08.06.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DE LA PENTECÔTE – JEAN 14,15-16.23b-26

Le don de l’Esprit Saint

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques (messe du jour) : Lire

Nous venons d’écouter le récit de la Pentecôte tel qu’il nous est rapporté par saint Luc dans le livre des Actes des Apôtres. Il nous parle d’abord d’un violent coup de vent. Il fallait bien ce souffle pour secouer les esprits affligés et délier les langues muettes. Une pluie de feu était également nécessaire pour embraser les disciples glacés par la peur. Seul l’Esprit Saint pouvait faire sortir ces hommes traqués de leur refuge.

Avec l’Esprit Saint, nous avons tout le contraire d’une Église enfermée, repliée sur elle-même. Le pape François nous le disait à sa manière : “Une Église enfermée sent le renfermé.” Nous sommes donc poussés à sortir “sur les places et sur les parvis” y chercher tous les amis de Dieu. C’est important : tous les hommes sont des amis de Dieu. Il veut que tous soient sauvés. C’est pour eux que Jésus est mort sur une croix. Notre mission n’est pas de “faire croire” mais de témoigner de cette bonne nouvelle. Beaucoup le font jusqu’au martyre.

Ce qui est merveilleux en ce jour de Pentecôte c’est de voir toute cette foule rassemblée autour des apôtres. Chacun les entend dans sa langue maternelle. L’Évangile est pour tous les peuples ; il est offert aux adolescents comme aux scientifiques, aux banlieusards, aux ouvriers et aux paysans. Il est une bonne nouvelle qui les rejoint tous dans ce qu’ils vivent. Il s’adresse à eux avec le langage de l’amour. L’Esprit de Dieu c’est l’amour personnifié. Saint Jean nous le dit souvent dans ses lettres: “Dieu est amour”. C’est de cela que nous avons à témoigner. Dieu aime passionnément ce monde et il veut le sauver. L’année de la miséricorde voulue par le pape François nous invite à avoir ce regard miséricordieux de Dieu “sur nous et sur le monde entier”.

Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse aux chrétiens de Rome mais aussi à chacun de nous. Dans un premier temps, il évoque le sort pathétique de l’homme pécheur. Mais avec la présence de l’Esprit Saint en nous, tout est changé. Si nous nous laissons conduire par l’Esprit de Dieu, nous sommes vraiment des fils de Dieu. Ce n’est pas un Esprit qui fait de nous des esclaves et nous ramène vers la peur, mais un Esprit qui fait de nous des fils, des héritiers de Dieu, des héritiers avec le Christ. Bien sûr, il y aura des obstacles et des échecs. “Nous sommes tous esclaves de nos tendances mauvaises. Mais l’Esprit nous en libère et nous aide à pratiquer le bien. C’est ainsi que nous devenons véritablement libres.”

Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu les paroles de Jésus au soir du Jeudi Saint. Il annonce à ses disciples qu’il ne les laissera pas orphelins. Il leur enverra l’Esprit Saint. Mais avant toute chose, il leur demande de l’aimer et de garder ses commandements. Quand il parle de “commandements”, il ne s’agit pas de contraintes mais de paroles qui sont celles “de la vie éternelle”. L’Évangile de saint Jean distingue deux étapes de la révélation chrétienne : le temps de Jésus et le temps de l’Esprit Saint.

L’Esprit Saint envoyé par le Père au nom de Jésus va tenir son rôle auprès de ceux qui l’aiment. Son rôle c’est “d’enseigner” toute chose. Il vient nous rappeler tout ce que le Christ a dit et fait. Mais ce n’est pas seulement un “aide-mémoire”. Le plus important c’est de prendre conscience de la portée des paroles et des gestes de Jésus pour notre monde d’aujourd’hui.

C’est important pour nous qui sommes envoyés pour annoncer l’Évangile. Il n’est pas question de répéter un message appris par cœur. Nous vivons dans un monde qui a beaucoup changé. L’Esprit Saint est la pour nous tous inviter à le rejoindre dans ce qu’il vit. Il vient nous rappeler que ce qui est premier ce n’est pas la recherche du confort, ni l’argent mais la personne. Dans un monde de meurtri par les guerres et les violences, il vient faire de nous des artisans de paix, de réconciliation et de communion fraternelle.

La Pentecôte nous invite à nous ouvrir à cet Esprit qui nous fait devenir des témoins et des messagers du Christ et de son message d’unité et de paix. C’est ce que nous dit la séquence de la fête d’aujourd’hui : « viens, Esprit Saint en nos cœurs… Assoupli ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid. Rends droit ce qui est faussé. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 1er juin 2025

01.06.2025 – HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 17,20-26

Unis dans la prière

Homélie par le Père Jean Compazieu

Textes biblique : lire


Entre l’Ascension et la Pentecôte, les textes bibliques nous invitent à la prière. C’est la seule attitude qui convient à des disciples qui attendent la venue de l’Esprit Saint. L’Évangile nous montre Jésus lui-même qui va prier pour nous. Nous nous tournons vers lui en ouvrant nos mains et nos cœurs. Le but de la prière c’est de nous mettre en état de réceptivité au don que Dieu veut nous faire.

La première lecture est tirée du livre des actes des apôtres ; elle nous montre la prière d’Étienne, le premier martyr. Il a suivi Jésus jusqu’au bout sans renoncer à sa foi, même devant la menace. Il n’a pas renié le Christ glorifié. Sa prière est pour nous un modèle de confiance. Il meurt en contemplant la gloire du Christ au ciel. En écoutant ce témoignage, nous pensons aux très nombreux martyrs d’aujourd’hui. Leur vie et leur mort nous interpellent : qu’avons-nous fait de notre baptême ? Le Seigneur nous rejoint pour nous combler de son amour ; mais trop souvent, nous sommes ailleurs.

