Berlin : 4000 fidèles ont escorté la Vierge de Fatima sous la porte de Brandebourg

Berlin : 4000 fidèles portent la Madone de Fatima à travers la porte de Brandebourg !

« L’Allemagne remercie Marie et prie pour la paix »

Berlin (kath.net) La capitale allemande n’avait encore jamais vécu une telle chose dans son histoire mouvementée : mercredi soir, la veille du 105e anniversaire du miracle solaire de Fatima, environ 4000 catholiques fervents venus de toute l’Allemagne se sont rendus en procession solennelle, en chantant et en priant, jusqu’au symbole national, la porte de Brandebourg. Là, ils ont écouté le discours que saint Jean-Paul II avait prononcé à cet endroit précis lors de sa visite en Allemagne en 1996, discours présenté par le célèbre publiciste Martin Lohmann. « L’homme est appelé à la liberté – et c’est en Christ qu’il trouve cette liberté », telle était la phrase centrale de ce manifeste pour une Europe chrétienne qui a fait date. Pour lui, la porte de Brandebourg était le symbole le plus fort de la liberté des hommes dans une Europe unie et non plus séparée.

Ensuite, des enfants de chœur et des prêtres ont porté la « Madone nationale allemande », une statue de pèlerin offerte au peuple allemand par le pape Paul VI en 1967, sur le chemin de la porte qu’avaient également emprunté à l’époque le pape polonais et le chancelier fédéral Dr. Helmut Kohl. En effet, Jean-Paul II était lui aussi convaincu que la chute du mur de Berlin en 1989 et la réunification de l’Allemagne un an plus tard, en même temps que la chute des dictatures communistes dans toute l’Europe de l’Est, étaient un miracle opéré par cette même Vierge qui était apparue à trois enfants voyants à Fatima, au Portugal, en 1917. C’était l’année de la révolution d’octobre et elle avait dit aux enfants : « La Russie répandra ses erreurs dans le monde entier. Ce n’est que lorsque le Pape me la consacrera qu’elle se convertira et qu’un temps de paix sera donné au monde ». Lorsque Jean-Paul survécut à l’attentat du 13 mai 1981, date du 64e anniversaire de la première apparition de Fatima, il y vit un signe du ciel l’invitant à réaliser le souhait de la Vierge. Il a procédé à la consécration le 25 mars 1984 – et effectivement, un an plus tard, Mikhaïl Gorbatchev arrivait au pouvoir, lançait la perestroïka et mettait fin à la persécution de l’Église en Union soviétique en 1988. Un an plus tard, le mur tombait, et en 1991, l’URSS s’effondrait à son tour. Trois décennies de paix s’ensuivirent, jusqu’à l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

« Nous avons ressenti le cadeau de la paix comme une évidence. Au lieu de remercier la Vierge, nous avons vécu comme si Dieu n’existait pas. Il n’est donc pas étonnant que le temps de paix ait pris fin après 33 ans », a expliqué l’historien et auteur allemand Michael Hesemann (« Le dernier secret de Fatima »), initiateur de la procession berlinoise de Fatima. En 2017, année du jubilé de Fatima, largement ignorée par l’Eglise en Allemagne, l’idée lui est venue : « Si l’Allemagne ne se rend pas en pèlerinage à Fatima, nous devons faire venir Fatima en Allemagne. En plein cœur, dans le ‘Berlin sans Dieu’, vers la porte que la Vierge a ouverte ! »

Lorsqu’il a parlé de cette vision lors d’une conférence à Krefeld, il a trouvé des compagnons de route. Le militant de Fatima Bruno Lück a fondé l’association « Deutschland dankkt Maria » (l’Allemagne remercie Marie), qui a organisé le grand événement berlinois, en collaboration avec l’initiative d’Altötting « Deutschland betet Rosenkranz » (l’Allemagne prie le rosaire) de Manfred Benkert, qui organise depuis un an des rencontres de prière tous les mercredis dans 800 lieux à travers le pays, rassemblant jusqu’à 20.000 croyants. C’est ainsi que le 12 octobre, en même temps que la procession berlinoise, des prières de rosaire et des processions de lumière ont eu lieu dans toute l’Allemagne, au cours desquelles on a non seulement remercié la Mère de Dieu, mais aussi prié pour la paix en Ukraine et dans toute l’Europe. Des délégations de nombreux sanctuaires marials et lieux de prière allemands sont venues à Berlin pour suivre la Vierge de Fatima avec leurs drapeaux de procession et leurs images de grâce – Altötting et Kevelaer, Heroldsbach et Sievernich, Marienfried et Wigratzbad, Etzelsbach et Heede étaient représentés.

Mais le soutien le plus éminent de l’action a été dès le début le représentant du pape en Allemagne, le nonce apostolique Nikola Eterovic. Il s’est immédiatement déclaré prêt à célébrer une messe pontificale pour les participants à la procession. Il a en outre prononcé la formule de consécration par laquelle le pape François, face à la guerre en Ukraine, a confié le 25 mars 2022 la Russie et l’Ukraine au Cœur immaculé de Marie. Un lieu a été rapidement trouvé : L’église Saint-Clément, dans laquelle des pères vincentiens indiens gèrent depuis des années un centre de nouvelle évangélisation avec adoration perpétuelle, se trouve directement à l’endroit où passait autrefois le mur. C’est là que l’initiative a immédiatement trouvé écho et accueil.

De là, la procession a traversé le Berlin du soir, en suivant la Stresemannstraße et en passant devant le Mémorial de l’Holocauste (où l’on commémorait les 6 millions de Juifs assassinés) jusqu’à la Porte de Brandebourg, où elle a atteint l’axe est-ouest de la capitale, la « rue du 17 juin », nommée d’après le soulèvement réprimé dans le sang contre les occupants soviétiques en 1953 à Berlin-Est.

Leur prochaine étape fut le monument aux morts soviétique, où fut prononcée la consécration de la Russie et du monde au Cœur immaculé de Marie, faite par le pape Pie XII le 31 octobre 1942. À cette époque, il y a exactement 80 ans, les troupes d’Hitler semblaient invincibles et envahissaient les pays les uns après les autres. Mais ensuite, huit jours seulement après la consécration, le dictateur brun subissait sa première défaite à el-Alamein, suivie de la catastrophe de Stalingrad – c’était le grand tournant de la Seconde Guerre mondiale. La Vierge de Fatima a-t-elle alors vaincu les nazis et libéré l’Allemagne d’Hitler ? Le pape en était fermement convaincu.

C’est avec la prière de consécration de Jean-Paul II de 1984, qui selon lui a conduit à la fin de la guerre froide, que la procession s’est terminée devant « l’ange de la paix », comme on appelle communément la colonne de la victoire de Berlin.

« Le message de Fatima enseigne que l’homme est co-créateur de son avenir. L’oubli de Dieu conduit aux crises, aux guerres et aux catastrophes, la prière et la conversion à la paix », affirme Hesemann avec conviction, citant là encore le pape polonais. « Il était temps de donner un signe de conversion et de prier pour la paix, qui semble maintenant soudainement si menacée ».

Le grand succès de l’action et les nombreuses réactions positives encouragent les organisateurs de « L’Allemagne remercie Marie » à penser à l’avenir. Ils étudient désormais la possibilité de répéter la procession de Fatima à Berlin chaque année en octobre.  

kath.net documente le discours de Michael Hesemann au début de la procession de Fatima à Berlin :

Bienvenue à Berlin, chers pèlerins et pèlerines, qui êtes venus pour remercier la Mère de Dieu et prier pour la paix, mais aussi chers confrères qui sont réunis ce soir dans 800 lieux en Allemagne pour prier le rosaire et honorer la Mère de Dieu, chers pèlerins du sanctuaire de Fatima qui sont aujourd’hui unis à nous dans la prière, et bien sûr chers spectateurs et confrères sur KTV et EWTN.

Demain, il y a 105 ans, le miracle du soleil de Fatima a confirmé « l’intervention la plus puissante de Dieu dans l’histoire depuis les jours des apôtres », selon le pape Pie XII, les apparitions de la Vierge de Fatima. Six mois avant la révolution d’octobre, elle a prédit la montée du communisme et la Seconde Guerre mondiale, mais elle a également enseigné que les événements prophétisés ne sont pas inéluctables. Si le pape, avec tous les évêques, lui consacrait la Russie, promettait-elle, celle-ci se convertirait et une période de paix serait offerte au monde.

Malheureusement, il a fallu attendre avant que sa demande ne soit entendue. Mais quand ce fut le cas, les miracles se produisirent. Une première consécration en 1942, il y a exactement 80 ans, par Pie XII a conduit au tournant de la deuxième guerre mondiale et à la fin de la persécution des chrétiens par Staline. En l’espace d’une semaine, Hitler subit sa première défaite, puis vint Stalingrad. Mais ce n’est que Jean-Paul II qui a décidé de procéder à la consécration le 25 mars 1984, exactement comme Marie l’avait souhaité : En l’espace d’un an, Gorbatchev est arrivé au pouvoir et a entamé la perestroïka, au bout de cinq ans, le mur qui divisait l’Europe, l’Allemagne et Berlin est tombé, en sept ans, la Russie s’est convertie, l’Union soviétique s’est effondrée. Le saint pape polonais était convaincu que seul un miracle pouvait mettre fin sans violence à la guerre froide et libérer l’Europe de l’Est du joug d’une idéologie athée, un miracle de Notre-Dame de Fatima. Et en effet, ce miracle nous a offert à nous, Allemands, non seulement l’unité, mais aussi 33 années de paix et de prospérité. Mais avons-nous remercié la Vierge pour ce miracle ? Un fragment du mur de Berlin se trouve à Fatima pour le rappeler, mais ce ne sont pas les catholiques allemands qui l’ont érigé là, mais des travailleurs immigrés portugais. Nous, en revanche, n’en avons pas tenu compte et avons vécu de plus en plus comme si Dieu n’existait pas. Mais maintenant, nous nous étonnons que le temps de la paix menace de prendre fin, qu’une nouvelle guerre s’allume près de chez nous et nous affecte tous.

Nous nous sommes réunis ici à Berlin pour rattraper ce qui aurait dû être fait depuis longtemps – pour remercier Marie de la réunification de notre patrie et de la paix, mais aussi pour lui demander, à l’heure du danger, la fin de la guerre en Ukraine et la paix en Europe. Où cela pourrait-il mieux se passer qu’ici, à Berlin, où le mur a divisé la capitale de notre pays et où la porte, si longtemps fermée, a été ouverte ?

Nous porterons la Vierge de Fatima, cette image de grâce d’elle, confiée par saint Paul VI au peuple allemand, à travers cette porte, sur le chemin que son serviteur, Jean-Paul II, a déjà ouvert en 1996 avec Helmut Kohl. Il y a 90 ans, les serviteurs de Satan ont franchi cette porte avec des torches et ont marqué la victoire d’étape du mal qui nous a apporté la guerre et l’holocauste. Aujourd’hui, ce sont les serviteurs de Dieu, avec la mère de l’Église, qui rendent grâce et prient pour la paix et la réconciliation des peuples. Nous prévoyons de dédier une petite chapelle, un calvaire, à la Vierge de Fatima, à l’endroit où passait le mur, pour lequel nous vous demandons dès aujourd’hui des dons généreux, mais aussi pour la réalisation de la procession d’aujourd’hui. La collecte d’aujourd’hui, que je vous recommande de tout cœur, servira également à cela. La collecte aura lieu après la sainte communion. Que Dieu vous récompense richement !

Nos remerciements vont à tous ceux qui nous ont soutenus dans cette initiative, y compris un certain nombre d’évêques et de cardinaux qui s’unissent aujourd’hui à nous dans la prière et nous envoient leurs bénédictions. C’est de Fatima, du sanctuaire de la Mère de Dieu, que nous est parvenu ce message de salutations du recteur :
« C’est avec une grande joie que le sanctuaire de Fatima se joint à la procession en l’honneur de Notre-Dame de Fatima qui aura lieu à Berlin et qui passera, entre autres, par la porte de Brandebourg. Le sanctuaire de Fatima est en effet lié de manière particulière à la ville de Berlin. Un fragment du mur de Berlin y est conservé, rappelant l’intercession de la Vierge de Fatima pour la paix et la concorde entre les peuples.

D’un point de vue spirituel, nous pouvons également constater dans la chute du mur de Berlin le triomphe du Cœur immaculé de Marie promis à Fatima, qui se révèle au fil du temps. Comme l’a affirmé le pape Jean-Paul II, Notre-Dame de Fatima a joué un rôle particulier dans la victoire de la paix et dans la conduite de tant de nations vers la liberté. C’est ce que nous rappelle encore aujourd’hui ce pan de mur. C’est pourquoi, à Fatima, nous prions constamment, en fidélité aux demandes de la mère de Jésus, pour la paix, la concorde et le dialogue, afin que la paix du Christ devienne aussi une réalité de nos jours.

Nous transmettons vos intentions de prière devant l’image de Notre-Dame de Fatima et lui demandons d’être un refuge pour tous et un chemin vers Dieu.

Mais nous remercions surtout Son Excellence le Nonce apostolique, représentant de notre Saint-Père François, de célébrer cette messe pontificale avec nous, car la sainte Eucharistie est le mystère central de notre foi, la présence du Christ au milieu de nous. Mais nous le remercions tout particulièrement de répéter pour nous la consécration de la Russie et de l’Ukraine, mais aussi de l’Allemagne et de l’Europe, au Cœur Immaculé de Marie, telle que le Saint-Père l’a accomplie à Rome le 25 mars dernier. Elle se trouve maintenant au début de notre procession, et non à la fin comme prévu initialement, car des obligations urgentes de Son Excellence nous ont contraints à ce changement de programme. Nous prierons à la place la consécration de Jean-Paul II à « l’ange de la paix », la colonne de la victoire. Merci beaucoup, archevêque Eterovic, d’être venu nous voir aujourd’hui malgré ces obligations. Nous souhaitons vous remercier en vous offrant mon nouveau livre, mais surtout une petite icône représentant saint Nicolas, votre patronyme, sauvant un naufragé des flots de la noyade. Tout parallèle avec la voie synodale est bien sûr purement fortuit. C’est pourquoi, une fois de plus, je vous remercie et vous souhaite la bénédiction de Dieu !

Source: Kath.net, le 14 octobre 2022

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