Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’Évangile du 2e dimanche de carême, année A : Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 17, 1-9.
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01.03.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Aubin
Évêque d’Angers
(469-549)
La vie admirable et pleine de faits merveilleux de ce saint évêque d’Angers a été écrite par saint Fortunat sur des témoignages contemporains de la plus haute valeur. Son récit est corroboré par celui de saint Grégoire de Tours et offre par conséquent les garanties de l’authenticité la plus exacte.
Albinus, – dont nous avons fait Aubin, – naquit près d’Hennebont, à Languidic, sur les bords du Blavet. Son père, d’une noblesse incontestée, était peut-être le fameux chef des Armoricains, nommé aussi Albinus, assez puissant pour s’opposer aux desseins d’Aetius. L’enfant fut, dès ses premières années, animé d’une foi vive et pratique, dont les fruits ne tardèrent pas à éclore.
Tout jeune homme, il renonça vaillamment aux avantages de la noblesse et de la fortune, il brisa même avec l’affection maternelle et vint s’enfermer dans un monastère dont le nom, défiguré sans doute par une erreur de copiste, doit très probablement être reconnu comme celui du monastère de Nantilly, près de Saumur.
Saint Benoît venait de naître. La règle suivie à Nantilly fut la sienne plus tard. Au temps où le jeune Aubin s’y présenta, c’était celle de saint Augustin, presque la seule adoptée en Occident. Les religieux qui la professaient portaient le titre de chanoines réguliers ; mais ils étaient astreints à une stricte pauvreté, à une austère pénitence. À Nantilly, toutes les vertus étaient en grand honneur.
Aubin, dès le premier moment, se signala entre tous par sa ferveur, en particulier par l’humilité sous laquelle il cachait soigneusement sa naissance. Aussi, également aimé et estimé, il fut, en 504, à l’âge de trente-cinq ans, élu à la charge d’abbé. Il s’en acquitta pour le plus grand bien de ses frères, qui, sous son gouvernement tendre et ferme, marchaient joyeusement vers la sainteté.
Il y avait vingt-cinq ans qu’il dirigeait Nantilly, lorsque l’évêque d’Angers, Adolphe, vint à mourir ; les électeurs furent unanimes pour lui donner Aubin comme successeur. Ce ne fut pas sans peine néanmoins qu’ils lui arrachèrent son consentement. Il ne céda que devant leurs instances et sur l’avis des évêques de la contrée, qui depuis longtemps appréciaient la distinction de ses talents et la hauteur de ses vertus. Saint Mélaine, évêque de Rennes, en particulier, fut ravi de ce choix ; uni depuis longtemps au nouveau prélat par une étroite amitié, ce fut lui sans doute qui le consacra. Cette année-là même (529), en effet, on le voit à Angers en compagnie de trois autres saints évêques : saint Laud de Coutances, saint Victorius du Mans, saint Mars de Nantes.
Dès lors Aubin, se modelant sur le divin Pasteur, Jésus-Christ, se livra tout entier au soin de son troupeau. Sa charité se portait surtout sur les pauvres et les malades ; il s’abaissait pour eux aux soins les plus humiliants. Mais une autre classe de misérables excita aussi sa paternelle compassion : à cette époque, à la suite de l’invasion des barbares, beaucoup de chrétiens étaient tombés dans l’esclavage. Le bon évêque ne pourrait les voir sans larmes ; il consacra, à en racheter le plus grand nombre possible, toutes les ressources que lui fournirent les biens de son église, sa propre fortune, les aumônes qu’il sollicitait. Il fut ainsi le digne prédécesseur des Jean de Matha, des Pierre Nolasque, des Vincent de Paul.
Cette tendre charité, Dieu la montrait par des miracles continuels, combien elle était agréable à son cœur. Il semble, à lire la Vie d’Aubin, que le saint évêque les obtint particulièrement pour les aveugles ! Mais il guérit aussi nombre d’autres malades, des paralytiques, des possédés ; il ressuscita même un mort, le jeune Alexandre, pour le rendre à ses parents désolés.
Pourtant la bonté de saint Aubin s’alliait très bien à une fermeté apostolique, qui ne reculait, quand le devoir était en jeu, devant aucune puissance humaine. Dans ces cas même, parfois, il recourait au don des miracles, que Dieu lui avait si libéralement accordé.