Avec la deuxième lecture, nous avons une deuxième prière. C’est celle de toute l’Église au Christ vainqueur de la mort du péché. Nous avons là un message d’espérance adressé à des chrétiens persécutés. Quoi qu’il arrive, rien ni personne ne peut empêcher le Christ de vouloir nous associer à sa victoire. Avec lui, c’est un monde nouveau qui est en train de naître, un monde rempli de l’amour qui est un Dieu. Il faut que cette bonne nouvelle nous remplisse de joie et de confiance malgré les épreuves de la vie. Jésus est à jamais vivant. Nous le supplions : “viens”. Cette prière est déjà exaucée. Mais elle ne le sera pleinement que dans la gloire du Royaume.

Avec l’Évangile, nous avons une troisième prière. C’est une prière qui nous fait entrer dans l’intimité de Jésus avec son Père. Tout au long des Évangiles, nous voyons que le Christ a régulièrement éprouvé ce besoin de se retirer pour prier, pour être avec le Père. Il y passait de longues heures, surtout au moment des décisions les plus importantes.

Mais sa prière d’aujourd’hui à une intensité particulière. Jésus prie pour tous les hommes qu’il est venu sauver. Il est presque parvenu au terme de sa mission. Dans quelques heures il entrera dans sa Passion. Il sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Sa prière d’aujourd’hui vient ressaisir tout ce qu’il a fait pour le remettre entre les mains du Père. C’est tous les hommes du monde entier qu’il porte dans ses mains pour les offrir au Père. À travers ses paroles, on sent que Jésus veut prendre soin, encore, de l’humanité. Il veut qu’elle soit unie dans l’amour qu’il est venu inaugurer.

Jésus confie d’abord au Père ses apôtres. Sa Passion sera pour eux une difficile épreuve, un difficile combat de la fidélité. Il prie pour eux et pour ceux qui recevront leur témoignage : “qu’il soit UN en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.” Des communautés divisées sont un contre témoignage qui dit le contraire de Dieu. La prière de Jésus est une prière vraiment universelle parce qu’elle englobe tous les hommes de tous les temps. Elle est aussi universelle que sa mission de sauveur, mission qu’il a confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui.

Cette insistance de Jésus sur l’unité entre les hommes qu’il aime est très importante pour nous aujourd’hui. C’est un appel à faire grandir la fraternité, le partage, la solidarité. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Toute atteinte à la communion blesse ce salut qui nous a offert. Ceux qui ne partagent pas notre foi nous regardent vivre. Comment témoigner d’un Dieu amour s’il n’y a pas cet amour dans notre vie ? Nos divisions entre chrétiens nous apparaissent encore plus intolérables lorsque nous entendons cette parole du Christ.

Tout au long de ces derniers jours qui nous préparent à la Pentecôte, l’heure est donc à la prière. Le Christ nous veut tous avec lui. Il compte sur nous pour adhérer à son désir qui est aussi celui du Père. Viens Seigneur Jésus ! Envoie-nous ton Esprit Saint ! Qu’il vienne affermir notre foi notre espérance et notre charité. Qu’il vienne nous faire vivre de l’amour du Père.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN. ORG, le 25 mai 2025

25.05.2025 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 14,23-29

O Seigneur, envoie ton Esprit

Textes bibliques : Lire

Pistes pour, l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Les textes bibliques de ce dimanche nous préparent à la grande fête de la Pentecôte. Ils nous annoncent ce que sera la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres et sur ceux qui entendront leur parole. Le livre des Actes des Apôtres nous dit que la bonne nouvelle se répand de plus en plus : de nombreux païens se convertissent à Jésus Christ. Mais un problème surgit : Des gens venus de Judée veulent leur imposer les pratiques reçues de la loi de Moïse. Mais contrairement à ce que pensent les esprits chagrins, l’ouverture au monde n’est pas un abandon de la foi. L’Église doit être ouverte aux nouveaux convertis. L’important ce n’est pas d’être fidèle à des traditions mais d’être fidèle à Jésus Christ et à sa parole.

Il faut le dire et le redire : la mission de l’Église n’est pas de sauver des traditions mais de travailler avec Jésus Christ qui veut sauver le monde. Nous sommes tous appelés à participer à cette mission. Quelqu’un a dit qu’une paroisse qui n’évangélise pas est une paroisse morte. Nous sommes tous invités à revenir au cœur de la foi et à en être les témoins dans le monde d’aujourd’hui. C’est l’Esprit saint qui nous y pousse. Sa présence dans notre vie et notre monde vient tout bousculer. Il ne suffit plus de respecter une loi et des interdits. Ce qui nous est proposé c’est de plonger dans cet océan d’amour qui est en Dieu. Si nous faisons cela, plus rien ne peut être comme avant.

Le texte de l’Apocalypse (2ème lecture) nous parle également d’ouverture. À sa manière, il nous fait redécouvrir la foi de Pâques. La résurrection de Jésus nous ouvre à un monde neuf et tout autre : nous savons que, dans la tradition biblique, la ville de Jérusalem est le lieu que Dieu a choisi pour habiter parmi les hommes. Désormais, le Christ ressuscité vient faire de nous un peuple ouvert aux quatre points de l’horizon ; nous ne devons jamais oublier cette perspective universelle. Si le Christ a livré son Corps et versé son sang, c’est précisément pour nous et pour le monde entier.

L’Évangile de ce jour vient justement nous rappeler que le plus important n’est pas de respecter des règles ou des traditions mais de nous attacher au Christ. Il est “le chemin, la vérité et la Vie”. Ses paroles sont celles “de la Vie éternelle”. Il veut nous faire entrer dans son intimité avec le Père et l’Esprit Saint : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole, mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui, chez lui nous ferons notre demeure.” C’est ce qui se passe chaque fois que nous allons communier : Dieu vient habiter en nous, nous devenons le temple de Dieu.

