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16.08.2026 – SAINT DU JOUR

St Étienne de Hongrie

Saint Étienne
Roi de Hongrie 
(977-1038)

Les Hongrois étaient les descendants de ces fiers et terribles envahisseurs connus sous le nom de Huns. Étienne eut le bonheur d’être l’apôtre en même temps que le roi des Hongrois, et de les civiliser.

Avant sa naissance, sa mère eut une vision de saint Étienne, martyr, lui prédisant que son enfant achèverait l’œuvre de la conversion de la Hongrie, commencée par ses parents. Aussi le prédestiné reçut-il au baptême le nom d’Étienne. Ses premières inclinations le portèrent à Dieu ; sa première parole fut le nom de Jésus ; ses études furent aussi remarquables par ses succès que par sa piété. 

Étienne avait vingt ans quand il succéda à son père. Pour donner tous ses soins à la christianisation de son royaume, il commença par établir une paix solide avec tous ses voisins. Ce ne fut pas sans peine que le pieux roi put mener à bonne fin son entreprise ; son peuple était tout barbare et endurci dans les superstitions du paganisme ; il lui fallut soutenir une guerre contre ses propres sujets; mais le jeûne, l’aumône et la prière lui assurèrent la victoire. Étienne fit alors venir des apôtres pour évangéliser cette nation ignorante et grossière ; il publia des lois très sévères contre le meurtre, le vol, l’adultère, le blasphème et d’autres crimes ; il pourvut à la protection des veuves et des orphelins et à la subsistance des pauvres ; il fonda et enrichit les églises: aussi vit-on bientôt ce pays offrir une magnifique végétation chrétienne.

Dans toutes ses œuvres, le saint roi était secondé par sa pieuse épouse, Gisèle, sœur de l’empereur saint Henri. L’humilité accompagnait tous les bienfaits du prince ; souvent il choisissait la nuit pour accomplir ses œuvres de charité ; il lavait en secret les pieds des pèlerins, et cachait discrètement ses aumônes. Un jour qu’il était sorti incognito pour distribuer de l’argent aux malheureux, comme il n’avait point réussi à contenter tout le monde, il fut dévalisé et foulé aux pieds ; loin de s’en fâcher et de se faire connaître, il offrit à la Sainte Vierge cette humiliation et résolut de ne jamais rien refuser à aucun pauvre. Il était impossible que ses revenus pussent suffire à tant de charités, sans quelque merveille d’en haut. Un jour qu’Étienne priait, absorbé en Dieu, il fut enlevé en l’air par les Anges jusqu’à ce que son oraison fût achevée. Dieu opéra en sa faveur beaucoup d’autres prodiges. 

Ses dernières années furent éprouvées par des maladies, qu’il supporta avec patience et courage.

Curiosité sur la couronne de saint Étienne surmontée d’une croix inclinée

La couronne de Hongrie est actuellement composée d’une croix inclinée, d’une calotte sphérique et d’un cercle précieux, ayant pour poids 2 056 grammes.
L’inclinaison de la croix est due à une circonstance fortuite. Lors d’un bouleversement politique, la reine Isabelle voulut emporter la sainte couronne. Elle la mit dans un coffret trop étroit et en s’appuyant sur le couvercle pour le fermer, elle fit céder la croix qui s’inclina sur un côté. Depuis lors, la couronne est restée en cet état, les Hongrois ayant poussé le scrupule jusqu’à vouloir lui conserver ce défaut accidentel.

Sources principales : Abbé L. Jaud (Vie des Saints…) ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

Saint Étienne priez pour nous !

16.08.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28. 

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Jean Tauler (v. 1300-1361)

dominicain à Strasbourg

Sermon 9 (trad. Cerf 1979, t.1, p. 36)

« Femme, ta foi est grande »

« Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! » C’est un cri d’appel d’une force immense… C’est un gémissement qui vient comme d’une profondeur sans fin. Cela dépasse de beaucoup la nature, et c’est le Saint Esprit qui doit lui-même proférer en nous ce gémissement (Rm 8,26)… Mais Jésus lui dit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël »… Or qu’a-t-elle fait ainsi pourchassée ? … Elle a pénétré plus profondément encore dans l’abîme. Tout en s’abaissant et s’humiliant, elle a gardé confiance et a dit : « C’est vrai, Seigneur ; et justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Ah ! si vous aussi vous pouviez réussir à pénétrer ainsi vraiment dans le fond de la vérité, non pas par de savants commentaires, de grands mots, ou bien avec les sens, mais dans le vrai fond de vous-même ! Ni Dieu, ni aucune créature ne pourrait vous fouler, vous anéantir, si vous demeuriez dans la vérité, dans l’humilité confiante. On pourrait vous faire subir affront, mépris et rebuffades, vous resteriez ferme dans la persévérance, vous pousseriez plus à fond encore, animé d’une confiance entière, et vous augmenteriez toujours davantage encore votre zèle. C’est de là que tout dépend, et celui qui parvient à ce point, celui-là réussit. Ces chemins et eux seuls conduisent, en vérité, sans aucune station intermédiaire, jusqu’à Dieu. Mais demeurer ainsi dans cette grande humilité, avec persévérance, avec une assurance entière et véritable, comme cette pauvre femme l’a fait, il en est peu qui y arrivent.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 56,1.6-7. 

Ainsi parle le Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler.
Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance,
je les conduirai à ma montagne sainte je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».

Psaume 67(66),2-3.5.7-8. 

R/ Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce tous ensemble ! (Ps 66, 4)

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse, 
que son visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre, 
ton salut, parmi toutes les nations.

Que les nations chantent leur joie, 
car tu gouvernes le monde avec justice ; 
tu gouvernes les peuples avec droiture, 
sur la terre, tu conduis les nations.

La terre a donné son fruit ; 
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que Dieu nous bénisse, 
et que la terre tout entière l’adore !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 11,13-15.29-32. 

Je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes : dans la mesure où je suis moi-même apôtre des nations, j’honore mon ministère,
mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair, et d’en sauver quelques-uns.
Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !
Les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance.
Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu, et maintenant, par suite de leur refus de croire, vous avez obtenu miséricorde ;
de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire, par suite de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde.

15.08.2026 – SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE

Statue de Notre-Dame de l’Assomption dans la cathédrale de Victoria (ancienne Rabat), sur l’île de Gozo, à Malte -  Depositphotos
Statue de Notre-Dame de l’Assomption dans la cathédrale de Victoria (ancienne Rabat), sur l’île de Gozo, à Malte – Depositphotos

Le Ciel s’ouvre à l’humanité dans le triomphe de la Mère de Dieu. L’Assomption ne célèbre pas seulement la gloire singulière de la Mère de Dieu : elle révèle à l’Église la destinée à laquelle Dieu appelle l’homme tout entier.

Chaque 15 août, l’Église célèbre l’un des plus grands mystères marials : au terme de sa vie terrestre, la Très Sainte Vierge Marie a été élevée corps et âme dans la gloire du Ciel. L’Assomption ne célèbre pas seulement la gloire singulière de la Mère de Dieu : elle révèle à l’Église la destinée à laquelle Dieu appelle l’homme tout entier.

L’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie appartient à ces grandes solennités dans lesquelles l’Église ne contemple pas seulement un privilège accordé à la Mère de Dieu : elle contemple en Marie l’accomplissement anticipé de sa propre espérance. Ce que l’Église espère pour chacun de ses enfants au terme de l’histoire est déjà réalisé, d’une manière éminente et singulière, en celle qui a donné au Verbe de Dieu sa chair humaine.

Icône de la Vierge Marie dans la basilique Sainte-Marie (église de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie), de style gothique, à Cracovie, en Pologne.

Le dogme fut solennellement défini par Pie XII le 1er novembre 1950 dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus. Le souverain pontife y proclame comme vérité révélée par Dieu que Marie Immaculée, Mère de Dieu toujours Vierge, « au terme du cours de sa vie terrestre », fut élevée en corps et en âme à la gloire céleste. Cette définition ne tranche volontairement pas la question théologique de savoir si la Vierge connut effectivement la mort avant son Assomption. Ces mots doivent être pesés dans toute leur profondeur. L’Église ne dit pas simplement que l’âme de Marie est auprès de Dieu. Une telle affirmation ne constituerait pas le mystère propre de l’Assomption. Elle confesse que Marie tout entière, corps et âme, est entrée dans la gloire. C’est ici que se révèle la profondeur proprement chrétienne de cette fête.

