L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt

L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt

Tatiana Schlossberg, la deuxième fille de Caroline Kennedy, a publié dans le New Yorker un récit émouvant sur son diagnostic de cancer en phase terminale. Elle a 35 ans et est mère de deux jeunes enfants, qui sont encore des bébés.

Caroline et moi sommes toutes deux grands-mères aujourd’hui. Nous avons eu des enfants à peu près à la même époque, et nous avons maintenant des petits-enfants du même âge. Si j’ai lu l’histoire de Tatiana avec une empathie particulière, c’est parce que j’aide ma fille, qui a deux jeunes enfants, encore bébés, et qui a été frappée de manière inattendue par une maladie débilitante, mais qui ne met pas sa vie en danger.

Ma visite d’une semaine pour Halloween s’est transformée en un séjour d’un mois dans les tranchées de la garde d’enfants et des tâches ménagères, tandis que ma fille enchaînait les rendez-vous chez le médecin… « Je ne veux pas que maman aille chez le médecin », pleure ma petite-fille de 3 ans. Leur vie est bouleversée, et je pense aux enfants de Tatiana, eux aussi trop jeunes pour comprendre. Nous, les grands-mères, ne sommes qu’un maigre substitut à leurs mères.

Je pense surtout à Caroline, qui doit faire face à la perte de son enfant. Quand on devient mère, on comprend l’amour désintéressé. On comprend l’amour inconditionnel. C’est peut-être ce qui se rapproche le plus de l’amour infini et insondable que Dieu nous porte. Une mère accepterait volontiers de prendre à sa charge toute maladie, toute douleur ou tout diagnostic à la place de son enfant.

J’ai souvent pensé à Marie au pied de la croix, alors que son fils Jésus souffrait et mourait, et à ce qu’elle a dû ressentir. Soudain, mon imagination de la douleur de Marie est devenue beaucoup plus profonde et plus personnelle que jamais. Quelle que soit la manière dont une mère perd son enfant, le deuil ne peut être qu’un abîme. L’enfant de Marie est tous les enfants qui sont morts trop tôt.

Marie est restée inébranlable face à sa tragédie, mais je pense que je serais davantage poussée à la colère contre Dieu. Mon sentiment actuel d’impuissance me donne déjà envie de lutter contre la volonté de Dieu. Je ne sais pas si ma foi est suffisamment forte ou durable pour endurer le pire scénario. Je ne veux pas chercher à le savoir.

Je ne connais pas Caroline Kennedy personnellement, mais je prie pour que notre mère Marie la soutienne dans cette période éprouvante.

Valerie Schultz, 23 décembre 2025 America Magazine (Adapté)

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

21.03.2026 – SAINT DU JOUR

St Nicolas de Flüe

Saint Nicolas de Flüe
Patron de la Suisse 

 

Il est fêté le 25 septembre en Suisse et le 21 mars (dies natalis) par l’Église universelle.

Nicolas de Flüe (en allemand : Niklaus von Flüe) naquit le 25 septembre 1417 à Sachseln (commune suisse du canton d’Obwald), de parents pieux. Un jour, à la vue d’une flèche élancée, sur une montagne voisine, il fut épris du désir du ciel et de l’amour de la solitude. Il se maria pour obéir à la volonté formelle de ses parents et eut dix enfants. Son mérite et sa vertu le firent choisir par ses concitoyens pour exercer des fonctions publiques fort honorables.

Sa prière habituelle était celle-ci : « Mon Seigneur et mon Dieu, enlevez de moi tout ce qui m’empêche d’aller à vous. Mon Seigneur et mon Dieu, donnez-moi tout ce qui peut m’attirer à vous. » 

Il avait cinquante ans, quand une voix intérieure lui dit : « Quitte tout ce que tu aimes, et Dieu prendra soin de toi. » Il eut à soutenir un pénible combat, mais se décida en effet à tout quitter, femme, enfants, maison, domaine, pour servir Dieu. Il s’éloigna, pieds nus, vêtu d’une longue robe de bure, un chapelet à la main, sans argent, sans provision, en jetant un dernier regard tendre et prolongé vers les siens. 

Une nuit, Dieu le pénétra d’une lumière éclatante, et depuis ce temps, il n’éprouva jamais ni la faim, ni la soif, ni le froid. Ayant trouvé un lieu sauvage et solitaire, il s’y logea dans une hutte de feuillage, puis dans une cabane de pierre. La nouvelle de sa présence s’était répandue bientôt, et il se fit près de lui une grande affluence. Chose incroyable, le saint ermite ne vécut, pendant dix-neuf ans, que de la Sainte Eucharistie. 

La Suisse, un moment divisée, était menacée dans son indépendance par l’Allemagne. Nicolas de Flüe, vénéré de tous, fut choisi pour arbitre et parla si sagement, que l’union se fit, à la joie commune, et la Suisse fut sauvée. 

Nicolas fut atteint, à l’âge de soixante-dix ans, d’une maladie très aiguë qui le tourmenta huit jours et huit nuits sans vaincre sa patience ; il mourut à Sachseln le 21 mars 1487.

Nicolas de Flüe à été béatifié en 1648 par Innocent X (Giovanni Battista Pamphili, 1644-1655) et canonisé, le 25 septembre 1947,par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).

Il est le saint Patron de la Suisse et de la Garde suisse pontificale.

Sources principales : sanctuairemarial.com ; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).

Saint Nicolas de Flüe priez pour nous !

21.03.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 7,40-53. 

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ?

L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.
Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »

Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? »
Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean de la Croix (1542-1591)

carme, docteur de l’Église

La Montée du Carmel, II, ch. 22 (trad. OC, Cerf 1990, p. 736 rev.)

« Jamais un homme n’a parlé comme cet homme »

     Dieu pourrait nous dire : « Mon Fils est toute ma parole, toute ma réponse ; il est toute vision et toute révélation. Je vous ai tout répondu, tout dit et tout manifesté, tout révélé en vous le donnant pour frère, compagnon, maître, héritage et récompense… : ‘ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le ‘ (Mt 17,5)…       « Si donc tu désires entendre de ma bouche une parole de consolation, regarde mon Fils qui m’a obéi et qui, par amour, s’est livré à l’humiliation et à l’affliction, et tu verras tout ce qu’il te répondra. Si tu souhaites que je t’explique des choses cachées ou des événements mystérieux, fixe seulement les yeux sur lui et tu trouveras renfermés en lui les mystères les plus profonds, la sagesse et des merveilles de Dieu, comme le dit mon apôtre : ‘ En lui, qui est le Fils de Dieu, sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance de Dieu ‘ (Col 2,3). Ces trésors de sagesse seront pour toi plus sublimes, plus doux et plus utiles que tout ce que tu pourrais apprendre par ailleurs. Voilà pourquoi le même apôtre se glorifiait ‘ de ne pas savoir autre chose que Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ‘ (1Co 2,2). Si tu cherches des visions ou des révélations, soit divines, soit corporelles, regarde-le aussi en tant qu’homme, et tu trouveras en cela plus que tu ne penses, car l’apôtre Paul dit encore : ‘ Dans le Christ habite corporellement toute la plénitude de la divinité ‘ (Col 2,9). »       Il ne convient donc plus d’interroger Dieu comme autrefois, et il n’est plus nécessaire qu’il parle… : il n’y a plus de foi à révéler et il n’y en aura jamais.

LECTURES :

Livre de Jérémie 11,18-20. 

« Seigneur, tu m’as fait savoir, et maintenant je sais, tu m’as fait voir leurs manœuvres.
Moi, j’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir, et je ne savais pas qu’ils montaient un complot contre moi. Ils disaient : « Coupons l’arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu’on oublie jusqu’à son nom. »
Seigneur de l’univers, toi qui juges avec justice, qui scrutes les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. »

Psaume 7,2-3.9bc-10.11-12a.18b. 

R/ Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge. (Ps 7, 2a)

Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge ! 
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
Sinon ils vont m’égorger, tous ces fauves, 
me déchirer, sans que personne me délivre.

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
Mets fin à la rage des impies, affermis le juste, 
toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le juste.

J’aurai mon bouclier auprès de Dieu, 
le sauveur des cœurs droits.
Dieu juge avec justice ;
je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut.

20.03.2026 – Prédication de Carême du père Roberto Pasolini O.F.M. Cap. (3/4)

3e méditation du Carême: la mission chrétienne naît d’une vie transformée par l’Évangile

Dans sa troisième méditation de Carême consacrée à la mission, inspirée de l’expérience de saint François d’Assise, le prédicateur de la Maison pontificale, en présence du Pape dans la salle Paul VI, a invité à redécouvrir que l’annonce de l’Évangile ne repose pas d’abord sur les paroles, mais sur «une vie transformée par le Christ», ouverte à la rencontre et au dialogue avec les autres.

Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican

Après avoir médité sur la conversion (première méditation) et la fraternité (seconde méditation), cette troisième méditation du Carême voulu comme un parcours spirituel conduit à «la mission», présentée par le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale comme «un accomplissement». «La conversion et la fraternité ne sont pas une fin en soi: elles trouvent leur accomplissement dans la mission», a-t-il souligné. Évoquant l’exemple du “pauvre d’Assise”, il a rappelé que «ce que François a reçu – une sensibilité transformée, la joie de ses frères et sœurs, la découverte d’un Dieu qui aime en se dépouillant de lui-même – ne peut être gardé pour soi, mais est appelé à rayonner et à toucher la vie des autres». La mission apparaît ainsi comme un mouvement intérieur qui se prolonge vers autrui, vers le frère, enraciné dans l’expérience de Dieu.

Le Pape dans la salle Paul VI pour le sermon du père Pasolini
Le Pape dans la salle Paul VI pour le sermon du père Pasolini   (ANSA)

Témoigner avant de parler

«Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la Parole de vie, […] nous vous l’annonçons aussi, afin que vous soyez en communion avec nous» (1 Jean 1, 1-3). Au cœur de la méditation du père Pasolini se trouve une conviction forte, celle de la primauté du témoignage sur la parole.

«D’abord vient la communion à la vie, ensuite l’annonce du salut. D’abord vient la contemplation de la Parole, ensuite la parole qui témoigne de sa présence. On ne peut véritablement parler de ce qui n’a pas encore pris racine en soi», rappelle le frère capucin. Dans cette perspective, «l’Évangile n’est pas communiqué comme une simple nouvelle, “un message à transmettre”; il est donné comme une vie qui se construit peu à peu». Saint François met en garde contre une annonce superficielle: «C’est une grande honte pour nous, serviteurs de Dieu, que les saints aient accompli des œuvres, et que nous souhaitions recevoir gloire et honneur en nous contentant de les raconter.» (Exhortation VI, 3 ; FF 154).

Ainsi, annoncer le Christ signifie se laisser transformer par la présence du Christ lui-même, «engendrer le Christ ne signifie pas parler en bien de lui ni convaincre autrui par des paroles éloquentes. Cela signifie laisser sa présence transformer véritablement notre vie, au point de devenir visible aux yeux des autres».  

Se laisser accueillir avant d’annoncer

Le père Pasolini a insisté également sur une dimension essentielle de l’évangélisation, celle du «savoir recevoir avant de donner». Rappelant les recommandations d’envoi des frères en mission de François, inspiré de celle du Christ «Allez, mes bien-aimés, deux par deux, dans les différentes parties du monde et proclamez la paix et la pénitence pour le pardon des péchés; soyez patients dans la persécution, confiants que le Seigneur accomplira son plan et tiendra ses promesses. Répondez humblement à ceux qui vous interrogent, bénissez ceux qui vous persécutent, remerciez ceux qui vous insultent et vous calomnient, car le royaume éternel nous est préparé». Selon le prédicateur apostolique, la logique missionnaire est claire: «d’abord se laisser accueillir, ensuite le proclamer.».

Cette attitude missionnaire suppose humilité, confiance et sens de fraternité. Elle permet de reconnaître que l’autre n’est pas seulement destinataire, mais aussi porteur d’un bien déjà présent. Dans cette perspective, «évangéliser signifie dire à l’autre – même sans rien dire – qu’il est beau qu’il existe, que sa vie a de la valeur».

Attendre les questions, écouter avant de répondre

Autre dimension soulignée par le père Pasolini, est celle de la capacité à écouter et à attendre. «Évangéliser, dans cette perspective, ne signifie pas apporter des réponses immédiates, mais savoir attendre que les questions émergent. C’est une attitude intérieure, avant même une manière de communiquer: elle naît de la conviction que Dieu confirme et complète notre humble témoignage», a affirmé le prédicateur. Cette pédagogie, inspirée de l’attitude du Christ, invite à accompagner les personnes dans leur cheminement, sans imposer de réponses prématurées. Les questions elles-mêmes deviennent alors «un lieu où Dieu est présent et à l’œuvre».

Le Pape dans la salle Paul VI pour le sermon du père Pasolini
Le Pape dans la salle Paul VI pour le sermon du père Pasolini   (ANSA)

La rencontre comme lieu de révélation

Le prédicateur de la Maison pontificale a évoqué également la rencontre de saint François avec le sultan d’Égypte comme modèle d’un dialogue authentique. Dans un contexte de guerre, cette rencontre n’a pas conduit à une conversion immédiate, mais à une reconnaissance mutuelle. Le véritable fruit n’est pas le succès visible, mais la qualité de la relation: «François revient sans résultats apparents, mais avec une conscience plus profonde: l’Évangile ne se proclame pas pour conquérir, mais pour rencontrer. L’autre n’est pas une chose à attendre, mais une seconde fois avant de s’arrêter, pour prêter attention à notre sollicitude». Ainsi, la mission chrétienne devient un espace de respect, où chacun peut exprimer le meilleur de son humanité. Car, «évangéliser ne signifie pas combler la distance à tout prix, mais la franchir sans l’effacer, en préservant la différence dans l’espace où Dieu continue d’agir au cœur de chacun».

Une mission vécue dans l’humilité

Enfin, le frère capucin a souligné que l’annonce de l’Évangile passe par une attitude d’humilité radicale. Il a rappelé que saint François invite toujours ses frères à être «soumis à toute créature humaine par amour pour Dieu». Cette «soumission» n’est pas faiblesse, mais choix libre de respect et de dialogue. Elle s’enracine dans l’exemple du Christ lui-même, qui «s’est dépouillé lui-même, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu comme un simple homme, il s’est abaissé, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même à la mort sur une croix» et a choisi la voie du service. Ainsi, «proclamer le Christ depuis une position de supériorité ou de contrôle risque de trahir l’Évangile même que nous cherchons à communiquer».

Une Église appelée à témoigner par la vie

En conclusion, la méditation prêchée par le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale dans la salle Paul VI rappelle que la mission chrétienne ne se réduit pas à une activité ou à un discours. Elle naît d’une vie habitée par l’Évangile et s’exprime dans la relation aux autres, et «c’est précisément cette petitesse, cette humilité vécue, qui rend féconde la proclamation de l’Évangile». Dans un monde en quête de sens, cette approche propose un chemin exigeant mais fécond: celui d’une annonce discrète, patiente et incarnée, où «l’action silencieuse et efficace du Saint-Esprit» fait mûrir les fruits de l’Évangile.

Source : VATICANNEWS, le 20 mars 2026