aujourd’hui Pape Léon XIV, a vécu la synodalité dès sa première expérience lorsqu’il était en mission à Chulucanas, dans le département de Piura (1985-1986). Il a compris dès le premier instant que l’autre, le nécessiteux, le pauvre et le souffrant, avait besoin de sa proximité. C’est quelque chose qui était présent dans sa mission, dans son engagement en tant que pasteur de notre Église depuis le tout début. Lorsqu’il est arrivé dans le diocèse, il a organisé cette expression sociale, cet engagement de solidarité, partout où il se trouvait.
Dans son style de gouvernance, comme se rapporte-t-il aux autres?
Il est dans le dialogue. Il tenait un conseil presbytéral et il avait aussi mis en place un espace de réflexion avec ses frères prêtres. Dans les équipes diocésaines où nous étions nous laïcs, on évaluait ensemble le travail pastoral. Il est très horizontal, dans l’écoute et dans le dialogue pour prendre des décisions.
Comment décririez-vous sa personnalité?
Mgr Prevost est une personne qui se rend proche, qui se fait ami. S’il doit pleurer, il pleure avec vous, s’il doit rire, il rit avec vous, s’il doit se projeter et rêver, il le fait aussi. Il partage aussi vos désespoirs. Il n’a pas peur de toucher la chair: il accueille, il embrasse, il est sensible à toute cette réalité qui est la nôtre. Il sait écouter et c’est une personne qui est attentive à ce que vous ressentez, il se soucie de vous.
Et quelles sont ses principales qualités?
Je dirais, en tout premier lieu, sa prudence. Il possède cette vertu; c’est un homme d’une grande prudence. C’est un homme de tempérament, il est vertueux dans sa force. Lorsqu’il entreprend quelque chose, il va jusqu’au bout. Il est très discipliné dans ses études, dans ses prières. Il sait être avec tout le monde, il sait organiser son temps avec les autres.
Mais cela n’enlève rien à son enthousiasme, à sa créativité, à sa joie, à sa sensibilité. Il est aussi très sensible. Je crois que l’expression la plus claire de cela a été lorsqu’il a salué la foule pour la première fois en tant que nouveau Pape. Il avait envie de pleurer. Il est très émotif, il ressent comme nous, l’importance des tâches et des grands engagements.
Lors de son premier discours au peuple de Dieu, il a parlé d’une Église synodale qui marche ensemble vers la paix. Comment est-ce qu’en tant que vice-président de la conférence épiscopale péruvienne il a œuvré à la paix dans le pays?
Quand nous avons travaillé de près ensemble dans la diocèse, et qu’il a obtenu la charge de la vice-présidence de la conférence épiscopale, il est resté très proche de nous, et ils nous a invité, nous et les politiques, à orienter la co-responsabilité, à travers la démocratie et la participation sociale avec le peuple pour le bien commun. «Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de paix sans dialogue», ce sont des expressions qu’il a partagé pour construire la paix où qu’il se trouve. Aujourd’hui, il nous invite à la co-responsabilité et au compromis en tant que baptisés, et il l’exprime parfaitement en citant Saint Augustine: «Avec vous, je suis chrétien, et pour vous, je suis évêque». Il veut dire par là que nous faisons tous partie de l’Église, et que c’est de là que partent les efforts de paix.
Source : VATICANNEWS, le 9 mai 2025
Le premier dimanche de Léon XIV avec les fidèles et à la tombe de Pierre

Le premier dimanche de Léon XIV avec les fidèles et à la tombe de Pierre
«L’Église a tant besoin de vocations», a lancé Léon XIV depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre, avant de réciter sa première prière du Regina Caeli devant les fidèles, chantant lui-même l’antienne mariale en latin. Dans sa brève prise de parole, d’une grande clarté pastorale, Léon XIV a exhorté les jeunes «à ne pas avoir peur» et «à accepter l’invitation de l’Église et du Christ Seigneur».
12h00, coups de canon à Rome. Sous les applaudissements nourris des 100 000 fidèles présents sur la Place Saint-Pierre et le long de la Via della Conciliazione, le Pape Léon XIV apparaît au balcon de la basilique Saint-Pierre, là où le monde l’a découvert il y a près de trois jours. «Chers frères et sœurs, bon dimanche!», s’est-il exclamé devant des fidèles de toutes les nations, dont de nombreux drapeaux américains, son pays de naissance, polonais, français, indien et de divers pays d’Amérique latine. Léon XIV a d’emblée assuré percevoir comme «un don de Dieu» le fait que ce premier dimanche «de service comme Évêque de Rome» soit celui du Bon Pasteur, quatrième dimanche de Pâques.
Pouvoir compter sur des modèles d’Église crédibles
Conférant une atmosphère de piété populaire très joviale aux abords du Vatican, les musiciens et autres artistes du Jubilé des fanfares et des spectacles populaires ont été chaleureusement remercié par Léon XIV. «Ces pèlerins ont égayé par leur musique et leurs représentations» la fête du Christ Bon Pasteur. «La fête du Christ Bon Pasteur: oui, c’est Lui qui guide l’Église par son Saint-Esprit», a relevé le nouveau Pape, citant saint Grégoire le Grand: «les personnes répondent à l’amour de celui qui les aime».
Par ailleurs, ce dimanche étant célébrée la Journée mondiale de prière pour les vocations, instaurée il y a 62 ans, le Pape Léon XIV s’est réjoui de prier avec tout le peuple de Dieu pour les vocations, en particulier pour les vocations sacerdotales et religieuses. «L’Église en a tant besoin!», a-t-il affirmé, souhaitant que les jeunes, hommes et femmes, trouvent dans l’Église «accueil, écoute, encouragementdans leur cheminement vocationnel», et «qu’ils puissent compter sur des modèles crédibles de don généreux de soi» à Dieu et aux autres. Léon XIV a fait sienne l’invitation laissée par François dans son message paru pour cette journée des vocations, celle d’accueillir et d’accompagner les jeunes.
«Aux jeunes, n’ayez pas peur!»
Le nouvel évêque de Rome a exhorté chacun à demander à Dieu «d’être les uns pour les autres, chacun selon son état, des bergers « selon son cœur», capables de s’aider mutuellement «à marcher dans l’amour et dans la vérité». Et s’est ensuite adressé spontanément aux jeunes: «N’ayez pas peur! Acceptez l’invitation de l’Église et du Christ Seigneur!» Léon XIV a ensuite lui-même sereinement chanté la prière mariale du Regina Caeli avant d’impartir la bénédiction aux 100 000 fidèles venus du monde entier. Puis, de demeurer quelques minutes seul face à la foule, la saluant d’une main et de joindre les deux en guise de remerciements et, certainement de gratitude envers tous ceux qui accompagnent ainsi ses premiers pas dans ceux de saint Pierre.
Messe sur la tombe de Pierre
Avant le Regina Caeli, c’est auprès du prince des Apôtres que Léon XIV a souhaité commencer son premier dimanche de Pape. Il a célébré la messe dans les Grottes vaticanes près de la tombe de Pierre ce matin, concélébrant avec le prieur général de l’ordre de Saint-Augustin, le père Alejandro Moral Anton. Léon XIV s’est ensuite arrêté prier sur les tombes de ses prédécesseurs toujours dans la crypte de la basilique pétrinienne. Benoit XVI et Paul VI, entre autres -149 Papes sont inhumés à Saint-Pierre-, y sont enterrés. Léon XIV a aussi prié devant la niche des palliums, correspondant au sanctuaire érigé au IIe siècle sur la sépulture de Pierre. Signe d’une attention certaine à l’union des évêques avec le Successeur de Pierre pour celui qui avait la charge de les choisir dans ses précédentes et encore récentes fonctions.
Revoir la première prière mariale du Regina Caeli récitée par le Pape Léon XIV en intégralité.
Source : VATICANNEWS, le 11 mai 2025
11.05.2025 – CHAPELET À LOURDES
11.05.2025 – REGINA CAELI À ROME
«Jamais plus la guerre!» L’exhortation à la paix de Léon XIV
À l’issue de la prière mariale du Regina Caeli, le nouveau Pape a lancé un vibrant plaidoyer pour que cessent les armes dans les nombreux conflits qui déchirent la planète et pour que des solutions durables soient trouvées. Léon XIV a confié ces appels à Marie, « Reine de la paix ».