Cette présence est bien plus efficace que celle du temps où il marchait sur les terres de Palestine. En effet, ce n’est plus seulement Jésus mais le Père et l’Esprit Saint qui viennent demeurer en nous. Et si Dieu vient en nous, c’est au nom de l’amour qu’il nous porte. Cet amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n’oublions pas que Jésus a prononcé ce discours la veille de sa Passion. Il se préparait à livrer son corps et à verser son sang pour nous et pour la multitude.

Ces paroles du Christ sont comme un testament ; elles nous disent ses dernières volontés : garder sa parole et y être fidèle, même dans les moments les plus difficiles. Notre amour ne peut qu’être une réponse à celui qui ne cesse de faire le premier pas vers nous. Le seul désir du Christ c’est d’aimer chacun de nous comme s’il était son unique souci. Et il compte sur nous pour que nous en soyons les témoins vivants par nos paroles et surtout par toute notre vie.

Nous chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour transmettre ce flambeau. Dans ce monde, il y a beaucoup de choses merveilleuses, des gestes de générosité extraordinaires. Il y a aussi beaucoup de souffrances ; la paix est de plus en plus menacée ; de nombreux chrétiens sont persécutés à cause de leur foi en Jésus Christ ; un peu partout, nous assistons à une montée de la violence, du racisme et de l’exclusion. Mais nous ne devons pas désespérer : ce monde malade, le Christ l’aime ; il a donné sa vie pour tous. Avec lui, nous apprenons à voir les autres comme il les voit et à les aimer comme il les aime. Il nous envoie pour y être les signes vivants de son amour par nos paroles, nos actes et toute notre vie.

En ce mois de mai, nous continuons à nous tourner vers Marie, notre Maman du ciel. Comme aux noces de Cana, elle continue à nous dire : “Faites tout ce qu’il vous dira”. Elle était avec les apôtres qui se préparaient à recevoir l’Esprit Saint en vue de la mission ; elle est aussi avec nous pour nous inviter à accueillir le don de Dieu. Sa présence vient raviver notre foi, notre lien profond avec le Christ et notre désir de le suivre sur le chemin vers la Maison du Père.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 18 mai 2025

18.05.2025 – HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 13,31-33a.34-35

À l’image de ton amour

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


« À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». Nous pouvons faire de grandes choses, même au service des autres, s’il n’y a pas l’amour, nous ne sommes rien. Nous ne serons reconnus comme disciples du Christ qu’à la façon dont nous nous aimons entre nous. Le pape François nous disait que « l’amour est la carte d’identité du chrétien… c’est l’unique document pour être reconnu comme disciple de Jésus…Si ce document expire et n’est pas renouvelé continuellement, nous ne sommes plus amis du Maître. »

Pour mieux comprendre ce que Jésus attend de nous, c’est vers lui que nous nous tournons. Il « nous a aimés comme on n’a jamais aimé ». Il est allé jusqu’au don de sa vie sur la croix. Aujourd’hui, il nous demande d’aimer les autres « comme » il nous a aimés. Il nous invite à entrer dans sa manière d’aimer ses frères. Cela ne sera possible que si nous cherchons à nous mettre à son école. Apprendre à aimer, c’est un travail de tous les jours.

Le pape François insistait beaucoup sur ce commandement. Il nous rappelait que « seul l’amour nous sauvera ». Nous entendons régulièrement ses appels en faveur des plus faibles. Tout l’Évangile est un message d’amour pour le monde. C’est aussi un appel à aller à contre-courant de la société qui juge et qui condamne. On y insulte les autres avant de les écouter. L’Évangile de ce jour est là pour nous renvoyer aux paroles et à l’exemple du Christ : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés ». Les paroles du Christ doivent être notre seule référence car elles sont celles « de la vie éternelle ». C’est pour nous un appel à agir comme lui en nous faisant proches des pauvres, des exclus et de tous ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde.

Nous nous rappelons qu’au moment où Jésus prononce ce discours, il vient de laver les pieds de ses disciples. Lui, le « Maître et Seigneur », s’est mis à leur service. C’est un exemple qu’il leur a donné. Il ne s’agit plus de répéter ce geste mais de faire taire les pleurs et les cris ce ceux et celles qui souffrent. Encore une fois, c’est à nos gestes d’amour, de partage et de solidarité que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Nous sommes envoyés dans le monde pour lui annoncer la bonté du Seigneur, sa tendresse et sa miséricorde. Il faut que cela se voie dans notre vie.

Cette ardeur missionnaire, nous la retrouvons dans la première lecture (Actes des apôtres). Nous y rencontrons Paul et Barnabé qui ont travaillé inlassablement à cette annonce de la bonne nouvelle. Cela n’a été possible que parce qu’ils étaient passionnés de l’amour qui est en Dieu. Ils se sont efforcés de rester en relation avec ceux qui se sont convertis au Christ. Il s’agit maintenant d’organiser leur vie communautaire. Grâce à leur témoignage, la bonne nouvelle de l’Évangile se répand de plus en plus. Mais le plus important, c’est l’action de Dieu dans ces communautés. La mission s’est d’abord son œuvre. Mais tous s’est fait « avec eux ».

La seconde lecture (Apocalypse) nous montre le fruit de la résurrection de Jésus. Elle nous parle de « la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, toute prête comme une fiancée parée pour son époux ». Contrairement à ce qu’on entend dire, l’Apocalypse n’est pas un livre de catastrophe ; c’est d’abord une bonne nouvelle. Elle montre à des chrétiens persécutés l’amour du Christ vainqueur du mal et de la mort. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire. Le texte d’aujourd’hui se termine par cette affirmation : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Ces nouveautés dont il parle, c’est un monde rempli de joie et d’amour. Il n’y aura plus de souffrances ni de tensions. La rancœur et la haine n’y auront plus leur place. Il ne restera que l’amour qui vient de Dieu et qui transforme tout.

