Vatican II : « un témoignage éclatant de la piété de l’Église envers la Vierge »
Nous avons exposé en détail, vénérables Frères, un point qui est partie intégrante du culte chrétien : la vénération envers la Mère du Seigneur. Nous y avons été amené par la nature de cette question, objet d’étude, de réexamen et même parfois de quelque perplexité ces dernières années.
Nous éprouvons du réconfort à penser que le travail accompli selon les normes du Concile par le Siège Apostolique et par vous-mêmes – et tout particulièrement la réforme liturgique – est un gage authentique pour un culte toujours plus vivant et aimant rendu à Dieu, Père, Fils et Esprit, et pour la croissance de la vie chrétienne chez les fidèles ; nous trouvons un motif de confiance à constater que la liturgie romaine rénovée constitue également dans son ensemble un témoignage éclatant de la piété de l’Église envers la Vierge.
Nous sommes soutenu par l’espérance que les directives données pour rendre cette piété toujours plus limpide et vigoureuse seront sincèrement appliquées.
Enfin, l’occasion que nous a fournie le Seigneur de proposer quelques thèmes de réflexion destinés à renouveler et confirmer l’estime pour la pratique du Rosaire nous remplit d’allégresse. Réconfort, confiance, espérance, joie : tels sont les sentiments que, en unissant notre voix à la voix de la Vierge – comme le dit la liturgie romaine –, nous voudrions traduire en louange fervente et en remerciement au Seigneur.
Pape Saint Paul VI, Exhortation Marialis Cultus sur le culte de la Vierge Marie § 58, le 2 février 1974
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,1-45.
Carl Heinrich Bloch, 1870, chapelle, Château de Frederiksborg, Danemark
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Tract. in Io. Ev. 49, 4-25 (Sainte Marie Madeleine, Textes, Prières, Miracles ; Sr Marie-Ancilla, o.p. ; éd. Bénédictines, 2017 ; p. 19-20 ; rev.)
Écoutons et ressuscitons !
Beaucoup d’entre les Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. Quand Marthe apprit que Jésus venait, elle alla au-devant a de lui, mais Marie resta assise à la maison. Marthe dit donc à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ; mais je sais maintenant que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». (…) Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera ». Réponse peu claire, car il ne dit pas : « Je vais ressusciter ton frère », mais : « Ton frère ressuscitera ». Aussi Marthe lui dit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection du dernier jour. De cette résurrection, j’en suis certaine ; d’une résurrection immédiate, je ne sais rien ». Jésus lui dit : « Je suis la résurrection ». Tu dis : « Mon frère ressuscitera au dernier jour ». C’est vrai, mais celui par qui il ressuscitera alors, peut bien le ressusciter dès maintenant, parce que, dit-il, « Je suis la résurrection et la vie ». Écoutez, mes frères, écoutez ce que dit Notre Seigneur. Certes, toute l’attente des Juifs réunis était de voir revivre Lazare, ce mort de quatre jours. Écoutons et ressuscitons, nous aussi. Qu’ils sont nombreux dans cette assemblée ceux qu’écrase le poids des mauvaises habitudes ! Peut-être en est-il parmi ceux qui m’écoutent, auxquels on pourrait dire : « Ne vous laissez point enivrer par le vin, d’où naît la luxure ». Et ils disent : « Nous ne pouvons pas ». Peut-être, parmi ceux qui m’écoutent y a-t-il des personnes impures, souillées de débauches et de corruption, auxquelles je dis : « Ne faites point ces choses, si vous voulez ne point périr » ; et elles répondent : « Nous ne pouvons pas nous tirer de cette habitude ». Ô Dieu, ressuscitez-les. « Je suis, dit-il, la résurrection et la vie ». Il est la résurrection, parce qu’il est la vie. « Celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais ».
LECTURES :
Livre d’Ézéchiel 37,12-14.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.
Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.
R/ Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat. (Ps 129, 7bc)
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne.
J’espère le Seigneur de toute mon âme ; je l’espère, et j’attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.
Oui, près du Seigneur, est l’amour ; près de lui, abonde le rachat. C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,8-11.
Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt
Tatiana Schlossberg, la deuxième fille de Caroline Kennedy, a publié dans le New Yorker un récit émouvant sur son diagnostic de cancer en phase terminale. Elle a 35 ans et est mère de deux jeunes enfants, qui sont encore des bébés.
Caroline et moi sommes toutes deux grands-mères aujourd’hui. Nous avons eu des enfants à peu près à la même époque, et nous avons maintenant des petits-enfants du même âge. Si j’ai lu l’histoire de Tatiana avec une empathie particulière, c’est parce que j’aide ma fille, qui a deux jeunes enfants, encore bébés, et qui a été frappée de manière inattendue par une maladie débilitante, mais qui ne met pas sa vie en danger.
Ma visite d’une semaine pour Halloween s’est transformée en un séjour d’un mois dans les tranchées de la garde d’enfants et des tâches ménagères, tandis que ma fille enchaînait les rendez-vous chez le médecin… « Je ne veux pas que maman aille chez le médecin », pleure ma petite-fille de 3 ans. Leur vie est bouleversée, et je pense aux enfants de Tatiana, eux aussi trop jeunes pour comprendre. Nous, les grands-mères, ne sommes qu’un maigre substitut à leurs mères.
Je pense surtout à Caroline, qui doit faire face à la perte de son enfant. Quand on devient mère, on comprend l’amour désintéressé. On comprend l’amour inconditionnel. C’est peut-être ce qui se rapproche le plus de l’amour infini et insondable que Dieu nous porte. Une mère accepterait volontiers de prendre à sa charge toute maladie, toute douleur ou tout diagnostic à la place de son enfant.
J’ai souvent pensé à Marie au pied de la croix, alors que son fils Jésus souffrait et mourait, et à ce qu’elle a dû ressentir. Soudain, mon imagination de la douleur de Marie est devenue beaucoup plus profonde et plus personnelle que jamais. Quelle que soit la manière dont une mère perd son enfant, le deuil ne peut être qu’un abîme. L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt.
Marie est restée inébranlable face à sa tragédie, mais je pense que je serais davantage poussée à la colère contre Dieu. Mon sentiment actuel d’impuissance me donne déjà envie de lutter contre la volonté de Dieu. Je ne sais pas si ma foi est suffisamment forte ou durable pour endurer le pire scénario. Je ne veux pas chercher à le savoir.
Je ne connais pas Caroline Kennedy personnellement, mais je prie pour que notre mère Marie la soutienne dans cette période éprouvante.
Valerie Schultz, 23 décembre 2025 America Magazine (Adapté)
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.