Olivier Bonnel – Cité du Vatican
Après avoir chanté le Regina Caeli et béni les 100 000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre, le Pape Léon XIV a, dans la ligné de ses prédécesseurs, lancé un vibrant appel à la paix dans le monde. «Frères et sœurs, l’immense tragédie de la Seconde Guerre mondiale s’est achevée il y a 80 ans, le 8 mai, après avoir fait 60 millions de victimes. Dans le scénario dramatique actuel d’une « troisième guerre mondiale par morceaux », comme le Pape François l’a dit à plusieurs reprises, je m’adresse moi aussi aux grands de ce monde en répétant l’appel toujours d’actualité : jamais plus la guerre !» a-t-il lancé depuis la loggia de la basilique. Un cri déjà lancé il y a 60 ans par Paul VI à la tribune des Nations-unies, alors que le monde était divisé par la Guerre froide.
«Je porte dans mon cœur la souffrance du peuple ukrainien bien-aimé. Que tout soit mis en œuvre pour parvenir le plus rapidement possible à une paix véritable, juste et durable. Que tous les prisonniers soient libérés et que les enfants retournent dans leurs familles», a encore souhaité le nouveau Pape.
Le miracle de la paix
Le regard de Léon XIV s’est également tourné vers le Proche-Orient et en particulier la bande de Gaza meurtrie, appelant à ce que le feu «cesse immédiatement». «Profondément attristé» par la situation sur place, le Pape a aussi souhaité «qu’une aide humanitaire soit apportée à la population civile épuisée et que tous les otages soient libérés».
Signe d’espoir, le récent cessez-le feu signé entre l’Inde et le Pakistan, accueilli «avec satisfaction» par le nouvel évêque de Rome. «J’espère que les négociations à venir permettront de parvenir rapidement à un accord durable». «Mais combien d’autres conflits dans le monde !» a-t-il déploré, confiant cet appel à Marie, «Reine de la Paix afin qu’elle le présente au Seigneur Jésus pour qu’il nous obtienne le miracle de la paix».
Source : VATICANNEWS, le 11 mai 2025
Le très attendu premier Regina Caeli de Léon XIV

Antoine Mekary | Aleteia
Le pape Léon XIV doit prononcer le Regina Caeli ce dimanche 11 mai à midi depuis la fenêtre du palais apostolique. Une deuxième apparition publique particulièrement attendue par les fidèles, les touristes et les Romains.
Ce dimanche à midi, les regards de milliers de fidèles vont converger vers une simple fenêtre ouverte sur le ciel de Rome. Le pape Léon XIV doit prononcer depuis la fenêtre du Palais apostolique son tout premier Regina Caeli, la prière mariale qui remplace l’Angélus pendant le temps pascal. Il s’agit de sa deuxième apparition publique, Léon XIV s’étant déjà adressé une première fois aux fidèles places Saint-Pierre le 8 mai juste après son élection. La météo, radieuse, ajoute à l’effervescence : un grand soleil est annoncé sur la Ville éternelle, et les températures devraient flirter avec les 24°C. Ce samedi déjà, Rome baigne dans une lumière chaude et généreuse. Les places sont pleines, les gelateria ne désemplissent pas, et dans les rues piétonnes, une douce euphorie semble flotter au-dessus des pavés. Un temps de printemps idéal pour accueillir cette première bénédiction dominicale de Léon XIV.
« On sent une atmosphère joyeuse, une vraie curiosité, et même un peu d’excitation », confie une religieuse italienne croisée près de la Via della Conciliazione. « Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à un début de pontificat. Les Romains sont très fiers. » David, touriste venue en famille de Chicago pour les vacances, n’avait pas prévu de faire halte aussi longtemps au Vatican. « Je ne suis pas croyant », explique-t-il. « Mais c’est le premier pape américain… Alors franchement, je me dis que ce serait idiot de ne pas assister à
Léon XIV, un « style » encore inconnu
À Rome, les grandes étapes d’un nouveau pontificat sont des moments presque sacrés. Le premier Regina Caeli – ou le premier Angélus lorsqu’il n’est pas prononcé en temps pascal – est souvent l’occasion d’un discours un peu plus long, parfois même d’un signe de la ligne pastorale à venir. Les observateurs du Vatican sont donc attentifs : le style Léon XIV, encore inconnu, pourrait commencer à se dévoiler ce dimanche, en quelques mots et quelques gestes. En attendant, Rome se prépare comme elle sait le faire : entre ferveur sincère, curiosité touristique et ce mélange unique de foi et de dolce vita dont elle a le secret.
Source : ALETEIA, le 10 mai 2025