Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,27-38.

En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et à qui prend ton bien, ne le réclame pas.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir en retour, quelle reconnaissance méritez-vous ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu’on leur rende l’équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.

Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Lettre 42 au roi Louis de Hongrie, n° 188 (trad. Cartier, Téqui, 1976, tome 1, p. 358)
Les signes de la vrai et parfaite charité
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, l’esclave des serviteurs de Jésus Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir fondé dans la vraie et parfaite charité. (…) C’est là un des signes particuliers qui montrent si l’âme est dans la charité ou non. Elle ne méprise personne, mais elle supporte avec patience les défauts des autres ; elle ne s’irrite pas, mais elle est pleine de douceur ; elle ne rend pas l’homme injuste, mais juste, lui faisant rendre à chacun ce qui lui est dû, qu’il obéisse ou qu’il commande. Il rend gloire à Dieu et louange à son nom ; il a pour lui la haine et l’horreur du péché, et pour le prochain l’amour et la bienveillance. S’il est puissant et qu’il ait à exercer la justice, il écoute le grand comme le petit, le pauvre comme le riche. Il ne souille pas sa conscience en cédant aux flatteries, aux menaces, au plaisir ou au déplaisir ; mais il tient la balance droite, rendant à chacun ce que veut la justice. Il sert avec zèle son prochain, montrant envers lui l’amour qu’il a pour Dieu : il ne peut rendre service à Dieu, mais il s’applique à rendre service à ce que Dieu aime tant, à la créature raisonnable, qui lui est donnée comme intermédiaire. Combien est douce la charité, cette tendre mère ! Elle est sans amertume, et toujours elle donne la joie au cœur de celui qui la possède.
LECTURES :
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,1b-7.11-13.
Frères, la connaissance rend orgueilleux, tandis que l’amour fait œuvre constructive.
Si quelqu’un pense être arrivé à connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faudrait ;
mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est vraiment connu de lui.
Quant à manger ces viandes offertes aux idoles, le pouvons-nous ? Nous savons que, dans le monde, une idole n’est rien du tout ; il n’y a de dieu que le Dieu unique.
Bien qu’il y ait en effet, au ciel et sur la terre, ce qu’on appelle des dieux – et il y a une quantité de « dieux » et de « seigneurs » –,
pour nous, au contraire, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et vers qui nous allons ; et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout vient et par qui nous vivons.
Mais tout le monde n’a pas cette connaissance : certains, habitués jusqu’ici aux idoles, croient vénérer les idoles en mangeant de cette viande, et leur conscience, qui est faible, s’en trouve souillée.
Et la connaissance que tu as va faire périr le faible, ce frère pour qui le Christ est mort.
Ainsi, en péchant contre vos frères, et en blessant leur conscience qui est faible, vous péchez contre le Christ lui-même.
C’est pourquoi, si une question d’aliments doit faire tomber mon frère, je ne mangerai plus jamais de viande, pour ne pas faire tomber mon frère.

Psaume 139(138),1-3.13-14ab.23-24.
R/ Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité. (Ps 138, 24b)
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées.
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
C’est toi qui as créé mes reins,
qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l’être étonnant que je suis.
Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée ;
éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur.
Vois si je prends le chemin des idoles,
et conduis-moi sur le chemin d’éternité.