Voilà cette bonne nouvelle que nous entendons en ce dimanche. C’est une immense scène d’amour qui ne demande qu’à enserrer toute une communauté et même le monde entier. Nous ne pourrons en témoigner que si nous puisons à la source de cet amour. Aimer, c’est prolonger Dieu, c’est vivre à sa manière sans exclure personne. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est un amour de plus en plus à la ressemblance de celui de Jésus pour nous.

Chaque dimanche, le Christ nous rassemble pour nous nourrir de sa parole et de son eucharistie. Il vient nous donner force et courage pour aimer comme lui et avec lui. C’est cela qui fait la valeur d’une vie. Que tous ceux qui regardent nos communautés chrétiennes puissent dire : « voyez comme ils s’aiment ». Oui, sois avec nous, Seigneur ; remplis notre vie de ton amour. « Toi qui est lumière, toi qui est l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 11 mai 2025

11.05.2025 – HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 10,27-30

Le vrai berger

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus se présente à nous comme le « bon berger ». « Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent ; je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main ». Ces paroles de Jésus nous aident à comprendre que nous ne pouvons pas nous proclamer disciples de Jésus si nous n’écoutons pas sa voix. Il ne s’agit pas seulement d’une écoute de l’oreille mais d’une écoute du cœur. Cela nous engage à suivre le Christ, à lui faire confiance et à mettre en pratique ce qu’il nous dit.

Dans le bruit de la vie courante et trépidante, cela n’est pas toujours facile. Nous sommes souvent affrontés à des difficultés, des doutes, des souffrances. Beaucoup sont désorientés par tous ces changements dans notre société, dans notre monde et même dans notre Église. Alors on s’interroge : à qui pouvons-nous donner notre confiance ? Beaucoup disent qu’ils n’ont pas besoin de maître.

Mais l’Évangile de ce dimanche nous montre le rapport étroit que Jésus veut établir avec chacun de nous : il est vraiment notre guide, notre Maître, notre ami, notre modèle ; il est surtout notre Sauveur. C’est cette bonne nouvelle que nous avons entendue : « Je leur donne la Vie Éternelle et personne ne les arrachera de ma main ». Ces paroles du Christ nous donnent un sentiment de sécurité absolue ; notre vie est pleinement à l’abri entre les mains de Jésus et du Père ; il est celui qui ne cesse de nous manifester sa miséricorde. C’est son regard d’amour qui touche chacun de nous a plus profond de lui-même.

Pour comprendre cela, c’est vers la croix du Christ que nous nous tournons. Le pape François nous dit que pour sauver les brebis égarées, le berger s’est fait agneau, il s’est laissé sacrifier, il a pris sur lui tous nos péchés pour nous en libérer. C’est ainsi qu’il a donné sa vie en abondance pour nous et pour le monde entier ; avec lui, nous n’avons plus peur. Notre vie est désormais à l’abri de la perdition. Rien ni personne ne pourra nous arracher à la main de Jésus parce que rien ni personne ne peut vaincre son amour. L’amour de Jésus est invincible.

Nous sommes tous invités à répondre à cet amour qui ne cesse de faire le premier pas vers nous. Il est venu pour tous car il ne veut pas que seul se perde. Cela signifie qu’il ne pense pas seulement aux croyants fidèles. La première lecture nous montre une communauté qui risquait de se renfermer sur elle-même. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile sera annoncé aux païens. Ils ont compris que le Christ est la « Lumière des nations » et le « Sauveur de tous les peuples ».

Cette mission connaîtra un succès extraordinaire. Beaucoup de disciples de Jésus subiront la persécution. Mais ils témoigneront de leur foi jusqu’au martyre. Aujourd’hui, encore plus qu’aux premiers siècles, des chrétiens sont assassinés à cause de leur foi en Jésus. Mais rien ne peut ébranler leur espérance. Personne ne peut les arracher de la main du Berger.

La seconde lecture est extraite du livre de l’Apocalypse : elle nous montre précisément la victoire obtenue par les martyrs. Son but est de nous rappeler que même dans les pires catastrophes, le mal n’aura pas le dernier mot. Jésus nous est présenté comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Et ce qui est merveilleux ce qu’il veut nous associer tous à sa victoire. Saint Jean nous parle d’une foule de toutes races et de toutes nations. Après les persécutions, les souffrances, la faim et les pleurs, ils connaissent la joie d’être avec Dieu.

En ce dimanche des vocations, nous nous unissons à la prière de l’Église universelle. La bonne nouvelle de l’Évangile est pour toutes les nations. Elle doit être annoncée à temps et à contretemps. Cette journée nous rappelle que le Christ veut nous associer tous à sa mission de « Berger de toute humanité ».

Nous pensons aux prêtres, religieux et religieuses, aux catéchistes, aux animateurs des divers groupes pastoraux mais aussi à tous les baptisés. Nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes, pour « sauver notre âme » mais pour travailler avec le Christ qui veut sauver le monde. Personne ne doit rester sur la touche. Le Seigneur attend de nous que nous donnions le meilleur de nous-mêmes là où nous sommes.

En célébrant cette eucharistie, nous nous tournons vers celui qui a échangé sa vie contre notre salut. Nous lui rendons grâce pour cette espérance et cette joie qui est en nous. Qu’il nous donne d’en être les porteurs et les messagers tout au long de notre vie.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 4 mai 2025

04.05.2025 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 21,1-19

Appelés et envoyés

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie par le Père Jean Compazieu


L’Évangile de ce dimanche nous rapporte la 3ème apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. Cet événement a lieu sur les rives du lac de Galilée. Tout commence par une décision de Simon Pierre d’aller à la pêche, une pêche qui s’est avérée infructueuse. C’est là, dans cette situation d’échec que Jésus rejoint ses disciples. Alors que tout semblait terminé, Jésus lui-même va « rechercher » ses disciples. Il se présente à eux sur les rives du lac, mais ils ne le reconnaissent pas.