Le christianisme n’annonce pas le mépris du corps, ni la libération d’une âme qui devrait enfin s’affranchir de la matière. Il proclame la résurrection de la chair. Le corps humain, créé par Dieu, sanctifié d’une manière incomparable lorsque le Verbe s’est fait chair, et appelé à devenir le temple de l’Esprit Saint, possède lui aussi une destinée éternelle. En Marie, cette promesse est déjà accomplie.

Il faut toutefois comprendre correctement ce privilège marial. Marie ne monte pas au Ciel par sa propre puissance. L’Ascension appartient au Christ : le Seigneur ressuscité monte vers le Père dans la puissance de sa divinité. Marie, elle, est « assumée », c’est-à-dire élevée par Dieu. Toute la différence est là. La grandeur de Marie n’est jamais indépendante de celle du Christ. Elle en est le fruit le plus parfait.

L’Assomption est donc profondément christocentrique. Si Marie est glorifiée, c’est par la victoire de son Fils. Elle est la créature en laquelle la grâce rédemptrice du Christ manifeste avec une splendeur incomparable ce qu’elle veut accomplir en chacun de nous. L’Immaculée Conception l’avait préservée du péché originel par anticipation des mérites de la Croix ; l’Assomption manifeste l’achèvement de cette œuvre de grâce. Ainsi apparaît l’extraordinaire unité du mystère marial. Celle qui avait répondu à l’ange Gabriel par son fiat, celle qui avait donné au Verbe sa chair humaine, celle qui avait porté le Christ dans son sein, celle qui s’était tenue debout au pied de la Croix, est désormais auprès de son Fils dans la gloire.

La tradition chrétienne contemple également Marie comme la nouvelle Ève. Là où la première Ève avait accueilli la parole du serpent, Marie accueille la Parole de Dieu. Là où la désobéissance avait marqué l’histoire humaine, son fiat devient l’expression d’une obéissance entièrement offerte à Dieu. Mais cette comparaison ne prend tout son sens qu’en relation avec le Christ, nouvel Adam. Marie n’est jamais comprise en dehors du Christ : tout ce qu’elle est vient de Lui et conduit à Lui.

L’Assomption manifeste ainsi quelque chose de la restauration de la création blessée par le péché. Le dernier mot sur l’homme n’appartient ni au tombeau, ni à la corruption, ni à la mort. Il appartient à Dieu. Marie élevée dans la gloire est comme l’aurore de cette création renouvelée que la résurrection du Christ a inaugurée.

Mais l’Assomption possède également une dimension profondément maternelle. Marie glorifiée n’est pas une reine devenue inaccessible à ses enfants. Son entrée dans la gloire ne l’éloigne pas de l’Église : elle manifeste au contraire d’une manière nouvelle sa maternité.

Le pape Benoît XVI, Joseph Alois Ratzinger, à Barcelone pour la consécration de la Sagrada Família, le 7 novembre 2010, en Espagne.

C’est l’un des enseignements les plus beaux de l’homélie prononcée par Benoît XVI à Castel Gandolfo le 15 août 2005. 

Le pape explique que, précisément parce que Marie est désormais avec Dieu et en Dieu, elle peut être proche de chacun. Sa glorification n’abolit donc pas sa maternité : elle lui donne une dimension nouvelle. Marie demeure la Mère que le Christ lui-même a donnée à son disciple au Calvaire lorsqu’il lui dit : « Voici ta mère. »

Voilà pourquoi la piété mariale authentique ne constitue jamais une dévotion sentimentale ajoutée artificiellement à la foi chrétienne. Elle découle de la place objective que Dieu a donnée à Marie dans l’économie du salut. L’Église ne divinise pas Marie ; elle contemple en elle le chef-d’œuvre de la grâce. Elle ne l’adore pas ; elle la vénère comme la Mère de Dieu et reconnaît dans sa glorification l’œuvre souveraine du Christ rédempteur.L’Assomption prend enfin une force particulière devant le mystère de la mort. Dans un monde qui cherche souvent à dissimuler la mort tout en vouant au corps un véritable culte de la jeunesse, de la performance et de l’apparence, le christianisme apporte une réponse radicalement différente. Il ne promet pas l’immortalité biologique. Il promet davantage : la résurrection.

Le corps vieillira, la beauté terrestre passera et la mort accomplira son œuvre. Mais l’homme n’a pas été créé pour le néant. Marie glorifiée annonce silencieusement la destinée ultime des rachetés. En elle, l’Église contemple déjà ce qu’elle espère devenir.

