Léon XIV signe l’Exhortation apostolique DIlexi te (ANSA)
Léon XIV signe sa première exhortation apostolique «Dilexi te»
Le jour où l’Église fait mémoire de saint François d’Assise, le Pape a signé le document intitulé «Je t’ai aimé», qui sera présenté en Salle de presse du Saint-Siège le 9 octobre à 11h30.
Vatican news
Samedi matin 4 octobre, jour où l’Église commémore saint François d’Assise, le Pape Léon XIV a signé sa première exhortation apostolique, intitulée Dilexi te (Je t’ai aimé). Le titre du document rappelle la quatrième et dernière encyclique du Pape François, Dilexit nos,«sur l’amour humain et divin du Cœur de Jésus-Christ», datée du 24 octobre 2024. La signature de Dilexi te s’est déroulée dans la Bibliothèque privée du Palais apostolique, à 8h30, en présence de Mgr Edgar Peña Parra, substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’État. Le document sera présenté le 9 octobre 2025, à 11h30, en Salle de presse du Saint-Siège.
L’exhortation apostolique de Léon XIV a pour thème l’amour des pauvres. La conférence de presse sera animée par les cardinaux Michael Czerny, SJ, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral, et Konrad Krajewski, aumônier de Sa Sainteté et préfet du dicastère pour le Service de la charité. Le texte sera présenté par le frère Frédéric-Marie Le Méhauté, provincial des Frères mineurs de France et de Belgique, docteur en théologie, qui interviendra à distance, et par la Petite Sœur de Jésus, Clémence, de la Fraternité des Tre Fontane.
Audience jubilaire: l’espérance réside dans les choix des jeunes
30 000 fidèles étaient présents samedi matin place Saint-Pierre pour écouter la catéchèse de Léon XIV centrée sur le courage de choisir son maître, «la justice ou l’injustice, Dieu ou l’argent». Le Pape a également salué les participants aux jubilés du monde missionnaire et des migrants, organisés ce 4 et 5 octobre à Rome.
Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican
Espérer en une autre manière de distribuer les richesses, et fonder cette espérance sur les jeunes, c’est l’une des pistes de réflexion offertes par le Jubilé de l’espérance, et abordée samedi 4 octobre par Léon XIV, à l’occasion de l’audience jubilaire. Partant de la lecture de l’Évangile selon saint Luc «Aucun domestique ne peut servir deux maîtres. […] Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent», le Pape appelle chacun à faire un choix: «la justice ou l’injustice, Dieu ou l’argent». Et ce choix peut contribuer à ouvrir une ère nouvelle: «le monde change si nous changeons». Le pèlerinage jubilaire, le passage des Portes Saintes des basiliques papales va aussi dans ce sens. C’est l’expression du choix fait par chaque pèlerin: «trouver le pardon et la miséricorde, afin que tout puisse recommencer». Un nouveau départ donc, dans l’espérance que la terre puisse appartenir à tous et faire partie du bien commun, et que la justice prévale sur l’injustice. «Espérer, c’est choisir», souligne avec insistance Léon XIV, et «ceux qui ne choisissent pas désespèrent».
La jeunesse de Claire d’Assise
À la suite de Saint François, dont l’Église fait mémoire en ce 4 octobre, Claire a fait le choix de vivre en pauvreté. Issue d’une famille noble et aisée, elle a choisi la pauvreté évangélique. Elle a pris les Écritures au sérieux, opérant «une révolution». Le choix de Claire a deux conséquences: il a été suivi par de nombreuses jeunes femmes, et il a perduré jusqu’à aujourd’hui.
«Le choix de Claire a inspiré des choix vocationnels dans le monde entier et continue de le faire aujourd’hui»
Claire avait 16 ans lorsqu’elle a entendu saint François pour la première fois. Sa jeunesse est aussi la jeunesse de l’Église; son choix de vie a plu aux jeunes femmes qui l’ont suivie et la suivent aujourd’hui encore, huit siècles après sa mort. «Les jeunes aiment ceux qui ont choisi et assument les conséquences de leurs choix», observe le Souverain pontife. Ils donnent même envie aux autres de choisir: «l’Église est jeune et attire les jeunes».
C’est pour les jeunes que l’évêque de Rome invite à prier en terminant sa catéchèse. L’avenir de l’Église est aussi entre leurs mains et dépendra des choix qu’ils feront: «prions pour que nous soyons une Église qui ne soit pas au service de l’argent ni d’elle-même, mais du Royaume de Dieu et de sa justice».
La Vierge est dépourvue de tout ce que le monde appelle bonheur. A la lecture du « Magnificat », la Vierge apparaît comme un abîme de petitesse, une « servante ». Elle fait partie des « humbles » et « affamés ». Mais le Seigneur a regardé vers cet abîme avec un cœur miséricordieux ; il l’a comblée de bonheur : elle est « pleine de grâces ».
Marie est pauvre. Elle est dépourvue de ressources, quelquefois même d’habitation et d’ameublement. Elle ne sait pas prêcher. Mais elle possède le bien le plus précieux, celui dont elle fait don aux bergers, aux rois-mages, à Simon et à Anne dans le temple, à l’humanité sur le Golgotha.
En silence, elle leur offre Jésus, un bien qu’elle est seule à posséder. Et ce présent parle à sa place, puisqu’il s’agit de la « Parole de Dieu », elle-même.
Cardinal François-Xavier NGUYEN VAN THUAN, Sur le chemin de l’espérance, Le Sarment, Fayard 1991 Chapitre 35 – Notre Mère Marie, notules 931 et 932
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
La vie de saint François d’Assise est la condamnation des sages du monde, qui regardent comme un scandale et une folie l’humilité de la croix.
« Surgit au monde un soleil ». À travers ces paroles, dans la Divine Comédie (Paradis, chant XI), le plus grand poète italien Dante Alighieri évoque la naissance de François.
François naît à Assise, en Ombrie, à la fin de 1181 ou au début de 1182. Sa mère voulait l’appeler Jean, mais son père – qui était marchand – de retour d’un voyage de France, le fit appeler François.
Sa naissance avait été marquée par une merveille : d’après un avis du Ciel, sa mère le mit au monde sur la paille d’une étable. Dieu voulait qu’il fût, dès le premier moment, l’imitateur de Celui qui eut pour berceau une crèche et est mort sur une croix.
Les premières années de François se passèrent pourtant dans la dissipation ; il aimait la beauté des vêtements, recherchait l’éclat des fêtes, traitait comme un prince ses compagnons, avait la passion de la grandeur ; au milieu de ce mouvement frivole, il conserva toujours sa chasteté.
Il avait une grande compassion pour les pauvres. Ayant refusé un jour l’aumône à un malheureux, il s’en repentit aussitôt et jura de ne plus refuser à quiconque lui demanderait au nom de Dieu. Après des hésitations, François finit par comprendre la volonté de Dieu sur lui et se voua à la pratique de cette parole qu’il a réalisée plus que tout autre saint : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ! » (Lc 9,23).
Sa conversion fut accompagnée de plus d’un prodige : un crucifix lui adressa la parole ; un peu plus tard, il guérit plusieurs lépreux en baisant leurs plaies. Son père fit une guerre acharnée à cette vocation extraordinaire, qui avait fait de son fils, si plein d’espérance, un mendiant jugé fou par le monde. François se dépouilla de tous ses vêtements, ne gardant qu’un cilice, et les remit à son père en disant : « Désormais je pourrai dire avec plus de vérité : Notre Père, qui êtes aux cieux. »
Un jour, il entendit, à l’évangile de la messe, ces paroles du sauveur : « N’emportez ni or ni argent, ni aucune monnaie dans votre bourse, ni sac, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâtons. » (Mt 10,9-10). Dès lors, il commença cette vie tout angélique et tout apostolique dont il devait lever l’étendard sur le monde. On vit, à sa parole, des foules se convertir ; bientôt les disciples affluèrent sous sa conduite ; il fonda un ordre de religieux qui porta son nom, et un ordre de religieuses qui porte le nom de sainte Claire, la digne imitatrice de François.
En 1224, dans l’ermitage de la Verna, François vit le Crucifié sous la forme d’un séraphin et de cette rencontre avec le séraphin crucifié, il reçut les stigmates ; il devint ainsi un avec le Christ crucifié : un don qui exprime donc son intime identification avec le Seigneur.
La mort de François – son transitus – advint le soir du 3 octobre 1226, à la Portioncule. Après avoir béni ses fils spirituels, il mourut, étendu sur la terre nue.
Deux années plus tard, le pape Grégoire IX (Ugolino dei Conti di Segni, 1227-1241) l’inscrivit dans l’album des saints. Peu de temps après, une grande basilique fut élevée en son honneur, à Assise, destination encore aujourd’hui de nombreux pèlerins, qui peuvent vénérer la tombe du saint et jouir de la vision des fresques de Giotto, le peintre qui a illustré de manière magnifique la vie de François.
Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI