La statue de Notre-Dame de Fatima est déjà à Rome

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La statue de Notre-Dame de Fatima est déjà à Rome

Les pèlerins ont vécu avec émotion le départ de la statue de Notre-Dame pour le Vatican, à la demande du Saint-Père.

 

C’est avec des expressions d’émotion que les pèlerins, qui se trouvaient dans la chapelle des apparitions en fin de matinée ce matin, ont vécu le départ de la statue centenaire de Notre-Dame de Fatima vers le Vatican, où il sera présent à la Journée de la Spiritualité mariale, ce samedi et dimanche, à la demande du Pape Léon XIV.

La statue de Notre-Dame de Fatima, qui est vénérée dans la chapelle des apparitions, est partie en direction de l’aéroport de Lisbonne et a déjà atteint la capitale italienne. Demain, il remplira le programme prévu pour sa présence dans le Voyage de la Spiritualité Mariale.

« C’est toujours une demande qui nous remplit de joie », a déclaré le recteur du sanctuaire aux journalistes, réunis là-bas, au moment du départ, en affirmant l’excermunité de ce moment, justifiée par la manière dont la demande au Sanctuaire a été concrétisée.

« Le maire du Dicastère de l’évangélisation, Mgr Rino Fisichella, lorsqu’il dirige la demande de présence de la statue, dit clairement : parce qu’il est l’une des icônes mariales les plus importantes au monde. Une autre raison a à voir avec le fait que le message de Fatima est un message de paix et d’espoir et de plein encadrement avec le moment que l’Église vit », a-t-il expliqué, quelques instants avant d’adresser un mot aux pèlerins qui se trouvaient dans la chapelle des apparitions, dans lequel elle a expliqué le contexte de cette sortie et a demandé la prière pour le Saint-Père et les « bons fruits de cette visite à Rome ».

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« Un moment histotique et émouvant »

« Pouvoir assister à ce moment historique est vraiment émouvant et touchant. C’est une grâce et une bénédiction de voir que Notre-Dame touche le cœur de tous ceux qui étaient ici, mais qu’elle touchera certainement le cœur de ceux que vous croiserez », a déclaré au Bureau de Communication du Sanctuaire de Fatima Mafalda Martim, novice de l’Alliance de Santa Maria, qui y était avec un groupe de sa congrégation.

Un groupe de deux douzaines d’étudiants de l’école hôtelière de Fátima a également voulu venir à Cova da Iria pour assister à ce moment exceptionnel. C’était un « adieu temporaire », déclare Clara Baptista, l’une des étudiantes, qui considère cette sortie comme une opportunité pour que la statue puisse être montrée à d’autres personnes et vénérée à l’étranger.

À son retour de vacances, le couple Fernando et Marta Costa, de Póvoa do Varzim, est passé par Fátima et a été surpris par ce moment spécial.

« C’est un moment spécial. Chaque fois que nous venons ici, nous ressentons quelque chose… Associé à un événement comme celui-ci, cela remue toujours un peu plus notre émotion », dit son mari, la voix toujours étranglée.

Le père Casimiro Henriques a été témoin d’un de ces moments d’émotion, avec un couple de pèlerins étrangers.

« Il y avait des touristes anglais ici et ils m’ont demandé ce qui se passait. Quand nous leur avons dit, la dame s’est mise à pleurer. Cela dit de ce qu’est notre émotion lorsque nous voyons la statue de Notre-Dame quitter sa place habituelle pour aller à Rome. L’image sort, mais son soutien maternel reste », assure le prêtre du diocèse de Setúbal.

En début d’après-midi aujourd’hui, dans un communiqué sur le programme du Jubilé de la Spiritualité mariale, le Saint-Siège a informé que le Saint-Père offrira une Rose d’or au Sanctuaire de Fatima ce samedi 11 octobre, à 18h00 (heure de Rome), au début de la veillée de prière, avec la récitation du Rosaire, sur la place Saint-Pierre, où se trouvera la statue de Notre-Dame de Fatima.

Source : SANCTUAIRE DE FÁTIMA, le 10 octobre 2025

1ÉRE EXHORTATION APOSTOLIQUE DE LÉON XIV: DILEXI TE

«Dilexi te»: la foi est indissociable de l’amour des pauvres

La première exhortation apostolique de Léon XIV porte sur l’amour des pauvres, dont le visage reflète «la souffrance des innocents». Le Pape dénonce l’économie qui tue, l’inégalité, la violence envers les femmes, la malnutrition et la crise de l’éducation. Il adhère à l’appel de François, qui avait initié la préparation du document, en faveur des migrants et appelle les croyants à élever leur voix pour dénoncer «les structures d’injustice» qui «doivent être détruites par la force du bien».

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Dilexi te«Je t’ai aimé» (Ap 3, 9).L’amour du Christ s’incarne dans l’amour des pauvres, qui se manifeste par le soin des malades; la lutte contre l’esclavage; la défense des femmes victimes d’exclusion et de violence; le droit à l’éducation; l’accompagnement des migrants; l’aumône qui est «justice rétablie, non un geste de paternalisme»; l’équité, dont le manque est «la racine de tous les maux sociaux». Léon XIV signe sa première exhortation apostolique, Dilexi te.Un texte en 121 points, directement inspiré de l’Évangile du Christ, devenu pauvre dès sa venue dans le monde, et qui réaffirme l’enseignement de l’Église sur les pauvres depuis 150 ans. «Une véritable mine d’enseignements».

Sur les traces de ses prédécesseurs

Le Souverain pontife augustinien, dans ce texte signé le 4 octobre, solennité de saint François d’Assise, suit ainsi les traces de ses prédécesseurs: Jean XXIII avec l’appel aux pays riches dans Mater et Magistra à ne pas rester indifférents devant les pays opprimés par la faim et la pauvreté (83); Paul VI, Populorum Progressio et son intervention à l’ONU «en tant que défenseur des pauvres»; Jean-Paul II, qui a consolidé doctrinalement «la relation privilégiée de l’Église avec les pauvres»; Benoît XIV et Caritas in Veritate, avec sa lecture «plus politique» des crises du troisième millénaire. Enfin, François, qui a fait du souci «des pauvres» et «avec les pauvres» l’une des pierres angulaires de son pontificat.

L’œuvre commencée par François et relancée par Léon XIV

Le Pape François lui-même avait commencé à travailler sur l’exhortation apostolique quelques mois avant sa mort. Comme pour Lumen Fidei de Benoît XVI, reprise en 2013 par Jorge Mario Bergoglio, c’est cette fois encore son successeur qui achève l’exhortation, qui s’inscrit dans la continuité de Dilexit nos, la dernière encyclique du Pape argentin sur le Cœur de Jésus. Car le «lien» entre l’amour de Dieu et l’amour des pauvres est fort: à travers eux, Dieu «a encore quelque chose à nous dire», affirme le Pape Léon XIV. Il rappelle l’«option préférentielle» pour les pauvres, une expression née en Amérique latine (16) non pas pour désigner «une exclusion ou une discrimination envers d’autres groupes», mais plutôt «l’action de Dieu» mue par la compassion pour la faiblesse de l’humanité.

“Sur les visages blessés des pauvres, nous trouvons imprimée la souffrance des innocents et, par conséquent, la souffrance du Christ lui-même (9)”

Les «visages» de la pauvreté

Le Pape, analysant les «visages» de la pauvreté, propose de nombreuses pistes de réflexion dans son exhortation, ainsi que plusieurs incitations à l’action. La pauvreté de «ceux qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins matériels», de «ceux qui sont socialement marginalisés et n’ont pas les moyens d’exprimer leur dignité et leurs potentialités»; la pauvreté «morale», «spirituelle» et «culturelle»; la pauvreté «de ceux qui sont privés de droits, d’espace et de liberté» (9).