Voilà pourquoi l’Assomption est une fête de joie. Non pas une joie superficielle, mais la joie pascale d’un peuple qui sait que le tombeau n’aura pas le dernier mot. Benoît XVI l’exprimait dès les premières paroles de son homélie du 15 août 2005 : « La fête de l’Assomption est un jour de joie. Dieu a vaincu. L’amour a vaincu. La vie a vaincu. »

Le pape ajoutait cette formule d’une exceptionnelle densité théologique : « même pour le corps, il y a une place en Dieu ». Puis il conduisait immédiatement cette contemplation vers la maternité de Marie : « Dans le ciel, nous avons une mère. »

L’Assomption est ainsi bien davantage que l’exaltation d’un privilège marial. Elle est une prophétie sur la destinée de l’homme. En regardant Marie, l’Église regarde vers son propre avenir. La Mère précède ses enfants. Celle qui fut la première à accueillir le Christ dans la foi est aussi celle en qui apparaît déjà, dans toute sa splendeur, la victoire définitive de son Fils.À la suite de cette méditation, il est particulièrement éclairant de relire l’homélie prononcée par Benoît XVI le 15 août 2005 dans la paroisse pontificale Saint-Thomas-de-Villeneuve de Castel Gandolfo. Le pape y contemple l’Assomption comme la victoire de Dieu, puis médite le Magnificat, cette prière dans laquelle Marie veut que Dieu soit grand dans sa vie et dans le monde.

Benoît XVI insiste sur un paradoxe essentiel de la foi chrétienne : Dieu n’est jamais le concurrent de l’homme. Lorsque Dieu devient grand dans l’existence humaine, l’homme ne devient pas plus petit ; il retrouve au contraire sa véritable grandeur. « Ce n’est que si Dieu est grand que l’homme est également grand », enseigne-t-il. Il voit en Marie la démonstration parfaite de cette vérité : parce qu’elle s’est entièrement donnée à Dieu, sa personne n’a pas été diminuée, mais élevée jusqu’à une grandeur qu’aucune puissance humaine n’aurait pu lui conférer.

Le pape médite ensuite le Magnificatcomme une véritable « icône de Marie ». Il remarque combien la prière de la Vierge est pénétrée de l’Écriture. Marie vit de la Parole de Dieu au point que ses pensées sont façonnées par elle. Pour Benoît XVI, cette intimité avec la Parole explique sa sagesse, sa bonté et sa force. La sainteté mariale n’est donc jamais présentée comme une réalité abstraite : elle naît d’une existence entièrement habitée par Dieu.Enfin, Benoît XVI revient au cœur du mystère célébré. Marie est élevée corps et âme dans la gloire et, parce qu’elle demeure « avec Dieu et en Dieu », elle n’est pas éloignée de nous. Au contraire, enseigne le pape, elle participe mystérieusement à cette proximité de Dieu avec chaque homme. Elle connaît le cœur de ses enfants, entend leurs prières et les accompagne de sa bonté maternelle.

L’homélie s’achève ainsi dans la confiance filiale. L’Assomption ne nous montre pas seulement une Reine couronnée dans la gloire ; elle nous rappelle que cette Reine demeure notre Mère. Le Ciel n’est donc plus seulement la demeure mystérieuse vers laquelle se dirige l’existence chrétienne. Selon l’admirable expression de Benoît XVI, parce que Marie y est entrée dans la gloire de son Fils, « le ciel a un cœur ».

Benoît XVI, homélie pour la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, paroisse pontificale Saint-Thomas-de-Villeneuve, Castel Gandolfo, 15 août 2005.

Source : TRIBUNECHRÉTIENNE, le 15 août 2026

Précision : dormition et assomption

Dormition et Assomption : les nuances

Bien qu’elles célèbrent le même jour (le 15 août) la fin de la vie terrestre de Marie, les traditions chrétiennes mettent l’accent sur des aspects différents :

– L’Église Orthodoxe (Dormition) : Elle insiste sur la réalité de la mort naturelle de Marie partagée avec le reste de l’humanité, suivie par l’intervention du Christ qui vient accueillir son âme (souvent représentée comme un bébé) et élever son corps.