Dans le bourg de Douille vivait une jeune fille, nommée Ëtheria, dont la beauté avait séduit le roi Childebert ; il ordonna de la saisir et de la lui amener. Aubin fut averti de cette violence infâme et aussitôt accourut au secours de sa brebis. Il pénétra sous un déguisement dans la ville où les satellites du roi s’étaient emparés de la malheureuse enfant. En vain elle se débattait, implorant secours. En apercevant l’évêque, que son œil reconnut en son vêtement d’emprunt, elle fait effort, s’échappe avec un cri des mains de la soldatesque et vient tomber en larmes aux pieds du saint. Un tel secours n’était pas pour intimider ces barbares ; l’un d’eux s’avance insolemment et veut arracher la jeune fille à son protecteur. Mais Aubin, indigné, le traitant comme, au rite du baptême, le démon qu’on chasse du néophyte, lui souffle à la face. L’homme recule comme frappé de la foudre et roule mort sur le sol. Ses compagnons, épouvantés, prirent la fuite et vinrent raconter au roi le terrible miracle. Childebert n’osa pas poursuivre son entreprise malhonnête ; mais, en digne barbare, il exigea une rançon. L’évêque, généreux, voulut encore la payer, trop heureux de sauver ainsi la vertu d’une vierge.
À cette époque grossière, elle n’était guère respectée. Les violents fils de Clovis, incapables de maîtriser leurs passions, autorisaient par leur exemple les vices de leurs courtisans et de leurs guerriers. Le concubinage, les mariages incestueux étaient la plaie gangreneuse de cette société ; et trop souvent des évêques mêmes, se sentant impuissants à la guérir, n’osaient pas employer les remèdes énergiques. Saint Aubin ne fut pas de leur nombre. Avec le zèle de saint Jean-Baptiste, à toute occasion, malgré les colères, les haines, les attentats mêmes contre sa vie, il revendiqua hautement les droits de la pureté et châtia les coupables.
Ainsi agit-il contre un des principaux seigneurs de Neustrie, qui, habitant en Anjou, y donnait le scandale d’une de ces unions criminelles. L’ayant vainement exhorté, averti plusieurs fois, il prononça enfin sur lui la sentence d’excommunication.
Ce fut un frémissement dans la France entière, et il se trouva des évêques pour taxer cette juste sévérité d’excessive rigueur.
Peut-être, pour venger sa cause, ou plutôt celle de Dieu, Aubin provoqua-t-il le troisième concile d’Orléans, en 538, qui fut présidé par l’archevêque de Lyon. Il y prononça du moins un discours également éloquent et énergique contre le désordre qui allumait son zèle. Et les Pères du concile ne purent que l’applaudir et voter un canon où était fait droit aux justes réclamations du Saint. Mais ils n’allèrent pas plus loin et, contents d’avoir donné raison en principe à leur collègue, ils l’engagèrent à user de modération et, en signe d’absolution, d’envoyer, comme ils allaient le faire eux-mêmes, au coupable qu’il avait excommunié, des eulogies, sorte de pains bénits à l’offertoire de la messe et distribués en signe d’amitié et de communion. Aubin refusa d’abord ; il céda enfin à leurs injonctions expresses. « Mais, ajouta-t-il, je suis contraint par votre ordre de bénir et d’envoyer cette eulogie ; vous refusez de défendre la cause de Dieu : il est assez puissant pour la venger lui-même. » Dieu la vengea en effet ; avant même de recevoir les eulogies, le coupable fut frappé par la mort.
Douloureusement atteint par le blâme de ses collègues, Aubin voulut savoir s’il avait outrepassé les droits de la douceur. Il se rendit, en compagnie de saint Lubin, auprès de saint Césaire d’Arles, pour le consulter à ce sujet. Saint Césaire, en effet, jouissait alors dans toute la France de la plus haute réputation de talent et de sainteté. Il n’est pas douteux, quand on sait quelle conduite il a tenu lui-même dans des circonstances pareilles, qu’il n’ait pleinement approuvé l’évêque d’Angers.
Saint Aubin allait atteindre sa quatre-vingtième année, lorsqu’un nouveau concile fut convoqué à Orléans. Mais l’âge et les infirmités l’empêchèrent d’y assister. II ne tarda pas, en effet, à expirer : c’était le 1er mars 549, ou, selon d’autres, 550.
À son tombeau se multiplièrent les miracles. Non moins grand thaumaturge que de son vivant, saint Aubin a laissé parmi son peuple un souvenir toujours entouré de reconnaissance et de vénération.
Source principale : liberius.net/…/(« Rév. x gpm »).
Saint Aubin priez pour nous !

