Eugenio Corti : un prophète pour notre temps

De Fabio Piemonte sur la Nuova Bussola Quotidiana (traduction automatique) :

LA FUMÉE DANS LE TEMPLE

Dans un livre, le réalisme prophétique d’Eugenio Corti

Dans Il fumo nel Tempio (La fumée dans le temple), l’écrivain Eugenio Corti rassemble de nombreux discours sur les événements les plus significatifs des trente dernières années du siècle dernier. Prophète de son temps, il raconte les risques pour la foi chrétienne lorsque la « fumée de Satan » commence à se répandre même dans l’Église.

« Ce livre est la réponse d’un homme de foi qui ne se résigne pas à prendre simplement acte des difficultés ecclésiales et sociales, mais qui est au contraire déterminé à s’engager jusqu’au bout dans le bon combat pour donner à Dieu la place qui lui revient au sein de l’humanité ». C’est ainsi que le regretté Cesare Cavalleri présente Il fumo nel Tempio (pp. 296) d’Eugenio Corti, publié dans une nouvelle édition par Ares, qui a édité les œuvres complètes de l’écrivain de Brianza.

C’est un recueil d’analyses d’événements survenus principalement entre 1970 et 2000 ; c’est la contre-chanson d’un homme libre qui exprime le malaise de nombreux catholiques qui, dans le sillage de saint Paul VI, voient la « fumée de Satan » pénétrer dans le temple de Dieu. « Nous ne faisons plus confiance à l’Église, nous faisons confiance au premier prophète profane qui vient nous parler depuis un journal ou un mouvement social quelconque pour le poursuivre et lui demander s’il a la formule de la vraie vie », poursuit Cavalleri dans la préface du volume. D’où « la conviction de l’auteur qu’à l’origine des graves problèmes auxquels l’Église est confrontée se trouve l’imbrication de deux phénomènes : l’effacement de la ligne verticale qui lie l’homme à Dieu et l’abandon de la ligne horizontale qui définit la vie chrétienne dans ses résultats sociaux, à savoir la culture ».

En commentant une citation du philosophe Jacques Maritain, Corti réfléchit à la dimension politique plus large de l’Église : « L’Église (même si nous n’aimons pas instinctivement mélanger avec une réalité qui est à bien des égards surnaturelle, des catégories telles que la droite et la gauche), dans la mesure où elle reçoit son autorité d’en haut, ne peut jamais être considérée comme une organisation de gauche, mais plutôt comme son contraire. Nous pourrons alors mieux expliquer pourquoi une politique « de gauche » (ne vous méprenez pas : nous répétons que cela nous dérange aussi d’utiliser cette phraséologie profane pour l’Église) – telle que celle préconisée avec autorité par Maritain lui-même – a pu conduire à un état de semi-paralysie et au choix de tant d’hommes erronés, surtout pour les postes clés de la culture, des médias, etc. Le seul réconfort pour nous est de savoir que l’Église ne pourra de toute façon pas se désagréger, car le Sauveur sera toujours avec elle ».

Corti critique donc aussi amèrement ce « groupe de catholiques « éclairés », qui se posent en maîtres des évêques et du Pape, et même, à l’occasion, en « correcteurs » des écritures sacrées », si semblables aux « catholiques adultes » contemporains qui prennent des positions sur les questions éthiques en contradiction flagrante avec le Magistère de l’Église. Ainsi, sur le plan politique, l’écrivain de la Brianza constate amèrement que « les politiciens chrétiens ne parlent presque plus que le langage des autres », de sorte que ce qui était vrai autrefois pour les démocrates chrétiens l’est encore aujourd’hui pour de nombreux politiciens qui relèguent leur foi dans la sphère privée, l’empêchant d’avoir un impact dans la sphère sociale.

En ce qui concerne l’instrumentalisation médiatique du Concile Vatican II, Corti observe avec inquiétude : « comment alors tout le monde sans exception applaudissait l’Église : tout le monde rivalisait de louanges, on n’entendait pas une seule critique. Même ceux qui, peu de temps auparavant, avaient insulté et calomnié, se sont convertis aux applaudissements ».

Connaisseur attentif et profond de l’idéologie communiste, dont il a aussi vécu la folie sur sa propre peau, il s’interroge de manière provocante, à la lumière des millions de victimes qu’elle a fait : « Voudrait-on amener les chrétiens à collaborer avec ces gens, avec ces « mouvements historiques » ? » D’autre part, « Marx a peut-être été mû par un grand élan de générosité humanitaire, tout comme Lénine, qui a tenté de mettre en œuvre l’utopie de Marx dans la réalité douloureuse de la Russie, et comme les révolutionnaires chinois après eux : mais de cette générosité initiale n’ont résulté que la mort, la douleur et la misère. Qu’une telle destruction de l’humanité – littéralement inédite dans l’histoire – puisse être ignorée par les visionnaires laïques, encore éblouis par la gigantesque tentative de Marx d’initier une rédemption non chrétienne de l’humanité, peut également être compris, bien que difficilement. Mais comment est-il possible que les chercheurs, et plus encore les chrétiens, ne s’en rendent pas compte ? se demande l’écrivain, en réfléchissant aux retombées d’un tel système idéologique.

À cet égard, il observe avec acuité que « dans le monde entier, hormis les pays où il a été imposé par la violence, le communisme a eu plus d’impact dans les pays chrétiens, et plus particulièrement catholiques : en Italie, en France, en Espagne et en Amérique latine ». Dans les pays protestants, en revanche, où les gens ne vont presque plus à l’église et croient de moins en moins à la transcendance, l’emprise est bien moindre. C’est parce que chez les catholiques il y a l’attente de la rédemption, et elle est restée même chez ceux qui croient de moins en moins. Le communisme se présente précisément comme une rédemption apportée d’homme à homme : c’est avant tout en tant que tel qu’il est ressenti au niveau populaire ». Pourtant, « les idées non chrétiennes ont donné lieu à des aberrations tragiques, y compris des exterminations massives ».

En tant que témoin autorisé des retombées tragiques du communisme, Corti cite saint Jean-Paul II, « un pasteur avec la forma mentis d’un pasteur et non d’un intellectuel (avec tout le respect que je lui dois), qui a également fait l’expérience personnelle de la réalité suprêmement tragique de ce communisme que tant d’intellectuels catholiques, à partir de Maritain, se sont fait des illusions d’encadrer dans le « nouveau christianisme » ».

En revanche, commentant l’instrumentalisation du « cas Seveso » par les avorteurs, il affirme, données en main, que « plus d’un an et demi après la fuite de gaz toxique à Seveso, nous pouvons affirmer en toute objectivité que les seules victimes humaines de la dioxine ont été les enfants tués dans le ventre de leur mère par la campagne frénétique des avorteurs ». Et il ajoute un appel extrêmement opportun : « Pour l’avenir, nous, catholiques, devons nous réveiller : nous ne devons plus permettre aux anti-chrétiens de décider de la vie et de la mort de nos enfants ».

Source : Nuova Bussola Quotidiana, le 13 janvier 2023

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