18.02.2026 – MERCREDI DES CENDRES: PROCESSION ET MESSE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE LÉON XIV

Entrée dans le Carême: Léon XIV appelle à se relever des cendres du monde

Après avoir conduit la procession pénitentielle jusqu’à la basilique Sainte-Sabine, sur la colline romaine de l’Aventin, le Pape Léon XIV a célébré la messe qui marque l’entrée dans le Carême, mercredi 18 février. Les cendres apposées sur le front des fidèles rappellent «le poids d’un monde en feu, de villes entières détruites par la guerre», a déploré le Souverain pontife, invitant cependant à «ne pas s’arrêter dans les cendres, mais à se relever et à reconstruire».

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican

Accompagné des chants de la Litanie des Saints, le Pape Léon XIV a conduit la procession pénitentielle de l’église bénédictine de Saint-Anselme, place des Chevaliers de Malte, à la basilique Sainte-Sabine, toutes deux situées sur la colline romaine de l’Aventin. Une marche aux côtés de cardinaux, évêques, moines bénédictins, pères dominicains, mais aussi de fidèles romains venus marquer le début du Carême auprès de leur Évêque, qui se prépare à sa première Pâques en tant que 266e Successeur de Pierre. 

«L’Église existe comme prophétie» pour qui reconnait son péché

Avant que les fidèles ne reçoivent sur le front les cendres, le Pape a insisté sur la dimension communautaire du Carême. Si la préparation à la mort et à la Résurrection du Christ reste un cheminement personnel de repentance et de réflexion, elle n’en demeure pas moins un temps d’unité. «Nous savons combien il est de plus en plus difficile de rassembler les gens et de se sentir comme un peuple» a souligné le Souverain pontife dans son homélie. Excluant le nationalisme et l’agressivité, Léon XIV plaide pour une «communion où chacun trouve sa place», mais aussi pour un peuple qui «reconnaît ses propres péchés», conscient du mal qui atteint tous les cœurs et qui «doit être affronté en assumant courageusement ses responsabilités». Une attitude à contre-courant des temps, admet le Saint-Père, «alors qu’il est si naturel de se déclarer impuissant face à un monde en feu». Mais«l’Église existe comme prophétie pour des communautés qui reconnaissent leurs propres péchés». Bien que personnel, le péché prend forme dans les milieux réels et virtuels, conditionné par les attitudes adoptées au sein «de véritables “structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et même religieux». Le temps de Carême invite les fidèles à «ne plus être paralysés, rigides, sûrs de leur position, mais rassemblés pour bouger et changer».

“Le péché est toujours personnel, mais il prend forme dans les milieux réels et virtuels que nous fréquentons, dans les attitudes avec lesquelles nous nous conditionnons mutuellement, souvent au sein de véritables “structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et même religieux.”

La portée missionnaire du Carême

Cet appel au changement, en ce Mercredi des Cendres, est entendu par de nombreux jeunes, y compris dans des contextes sécularisés, assure Léon XIV. «Ce sont eux, en effet, les jeunes, qui saisissent distinctement qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et dans le monde». «Nous sentons donc la portée missionnaire du Carême, non pas pour nous détourner du travail sur nous-mêmes, mais pour l’ouvrir à nombre de personnes inquiètes et de bonne volonté qui cherchent les voies d’un authentique renouveau de la vie, à l’horizon du Royaume de Dieu et de sa justice».

Les cendres, métaphore d’un monde en souffrance

Le rite des cendres opère comme une «pédagogie pénitentielle», un «rappel sévère à la vérité», souligne Léon XIV, faisant siens les mots de l’un de ses prédécesseurs, le Pape Paul VI, lors d’une audience générale six décennies plus tôt. Le geste «surprend l’homme moderne» mais les cendres imposées aujourd’hui sur le front des fidèles rappellent «le poids d’un monde en feu, de villes entières détruites par la guerre». Elles symbolisent «les cendres du droit international et de la justice entre les peuples, les cendres d’écosystèmes entiers et de la concorde entre les personnes, les cendres de la pensée critique et des anciennes sagesses locales, les cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature».

Par ce geste, l’Église invite les fidèles à «appeler la mort par son nom», à«en porter les signes», mais ensuite à «témoigner de la Résurrection». «Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage de résurrection: cela signifie en effet ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire». Alors, «le Triduum pascal libérera toute sa beauté et sa signification». «Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence, dans le passage de la mort à la vie, de l’impuissance aux possibilités de Dieu».

Source : VATICANNEWS, le 18 février 2026

Fra Angelico : un art habité par la sainteté

Fra Angelico, Le couronnement de la Vierge, 1434, musée du Louvre

Fra Angelico : un art habité par la sainteté

Fait unique, c’est essentiellement pour ses œuvres que celui que l’histoire a retenu sous le nom de Fra Angelico a été déclaré bienheureux. Né Guido di Pietro, devenu en religion frère Jean de Fiesole (Giovanni da Fiesole), il reçoit de Vasari, dans sa célèbre biographie, ce surnom d’« Angelico » qui finira par éclipser ses autres noms. Aucun peintre n’a sans doute rendu aussi perceptibles, dans la matière même de ses œuvres, les vertus surnaturelles de foi, d’espérance et de charité que tout chrétien reçoit au baptême et est appelé à faire croître par des actes répétés et approfondis.

Les raisons d’y croire

  • La famille du futur Fra Angelico est prospère ; ce dernier pourrait ne vivre que de son talent, car il se révèle habile peintre dès sa jeunesse. Il choisit pourtant d’entrer dans l’ordre dominicain, c’est-à-dire de faire vœu de pauvreté. Il renonce aussi, par le vœu religieux de chasteté, à l’affection d’une épouse et à fonder une famille, et à son indépendance en se mettant sous l’obéissance de son prieur. Ainsi, après ses vœux, n’accepte-t-il jamais aucune commande sans avoir obtenu d’abord l’accord de son prieur.
  • Le dominicain se distingue aussi par son humilité. Constatant sa vertu et sa réputation de sainteté, le pape Nicolas V envisage de le nommer archevêque de Florence. Fra Angelico supplie alors le souverain pontife d’y renoncer et lui propose un autre frère, Antonin, qu’il estime plus apte à cette charge. L’avenir confirmera ce discernement : frère Antonin gouvernera le diocèse avec sagesse et charité, et sera plus tard canonisé. En s’effaçant ainsi pour mettre en avant celui qu’il juge plus digne que lui, Fra Angelico manifeste un désintéressement et une droiture de cœur qui éclairent toute sa vie.
  • Fra Angelico est d’abord miniaturiste, c’est-à-dire qu’il illustre les grands livres liturgiques utilisés en commun à l’office divin. Il laisse ainsi pour la postérité aux couvents San Marco de Florence et San Domenico de Fiesole « plusieurs livres d’église, ornés de miniatures d’une beauté merveilleuse, exécutées avec un soin incroyable » (Vasari). Plus tard, Fra Angelico ornera à la demande de Nicolas V des livres du palais apostolique. Cette habileté se retrouve dans ses grandes compositions. Commentant les visages du tableau du maître-autel du couvent Saint-Marc, Vasari note : « On ne saurait rien imaginer de plus soigné, de plus fin et de mieux entendu que ces ravissantes figurines. »
  • Au travail du miniaturiste succèdent les commandes de fresques. C’est là que le génie de Fra Angelico se révèle vraiment. Il parvient à exprimer visiblement la vie spirituelle intense, toute tournée vers Dieu, de ses sujets. Touchant le même tableau, on lit dans Le Vite de’ più eccellenti Pittori (de Vasari) : « On ne peut se défendre d’un sentiment profond de dévotion en voyant cette Vierge et ces saints qui respirent la candeur et la bonté. »
  • Ainsi, à propos du tabernacle peint de l’église San Domenico de Fiesole : « La multitude de figurines que l’on y voit au milieu d’une gloire céleste sont si belles qu’elles paraissent tombées du paradis. On ne peut se rassasier de les contempler. » Et concernant l’Annonciation d’une chapelle de la même église : « Les attitudes et les physionomies de tous ces personnages sont si habilement variées que l’on éprouve un plaisir incroyable à les regarder. Il semble que ces bienheureux esprits ne pourraient être autrement dans le Ciel, s’ils avaient un corps. »
  • L’Annonciation, du Prado, introduit pour la première fois l’utilisation d’une lumière diaphane, qui, en enveloppant la composition et en rehaussant ainsi les couleurs et les volumes des figures, l’unifie. Une loggia ouverte enchâsse la scène. Du jardin fleuri, sur lequel donne la loggia, un ange chasse Adam et Ève. Cette dernière regarde vers Marie, qui, par son oui, efface par avance la faute originelle. À Ève (Eva en latin) répond la salutation angélique (Ave) qui apporte le salut aux hommes. Un long faisceau de rayons dorés s’échappe d’un soleil d’or où l’on voit les mains du Père. Parvenue au terme de ce rayon, une colombe blanche figure le Saint-Esprit qui vient accomplir son œuvre en Marie.
  • Le Jugement dernier (entre 1431 et 1433), destiné à orner le chœur du couvent camaldule de Santa Maria degli Angeli, à Florence, représente les morts sortis de leur tombeau, au son de la trompette des anges : les réprouvés sont emmenés par les démons en enfer, où l’on voit d’autres personnes souffrir de leurs propres vices, tandis que les bons sont conduits en liesse vers le paradis, vers lequel ils dansent en décrivant une ronde. Au sommet du panneau se trouve le Christ, au centre d’un nimbe en amande où volent des chérubins aux ailes rouges dans une lumière dorée. La Vierge Marie à sa droite, saint Jean-Baptiste à sa gauche et de nombreux saints l’entourent.
  • La Déposition (exécutée entre 1432 et 1434 pour la sacristie de la basilique florentine Santa Trinita) présente la scène sacrée dans des couleurs claires, lumineuses et brillantes, agencées dans une délicate harmonie tonale : la lumière terrestre est le reflet de l’ordre divin, qui n’est que lumière. La mort du Christ sur la croix rétablit en l’effet l’ordre originel, brisé par le péché d’Adam.
  • « Les saints qu’il peignit , écrit Vasari, se distinguent par un aspect divin que l’on ne rencontre chez aucun autre artiste. » Ce don semble bien provenir de sa vie de prière intense : « Il ne représenta jamais le Sauveur sur la Croix sans que ses joues fussent baignées de larmes ; aussi les visages et les attitudes de ses personnages laissent-ils deviner toute la sincérité de sa foi. »
  • Il ne retouche jamais ses peintures (excepté les fresques, qui sont peintes sur un support humide). Il croit en effet que Dieu veut les premiers traits esquissés, qui sont donc seuls justes. N’est-ce pas là insinuer une inspiration divine ?
  • Vasari conclut, en publiant le surnom du frère Jean de Fiesole, qui éclipsera son nom : « On croit voir l’œuvre, non d’un homme, mais d’un ange : aussi notre bon religieux fut-il toujours bien justement appelé Fra Giovanni « Angelico ». »
  • Fra Angelico a su mettre en œuvre, avec un réel talent, les recherches nouvelles de son temps, la composition en perspective et une attention plus soutenue à la figure humaine, sans rien abandonner des valeurs reçues de l’art médiéval : la fonction d’enseignement propre à l’art sacré et le sens mystique de la lumière. Lorsque Côme de Médicis lui confie la décoration du couvent Saint-Marc, qu’il vient d’offrir aux dominicains, Fra Angelico peint dans la salle du chapitre une Crucifixion entourée de saints ; au-dessous, autour de saint Dominique, il fait figurer les papes, cardinaux, évêques, saints et maîtres en théologie de son ordre. Vasari remarque que « grâce à l’aide que Fra Giovanni trouva chez les moines de son couvent qui firent des recherches en divers lieux, il introduisit dans cet ouvrage des portraits d’une authenticité incontestable ». Ainsi l’exigence historique se joint à la dévotion, et la nouveauté formelle ne rompt en rien avec la fidélité à la tradition.
  • Fra Angelico sait donc combiner en son art la dévotion à Dieu et aux saints (c’est ce qu’on appelle la vertu de religion) et les principes nouveaux de la Renaissance italienne en peinture. Son œuvre peinte prouve qu’opposer modernité et religion est un faux problème. Dieu n’est-il pas l’auteur de tout ce qui existe ? Comment Dieu pourrait-il mésestimer l’art, entendu comme la capacité à rendre sensible à l’œil la beauté qui est partout présente dans la nature – l’homme faisant partie de la nature ? Seul un art visant à abîmer la nature et à la salir (et donc aussi à blesser l’homme) peut lutter contre Dieu.
  • C’est pourquoi Vasari porte ce jugement : « Un talent comme celui de Fra Angelico ne pouvait et ne devait appartenir qu’à un homme de sainte vie. Les peintres qui traitent de sujets pieux doivent être pieux eux-mêmes. »

Auteur :

Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.

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Source : 1000 raisons d’y croire

À l’école de Marie, la petite voie de Bernadette

À l’école de Marie, la petite voie de Bernadette

Les débuts de la vocation de Bernadette sont bien ceux d’une « voie extraordinaire », mais toute sa vie, depuis la fin des apparitions et son entrée en religion, est celle d’une « voie ordinaire ».

Elle écrit dans son carnet : « L’important n’est pas de faire beaucoup, mais de bien faire ». Tous ses actes en seront le témoignage. Trente ans avant Thérèse de l’Enfant Jésus, cette pratique de l’amour dans les occupations les plus quotidiennes, si elle est depuis toujours recommandée à la vie chrétienne, n’est pas le modèle le plus reconnu de la sainteté à son époque, et le comportement de Bernadette a souvent dérouté ceux qui la rencontraient, parfois même jusqu’à ses supérieures.

Pour l’une d’elles qui, agacée par sa simplicité un peu fruste, son absence de mysticisme, son espièglerie peu dévote, refuse de croire que la Mère de Dieu ait pu la choisir et lui demande une preuve, elle soulève un pan de sa robe, révélant la plaie de son genou et répond : « Ceci, peut-être ». Son interlocutrice en sera bouleversée.

L’année 1879, la dernière de sa vie terrestre, sera très dure. A la souffrance physique s’ajoute celle de la nuit de la foi. Comme quelques années plus tard la carmélite de Lisieux, Bernadette va connaître les affres du doute intérieur. De cette épreuve d’amour pur, elle triomphera avec toute la force de sa volonté tendue dans une foi aveugle, s’enfermant dans le sein de Marie, se reposant coûte que coûte sur le cœur de Jésus, demandant sa grâce pour rester fidèle.

L’équipe de Marie de Nazareth

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie