Quand l’embryologie éclaire les paroles du « Je vous salue Marie » (I)

Quand l’embryologie éclaire les paroles du « Je vous salue Marie » (I)

Prête-t-on assez attention aux paroles du « Je vous salue Marie » que l’on récite trop souvent machinalement ? En y regardant de plus près, nous allons voir que les paroles de sainte Élisabeth à la Vierge Marie « Le fruit de tes entrailles est béni », que nous reprenons dans la prière de l’Ave, ne sont pas seulement une image biblique désuète. Bien au contraire : elles rejoignent une réalité scientifique profonde découverte au XIXe siècle.

Une réflexion m’est venue un jour lors d’un rosaire. J’entendais des participants réciter l’Ave Maria avec la variante suivante : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, votre enfant, est béni »  à la place de la formule traditionnelle « et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni ». Sans doute, cette modification part-elle d’un bon sentiment, motivée par l’idée que le terme « fruit de vos entrailles » n’est pas très poétique et n’est pas usité.

Pourtant cette substitution pose problème. D’une part, elle n’honore pas la formule d’Élisabeth qui est tirée directement de l’Évangile et donc de la Parole de Dieu. D’autre part, dans le contexte de l’Annonciation, remplacer « fruit » par « enfant » est très imprécis et occulte, comme nous allons le voir, une part de la réalité. Dans le langage courant, « enfant » ne désigne pas spécifiquement un embryon ou un fœtus de quelques jours. On peut donc regretter cet usage inapproprié du terme, car il ne renvoie pas à la situation précise de la Vierge Marie juste après son fiat lors de l’Annonciation, moment qui nous fait entrevoir le mystère même de l’Incarnation du Verbe.

Saint Luc dans son Évangile (Lc 1, 39-42) nous relate le voyage que fit Marie « avec empressement » pour rencontrer sa cousine Élisabeth dans les jours qui suivirent : « Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » La formule latine dans le texte de la Vulgate « Et benedictus fructus ventris tui ! » est riche de sens, surtout à notre époque. En effet, c’est tout de suite après la salutation angélique que Jésus s’incarne en Marie.

René Sentis – www.auservicedelavie.fr

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

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