01.03.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 17,1-9.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.

Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »

Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)
prédicateur, fondateur de communautés religieuses
L’amour de la Sagesse éternelle ; 15.16.19.70 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche I84 ; trad. Orval ; © 1973 Abbaye d’Orval)
La révélation de la Gloire
Que tous les yeux se ferment, de peur d’être éblouis d’une si vive et si brillante lumière ; que toute langue se taise, de peur de ternir une beauté si parfaite en voulant la découvrir. C’est ici qu’il faut que tout esprit s’anéantisse et adore, de peur d’être opprimé par le poids immense de la gloire de la divine Sagesse, en voulant la sonder. Voici cependant l’idée que le Saint-Esprit, pour se conformer à notre faiblesse, nous en donne dans le livre de la Sagesse qu’il n’a composé que pour nous. La Sagesse éternelle est « une effusion toute pure de la gloire du Tout-Puissant ; aussi, rien de souillé ne pénètre en elle. Elle est un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l’activité de Dieu, une image de son excellence » (Sg 7, 25-26) (…) C’est en cette beauté souveraine de la Sagesse que Dieu le Père a pris ses complaisances dans l’éternité et dans le temps, comme ce grand Dieu assura lui-même expressément, le jour de son baptême et de sa transfiguration : « Voilà mon Fils bien-aimé dans lequel je prends uniquement mes complaisances (Mt 3,17 ; 17,5). La sagesse éternelle, pour s’approcher de plus près des hommes et leur témoigner plus sensiblement son amour, est allée jusqu’à se faire homme, jusqu’à devenir enfant, jusqu’à devenir pauvre et jusqu’à mourir pour eux sur la croix.

LECTURES :
Livre de la Genèse 12,1-4a.
En ces jours-là, le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai.
Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction.
Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre. »
Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui.

Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22.
R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! (Ps 32, 22)
Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.
Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,8b-10.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !
Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile.
Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles,
et maintenant elle est devenue visible, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté : il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile,

28.02.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE PARIS
28.02.2026 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
28.02.2026 – CHAPELET À LOURDES
Deux mains la soulèvent et l’assoient

Deux mains la soulèvent et l’assoient
De janvier 1938 à avril 1946, Jeanne Fretel subit treize opérations dont huit abdominales. Dès 1940, le professeur Alphonse Pellé, de la faculté de Rennes (France), diagnostique une péritonite tuberculeuse. L’appétit est nul, les vomissements sont constants. Dans les derniers mois, elle a quotidiennement jusqu’à cinq piqûres de morphine. Les signes méningés sont apparus. Le pus et le sang viennent abondamment par les voies naturelles, vomissements et selles. On l’a renvoyée sans espoir, pour y mourir à l’hospice de Pont-chaillou.
En juin 1948, le père Pagès, dominicain, lui offre une place au pèlerinage du Rosaire. Le 29 septembre, elle reçoit l’extrême-onction pour la troisième fois. Le 4 octobre on l’embarque pour Lourdes en état comateux. Elle ne s’aperçoit ni du voyage, ni de l’arrivée.
Le lendemain, alors qu’elle est étendue, inconsciente, à la messe des malades, devant l’autel de sainte Bernadette, un docteur obtient à grand-peine du prêtre qu’on mette sur ses lèvres entrouvertes une parcelle d’hostie. Elle a à peine reçu la communion qu’elle se reconnaît enfin à Lourdes. Très calme, elle prie, ne souffrant plus, mais ne songe pas un instant à sa guérison possible. Elle prend du lait avec appétit et le garde, elle qui vomissait tout, depuis des mois.
On la porte à la grotte. Elle y prie, toujours étendue. Soudain, m’a-t-elle dit, deux mains la soulèvent sous les aisselles et l’assoient. Elle se retourne, étonnée. Personne derrière elle, sinon des malades inertes. Elle s’est donc trompée… Mais les mêmes mains prennent les siennes et les posent sur son ventre ballonné qui redevient normal.
De retour à la salle du Sacré-Cœur, elle dit sa joie au père Blancherie. Le docteur Géguan ne trouve plus de péritonite. Elle mange comme quatre, elle qui ne vivait qu’à la sonde depuis des mois. Levée sans aide, à 14 heures, elle part sans appui à la Grotte, aux piscines, à la procession du Saint Sacrement.
Chanoine Joseph Belleney (chapelain de Lourdes), Le don de Lourdes dans : Maria – études sur la Vierge Marie – sous la direction d’Hubert du Manoir, s. j. – Tome IV, 1956, p. 258-259
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie