Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.
En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. » Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode. Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison.
La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Jean de Damas (v. 675-749)
moine, théologien, docteur de l’Église
La Foi orthodoxe, I, 1 (trad. E. Ponsoye, Éds de l’Ancre 1992, p. 28 rev.)
Hérode cherche à voir le Christ
« Personne n’a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui est dans le sein du Père l’a révélé » (Jn 1,18). Le divin est inexprimable et incompréhensible : « Personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils, ni le Fils si ce n’est le Père » (Mt 11,27), et le Saint Esprit semblablement connaît ce qui est de Dieu. (…) Mais après cette première et bienheureuse connaissance divine, personne n’a jamais connu Dieu si ce n’est celui auquel Dieu lui-même s’est révélé. (…) Pourtant, Dieu ne nous a pas laissé dans une ignorance complète, car chacun a, semée par lui, la connaissance qu’il y a un Dieu. La création elle-même, par sa cohésion et par sa direction, proclame la magnificence de la nature divine (cf Rm 1,20). Ensuite la Loi et les prophètes, puis son Fils unique, le Seigneur, « notre Dieu et Sauveur Jésus Christ » (2P 1,1), ont manifesté la connaissance de Dieu, selon ce que nous pouvons atteindre. C’est pourquoi tout ce qui nous a été transmis par la Loi et les prophètes, par les apôtres et les évangélistes, nous l’acceptons, nous le connaissons, nous y appliquons notre dévotion et nous ne cherchons pas au-delà. Dieu est bon ; il pourvoit à tout bien. (…) Comme il sait tout et pourvoit à ce qui convient à chacun, il nous a révélé ce qu’il nous est utile de connaître et nous a tu ce que nous ne pouvons pas porter. Contentons-nous donc de cela et demeurons-y.
LECTURES :
Livre de Jérémie 26,11-16.24.
En ces jours-là, les prêtres et les prophètes dirent aux princes et à tout le peuple : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville ; vous l’avez entendu de vos oreilles. » À son tour Jérémie s’adressa à tous les princes et à tout le peuple : « C’est le Seigneur qui m’a envoyé prophétiser contre cette Maison et contre cette ville, et dire toutes les paroles que vous avez entendues. Et maintenant, rendez meilleurs vos chemins et vos actes, écoutez la voix du Seigneur votre Dieu ; alors il renoncera au malheur qu’il a proféré contre vous. Quant à moi, me voici entre vos mains, faites de moi ce qui vous semblera bon et juste. Mais sachez-le bien : si vous me faites mourir, vous allez vous charger d’un sang innocent, vous-mêmes et cette ville et tous ses habitants. Car c’est vraiment le Seigneur qui m’a envoyé vers vous proclamer toutes ces paroles pour que vous les entendiez. » Alors les princes et tout le peuple dirent aux prêtres et aux prophètes : « Cet homme ne mérite pas la mort, car c’est au nom du Seigneur notre Dieu qu’il nous a parlé. » Comme la protection d’Ahiqam, fils de Shafane, était acquise à Jérémie, il échappa aux mains de ceux qui voulaient le faire mourir.
Psaume 69(68),15.16.30-31.33-34.
R/ C’est l’heure de ta grâce : Dieu, réponds-moi. (Ps 68, 14bc)
Tire-moi de la boue, sinon je m’enfonce : que j’échappe à ceux qui me haïssent, à l’abîme des eaux.
Que les flots ne me submergent pas, que le gouffre ne m’avale, que la gueule du puits ne se ferme pas sur moi.
Et moi, humilié, meurtri, que ton salut, Dieu, me redresse. Et je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce.
Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Cette lettre de liaison est envoyée avec beaucoup de retard, car un gros problème est récemment apparu sur le site de Cap Fatima qui permet notamment l’envoi de cette lettre aux abonnés.
Le site de Cap Fatima attaqué
En effet, au moment de commencer la rédaction de la lettre, il a été constaté que le site de Cap Fatima avait été piraté et presque complètement détruit. L’analyse du déroulement de cette attaque apporte d’utiles enseignements sur le combat mené par certains contre Notre-Dame ou Fatima. Voici pour commencer un petit historique de ce qui s’est passé.
Début juin : Comme chaque mois, la lettre de liaison du mois de juin est envoyée à tous les abonnés. Concernant le site, la situation est alors parfaitement normale.
Vers la mi-juin : Une nouvelle personne s’inscrit à la lettre de liaison avec une adresse qui par la suite s’est avérée être fausse. De cette façon, elle arrive à pénétrer sur le site et modifie quelques modules, rendant ainsi impossible l’accès au site.
Fin juin : Au moment de commencer la rédaction de la lettre de liaison du mois de juillet, la panne est découverte. Heureusement, la partie gestion du site (le backend en jargon technique) étant restée accessible, après quelques heures de travail, le site peut être réparé.
1er juillet : Lors de la remise en service du site, diverses vérifications sont effectuées et montrent que, suite à une erreur de programmation du webmestre, aucune sauvegarde du site n’a été faite depuis presque deux ans. Parallèlement, une vérification est faite sur le site de la Confrérie de Saint Joseph, site ayant pour but de récolter des offrandes de messes pour les âmes du purgatoire, messes qui sont ensuite confiées à des prêtres manquant de messes à dire. Il est constaté également qu’aucune sauvegarde n’avait été faite depuis une refonte du site deux ans plus tôt. Une sauvegarde soignée des deux sites est immédiatement réalisée.
2 juillet après-midi : La lettre de liaison du mois de juillet est envoyée sans difficulté.
4 juillet 5h du matin : Probablement parce qu’il a constaté que le site fonctionnait à nouveau, le pirate lance une nouvelle attaque plus virulente. Il attaque non seulement le site de Cap Fatima, mais également le site de la Confrérie de Saint Joseph, avec comme conséquence pour ce dernier le blocage du règlement des offrandes de messe.
16 juillet dans la matinée : attaque très virulente contre les deux sites avec pour conséquence une destruction de tous les modules importants, rendant les deux sites totalement inutilisables.
24 juillet, au moment de commencer la rédaction de la lettre de liaison du mois d’août, le nouveau piratage est découvert. Très vite, des dégâts considérables sont constatés.
Du 27 au 29 juillet : Grâce aux deux sauvegardes faites providentiellement le 1er juillet, après trois grosses journées de travail avec un bon webmestre, les deux sites peuvent être complètement reconstruits, puis remis en service. Et, tout en remerciant les anges gardiens d’avoir inspiré au gestionnaire du site de faire des sauvegardes juste avant la deuxième attaque, des sauvegardes régulières des nouveaux sites sont mises en place.
Voilà la raison pour laquelle cette lettre de liaison est envoyée aussi tardivement, les trois journées de travail nécessaires ayant absorbé bien plus que le temps consacré chaque mois à la rédaction de la lettre, sa mise en ligne, puis son envoi.
L’enseignement à tirer de cette affaire est que les anges gardiens ont visiblement inspiré au gestionnaire du site de faire les sauvegardes nécessaires juste à temps : sans elles, la remise en service des deux sites aurait été impossible. Deux jours après, il était trop tard. Et la première attaque de mi-juin a servi d’alerte, ce qui a permis de découvrir l’absence totale de sauvegarde avant qu’il ne soit trop tard.
Après ce détour sur les activités temporelles, revenons au message de Fatima. Mais il était utile d’en passer par là, car, comme le dit si remarquablement Charles Péguy dans Ève :
Car le surnaturel est lui-même charnel Et l’arbre de la grâce est raciné profond Et plonge dans le sol et cherche jusqu’au fond Et l’arbre de la race est lui-même éternel.
Et l’éternité même est dans le temporel Et l’arbre de la grâce est raciné profond Et plonge dans le sol et touche jusqu’au fond Et le temps est lui-même un temps intemporel.
Et l’arbre de la grâce et l’arbre de nature Ont lié leurs deux troncs de nœuds si solennels, Ils ont tant confondu leurs destins fraternels Que c’est la même essence et la même stature.
Le temporel ne doit cependant pas mobiliser toutes nos énergies. « Autant que, pas plus que, pas moins que » dirait saint Ignace de Loyola (Voir Principe et fondement au n° 23 de ses Exercices spirituels). Revenons donc à la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.
Le bouquet de Notre-Dame
L’oraison de dimanche dernier, 9e dimanche après la Pentecôte, dit : « Seigneur, prêtez une oreille compatissante aux prières de ceux qui vous implorent, et pour leur accorder ce qu’ils désirent, faites-leur demander ce qui peut Vous plaire. » L’Église nous enjoint donc de demander à Dieu de connaître et faire ce qui peut Lui plaire. Alors que demander qui plaise à Dieu ? Le mieux est d’écouter ce que Jésus Lui-même nous enseigne. Dans le Notre Père, seule prière qu’Il nous a apprise, Il nous présente sept demandes à faire. Voilà sûrement des demandes qui plaisent à Dieu.
Les demandes exprimées par sa Mère sont aussi des demandes qui plairont sûrement à Dieu. Nous avons déjà plusieurs fois présenté et expliqué ces demandes, ainsi que les fruits qui y sont attachés. Ce qui frappe dans ces demandes, c’est leur petit nombre eu égard aux fruits promis, leur simplicité et leur caractère traditionnel. En effet, hormis les demandes directement adressées au Saint-Père et aux évêques du monde entier, pour les simples fidèles, il y a trois demandes formelles et deux demandes informelles ou implicites :
Demandes formelles : – Prière et sacrifices pour la conversion des pécheurs et la paix dans notre pays, – Chapelet quotidien pour obtenir la paix dans le monde et résoudre toutes les difficultés de la vie,
– Communion réparatrice des premiers samedis du mois pour réparer les offenses envers Notre-Dame et assurer notre salut.
Demandes implicites : – Consécration personnelle au Cœur Immaculé de Marie, – Port du scapulaire de Notre-Dame du Mont Carmel.
Personne ne peut nier que ces cinq demandes sont d’une part en nombre très raisonnable, d’autre part simples à exécuter, même si elles peuvent exiger de nous volonté et persévérance. Outre leur petit nombre et leur simplicité, ces demandes de Notre-Dame sont toutes parfaitement traditionnelles et les pratiques qu’elles réclament sont des pratiques établies dans l’Église bien avant les apparitions de Fatima.
Faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs est une pratique qui remonte aux temps apostoliques. Par exemple, dans l’épilogue de l’Épître de saint Jacques (V, 19-20), l’apôtre nous dit : « Celui qui ramène un pécheur de la voie où il s’égarait sauvera son âme de la mort et fera disparaître une multitude de péchés. »
En 1214, Notre-Dame apparut à saint Dominique pour lui demander de répandre la récitation du rosaire, lui promettant de nombreuses grâces par ce moyen.
Le 16 juillet 1251, Notre-Dame apparut à saint Simon Stock et lui remit un scapulaire en disant : « Celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles. » (Voir la page Histoire du scapulaire)
La première demande explicite du Ciel d’une consécration au Cœur Immaculé de Marie date du 3 décembre 1836 quand l’abbé Desgenettes, curé de la paroisse Notre-Dame des Victoires, entendit une voix intérieure lui demander de consacrer sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie. (voir lettre de liaison n° 18)
Enfin, la communion des premiers samedis du mois a été approuvée plusieurs fois par l’Église avant Fatima.En 1836, l’évêque de Paris, Mgr de Quélen, autorisa l’abbé Desgenettes à fonder une association du Saint et Immaculé Cœur de Marie pour la conversion des pécheurs, laquelle demande à ses membres de communier le premier samedi du mois (voir lettre de liaison n° 18). En 1889, Léon XIII accorda une indulgence plénière aux membres des confréries du Rosaire qui avaient pour habitude de consacrer quinze samedis consécutifs à la Reine du très saint Rosaire en recevant les sacrements (messe et confession) et en pratiquant de pieux exercices en l’honneur des quinze mystères du Rosaire. En 1892, il permit à ceux qui seraient légitimement empêchés le samedi, de faire ce pieux exercice le dimanche. Le 1er juillet 1905, saint Pie X accorda une indulgence plénière aux douze premiers samedis faits en l’honneur de l’Immaculée Conception. Puis le 13 juin 1912, il approuva officiellement la pratique des premiers samedis du mois et accorda une indulgence plénière applicable aux âmes du purgatoire à tous ceux qui accompliraient des exercices de dévotion en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie, en réparation des blasphèmes dont son nom et ses prérogatives sont l’objet.
Ainsi, à Fatima, Notre-Dame a-t-elle simplement choisi quelques pratiques chères à son cœur. Ces cinq pratiques sont un véritable bouquet de fleurs offert à la Sainte Vierge, fleurs que Notre-Dame à elle-même choisies dans le champ si riche des dévotions que l’Église offre depuis des siècles à la piété populaire. Ces demandes de la Mère de Dieu plaisent sûrement à son Fils. Alors offrons avec ferveur ce bouquet à Notre-Dame. Et s’agissant d’un bouquet, nous devons l’offrir dans son entier. Ne négligeons donc aucune de ces pratiques: elles forment un ensemble harmonieux qu’il nous faut ne pas amputer si nous voulons sincèrement obéir à Notre-Dame et lui faire plaisir. Ainsi, non seulement nous accomplirons une volonté de Dieu, mais nous assurerons notre salut, nous convertirons des pécheurs et nous attirerons la paix sur notre patrie.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus
Après neuf mois en convalescence, de mars 1522 à février 1523, à Manrèse, près du monastère bénédictin de Montserrat (diocèse de Barcelone en Espagne), suite à une blessure de guerre, saint Ignace de Loyola eut une vision qu’il relate dans son autobiographie :
« Étant éveillé une nuit, il vit clairement une image de Notre-Dame avec le saint Enfant Jésus ; de cette vue, qui dura un espace de temps notable, il reçut une très excessive consolation et il demeurera avec un tel dégoût de toute sa vie passée, et spécialement des choses de la chair, qu’il lui semblait qu’on avait enlevé de son âme toutes les images qui y étaient peintes auparavant. Ainsi depuis cette heure jusqu’en août 1533, où ceci est écrit, il n’eut jamais plus même le plus petit consentement aux choses de la chair » écrit-il sur lui-même. Sans indiquer l’origine de cette vision, il en note simplement les fruits et le fait, dans sa sobriété, n’a jamais été mis en doute.
Saint Ignace de Loyola
Autobiographie, dite « Récit du pèlerin» (Ecrits, 1991, 1022-1023). Cité par le dictionnaire des Apparitions de l’Abbé Laurentin, Fayard, 2007
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Ignace de Loyola Prêtre et fondateur de la « Compagnie de Jésus » (1491-1556)
Ignace (en espagnol : Íñigo López de Loyola) naît au château de Loyola, en Espagne, le 24 décembre 1491 ; il est le dernier de 13 enfants de Beltran Ibañez de Oñaz et de Marina Sanchez de Licona.
Il fut d’abord page du roi Ferdinand V ; puis il embrassa la carrière des armes. Il ne le céda en courage à personne, mais négligea complètement de vivre en chrétien, dirigé uniquement par l’orgueil et l’amour des plaisirs. De ce chevalier mondain, Dieu allait faire l’un des premiers chevaliers chrétiens de tous les âges.
Au siège de Pampelune, un boulet de canon brisa la jambe droite du jeune officier, qui en peu de jours fut réduit à l’extrémité et reçut les derniers sacrements. Il s’endormit ensuite et crut voir en songe saint Pierre, qui lui rendait la santé en touchant sa blessure. À son réveil, il se trouva hors de danger, quoique perclus de sa jambe.
Pour se distraire, il demanda des livres ; on lui apporta la Vie de Jésus-Christ et la Vie des Saints. Il les lut d’abord sans attention, puis avec une émotion profonde. Il se livra en lui un violent combat ; mais enfin la grâce l’emporta, et comme des hommes de cette valeur ne font rien à demi, il devint, dans sa résolution, un grand Saint dès ce même jour. Il commença à traiter son corps avec la plus grande rigueur ; il se levait toutes les nuits pour pleurer ses péchés. Une nuit, il se consacra à Jésus-Christ par l’entremise de la Sainte Vierge, refuge des pécheurs, et lui jura une fidélité inviolable. Une autre nuit, Marie lui apparut environnée de lumière, tenant en ses bras l’Enfant Jésus.
Peu après, Ignace fit une confession générale et se retira à Manrèze, pour s’y livrer à des austérités qui n’ont guère d’exemple que dans la vie des plus célèbres anachorètes : vivant d’aumônes, jeûnant au pain et à l’eau, portant le cilice, il demeurait tous les jours six ou sept heures à genoux en oraison. Le démon fit en vain des efforts étonnants pour le décourager. C’est dans cette solitude qu’il composa ses Exercices spirituels, l’un des livres les plus sublimes qui aient été écrits par la main des hommes. Il fut ordonné prêtre à Venise en 1537.
Passons sous silence son pèlerinage en Terre Sainte et différents faits merveilleux de sa vie, pour rappeler celui qui en est de beaucoup le plus important, la fondation de la Compagnie de Jésus (1540), que l’on pourrait appeler la chevalerie du Christ et le boulevard de la chrétienté. Cette fondation est assurément l’une des plus grandes gloires de l’Église catholique ; sciences profanes et sciences sacrées, enseignement, apostolat, rien ne devait être étranger à la Compagnie d’Ignace.
Les vertus du fondateur égalaient ses grandes œuvres ; elles avaient toutes pour inspiratrice cette devise digne de lui : « Ad maiorem Dei gloriam! » (À la plus grande gloire de Dieu !).