03.06.2026 – AUDIENCE GÉNÉRALE À ROME

Audience générale: Léon XIV invite à redécouvrir la force spirituelle des rites liturgiques

Lors de l’audience générale de ce mercredi 3 juin, le Pape a poursuivi sa série de catéchèse sur la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium. Léon XIV a consacré sa réflexion à certains éléments de la liturgie sacrée: «le rite, le signe et le symbole», rappelant que les rites sacrés ne sont pas de simples cérémonies extérieures, mais une véritable médiation intérieure du mystère de l’expérience de Dieu dans la vie des croyants.

Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican

Poursuivant sa série de catéchèse sur les textes importants de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium, le Pape a médité sur le récit des disciples d’Emmaüs dans l’Évangile de saint Luc. Il a expliqué que la liturgie permet aux croyants de reconnaître la présence du Christ à travers des gestes concrets et sacrés à l’instar des disciples d’Emmaüs qui le reconnurent à la fraction du pain. Léon XIV a rappelé que le Concile Vatican II, en s’inspirant du travail du Mouvement liturgique, è aider «à redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères.».

Ainsi, «les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin.». C’est dans ce sens et pour cette raison que le Concile invite les fidèles «à comprendre le Mysterium fidei qui se réalise dans la liturgie à travers les rites et les prières» (cf. SC, 48)[1], a poursuivi le Successeur de Pierre.

«Goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ»

Le Souverain pontif a ensuite insisté sur la participation vraie, intérieure et extérieure, des fidèles à la célébration liturgique. Ce qui rend capable de faire l’expérience de Dieu.

“Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ.”

Cependant, cette transformation spirituelle ne peut se produire si les croyants restent «des spectateurs étrangers ou muets». Au contraire, nous sommes appelés à participer à la liturgie de «tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur». À travers le rite sacré, «nous sommes ainsi formés à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce et à l’adoration, au partage fraternel et à la communion ecclésiale, a expliqué le Pape. Nous découvrons que nous sommes une assemblée aux multiples visages, réunie par la même foi».

Dans la liturgie, nous trouvons une pause qui régénère

Léon XIV a également souligné la valeur spirituelle du rite et des gestes de prières dans une société marquée par l’agitation et la recherche de performance. Le rite «nous plonge dans une séquence bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité», a-t-il observé. Pourtant, sa logique «n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas». Au contraire, «par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant à l’essentiel». Dans la liturgie, les croyants découvrent «une autre dimension de l’agir, qui n’est pas guidée par des calculs de rendement, a poursuivi l’Évêque de Rome, (….) une logique de gratuité, (…) une pause qui régénère le cœur». C’est ainsi, selon le Pape, que «nous apprenons à vivre dans un rythme habité par l’Esprit Saint».

Les signes et symboles «touchent le cœur et l’esprit»

Le Pape a ensuite développé la signification des signes et symboles liturgiques qui tissent la grammaire du rite. La liturgie, a-t-il rappelé en citant Sacrosanctum Concilium, est le lieu où «la sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux». Les signes liturgiques, selon le Catéchisme de l’Église Catholique, «se précisent dans les événements de l’Ancienne Alliance et se révèlent pleinement dans la personne et l’œuvre du Christ»

Évoquant le symbole de l’eau, Léon XIV a montré comment celui-ci traverse toute l’histoire du salut:

“Depuis les origines de la création jusqu’au déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à l’eau qui jaillit du côté du Christ et devient signe sacramentel de l’immersion dans sa mort et résurrection.”

Le Saint-Père a précisé que le signe ne renvoie pas seulement à une idée abstraite, mais «à tout un système de significations et de valeurs». Les symboles liturgiques possèdent ainsi «une dimension singulière, performative et transformatrice, (…) touchant le cœur et l’esprit, suscitant d’authentiques relations ecclésiales».

L’homme doit retrouver sa capacité symbolique

Dans la dernière partie de sa catéchèse, Léon XIV a repris une réflexion du Pape François dans sa lettre apostolique Desiderio desideravi, inspirée du théologien Romano Guardini: «la première tâche du travail de formation liturgique oblige l’homme à retrouver sa capacité symbolique». Pour cela, il a invité l’Église à se laisser «éduquer par les rites de la liturgie, en soignant avec délicatesse et sans arbitraire la beauté des célébrations et en s’engageant dans une authentique mystagogie». Une «liturgie vivante et pieuse, accompagnée d’une catéchèse mystagogique appropriée, est la meilleure ressource pour réveiller en chacun cette ouverture à la rencontre avec Dieu». Car, a conclu le Pape, dans la logique de l’Incarnation, cette rencontre implique «tout l’homme: esprit, âme et corps» citant la première lettre aux Thessaloniciens.

[1] Constitution sur la sainte liturgie, Sacrosanctum Concilium.

Source : VATICANNEWS, le 3 juin 2026

Le Pape Léon XVI lors de la procession de la Fête-Dieu, le 22 juin 2025, de la basilique Saint-Jean-de-Latran à la basilique Sainte-Marie-Majeure.  (ANSA)

Fête-Dieu: les processions sont «un courageux témoignage de foi»

Léon XIV, dans ses salutations à la fin de l’audience générale d’aujourd’hui, évoque la prochaine solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ. Il exhorte à regarder le cœur de Jésus pour transformer le nôtre, «le rendant plus patient, généreux et compatissant».

Benedetta Capelli – Cité du Vatican

Marcher derrière le Très Saint-Sacrement pour rappeler que Dieu est au milieu de nous et qu’il se tient à nos côtés. C’est ce que rappelle le Pape dans ses salutations en plusieurs langues lors de l’audience générale, en référence à la solennité de la Fête-Dieu (Corpus Domini), ce jeudi 4 juin. En s’adressant aux pèlerins se trouvant place Saint-Pierre, Léon XIV rappelle le sens et l’importance des processions qui ont lieu ce jour-là.

«Dans l’Eucharistie, a affirmé Léon XIV, nous contemplons Jésus, pain rompu et donné pour chacun d’entre nous. Expression de la piété eucharistique populaire, les processions avec le Très Saint-Sacrement qui se déroulent dans les rues de tant de villes dans le monde sont une manifestation que j’encourage à maintenir vivante comme un beau témoignage public de foi».

Dieu avec nous

Une pensée également réitérée dans les salutations aux fidèles polonais, où il rappelle que Jésus est vivant et marche avec nous.  

“Que la participation aux processions eucharistiques – surtout de la part des familles, des enfants et des jeunes – soit un courageux témoignage de foi et rappelle à tous que Dieu est présent au milieu de son peuple et qu’il l’accompagne dans la vie quotidienne.”

Témoins de son amour

Léon XIV, dans son message aux pèlerins de langue anglaise, insisté ensuite sur la force que procure l’Eucharistie. «Alors que nous nous préparons à la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ, laissons-nous fortifier par ce don divin et devenons des témoins de son amour pour tous ceux que nous rencontrons», a dit le Pape.

Aux fidèles de langue portugaise, il rappelle que juin est le mois dédié au Sacré-Cœur de Jésus. Le Pape invite chacun à se rapprocher de Lui pour transformer son cœur: «Chers frères et sœurs, en ce mois dédié au Sacré-Cœur de Jésus, approchons-nous de la source de la miséricorde et de la tendresse de Dieu, afin que le Ressuscité transforme notre cœur, le rendant plus patient, généreux et compatissant».

Moyen-Orient, des prêtres encouragés

Dans ses salutations, la pensée du Pape s’est enfin tournée vers les prêtres et religieux du Moyen-Orient, auxquels il assure sa prière et sa bénédiction pour leur ministère et «les attentes de leurs pays respectifs».

Source : VATICANNEWS, le 3 juin 2026

Laisser un commentaire