S’adressant à ces pêcheurs fatigués et déçus, Jésus leur fait recommencer leur pêche : « Jetez les filets du côté droit de la barque et vous trouverez ». Et là, le résultat dépasse toutes leurs espérances. L’Évangile nous parle de 153 poissons. Ce chiffre symbolique correspond au nombre d’espèces de poissons connues à l’époque. C’est une manière de rappeler la mission universelle à ceux qui seront appelés à devenir « pêcheurs d’hommes ». Mais il ne faut pas oublier que cette pêche extraordinaire n’a été possible qu’avec le Seigneur. Ils ont jeté les filets mais c’est lui qui les a remplis. C’est vrai pour tout travail missionnaire : nous sommes envoyés pour annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile, mais c’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui l’entendent.

Tout cela nous demande un amour sans faille à l’égard de Celui qui nous a appelés et envoyés. C’est ce qui est demandé à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Cette question revient trois fois. Nous nous rappelons que Pierre avait renié son Maître trois fois de suite. Il se trouvait donc dans une situation très inconfortable. Mais Jésus va lui offrir de s’en sortir. Pierre va pouvoir lui dire trois fois son amour. Alors Jésus fera de lui le berger de son troupeau. Tous les grands témoins de la foi sont des pêcheurs pardonnés, des gens qui ont accueilli la miséricorde de Dieu.

La miséricorde du Christ ne connaît pas de limite. C’est vrai pour chacun de nous. Il nous rejoint tous là où nous en sommes pour raviver notre espérance. Pour lui, il n’y a pas de situation désespérée. Comme Pierre, nous sommes invités à « plonger » et à lui faire confiance sur parole. Comme lui, nous sommes envoyés dans ce monde pour témoigner de l’espérance qui nous anime. C’est à tous et à chacun que le Christ ressuscité veut manifester sa miséricorde. Lui-même nous dit qu’il est venu « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.

La première lecture nous montre les apôtres en train de remplir cette mission que le Christ leur a confiée. Aujourd’hui, nous les retrouvons devant le même tribunal qui a condamné Jésus. Malgré lourdes menaces qui pèsent sur eux, ils n’hésitent pas à témoigner de leur foi en Jésus ressuscité. Ils choisissent d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Ils ont été envoyés pour annoncer la victoire du Christ sur la mort et le péché. C’est l’Esprit Saint qui a fait de ces hommes peureux des missionnaires courageux.

La deuxième lecture est extraite de l’Apocalypse de Saint Jean. C’est un livre un peu déroutant quand on n’a pas l’habitude ; aujourd’hui, nous avons entendu des paroles de victoire, de triomphe et de louange. Il faut savoir que tout cela a été écrit dans un langage codé pour encourager les chrétiens persécutés à rester fermes dans la foi. Il les encourage à rendre gloire à l’Agneau immolé vainqueur de la mort et du péché. Aujourd’hui encore, de nombreux chrétiens sont affrontés à la persécution ou tournés en dérision. Mais la puissance de l’amour est une force contagieuse que rien ni personne ne peut arrêter. En définitive, c’est l’amour et non le mal qui aura le dernier mot.

Le grand message de ces trois lectures bibliques c’est que le Christ ressuscité est toujours là, même si nous ne le voyons pas. Il ne cesse de nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos doutes et de nos épreuves. Il vient nous pardonner. Avec lui, nous pouvons nous relever et renaître à la confiance. La nourriture qu’il nous propose pour refaire nos forces, ce n’est plus du poisson grillé, mais son Corps et son Sang. Comme Pierre, nous sommes confirmés dans l’amour. Nous sommes envoyés pour en être les témoins et les messagers.

Ce mois de Mai est dédié à la Vierge Marie. Ce que nous remarquons chez elle, c’est sa hâte quand elle se rend chez sa cousine Élisabeth. Dans la Bible, il y a un mot qui revient souvent, c’est « aussitôt ». Nous avons là un autre aspect de la foi. La réponse aux appels de Dieu ne supporte pas les longues attentes. Elle part aussitôt et en toute hâte. La bonne nouvelle c’est que Marie n’a pas changé. Nous pouvons l’appeler et « aussitôt », elle accourt vers nous avec Jésus en elle ou près d’elle. C’est avec Jésus et Marie que nous pourrons être « disciples et missionnaires ».

Cette fête de Pâques doit raviver notre foi, notre lien profond avec Jésus Christ. Qu’il nous donne force et courage pour la mission qu’il nous confie. En ce jour, nous te prions Seigneur : accorde-nous par l’intercession de Marie élevée au ciel de parvenir à la gloire de la résurrection !

Père Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 26 avril 2025

27.04.2025 – HOMÉLIE DU 2ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 20, 19-31

Dimanche de la divine miséricorde

Textes bibliques : Lire

Pistes pour l’homélie par le père Jean Compazieu

En ce dimanche qui conclut l’octave de Pâques, nous entendons Jésus nous souhaiter la paix. Ce n’est pas un salut ni un simple vœu ; c’est un don qu’il offre à ses disciples et à chacun de nous. Cette paix, c’est la victoire de l’amour sur le mal ; c’est le fruit du pardon et de la miséricorde de Dieu. Cette paix, Jésus l’adresse à des disciples qui l’avaient abandonné. Ils l’avaient laissé seul face à la souffrance et à la mort. Eux-mêmes se sentaient menacés. Ils s’attendaient à être arrêtés et condamnés en même temps que leur Maître. C’est pour se protéger de ce danger qu’ils se tiennent cachés et enfermés en un lieu secret.

C’est alors que Jésus les rejoint là où ils en sont. Il les rejoint pour leur donner un message de paix : c’est la paix de la résurrection, la paix de la miséricorde qui pardonne, la paix qui touche le cœur. C’est ce message de paix que Christ ressuscité nous adresse aujourd’hui. Nous en avons bien besoin car nous vivons dans un monde hostile ou indifférent à la foi des chrétiens. La tentation reste grande de se replier et de rester entre nous.