– L’Église Catholique (Assomption) : Définie comme dogme en 1950, elle met l’accent sur le fait que Marie a été élevée corps et âme dans la gloire céleste, par un privilège divin lié à son Immaculée Conception qui l’a préservée du péché.

Représentation dans l’art

Dans l’art byzantin et chrétien, la Dormition est traditionnellement représentée par Marie couchée sur un lit funéraire, entourée de tous les apôtres miraculeusement rassemblés, tandis que le Christ se tient au centre pour recevoir son âme lumineuse dans ses bras.

Quel âge avait Marie quand elle est décédée ?

La Bible ne donne pas l’âge ni la date de la mort de la Vierge Marie. Les traditions chrétiennes varient selon les époques : certaines situent sa fin autour de 59 ans, tandis que d’autres évoquent environ 72 ans. 

Ce que disent les traditions

  • Le silence biblique : Aucun texte du Nouveau Testament ne mentionne la fin de sa vie terrestre.
  • La tradition de 59 ans : Certains récits estiment qu’elle est décédée vers l’an 48 après J.-C.
  • La tradition de 72 ans : Des écrits de saints (comme saint Jean Damascène) parlent d’un décès à l’âge de 72 ans.

Prière à notre Dame de l’Assomption

Ô Marie, Mère de l’Amour

Nous voici devant toi avec nos joies,

nos désirs d’aimer et d’être aimés.

Nous voici avec le poids des jours,

avec nos misères, nos violences et nos guerres.

Mais l’amour est plus fort que tout :

nous croyons qu’il existe encore,

car l’amour vient de Dieu.

Nous t’en prions : que nos maisons soient habitées

de simples gestes de fraternité et de bonté,

de confiance, de bienveillance et de générosité !

Que les familles et les nations s’ouvrent au partage,

au pardon et à la réconciliation !

Mère de l’amour, intercède pour la famille humaine,

soutiens les efforts de ceux qui travaillent

pour la justice et la paix.

Accorde-nous la grâce d’être fidèle à l’Évangile

et porter du fruit qui demeure.

Amen ! Alléluia !

Notre-Dame de L’Assomption, priez pour nous !

Mgr Tarabay : Notre Dame révèle la beauté du ciel et notre espérance sur terre

Mgr Tarabay : Notre Dame révèle la beauté du ciel et notre espérance sur terre

Vers la fin de sa longue vie, saint Jean, le disciple bien-aimé, a eu une vision de la fin des temps et de l’accomplissement du plan de Dieu :

« Un grand signe apparut dans le ciel : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte et elle mit au monde un enfant mâle, celui qui doit gouverner toutes les nations avec une verge de fer » (Ap. 12, 1-2, 5).

Dans sa vision, saint Jean a vu la Mère de Dieu, montée au ciel, rayonnante comme le soleil, donnant naissance à celui qui gouvernera le monde. La fête de l’Assomption nous rappelle le triomphe du Christ, son fils, sur le mal et la souffrance.

Comme l’a magnifiquement dit le vénérable patriarche Elias Howayek, fondateur des sœurs maronites de la Sainte Famille : « La Bienheureuse Vierge Marie est le miroir de la beauté divine et, de même, elle est la gardienne de notre espérance ». La vision donnée à saint Jean révèle ces deux éléments : la beauté du ciel et l’espérance que nous avons par elle, dans le Christ.

En tant que Mère de Dieu, Marie est pour nous un modèle sans tache, qui nous montre comment prier sans cesse avec une vraie foi et une volonté de tout sacrifier pour la sainteté.

Son assomption au ciel est un témoignage de la dignité et de la sainteté de la vie humaine, affirmant que notre destin ultime est d’être avec Dieu dans la gloire éternelle.

Que la bénédiction de la coopération fraternelle et de la coexistence pacifique descende sur notre patrie, le pays des cèdres. 

Cette fête est une célébration de la dignité de chaque être humain, de nos corps et de nos âmes. L’ascension de Marie au ciel, corps et âme, nous rappelle le caractère sacré de toute vie humaine et la nécessité de la protéger.

Extrait de l’homélie de Mgr Antoine-Charbel Tarabay (1) pour la fête de l’Assomption 2024. https://www.catholicweekly.com.au

(1) Mgr Tarabay OLM est l’actuel évêque de l’éparchie catholique maronite de Saint Maron de Sydney. 

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie