À Bethléem, la restauration de la grotte de la Nativité va débuter

À Bethléem, la restauration de la grotte de la Nativité va débuter

Après six siècles, la restauration du berceau du christianisme, le lieu où Jésus est né, est désormais imminente. Une initiative qui réunit le Patriarcat grec-orthodoxe, la Custodie de Terre Sainte avec la collaboration fraternelle du Patriarcat arménien orthodoxe. Le projet est mené sous le patronage de la présidence de l’État de Palestine.

Cecilia Seppia – Cité du Vatican

S’il existe un lieu qui échappe à la latitude et à la longitude, c’est bien la grotte de la Nativité. Là où l’Enfant qui a changé l’histoire et le temps est venu au monde. Nichée dans les profondeurs de la basilique, à Bethléem, la grotte se prépare à sa première restauration depuis 600 ans. L’annonce a été faite conjointement par le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem et la Custodie de Terre Sainte, qui ont exprimé leur joie pour cette initiative qui bénéficie également de la coopération du Patriarcat apostolique arménien orthodoxe et se déroule sous les auspices de la présidence de l’État de Palestine.

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas lui-même, en visite à Rome les 5 et 6 novembre derniers, lors de sa rencontre avec le Pape Léon XIV et ensuite lors de l’inauguration de l’exposition Bethlehem Reborn, accueillie dans le complexe de l’église romaine San Salvatore in Lauro, avait fait référence à la reprise des travaux là où est né le Prince de la paix, la qualifiant de «signe de grand espérance et de renaissance pour toute la Terre Sainte». Ainsi, conformément au décret présidentiel sur la restauration du site déjà promulgué en 2024 et au statu quo historique qui régit les Lieux saints, ce lieu vénéré dans toute la chrétienté comme le siège de l’Incarnation, aura enfin ce dont il a besoin.

Le projet confié à une entreprise italienne

La restauration sera à nouveau confiée à l’entreprise italienne de Prato qui, il y a seulement deux ans, avait «sauvé» la basilique de la Nativité grâce à d’importants travaux de réhabilitation minutieux. Ce choix repose sur la nécessité de garantir la continuité de la méthode, du savoir-faire artisanal et de la sensibilité artistique à l’égard d’un site à la valeur sacrée sans pareille. Les préparatifs préliminaires, comme on peut le lire sur le site de la Custodie, sont terminés et les travaux sont sur le point de commencer. «La restauration, explique Giammarco Piacentidirecteur de l’entreprise de Prato, débutera fin janvier et concernera toutes les surfaces de la grotte, c’est-à-dire la roche nue, les sols en marbre, les colonnes, les décorations, l’étoile d’argent qui indique l’endroit précis où Jésus est né, la mosaïque, l’autel. Entre six et huit personnes, dont certaines locales, se relayeront sur le chantier. Nous avons formé de nombreux ouvriers depuis 2013, date à laquelle nous avons commencé à travailler en Terre Sainte», ajoute-t-il.

Outre les interventions dans la grotte, le projet comprend des mesures de consolidation technique dans les sections adjacentes, reflétant à la fois l’unité architecturale du sanctuaire et l’esprit de coopération qui le préserve pour l’humanité tout entière. Il est indéniable que les travaux de restauration apporteront également un soutien à de nombreuses familles de travailleurs engagés dans cet important projet et, par conséquent, à l’économie de Bethléem, mise à genoux par le conflit entre Israël et le Hamas et par l’arrêt des pèlerinages qui, aujourd’hui, au début de la «phase 2» du plan de paix de Donald Trump, reprennent lentement.

Sous le signe de l’unité

Un signe de renaissance donc, mais aussi un événement à portée œcuménique, qui voit la collaboration entre les Grecs orthodoxes et les Franciscains, gardiens de la Grotte: «Ce projet incarne un engagement chrétien unitaire visant à préserver le patrimoine spirituel, historique et culturel de la Sainte Grotte pour les générations futures, et à protéger la dignité d’un lieu où l’annonce chrétienne a pris une forme visible et où, au cours des siècles, les fidèles de toutes les nations se sont rassemblés en pèlerinage», renseigne la note de la Custodie.