En continuant la lecture de cet Évangile, nous découvrons que Jésus a fait une chose encore plus incroyable : Il envoie ses disciples en mission. “De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie…” Il aurait pu se dire qu’il ne peut pas compter sur eux car ils ne sont pas fiables. Or voilà que malgré leurs faiblesses et leur trahison, il leur renouvelle toute sa confiance. Il leur donne son Esprit Saint pour qu’ils puissent répandre dans le monde le pardon des péchés, ce pardon que Dieu seul peut donner.

Aujourd’hui comme autrefois, l’Église est envoyée pour transmettre aux hommes le pardon des péchés. Elle a reçu pour mission de faire grandir le Royaume de l’Amour et de semer la paix dans les cœurs. C’est ainsi que l’Esprit du Christ ressuscité chasse la peur dans le cœur des apôtres. Il les pousse à sortir du Cénacle pour annoncer l’Évangile à tous. Ce même Esprit Saint nous est donné pour témoigner de notre foi en Jésus ressuscité. Nous ne devons plus avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens. Le Seigneur nous assure de sa présence et nous pouvons toujours compter sur lui.

Les apôtres ont répondu à l’appel de Jésus. Ils se sont mis à annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile. La première lecture nous montre des communautés chrétiennes qui ont accueilli la miséricorde du Seigneur. Leur rencontre avec lui a complètement changé leur vie. Ils comprennent qu’ils sont appelés à devenir une communauté de partage, de prière et de découverte de Dieu. C’est cette miséricorde que nous sommes invités à l’accueillir dans notre vie. C’est comme une lumière qui doit briller au milieu des hommes pour qu’ils rendent gloire à Dieu.

La deuxième lecture est extraite du livre de l’Apocalypse. Pour la comprendre, il faut savoir que ce livre a été écrit pour des chrétiens persécutés. Saint Jean les invite à tenir bon malgré les épreuves qu’ils ont à souffrir. La priorité absolue c’est de revenir au cœur de la foi au Christ mort et ressuscité. C’est en regardant vers la croix que nous commençons à comprendre. Par sa mort et sa résurrection, il est vainqueur de la mort et du péché. C’est à cette victoire qu’il veut nous associer.

Ce message d’espérance nous rejoint dans un monde où beaucoup de chrétiens sont persécutés ou tournés en dérision. Mais le Seigneur est toujours là. Il nous rejoint dans nos épreuves et nos doutes. En nous rassemblant à l’église, nous apprenons à reconnaître en Jésus « Mon Seigneur et mon Dieu ». Il ne demande qu’à nous rejoindre pour nous aider à sortir de nos enfermements et à grandir dans la foi. Cette foi que nous sommes invités à proclamer est source de paix, de joie et d’amour. Elle est par-dessus tout, source d’une union personnelle et intime avec Jésus ressuscité. Et par lui, nous sommes unis à notre Père du ciel.

Nous avons tous besoin de réapprendre à vivre de cet amour miséricordieux qui est en Jésus. Et surtout, nous sommes envoyés pour en être les témoins et les messagers dans ce monde qui en a bien besoin. Beaucoup ne connaissent pas la miséricorde. Les coupables sont enfoncés dans la honte et l’échec. Nous, chrétiens, nous sommes invités à nous ajuster à Jésus qui veut à tout prix sauver tous les hommes, même ceux qui ont commis le pire. Comme il l’a fait pour les disciples, il nous envoie. Mais le principal travail, c’est lui qui le fait. Il est à l’œuvre ; nous, nous ne sommes que les manœuvres.

Pour conclure, voici une parole du pape François : « Dieu ne se lasse jamais de pardonner… le problème, c’est que nous, nous nous lassons, nous ne voulons pas, nous nous lassons de demander pardon. Dieu ne se lasse jamais de pardonner… Le nom de Dieu est Miséricorde ». « O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre. » Qu’il soit avec nous pour annoncer au monde qu’un pardon est toujours possible.

Père Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 19 avril 2025

13.04.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DES RAMEAUX – LUC 22,14-71.23,1-56

Ensemble,
acclamons le Christ qui se donne

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire

L’évangile des Rameaux proclamé avant la procession d’entrée nous a rapporté des paroles qui donnent à réfléchir : “Quelques pharisiens qui se trouvaient dans la foule dirent à Jésus : “Maître, arrête tes disciples !” Mais Jésus leur répondit : “Je vous le déclare, s’ils se taisent, les pierres crieront.” Voilà donc cette foule à laquelle nous nous joignons pour acclamer le Christ. Mais aujourd’hui, nous voyons qu’elle n’est pas unanime. Il y en a toujours quelques uns pour récriminer.

Cette foule rassemblée autour du Seigneur rend grâce pour tous les miracles qu’elle a vus. Elle reconnaît en Jésus “celui qui vient au nom du Seigneur.” Mais certains estiment que c’est trop et ils lui demandent d’arrêter ses disciples. Aujourd’hui, nous pouvons nous poser la question : Est-il possible d’en faire trop pour le Seigneur ? Si nous lisons les évangiles et l’histoire de l’Église, nous remarquons que ce reproche revient régulièrement : Marie verse un parfum précieux sur les pieds de Jésus. Alors Judas fait remarquer qu’avec l’argent correspondant, on aurait pu servir les pauvres. Le curé d’Ars qui vivait très pauvrement se procurera les ornements et les objets sacrés les plus beaux pour le culte. Ce ne sont là que quelques exemples parmi bien d’autres.

Rien n’est trop beau pour Dieu. Nous n’avons pas à nous retenir quand il s’agit de lui rendre grâce pour les merveilles qu’il accomplit. Nous n’en ferons jamais trop pour lui. Quelquefois, on entend parler de “programme minimum” pour la télévision ou les services publics et nous savons combien cela peut être décevant. Dans notre relation avec le Seigneur, cela ne doit pas exister car lui-même s’est donné totalement, jusqu’au sacrifice de sa vie sur une croix.

Aujourd’hui, nous entrons dans la grande semaine sainte. Nous allons suivre jusqu’à son sacrifice sur la croix. Comprenons bien : C’est notre vie qui est clouée à la croix avec lui ? Notre vie avec ses peines, ses souffrances et ses péchés que le Christ a pris sur lui. “C’était nos péchés qu’il portait dans son corps sur le bois”. Un jour il a dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. C’est ce don total du Christ que nous allons célébrer tout au long de cette semaine Sainte.

Alors n’ayons pas peur d’en faire trop pour Celui qui n’a pas mesuré son amour pour nous. Ne nous retenons pas pour chanter les louanges du Seigneur. Nous sommes tous attendus pour les célébrations du Jeudi Saint, Vendredi Saint, veillée pascale et dimanche de Pâques. Rejoignons tous les vivants qui tombent à genoux et qui proclament : « Jésus Christ est Seigneur pour la gloire de Dieu le Père. » Et que notre liturgie vécue tout au long de cette semaine nous affermisse dans la foi.

Seigneur, nous voulons être là avec la foule pour te louer et pour te glorifier. Nous ne voulons pas être seulement des spectateurs. Tu es vraiment le Roi qui vient au nom du Seigneur ! Tu mérites notre louange pour toutes les grandes choses que tu as faites et que tu fais encore. Tu mérites notre reconnaissance éternelle pour tout ce que tu as fait pour nous. Accorde-nous ta grâce, que nous chantions sans cesse tes louanges non seulement par des mots mais également par nos actions.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 6 avril 2025

06.04.2025 – HOMÉLIE DU 5ÈME DIMANCHE DE CARÊME – JEAN 8,1-11

Dieu libérateur

Textes bibliques : Lire


Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Les textes bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui veut libérer et sauver ceux qui étaient perdus. Le prophète Isaïe (1ère lecture) s’adresse à un peuple qui vient de vivre une longue période de captivité. Il lui annonce une bonne nouvelle : c’est aujourd’hui que Dieu intervient pour sauver son peuple. Ce dernier va pouvoir revenir vers la Terre promise ; le désert qu’il va traverser sera jalonné d’oasis ; il faut y voir le signe que Dieu peut redonner vie et espérance aux cœurs les plus arides.

Cette bonne nouvelle nous concerne tous aujourd’hui : dans ce monde qui est le nôtre, beaucoup vivent dans la désespérance. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés. Notre mission, c’est d’y révéler la Source d’eau vive, celle qui fait fleurir tous les déserts, ceux de nos familles, ceux de notre vie et ceux de notre monde. Cette source inépuisable c’est celle de l’amour qui est en Dieu. C’est auprès de lui que nous sommes invités à puiser chaque jour.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous donne son témoignage. Sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a provoqué un renversement radical dans sa vie. Au départ, il était un ardent défenseur de la loi juive. Il poursuivait les chrétiens et les faisait enfermer. Mais après sa conversion, il n’a désormais d’autre fierté et d’autre ambition que de « connaître le Christ » et de « parvenir à la résurrection des morts » en communiant aux souffrances de sa Passion. Pour nous comme pour Paul, la vraie libération c’est celle qui vient du Christ. C’est un don que Dieu nous fait par pure miséricorde. C’est avec lui que nous trouverons la force de nous libérer de tout ce qui nous enferme sur nous-mêmes.

L’Évangile de saint Jean nous montre la miséricorde qui libère. Dimanche dernier, Jésus en parlait sous la forme d’une parabole, celle du fils prodigue. Mais aujourd’hui, nous le voyons confronté à une situation bien réelle : on lui amène une femme coupable d’adultère. Ses accusateurs sont des scribes et des pharisiens, des experts de la loi de Moïse, des personnes reconnues pour leur ferveur religieuse. D’après la loi de Moïse, cette femme doit être lapidée. Mais s’ils se tournent vers lui, c’est pour le piéger. S’il refuse de la condamner, il est en contradiction avec la loi de Moïse ; et s’il la condamne, il est en contradiction avec la miséricorde qu’il prêche.

Mais Jésus opère un renversement : il ouvre un nouveau procès, celui des accusateurs : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Pendant que Jésus a la délicatesse de baisser les yeux, chacun examine sa conscience et… se retire. Il reste un homme sans péché, Jésus ; lui seul aurait eu le droit de condamner, mais il ne le fait pas : « Moi non plus, je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus. » La menace de mort disparaît, le chemin d’une vie nouvelle s’ouvre pour cette femme.

En lisant cet Évangile, nous pensons à tous les scandales, petits ou grands. Certains sont connus seulement de l’entourage familier. D’autres sont répandus par la Presse, la télé et Internet. Alors les langues vont bon train. Bien sûr, on ne lapide plus les pécheurs et les pécheresses. Mais on ricane, on dénonce celui qui a fauté ; on l’enfonce dans sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance de s’en sortir.

C’est alors qu’il nous faut revenir à cette parole du Christ : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Devant Dieu, nous sommes tous des pauvres pécheurs. Avant de faire la leçon aux autres, nous sommes invités à enlever la poutre qui est dans notre œil. Cette poutre c’est l’orgueil, c’est le mépris à l’égard de celui qui a fauté. En agissant ainsi, nous allons contre le Christ qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est par amour pour eux et pour le monde entier qu’il est mort sur une croix.

Comprenons bien, le péché est un mal que nous devons combattre de toutes nos forces. Mais le pécheur c’est quelqu’un qu’il faut guérir et sauver. Il a besoin qu’on l’aide à retrouver sa place dans la communauté chrétienne. La vie chrétienne est un combat de tous les jours contre les forces du mal. Mais pour ce combat, nous ne sommes pas seuls. Jésus est avec nous pour nous montrer le chemin. Marie est là aussi ; comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira… » Puisez à la Source de Celui qui est l’Amour… Soyez les témoins et les messagers de sa miséricorde dans le monde d’aujourd’hui. Si nous voulons que ce carême soit vraiment libérateur, il n’y a qu’un seul commandement : aimer comme Jésus aime.

