Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,1-5.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ;
de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera.
Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ?
Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ?

Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Dorothée de Gaza (v. 500-?)
moine en Palestine
Instructions VII, 79, 81-82 (in “Lectures chrétiennes pour notre temps”, fiche D8; trad. Orval ; © 1970 Abbaye d’Orval)
« Enlève d’abord la poutre de ton œil » (Mt 7,5)
Recherchons, frères, comment il se fait que parfois on entende une parole désagréable et qu’on la laisse passer comme si on n’avait rien entendu, sans se troubler, et que d’autres fois on en est aussitôt troublé. Quelle est la raison d’une telle différence ? Y a-t-il à cela une ou plusieurs raisons ? Pour moi, j’en vois beaucoup, mais une seule engendre, pour ainsi dire, toutes les autres. (…) La cause du trouble, si nous la recherchons soigneusement, c’est toujours le fait de ne pas s’accuser soi-même. De là vient que nous avons tout cet accablement et que nous ne trouvons jamais de repos. Il n’y a pas à s’étonner si tous les saints disent qu’il n’existe point d’autre voie que celle-là. Nous voyons bien que nul n’a trouvé le repos en suivant une autre route, et nous, nous pensons le trouver et suivre une voie parfaitement droite, sans jamais consentir à nous accuser nous-mêmes ! En vérité, eût-on accompli mille bonnes œuvres, si l’on ne garde pas cette voie, on ne cessera jamais de faire souffrir et de souffrir soi-même, en perdant ainsi toute sa peine (…) Il arrive aussi qu’un frère, croyant se tenir dans la paix et la tranquillité, se trouble néanmoins d’une parole désobligeante que vient lui dire un autre, et il juge que c’est à bon droit, se disant en lui-même : « Si ce frère n’était pas venu me parler et me troubler, je n’aurais pas péché. » C’est une illusion, c’est un faux raisonnement. Celui qui lui a dit le mot, a-t-il donc mis en lui, la passion ? Il lui a simplement révélé la passion qui était en lui, pour qu’il se repente, s’il le veut.

LECTURES :
Deuxième livre des Rois 17,5-8.13-15a.18.
En ces jours-là, Salmanasar, roi d’Assour lança des attaques à travers tout le pays d’Israël, et monta contre Samarie, qu’il assiégea pendant trois ans.
La neuvième année du règne d’Osée, il s’empara de Samarie et déporta les gens d’Israël au pays d’Assour. Il les fit habiter à Halah, sur le Habor, fleuve de Gozane, et dans les villes de Médie.
Cela arriva parce que les fils d’Israël avaient péché contre le Seigneur leur Dieu, lui qui les avait fait monter du pays d’Égypte et les avait arrachés au pouvoir de Pharaon, roi d’Égypte. Ils avaient adoré d’autres dieux
et suivi les coutumes des nations que le Seigneur avait dépossédées devant eux. Voilà ce qu’avaient fait les rois d’Israël.
En effet, le Seigneur avait donné cet avertissement à Israël et à Juda, par l’intermédiaire de tous les prophètes et de tous les voyants : « Détournez-vous de votre conduite mauvaise. Observez mes commandements et mes décrets, selon toute la Loi que j’ai prescrite à vos pères et que je leur ai fait parvenir par l’intermédiaire de mes serviteurs les prophètes. »
Mais ils n’ont pas obéi et ils ont raidi leur nuque comme l’avaient fait leurs pères, qui n’avaient pas fait confiance au Seigneur leur Dieu.
Ils ont méprisé ses lois, ainsi que l’Alliance qu’il avait conclue avec leurs pères et les avertissements qu’il leur avait donnés.
Alors le Seigneur s’est mis dans une grande colère contre les tribus d’Israël et les a écartées loin de sa face. Il n’est resté que la seule tribu de Juda.

Psaume 60(59),3-4.5-6.13-14.
R/ Sauve-nous par ta droite, Seigneur, réponds-nous ! (Ps 59, 7)
Dieu, tu nous as rejetés, brisés ;
tu étais en colère, reviens-nous !
Tu as secoué, disloqué le pays ;
répare ses brèches : il s’effondre.
Tu mets à dure épreuve ton peuple,
tu nous fais boire un vin de vertige.
Tu as donné un étendard à tes fidèles,
était-ce pour qu’ils fuient devant l’arc ?
Porte-nous secours dans l’épreuve :
néant, le salut qui vient des hommes !
Avec Dieu nous ferons des prouesses,
et lui piétinera nos oppresseurs !
