Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,24-28.

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 96 (§1-4.9, trad. Brésard, 2000 ans B, p.248 rev)
Renoncer à soi-même, prendre sa croix et suivre le Christ
Ce que le Seigneur a commandé : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » semble dur et pénible. Mais ce n’est ni dur ni pénible, parce que celui qui commande est celui qui aide à réaliser ce qu’il commande. Car si la parole du psaume « à cause des paroles de tes lèvres, j’ai suivi des chemins difficiles » (Ps 16,4) est vraie, elle est vraie aussi, la parole que Jésus a dite : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger » (Mt 11,30). Car tout ce qui est dur dans le commandement, l’amour fait en sorte qu’il soit doux. Nous savons de quels prodiges l’amour est capable. Parfois l’amour est de mauvais aloi et dissolu ; mais que de difficultés endurent les hommes, que de traitements indignes et insupportables souffrent-ils pour parvenir à ce qu’ils aiment ! … Comme la grande affaire de la vie doit être de bien choisir ce que l’on doit aimer, est-il surprenant que celui qui aime Jésus Christ et qui veut le suivre se renonce à lui-même pour l’aimer ? … Que signifie ce qui suit : « Qu’il prenne sa croix » ? Qu’il supporte ce qui est pénible et qu’ainsi il me suive. Car lorsqu’un homme commencera à me suivre en se conduisant selon mes préceptes, il aura beaucoup de gens pour le contredire, beaucoup pour s’opposer à lui, beaucoup pour le décourager. Et cela de la part de ceux qui se prétendent compagnons du Christ. Ils marchaient avec le Christ, ceux qui empêchaient les aveugles de crier (Mt 20,31). Qu’il s’agisse de menaces, de flatteries ou d’interdictions, si tu veux suivre le Christ, change tout cela en croix ; endure, supporte, ne te laisse pas accabler… Vous aimez le monde ; mais il faut lui préférer celui qui a fait le monde… Nous sommes dans un monde qui est saint, qui est bon, réconcilié, sauvé, ou plutôt qui doit être sauvé, mais qui est sauvé dès maintenant en espérance. « Car nous sommes sauvés, mais c’est en espérance » (Rm 8,24). Dans ce monde donc, c’est-à-dire dans l’Église, qui tout entière suit le Christ, celui-ci dit à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même ».

LECTURES :
Livre de Nahoum 2,1.3.3,1-3.6-7.
Voici sur les montagnes les pas du messager qui annonce la paix. Célèbre tes fêtes, ô Juda, accomplis tes vœux, car le Mauvais ne recommencera plus à passer sur toi : il a été entièrement anéanti.
Le Seigneur revient. Avec lui, la splendeur de Jacob comme celle d’Israël, alors que les pillards les avaient pillés et avaient ravagé leurs vignobles.
Malheur à la ville sanguinaire toute de mensonge, pleine de rapines, et qui ne lâche jamais sa proie.
Écoutez ! Claquements des fouets, fracas des roues, galop des chevaux, roulement des chars !
Cavaliers qui chargent, épées qui flamboient, lances qui étincellent ! Innombrables blessés, accumulation de morts, cadavres à perte de vue ! On bute sur les cadavres !
Je vais jeter sur toi des choses horribles, te déshonorer, te donner en spectacle.
Tous ceux qui te verront s’enfuiront en disant : « Ninive est dévastée ! Qui la plaindra ? » Où donc te trouver des consolateurs ?

Livre du Deutéronome 32,35cd-36ab.39abcd.41.
« Oui, proche est le jour de leur ruine,
imminent, le sort qui les attend. »
Car le Seigneur fera justice à son peuple,
il prendra en pitié ses serviteurs.
« Voyez-le, maintenant, c’est moi, et moi seul ;
pas d’autre dieu que moi ;
c’est moi qui fais mourir et vivre,
si j’ai frappé, c’est moi qui guéris.
« Si j’aiguise l’éclair de mon épée,
si ma main brandit le jugement,
je tournerai la vengeance contre mes rivaux,
je réglerai leur compte à mes adversaires. »