Seigneur, en ce dimanche, nous sommes venus à toi avec notre désir d’accueillir ta Parole et de nous laisser transformer par elle. Tu peux changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Que ta présence nous apporte la joie d’aider, de soutenir, de consoler et d’aimer. Que ta Parole soit Lumière pour notre monde et que ton amour apaise tous ceux qui souffrent.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 30 mars 2025

30.03.2025 – HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DE CARÊME – LUC 15,1-3.11-32

Un chemin de conversion

Textes bibliques : Lire


Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Les trois lectures de ce dimanche nous invitent à ne pas oublier les merveilles de Dieu. Le livre de Josué (1ère lecture) nous parle d’un Dieu qui a libéré son peuple esclave en Égypte. Au terme d’une longue traversée du désert, on arrive à la terre que Dieu avait promise à son peuple. Cette entrée dans la terre promise donne lieu à une grande fête. Ce récit du livre de Josué nous révèle un Dieu libérateur et sauveur. Il veut que nous soyons libres et heureux.

Tout au long de notre pèlerinage terrestre, nous sommes en marche vers le monde de Dieu. L’esclavage que nous devons abandonner, c’est celui qui est provoqué par l’égoïsme, l’amour de l’argent ; c’est aussi celui de l’indifférence et de la violence sous toutes ses formes. Nous avons tous à lutter contre les traces du monde ancien. Mais la question n’est pas de SE transformer mais de SE laisser transformer par le Seigneur ; ce combat que nous avons à mener n’est pas le nôtre mais le sien. Le Carême est là pour nous inviter à revenir vers lui et à lui donner la première place dans notre vie.

Ce Carême nous est donné comme un temps de réconciliation. C’est le message qui nous est transmis par l’apôtre Paul dans sa lettre aux Corinthiens (2ème lecture). Cette réconciliation nous a été obtenue par le Christ ; elle ne demande qu’à être accueillie ; l’apôtre Paul nous adresse un appel pressant : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Il ne demande qu’à nous accueillir et à nous pardonner. Avec lui, c’est la naissance d’un monde nouveau que chacun de nous peut contempler.

Tout l’Évangile nous parle de cette miséricorde de Jésus. Il a été envoyé pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il n’hésite pas à faire bon accueil aux pécheurs et aux exclus. Ils font partie de son bien le plus précieux. S’ils sont engagés sur des chemins de perdition, il va tout faire pour les ramener à lui. C’est vrai aussi pour chacun de nous : si nous sommes égarés loin de lui, il ne cesse de nous chercher, même si nous sommes tombés très bas. Avec lui, il n’y a pas de situation désespérée. Il nous appelle tous à revenir vers lui car il ne demande qu’à nous combler de son amour.

L’Évangile de saint Luc nous rapporte la parabole des deux fils et de leur père. Cette parabole, nous la connaissons bien car nous l’avons entendue souvent. C’est l’histoire d’un garçon qui réclame sa par d’héritage et qui s’en va. Après avoir dépensé tout son bien dans une vie de débauche, il finit par se trouver dans la misère. Il décide alors de revenir vers son père. Ce retour n’est pas dû à une vraie conversion mais à la faim qui le tenaille.

Certains ne se gênent pas pour dire que ce fils indigne mériterait une bonne correction. Ils oublient simplement une chose : cet homme que nous appelons le fils prodigue, c’est chacun de nous ; nous sommes comme lui chaque fois que nous nous éloignons de Dieu. En dehors de lui, nous courons à notre perte. Comme le père de la parabole, Dieu fait le premier pas vers nous ; il nous offre son pardon gratuit ; il n’est que miséricorde pour tous, même si nous avons commis le pire. Nous sommes tous aimés de Dieu ; il nous appartient de le dire et de le redire à ceux qui ne le savent pas.

Mais dans l’Évangile de ce jour, il y a un problème : le fils aîné rejette son frère au lieu de l’accueillir ; il se considère comme un serviteur fidèle en toutes choses ; il ne comprend rien à l’amour de son père ; et le pire, c’est qu’il ne veut pas comprendre ; il finit par se retrouver hors de la maison de son père où son frère fait la fête. C’est désormais lui qui devient le fils perdu. Pour qu’il puisse entrer dans la maison, il faudra que lui aussi se reconnaisse pécheur. Finalement, son père aura bien plus de mal avec lui.

Dans cette parabole, on peut également entrevoir un troisième fils : c’est Jésus lui-même. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est lui, Jésus, qui a préparé le banquet pour « la grande fête du pardon ». Il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » ; c’est par lui que nous devons passer pour aller au Père. Mais rien ne sera possible si nous ne cherchons pas à devenir « miséricordieux comme le Père ».

Quand nous refusons cette miséricorde envers les autres, nous péchons contre Dieu ; c’est un affront à celui qui a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude ; nous oublions que nous sommes tous des pécheurs et que nous avons tous besoin d’être réconciliés avec Dieu. Nous devons tous retrouver le sens profond du sacrement de la réconciliation. Ce que nous confessons avant tout c’est l’amour de Dieu pour nous. Avec lui, nous pouvons repartir à nouveau. Il nous restitue la dignité de ses enfants ; il nous invite à reprendre la route sur le chemin qui nous conduit au Père.

En ce temps du Carême qui nous sépare encore de Pâques, nous sommes invités à intensifier ce chemin de conversion. Laissons-nous toucher par ce regard d’amour du Père pour nous tous. Le temps du Carême nous est donné pour revenir à lui de tout notre cœur en rejetant toute compromission avec le péché. La Vierge Marie est toujours là pour nous accompagner sur ce chemin de conversion. Comme aux noces de Cana, elle ne cesse de nous redire : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 23 mars 2024