C’est ici, en effet, que le mystère de l’Incarnation est entré dans l’histoire et que la confession chrétienne a pris son essor terrestre. «Restaurer ce lieu saint signifie préserver la continuité de la foi, de la mémoire et de la dévotion sur la terre de la Nativité. Grâce à cet effort collectif, les Églises de Jérusalem protègent l’héritage évangélique qui leur a été confié et garantissent que les fidèles de toutes les traditions puissent continuer à vénérer avec respect le lieu de naissance du Christ. Depuis Bethléem, la lumière de la Nativité continue d’illuminer le monde, témoignant de la présence chrétienne permanente en Terre Sainte et de l’espérance qui rayonne depuis la grotte sacrée où le Sauveur est né».

Source : VATICANNEWS, le 25 janvier 2026

25.01.2026 – ANGÉLUS À ROME

Angélus: vivre l’Évangile en toutes circonstances et en tous milieux

Avant de réciter son dernier Angélus du premier mois de l’année, Léon XIV a exhorté les 20 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre «à risquer la confiance» en Dieu à tout moment, de même qu’«à vaincre la tentation de s’enfermer» dans sa propre terre pour annoncer l’Évangile à tous les milieux. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Quand et où Jésus a-t-il commencé à prêcher auprès de ses premiers disciples? s’est interrogé le Pape dans sa méditation dominicale du 25 janvier livrée depuis la fenêtre des appartements pontificaux. D’abord, l’indication temporelle nous apprend que le moment choisi «ne semble pas être le meilleur». Jean le Baptiste vient d’être arrêté. «C’est un moment qui suggérerait la prudence, mais c’est précisément dans cette situation sombre que Jésus commence à apporter la lumière de la bonne nouvelle: ‘’Le royaume des cieux est proche’’», a relevé le Souverain pontife dressant un parallèle avec nos vies personnelle et ecclésiale.

L’Évangile demande de risquer la confiance

«Parfois à cause de résistances intérieures ou de circonstances que nous ne jugeons pas favorables, nous pensons que ce n’est pas le bon moment pour annoncer l’Évangile, pour prendre une décision, pour faire un choix, pour changer une situation», a-t-il noté, pointant «le risque de rester bloqué dans l’indécision ou prisonnier d’une prudence excessive». Or, l’Évangile nous demande le risque de la confiance, a déclaré l’évêque de Rome, soulignant que «Dieu est à l’œuvre à tout moment et chaque moment est bon pour le Seigneur, même si nous ne nous sentons pas prêts ou si la situation ne semble pas être la meilleure».

“Dieu est à l’œuvre à tout moment et chaque moment est bon pour le Seigneur, même si nous ne nous sentons pas prêts ou si la situation ne semble pas être la meilleure.”

Dépasser les frontières de sa propre terre pour annoncer Dieu

Quant au lieu géographique retenu par Jésus pour débuter sa mission publique -de Nazareth, il s’établit à Capharnaüm-, Léon XIV a mis en relief son caractère cosmopolite.Jésus demeure donc en Galilée, un territoire habité principalement par des païens, qui, en raison du commerce, est aussi une terre de passage et de rencontres. «Nous pourrions dire un territoire multiculturel traversé par des personnes d’origines et d’appartenances religieuses différentes», a précisé le Pape américano-péruvien.

«L’Évangile nous dit que le Messie vient d’Israël, mais qu’il dépasse les frontières de sa propre terre pour annoncer le Dieu qui se fait proche de tous, qui n’exclut personne, qui n’est pas venu seulement pour ceux qui sont purs, mais qui, au contraire, se mêle aux situations et aux relations humaines», en déduit le Souverain pontife, exhortant ainsi tout chrétien à vaincre la tentation de se fermer: «L’Évangile doit en effet être annoncé et vécu en toutes circonstances et dans tous les milieux, afin qu’il soit levain de fraternité et de paix entre les personnes, entre les cultures, les religions et les peuples

“L’Évangile doit en effet être annoncé et vécu en toutes circonstances et dans tous les milieux, afin qu’il soit levain de fraternité et de paix entre les personnes, entre les cultures, les religions et les peuples.”

Source : VATICANNEWS, le 25 janvier 2026

Face aux défis de l’IA, le manifeste de Léon XIV pour un sursaut de l’humain

«Préserver les voix et les visages humains» est le thème choisi par le Pape Léon XIV pour la 60e journée mondiale des communications sociales qui aura lieu au printemps 2026.  

Face aux défis de l’IA, le manifeste de Léon XIV pour un sursaut de l’humain

L’Église catholique enrichit ses orientations et précise sa pensée sur la révolution de l’IA. Dans un dense message pour la 60e journée mondiale des communications sociales, paru le 24 janvier, fête de saint François de Sales, patron des journalistes, Léon XIV a évoqué l’immense défi anthropologique soulevé par les systèmes d’intelligence artificielle. Le Pape plaide pour une alphabétisation numérique d’ampleur afin d’y faire face sans voir se consumer la civilisation humaine sous nos yeux.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Préserver les voix et les visages humains. C’est en partant de l’identité incarnée de la personne humaine, caractéristique singulière et «sacrée», que Léon XIV a développé les enjeux anthropologiques sous-jacents à la révolution récente de l’IA, scrutée depuis plusieurs années au Vatican. Après de nombreuses prises de parole sur la technologie numérique, le Pape américain, diplômé en mathématiques et en philosophie, alerte dans ce texte sur le risque d’une modification radicale de certains des piliers fondamentaux de la civilisation humaine, en commençant par le niveau «le plus profond de la communication» qu’est celui de la relation entre les êtres humains. Car «nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques prédéfinis».

L’effondrement cognitif

Léon XIV cible d’abord le système de récompense émotionnelle intrinsèque aux réseaux sociaux alimentés par les algorithmes. Les expressions humaines qui nécessitent plus de temps, comme l’effort de compréhension et la réflexion, en sortent pénalisées. «En enfermant des groupes de personnes dans des bulles de consensus facile et d’indignation facile, ces algorithmes affaiblissent la capacité d’écoute et de pensée critique et augmentent la polarisation sociale», regrette le Pape, vilipendant de surcroît «la confiance naïve et acritique» dans l’intelligence artificielle, lorsqu’elle est considérée comme une «amie» omnisciente, dispensatrice de toutes les informations, archive de toutes les mémoires, «oracle» de tous les conseils. «Tout cela peut encore affaiblir notre capacité à penser de manière analytique et créative, à comprendre les significations, à distinguer la syntaxe de la sémantique», a-t-il ajouté.

“Ces algorithmes affaiblissent la capacité d’écoute et de pensée critique et augmentent la polarisation sociale.”

Créativité et génie humain, la grande régression

Ainsi, en dépit des nombreuses tâches d’assistance fournie par l’outil IA, se soustraire à l’effort de réflexion, «en se contentant d’une compilation statistique artificielle», risque bien à long terme d’éroder nos capacités cognitives, émotionnelles et communicatives. Léon XIV cite pour preuve le risque de démantèlement des industries créatives par une IA ayant pris le contrôle de la production de textes, de musique et de vidéos. L’homme devenant un simple consommateur passif «de pensées non réfléchies, de produits anonymes, sans paternité, sans amour»; tandis que les chefs-d’œuvre du génie humain dans le domaine de la musique, de l’art et de la littérature sont réduits «à un simple terrain d’entraînement pour les machines». Pour Léon XIV, renoncer au processus créatif et céder nos fonctions mentales et notre imagination aux machines revient aussi à enterrer les talents reçus afin de grandir en tant que personnes dans notre relation avec Dieu et les autres, revient «à cacher notre visage et à faire taire notre voix».

Être ou faire semblant: simulation des relations et de la réalité

Outre ce péril d’affadissement intellectuel, l’évêque de Rome met en garde contre les anthropomorphisations trompeuses des machines, autre terrain de vigilance. Léon XIV vise les «bots» (robots) et autres «influenceurs virtuels» particulièrement efficaces «dans la persuasion occulte», grâce à une optimisation continue de l’interaction personnalisée. «Cette anthropomorphisation, qui peut même être amusante, est en même temps trompeuse, surtout pour les personnes les plus vulnérables», souligne-t-il. «Les chatbots rendus excessivement ‘’affectueux’’, en plus d’être toujours présents et disponibles, peuvent devenir les architectes cachés de nos états émotionnels et ainsi envahir et occuper la sphère intime des personnes.»

Un très illusoire monde de miroirs

Exploitant le besoin humain, la technologie peut aussi nuire au tissu social, culturel et politique des sociétés. Cela se produit lorsque nous remplaçons nos relations avec les autres par des relations avec des IA entraînées à cataloguer nos pensées et donc à construire autour de nous un monde de miroirs, où tout est fait «à notre image et à notre ressemblance», alerte Léon XIV, déplorant cette perte de l’acceptation de l’altérité, sans laquelle il ne peut y avoir ni relation ni amitié.

“Des IA entraînées construisent autour de nous un monde de miroirs, où tout est fait à notre image et à notre ressemblance.”

Un autre défi majeur posé par ces systèmes émergents est celui du biais (en anglais bias), qui conduit à acquérir et à transmettre une perception altérée de la réalité. Les modèles d’IA façonnés par la vision du monde de ceux qui les construisent peuvent à leur tour imposer des modes de pensée en reproduisant les stéréotypes et les préjugés présents dans les données qu’ils exploitent. «Le manque de transparence dans la conception des algorithmes, associé à une représentation sociale inadéquate des données, tend à nous piéger dans des réseaux qui manipulent nos pensées et perpétuent et aggravent les inégalités et les injustices sociales existantes», détaille le Pape, pointant un pouvoir de simulation tel, qu’il puisse fabriquer «des réalités parallèles» en s’appropriant nos visages et nos voix. «Une multidimensionnalité» où il devient de plus en plus difficile de distinguer la réalité de la fiction.

À cela s’ajoute le problème du manque de précision. «L’absence de vérification des sources, associée à la crise du journalisme de terrain qui implique un travail continu de collecte et de vérification des informations sur les lieux où les événements se produisent, peut favoriser un terrain encore plus fertile pour la désinformation, provoquant un sentiment croissant de méfiance, de désorientation et d’insécurité», a soulevé Léon XIV, par ailleurs préoccupé par «le contrôle oligopolistique» des systèmes algorithmiques et d’intelligence artificielle.

Transparence et responsabilité sociale du secteur de l’IA

En étant conscients du caractère ambivalent de l’innovation numérique, le Pape appelle à ne pas la freiner mais à la guider selon trois piliers: la responsabilité, la coopération et l’éducation. Pour ceux qui sont à la tête des plateformes en ligne, cela signifie faire preuve de transparence et de responsabilité sociale en ce qui concerne les principes de conception et les systèmes de modération qui sous-tendent leurs algorithmes et les modèles développés, afin de favoriser un consentement éclairé de la part des utilisateurs.

La même responsabilité incombe aux législateurs nationaux et aux régulateurs supranationaux, aux entreprises des médias et de la communication. Léon XIV plaide ainsi pour que les contenus générés ou manipulés par l’IA soient signalés et distingués des contenus créés par des personnes. «La paternité et la propriété souveraine du travail des journalistes et des autres créateurs de contenu doivent être protégées».Et le Pape américain de rappeler que l’information est un bien public: «Un service public constructif et significatif» repose sur «la transparence des sources, l’inclusion des parties prenantes et un niveau de qualité élevé».

Alphabétiser à l’IA

Toutes les parties prenantes –de l’industrie technologique aux législateurs, des entreprises créatives au monde universitaire, des artistes aux journalistes, en passant par les éducateurs– doivent donc être impliquées dans la construction et la mise en œuvre d’une citoyenneté numérique consciente et responsable. C’est l’objectif de l’éducation et pour cette raison le Successeur de Pierre plaide pour l’alphabétisation médiatique et dans le domaine de l’IA à tous les niveaux.

Alors que certaines institutions civiles encouragent déjà cette prise de conscience, Léon XIV interpelle les catholiques sur leur contribution afin que les personnes –en particulier les jeunes– acquièrent la capacité de penser de manière critique et grandissent dans la liberté de l’esprit, mais aussi les personnes âgées et les membres marginalisés de la société.

Protéger son visage et sa voix

Concrètement, il s’agit d’éduquer à utiliser l’IA de manière intentionnelle, et dans ce contexte, de protéger son image (photos et audio), son visage et sa voix, pour éviter fraude numérique, cyberharcèlement, deepfakes, souligne-t-il, livrant les pistes d’approfondissement suivantes: comprendre comment les algorithmes modèlent notre perception de la réalité, comment fonctionnent les préjugés de l’IA, quels sont les mécanismes qui déterminent l’apparition de certains contenus dans nos flux d’informations, quels sont et comment peuvent changer les hypothèses et les modèles économiques de l’économie de l’IA.

«Tout comme la révolution industrielle exigeait une alphabétisation de base pour permettre aux gens de réagir à la nouveauté, la révolution numérique exige également une alphabétisation numérique», assure Léon XIV. Sans oublier son essentiel corollaire, la formation humaniste et culturelle.

Source : VATICANNEWS, le 24 janvier 2026

Certains vous disent : vous ne pouvez pas prier la Vierge Marie…

Certains vous disent : vous ne pouvez pas prier la Vierge Marie…

Certains vous disent : vous ne pouvez pas prier la Vierge Marie, toute bienheureuse qu’elle soit, parce qu’elle est morte. Et ceux qui sont morts ne peuvent rien faire. Notez bien la contradiction. Dans la vie, vous admettez bien que l’on puisse prier les uns pour les autres. Mais après la mort terrestre, plus rien !

N’avez-vous pas lu que sur le Mont Thabor, Jésus transfiguré s’entretient avec Moïse et Elie ? Et ne lisez-vous pas dans l’évangile que Jésus dit au bon larron : « Ce soir même tu seras au paradis avec moi » ?

Alors, Moïse, et Elie et le bon Larron oui, mais pas Marie la « comblée de grâces » ? Celle que toutes les générations doivent proclamer bienheureuse ne serait pas au ciel de Dieu, mais seulement le bon larron ? Et dans l’Apocalypse, ne serait-elle pas dans le cortège de ceux qui suivent l’Agneau partout où il va ?

Hervé Marie Catta. La Vierge Marie et les Protestants

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

25.01.2026 – SAINT DU JOUR

Bx Henri Suso

Bienheureux Henri Suso
Prêtre dominicain
(† 1366)

Henri Suso naît sur les bords du lac de Constance (situé à la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche), à la fin du XIIIe siècle. Un père mondain et violent, une mère douce et pieuse d’où lui vient cette nature tendre et aimante que nous trouvons dans ses écrits. 

Il entre chez les dominicains de Constance à l’âge de 13 ans. Pendant cinq ans il y mène une vie plutôt médiocre et relâchée et, à l’âge de 18 ans, ayant été favorisé d’une vision, il se convertit. Dès lors il se livre à de très rudes austérités pour réduire son corps en servitude, si bien qu’à 40 ans il était proche de la mort. Sur un signe du Très-Haut, il jeta dans le Rhin tous ses instruments de pénitence.
Après ses premières études théologiques, on l’avait envoyé à Cologne où il connut Maître Eckart vers 1320-1325. Devenu lecteur, il revient à Constance de 1329 à 1336. Il y est lecteur conventuel, puis prieur ; il y écrit, pour la défense d’Eckart, « Le livre de la vérité« . Cet ouvrage lui vaut de grands ennuis de la part du Chapitre provincial, puis du Chapitre général qui le dépose de sa charge priorale. Il reste alors dans son couvent et travaille à son « Livre de la Sagesse » dédié au Maître de l’Ordre sous le titre « L’Horloge de la Sagesse« . Il se donne également à la prédication dans toute la région.

S’il a mis fin volontairement à ses mortifications corporelles, le Seigneur ne lui épargne pas les autres : il devient l’objet de calomnies et de détractions de toutes sortes. De nature extrêmement sensible et aimante, il se voit abandonné par plusieurs de ses amis. Il exerce pourtant un ministère très apprécié auprès de plusieurs couvents de religieuses dominicaines. C’est à l’une d’elles, Élisabeth Stagel, qu’il confie l’histoire de sa vie qu’elle mettra par écrit.

Refusant d’obéir aux ordres schismatiques de Louis de Bavière, les dominicains quittent Constance et se réfugient à Diessenhoven. Suso est envoyé à Ulm. On ne sait que très peu de choses sur les dernières années de sa vie. 
Il y meurt en 1366 vers sa 70eannée. Le concile de Constance le considéra comme bienheureux, mais sa béatification officielle est due à Grégoire XVI (Bartolomeo Cappellari, 1831-1846) en 1831.

Il nous reste de lui sa Vie, sous la forme que nous avons dite, avec quelques retouches postérieures à la révision qu’il en fit, le Livre de la Vérité, l’Horloge de la Sagesse, deux collections de lettres et quelques Sermons. Le succès du Livre de la Sagesse fut énorme : aux XIVe et XVe siècles, ce fut le livre le plus lu en Allemagne ; aucun autre n’est représenté par autant de manuscrits, pas même l’Imitation de Jésus-Christ.

Après Maître Eckart et Jean Tauler, Henri Suso est représentatif de l’École de spiritualité dominicaine des « mystiques rhénans » du XIVesiècle. Elle garde la vision de l’univers que lui donne saint Thomas, exalte le primat de la contemplation et, pour y arriver, le dépouillement progressif du sensible, la purification de ce qui agite et distrait, le regard sur le Christ, Vérité éternelle. 
Suso insiste sur l’union au Christ par la contemplation de ses perfections et de ses souffrances. Après lui, l’accent sera mis davantage sur l’affection que sur la connaissance : on cherche ce qui émeut, on s’applique à méditer les plaies du Crucifié, les sept douleurs de la Vierge : c’est l’ère des représentations tragiques de la Passion, des Pietà, des Descentes de Croix… L’œuvre de Suso annonce déjà ce tournant à la fin du XIVe et au XVe siècle.

Source principale: dominicains.ca/Histoire/Figures/suso.htm (“Rév./gpm”).

Bienheureux Henri Suso priez pour nous !

25.01.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,12-23. 

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :
‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »


Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

abbesse bénédictine et docteur de l’Église

Le Livre des Mérites de la Vie, chap. 5 (in “Hildegarde de Bingen, Prophète et docteur pour le troisième millénaire” ; trad. P. Dumoulin ; Éditions des béatitudes ; 2012 ; p. 156)

Dieu dans le Christ, recherche l’homme et le renouvelle

Je suis la force de la divinité avant le temps et avant tous les siècles, je n’ai pas de commencement. Je suis la force par laquelle Dieu a tout fait en discernant et en éprouvant. Je suis le miroir de la providence de tous et j’ai tonné avec une force immense car je suis le mot qui retentit : FIAT, par lequel tout a commencé… Je suis venu comme le feu et je me suis reposé dans le ventre brûlant de la Vierge et de sa chair immaculée, je me suis incarné et ainsi je suis devenu un géant dont la valeur surpasse tout homme… Sorti du ventre de la Vierge, plongé dans l’eau, j’ai recherché l’homme et ainsi je l’ai purifié… J’ai parcouru le cercle de ma vie en renouvelant les autres hommes ; et ainsi en touchant la figure de l’homme qui m’a touché, j’ai établi la juste relation. Par mon humanité, j’ai lié et écrasé la force du diable, mais il ne me connaîtra pleinement que quand je siégerai sur mon trône pour juger, alors il sera totalement confondu.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 8,23b.9,1-3. 

Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.
Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madian.

Psaume 27(26),1.4abcd.13-14. 

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut (Ps 26, 1a)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; 
de qui aurais-je crainte ? 
Le Seigneur est le rempart de ma vie ; 
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie.

Mais, j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur 
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; 
espère le Seigneur. »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,10-13.17. 

Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions.
Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités.
Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j’appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j’appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j’appartiens au Christ ».
Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?
Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.