Nouvelle pauvreté et manque d’équité

Face à ce scénario, Léon XIV juge insuffisant l’engagement à éliminer les causes structurelles de la pauvreté dans des sociétés marquées par de «nombreuses inégalités», par l’émergence de nouvelles formes de pauvreté «plus subtiles et plus dangereuses» (10) et par des règles économiques «efficaces pour la croissance, mais pas pour le développement humain intégral». «La richesse a augmenté, mais avec des inégalités.»

“Le manque d’équité est la racine des maux de la société (94)”

La dictature d’une économie qui tue

«Lorsqu’on affirme que le monde moderne a réduit la pauvreté, on le fait en la mesurant avec des critères d’autres temps qui ne sont pas comparables avec la réalité actuelle», affirme Léon XIV (13). De ce point de vue, il se félicite que «les Nations Unies aient fait de la lutte contre la pauvreté l’un des objectifs du Millénaire». Le chemin est cependant long, surtout à une époque où la «dictature d’une économie qui tue» continue de prévaloir, les revenus de quelques-uns «s’accroissent exponentiellement», tandis que ceux de la majorité sont «toujours plus éloignés du bien-être de cette minorité heureuse» (92).

“Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière.”

Culture du gaspillage, liberté du marché, pastorale des élites

Tout cela est le signe qu’une culture du déchet persiste, «parfois bien masquée», qui «tolère avec indifférence que des millions de personnes meurent de faim ou survivent dans des conditions indignes de l’être humain» (11). Le Pape stigmatise ensuite les «critères pseudo-scientifiques» supposés «affirmer que la liberté du marché conduira spontanément à la solution du problème de la pauvreté», ainsi que la «pastorale des soi-disant élites», qui soutient l’idée «qu’au lieu de perdre son temps avec les pauvres, il vaut mieux prendre soin des riches, des puissants et des professionnels afin qu’à travers eux l’on puisse parvenir à des solutions plus efficaces» (114).

“De fait, les droits humains ne sont pas les mêmes pour tout le monde (94)”

Transformer les mentalités

Il appelle à un «changement de mentalité», en se libérant avant tout de «l’illusion d’un bonheur qui découlerait d’une vie aisée». Celle-ci pousse de nombreuses personnes vers une vision de l’existence fondée sur la richesse et la réussite sociale «à tout prix», même aux dépens d’autrui et à travers des «systèmes politico-économiques injustes» (11).

“La dignité de toute personne humaine doit être respectée maintenant, pas demain (92)”

Dans chaque migrant rejeté, il y a le Christ qui frappe

Léon XIV consacre ensuite une large place au thème des migrations. Ses paroles sont accompagnées d’une image: celle du petit Alan Kurdi, ce petit Syrien de 3 ans devenu en 2015 le symbole de la crise migratoire européenne avec la photo de son corps sans vie sur une plage. «Malheureusement, à part une émotion momentanée, de tels événements deviennent de plus en plus insignifiants, relégués au rang d’informations marginales» (11), observe le Souverain pontife.

En même temps, il rappelle le travail séculaire de l’Église envers ceux qui sont contraints d’abandonner leurs terres, exprimé dans les centres d’accueil, les missions aux frontières, les efforts de Caritas Internationalis et d’autres institutions (75).

“L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté (75).”

Toujours sur le thème de la migration, le Successeur de Pierre reprend les célèbres «quatre verbes»du Pape François: «Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer». Il lui emprunte également la définition des pauvres, non seulement comme objets de notre compassion, mais aussi comme «maîtres de l’Évangile».

“Servir les pauvres n’est pas un geste à faire «du haut vers le bas», mais une rencontre entre égaux… C’est donc en se penchant pour prendre soin des pauvres que l’Église assume sa posture la plus élevée. (79)”

Femmes victimes de violences et d’exclusion

Le Successeur de Pierre évoque ensuite la situation actuelle, marquée par des milliers de personnes qui meurent chaque jour «de causes liées à la malnutrition»(12). Quant aux «femmes qui souffrent de situations d’exclusion, de maltraitance et de violence», elles sont «doublement pauvres», estime-t-il, car «elles se trouvent avec de plus faibles possibilités de défendre leurs droits» (12).

«Les pauvres ne sont pas là par hasard…»

Le Pape Léon XIV esquisse une réflexion approfondie sur les causes mêmes de la pauvreté: «Les pauvres ne sont pas là par hasard ni en raison d’un destin aveugle et amer. La pauvreté n’est pas non plus, pour la plupart d’entre eux, un choix. Certains osent pourtant encore l’affirmer, faisant preuve d’aveuglement et de cruauté»,souligne-t-il (14). «Bien sûr, parmi les pauvres, il y a ceux qui ne veulent pas travailler», mais il y a aussi beaucoup d’hommes et de femmes qui ramassent peut-être des cartons du matin au soir juste pour «survivre» et jamais pour «améliorer» leur condition de vie. En bref, lit-on dans l’un des points centraux de Dilexi te, on ne peut pas dire «que la majorité des pauvres le sont parce qu’ils n’auraient pas acquis de “mérites”, selon cette fausse vision de la méritocratie où seuls ceux qui ont réussi dans la vie semblent avoir des mérites» (15).

Idéologies et orientations politiques

Parfois, observe le Pape Léon XIV, ce sont les chrétiens eux-mêmes qui se laissent «contaminer par des attitudes marquées par des idéologies mondaines ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses».

“Certains continuent à dire : “Notre tâche est de prier et d’enseigner la vraie doctrine”. Mais, en dissociant cet aspect religieux de la promotion intégrale, ils ajoutent que seul le gouvernement devrait s’occuper d’eux, ou qu’il vaudrait mieux les laisser dans la misère, en leur apprenant plutôt à travailler. (114)”

L’aumône est parfois méprisée ou ridiculisée

Un symptôme de cette mentalité est le fait que l’exercice de la charité est parfois «méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale» (15). Le Pape s’attarde longuement sur l’aumône, rarement pratiquée et souvent dédaignée (115).

“En tant que chrétiens, ne renonçons pas à l’aumône. Un geste qui peut être fait de différentes manières, et que nous pouvons essayer de faire de la manière la plus efficace possible, mais nous devons le faire. Et il vaudra toujours mieux faire quelque chose que ne rien faire. Dans tous les cas, cela touchera notre cœur. Ce ne sera pas la solution à la pauvreté dans le monde, qui doit être recherchée avec intelligence, lutte et engagement social. Mais nous avons besoin de nous exercer à l’aumône pour toucher la chair souffrante des pauvres. (119)”

L’indifférence des chrétiens

Dans le même ordre d’idées, l’évêque de Rome souligne que l’on constate parfois, chez certains groupes chrétiens, «un manque, voire une absence, d’engagement»en faveur de la défense et de la promotion des plus défavorisés (112). Mais si une communauté ecclésiale ne coopère pas à l’inclusion de tous, prévient-il, elle «court le risque de se désagréger, même si elle s’occupe de thèmes sociaux ou de critique aux gouvernements. Elle finira par être facilement dominée par la mondanité spirituelle, dissimulée sous des pratiques religieuses, avec des réunions infécondes et des discours vides» (113).

“Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres (36)”

Le témoignage des saints, des bienheureux et des ordres religieux

Pour contrebalancer cette attitude d’indifférence, il existe un monde de saints, de bienheureux, de missionnaires qui, au fil des siècles, ont incarné l’image chère au Pape François d’«une Église pauvre pour les pauvres» (35). De François d’Assise et son geste d’embrasser un lépreux (7) à Mère Teresa, icône universelle de la charité dédiée aux mourants en Inde «avec une tendresse qui était prière» (77). Et aussi saint Laurent, saint Justin, saint Ambroise, saint Jean Chrysostome, son saint Augustin qui affirmait:

“«Celui qui dit aimer Dieu et n’a pas compassion des nécessiteux est un menteur» (45)”

Léon XIV évoque encore du travail des Camilliens auprès des malades (49), des congrégations féminines dans les hôpitaux et les maisons de retraite (51). Il parle de l’accueil dans les monastères bénédictins des«veuves, les enfants abandonnés, les pèlerins et les mendiants» (55). Il mentionne également des Franciscains, des Dominicains, des Carmélites, des Augustins qui ont lancé «une révolution évangélique»par un «style de vie simple et pauvre» (63), ainsi que des Trinitaires et des Mercédaires qui, luttant pour la libération des prisonniers, ont exprimé l’amour d’«un Dieu qui libère non seulement de l’esclavage spirituel, mais aussi de l’oppression concrète» (60).

“La tradition de ces Ordres n’est pas terminée. Elle a au contraire inspiré de nouvelles formes d’action face aux esclavages modernes : la traite des êtres humains, le travail forcé, l’exploitation sexuelle, les différentes formes de dépendance. La charité chrétienne, lorsqu’elle s’incarne, devient libératrice. (61)”

Le droit à l’éducation

Le Souverain pontife rappelle aussi l’exemple de saint Joseph de Calasanz qui donna vie à la première école populaire gratuite d’Europe (69), pour souligner l’importance de l’éducation des pauvres: «Ce n’est pas une faveur, mais un devoir».

“Les petits ont droit à la connaissance, condition fondamentale pour la reconnaissance de la dignité humaine. (72)”

La lutte des mouvements populaires

Dans l’exhortation, le Pape évoque également la lutte contre les «effets destructeurs de l’empire de l’argent»menée par des mouvements populaires, guidés par des dirigeants«souvent soupçonnés et même persécutés» (80). Ceux-ci, écrit-il, «invitent en effet à dépasser cette idée des politiques sociales conçues comme une politique vers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais des pauvres» (81).

Une voix qui se réveille et dénonce

Dans les dernières pages du document, le Pape Léon XIV appelle tout le peuple de Dieu à «faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”».

“Les structures d’injustice doivent être reconnues et détruites par la force du bien, par un changement de mentalités, mais aussi, avec l’aide des sciences et de la technique, par le développement de politiques efficaces pour la transformation de la société. (97)”

Les pauvres ne sont pas un problème social mais le centre de l’Église

Il est nécessaire que «tous nous laissions évangéliser par les pauvres», exhorte enfin le Pape (102). «Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille”; ils sont “des nôtres”. La relation avec eux ne peut pas être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église» (104).

“Les pauvres sont au centre même de l’Église (111)”

À consulter le texte complet de l’exhortation apostolique sous le lien officiel.

Source : VATICANNEWS, le 9 octobre 2025

Mon tour du monde des apparitions mariales

Mon tour du monde des apparitions mariales

De plus en plus, nous entrons dans un temps marial où l’on reconnaît le rôle crucial de la Vierge, son intercession puissante et l’importance de la dévotion mariale.

Je m’appelle Emma Gohier, je me suis convertie en 2021, peu de temps après mon entrée au foyer missionnaire Memo, à Lorient. Et cette année-là, pour le pèlerinage habituel de février, nous nous sommes rendus à Lourdes. Quelle fut ma surprise lorsque j’ai appris que Marie elle-même descendait sur terre pour nous livrer des messages ! Pourquoi n’en avais-je jamais entendu parler ?

Au retour du voyage, je souhaitais en voir davantage, et cette idée a émergé : faire le tour des apparitions mariales. J’étais curieuse de savoir où Marie est apparue.

Après 4 ans d’études, le projet devenait de plus en plus important dans mon esprit et mêlé à l’intention de prière toute particulière pour ma mère atteinte de la maladie de Parkinson – dont l’état de santé s’aggravait – je me suis décidée à suspendre mes études et à concrétiser ce pèlerinage. Et le 1er mars 2025, je suis partie ! Nous avons ainsi parcouru 2000 km en France, ma mère et moi, en van aménagé et visité 6 lieux d’apparitions. Nous avons découvert des messages d’invitation à l’abandon et à la confiance, à l’amour et à la miséricorde de Dieu, et surtout une demande insistante de la Vierge à la prière. Nous avons terminé l’excursion mère/fille par Rome, à l’occasion du jubilé des malades. Et voici ce que ma mère, non pratiquante, en a dit :

« Avec du recul, vivre ce jubilé a été pour moi l’occasion de découvrir une ville, Rome, où tous les 200 mètres une maison de Dieu ouvre ses portes à tous les pèlerins, et de ressentir une émotion, celle de la ferveur catholique estampillée dans le monde entier, et qui, elle aussi, ouvre « ses portes » à tous les cœurs, même à ceux qui sont malades.

J’ai également apprécié le fait de vivre ce jubilé au sein d’un groupe composé de manière hétérogène par des participants venant de différentes parties du monde et de France. La messe célébrée en extérieur, sur la place Saint Pierre, a été l’étape ultime de ce jubilé. Un doux moment de partage et de communion collective. »

Après quoi, je l’ai déposée à son domicile et j’ai continué seule le périple. Direction l’Israël pour la Semaine Sainte, le Triduum et la semaine Pascale. J’ai continué en Allemagne pour visiter 4 autres lieux, avant de rejoindre l’Italie où je suis actuellement. Dans les grandes lignes pour la suite : Turquie, Rwanda, Medjugorje et si mes ressources financières le permettent, l’Asie et l’Amérique du Sud.

Emma Gohier Correspondante de l’association Marie de Nazareth

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

11.10.2025 – SAINT DU JOUR

 Saint Jean XXIII
Pape (261e) de 1958 à 1963
Surnom affectueux : « Le Bon Pape»

« Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

Jean XXIII (au siècle : Angelo Giuseppe Roncalli) est né le 25 novembre 1881, à Sotto il Monte près de Bergame, dans une famille nombreuse de milieu modeste. Il entre au séminaire à l’âge de douze ans. Il y suit le cursusecclésiastique classique. 

En 1904, il est ordonné prêtre. Peu après, il est nommé secrétaire de Mgr Giacomo Radini Tedeschi, nouvel évêque de Bergame, et reste à son service jusqu’à la mort de ce dernier en 1914. Pendant cette période, il s’occupe aussi de l’enseignement auprès du séminaire de Bergame.

En 1915, il est incorporé dans le service des santés des armées, avant de devenir aumônier militaire. Après la guerre, il devient directeur spirituel du séminaire de Bergame.

En 1921, il entre dans la Curie romaine, dans la Congrégation pour la propagation de la foi (plus connue sous le nom de Propaganda Fide). 

En 1925, Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le promut évêque et l’envoie en Bulgarie, terre orthodoxe, en tant que visiteur, puis délégué apostolique. Il occupe ensuite le même poste à Istanbul entre 1935 et 1944, ce qui lui permet de sauver, pendant l’occupation, des victimes du nazisme.

En 1945, il succède comme nonce apostolique de Paris à Mgr Valeri, compromis avec le régime de Vichy. Il règle avec succès le problème des autres évêques compromis avec le régime de Vichy, dont le gouvernement français demandait la substitution. Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) devra accepter seulement les démissions de trois prélats : les évêques de Mende, Aix-en-Provence et Arras.

En 1953, sa carrière diplomatique s’achève, et il retourne à sa première vocation pastorale : il est nommé patriarche de Venise, puis cardinal.

Le 9 octobre 1958 le pape Pie XII vient de mourir. Le cardinal Angelo Roncalli, patriarche de Venise, âgé et malade, se rend à la Cité du Vatican pour participer au conclave qui élira un nouveau pontife. À mesure que le conclave se déroule Roncalli revoit très clairement des images de son passé, comme lorsque, jeune prêtre, il soutenait des ouvriers en grève ; ou bien cette fois où, délégué apostolique en Turquie, il a négocié secrètement avec un ambassadeur nazi afin de sauver des juifs arrivant dans les trains bondés; ou encore en France, devant un de Gaulle autoritaire, qu’il a convaincu de ne pas expulser plusieurs évêques contestés. 

Au douzième tour du scrutin, le 28 octobre 1958, Angelo Giuseppe Roncalli est élu pape et prend le nom de Jean XXIII : il est couronné le 4 novembre. On s’attendait à ce qu’il soit un pape de transition sans grand éclat. Mais il surprend le monde entier en convoquant, le 25 janvier 1959, le Concile Vatican II. Cette démarche audacieuse vers une importante modernisation de l’église vise à assurer que cette institution, l’une des plus vieilles au monde, continuera de s’épanouir jusqu’à la fin du 20e siècle et bien au-delà. Il se préoccupe aussi du conflit entre les États-Unis et l’Union soviétique, qui devient de plus en plus pressant.

Le 11 octobre 1962, le concile, couramment désigné depuis lors sous le nom de « Vatican II », est ouvert. Jean XXIII y prononce un important >>> Discours. À la fin de la journée d’ouverture du Concile, était organisée une procession aux flambeaux entre le château Saint-Ange et la place Saint-Pierre. Le pape Jean XXIII, attiré par la prière de la foule, était apparu à sa fenêtre, improvisant une allocution connue aujourd’hui comme le >>>Discours à la lune. Le passage qui a fait éclater les applaudissements est celui de la larme d’un enfant : « En rentrant chez vous, vous trouverez vos enfants. Donnez une caresse à vos enfants, et dites-leur : c’est la caresse du pape. Vous trouverez peut-être quelque larme à essuyer. Ayez une bonne parole pour celui qui souffre : Le pape est avec nous, spécialement aux heures de tristesse et d’amertume».

Vers la fin de 1962, un cancer de l’estomac est diagnostiqué. Jean XXIII s’efforce cependant de permettre au concile de continuer son travail. Le 11 avril 1963, il promulgue une encyclique qui est perçue comme étant son testament spirituel : >>> Pacem in Terris. Au-delà du monde catholique elle est adressée à tous les hommes de bonne volonté, fait l’apologie de la démocratie, affirme que la guerre ne peut être un instrument de justice et préconise que ce soit désormais la « loi morale » qui régisse la relation entre les états, prônant la solidarité, la justice et la liberté. Le 11 mai il reçoit le prix Balzan pour son engagement en faveur de la paix : c’est là sa dernière apparition publique.

Le 28 mai 1963 il est victime d’une hémorragie. À ce moment Radio Vatican transmet chaque jour l’état de santé du Pape en indiquant sa température et son pouls défaillants. Jean XXIII, entre lucidité et inconscience, continue toutefois de tenir son rôle jusqu’aux derniers moments. À l’issu d’une longue agonie il meurt le 3 juin 1963, jour de la fête de la Pentecôte. Il voulait être un prêtre ordinaire, mais il a changé la face du monde à jamais.

Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli) a été béatifié le 3 septembre 2000 par saint Jean-Paul II. 

Le  27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800.000 et plus fidèles qui du monde entier ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d’un voyage éternel dans la gloire de l’Église catholique.

Pour un approfondissement :
>>> Canonisation des bienheureux Jean XXIII et Jean-Paul II

Sources principales : paroissejeanxxiii.org/; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

 Saint Jean XXIII priez pour nous !

11.10.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28. 

En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735)

moine, docteur de l’Église

Homélie sur St Luc ; L. IV, 49 (trad. rev. Tournay)

« Heureux ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent »

    « Heureuse la mère qui t’a porté et qui t’a nourri de son lait. » Grande est la dévotion, grande est la foi qui s’expriment dans cette parole de la femme de l’évangile. Tandis que les scribes et les pharisiens mettent le Seigneur à l’épreuve et le blasphèment, devant tous cette femme reconnaît son incarnation avec une telle loyauté, elle la confesse avec une telle assurance, qu’elle déjoue la calomnie de ses contemporains et la fausse foi des hérétiques à venir. Offensant les œuvres de l’Esprit Saint, les contemporains de Jésus niaient qu’il soit vraiment Fils de Dieu, consubstantiel au Père. Dans la suite, des hommes ont aussi nié que Marie toujours vierge ait, par l’opération de l’Esprit Saint, fourni la substance de sa chair au Fils de Dieu qui devait naître avec un vrai corps humain ; ils ont nié qu’il soit vraiment Fils de l’homme, de même nature que sa mère. Mais l’apôtre Paul dément cette opinion lorsqu’il dit de Jésus qu’il est « né d’une femme, soumis à la Loi » (Ga 4,4). Car, conçu du sein de la Vierge, il a tiré sa chair non du néant, ni d’ailleurs, mais du corps de sa mère. Autrement il ne serait pas exact de l’appeler vraiment Fils de l’homme…     Heureuse mère en vérité qui, selon l’expression du poète, « a enfanté le Roi qui régit ciel et terre à travers tous les siècles. Elle a les joies de la maternité et l’honneur de la virginité. Avant elle on n’a pas vu de femme pareille, et on n’en verra pas après elle » (Sedulius). Et pourtant le Seigneur ajoute : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la gardent ». Le Sauveur donne au témoignage de cette femme une confirmation magnifique. Non seulement il déclare bienheureuse celle à qui il a été donné d’enfanter corporellement le Verbe de Dieu, mais bienheureux aussi tous ceux qui s’appliqueront à concevoir spirituellement le même Verbe par l’écoute de la foi, à l’enfanter et à le nourrir soit dans leur cœur, soit dans celui des autres, le gardant présent en pratiquant le bien.

LECTURES :

Livre de Joël 4,12-21. 

Que les nations se réveillent, qu’elles montent jusqu’à la vallée de Josaphat (dont le nom signifie « Le Seigneur juge »), car c’est là que je vais siéger pour juger tous les peuples qui vous entourent.
Lancez la faucille : la moisson est mûre ; venez fouler la vendange : le pressoir est rempli et les cuves débordent de tout le mal qu’ils ont fait !
Voici des multitudes et encore des multitudes dans la vallée du Jugement ; il est tout proche, le jour du Seigneur dans la vallée du Jugement !
Le soleil et la lune se sont obscurcis, les étoiles ont retiré leur clarté.
De Sion, le Seigneur fait entendre un rugissement, de Jérusalem, il donne de la voix. Le ciel et la terre sont ébranlés, mais le Seigneur est un refuge pour son peuple, une forteresse pour les fils d’Israël.
Vous saurez que je suis le Seigneur votre Dieu, qui demeure à Sion, sa montagne sainte. Jérusalem sera un lieu saint, les étrangers n’y passeront plus.
Ce jour-là, le vin nouveau ruissellera sur les montagnes, le lait coulera sur les collines. Tous les torrents de Juda seront pleins d’eau, une source jaillira de la Maison du Seigneur et arrosera le ravin des Acacias.
L’Égypte sera vouée à la désolation, Édom sera un désert désolé, car ils ont multiplié les violences contre les fils de Juda, ils ont répandu leur sang innocent dans le pays.
Mais il y aura toujours des habitants en Juda, ainsi qu’à Jérusalem, de génération en génération.
Je vengerai leur sang, que je n’avais pas encore vengé. Et le Seigneur aura sa demeure à Sion.

Psaume 97(96),1-2.5-6.11-12. 

R/ Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ! (Ps 96, 12a)

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! 
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l’entourent, 
justice et droit sont l’appui de son trône.

Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur, 
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice, 
et tous les peuples ont vu sa gloire.

Une lumière est semée pour le juste, 
et pour le cœur simple, une joie.
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ; 
rendez grâce en rappelant son nom très saint.