Consistoire pour la création de nouveaux cardinaux

Consistoire: François invite les cardinaux à prendre soin des petits

Dans les murs de la basilique Saint-Pierre, samedi 27 août, le Pape François a présidé son huitième consistoire ordinaire public. 20 cardinaux ont été créés, dont 16 électeurs, venus de quatre continents. Dans son homélie, François est revenu sur l’image du feu dévorant et du feu de braise, et a invité les recevants de la barrette cardinalice à toujours garder une attention pour les plus petits. 

A travers son homélie, devant les 7 000 fidèles, délégations et familles, le Saint-Père a invité les 20 nouveaux cardinaux à méditer sur la double image du feu: d’abord celle du feu qui est la flamme puissante de l’Esprit, «Dieu lui-même, comme un feu dévorant», puis celle du feu de braises, comme le feu de camp allumé par Jésus sur les rives du lac Galilé, «le feu de braises est doux, caché, mais il dure longtemps et sert à cuisiner».

Avec les paroles rapportées de l’Evangile de Luc, «Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé», Jésus invite à le suivre sur le chemin de sa mission. Une mission qui est en fait une mission de feu, comme celle d’Elie, a expliqué François, «à la fois pour ce qu’il est venu faire et pour la façon dont il l’a fait».

Aux cardinaux, à ceux qui dans l’Église ont été choisis pour un ministère de service spécial, c’est comme si Jésus donnait la torche allumée pour «communiquer son courage apostolique, son zèle pour le salut de tout être humain, sans exclure personne. Il veut nous communiquer sa magnanimité, son amour sans limites, sans réserve, sans conditions, parce que dans son cœur brûle la miséricorde du Père.»

Ce feu puissant est celui qui a habité l’apôtre Paul, a continué François, «C’est aussi le feu de tant de missionnaires qui ont fait l’expérience de la joie difficile et douce d’évangéliser, et dont la vie même est devenue évangile, parce qu’ils ont été avant tout des témoins.»

Le doux feu de braise

Il y a ensuite un autre feu, celui de braises, «Le Seigneur veut nous le communiquer aussi, afin que comme Lui, avec douceur, avec fidélité, avec proximité et tendresse, nous puissions faire goûter à beaucoup la présence de Jésus vivant au milieu de nous.» Ce feu qui brûle de façon particulière dans la prière de l’adoration, a précisé le Souverain pontife, «quand nous sommes en silence près de l’Eucharistie et que nous goûtons la présence humble, discrète, cachée du Seigneur, comme un feu de braises.» Cette présence «elle-même devient nourriture pour notre vie quotidienne

Le consistoire dans la basilique Saint-Pierre, samedi 27 août.

Le consistoire dans la basilique Saint-Pierre, samedi 27 août.

Pour François, ce feu de braises fait par exemple penser à Charles de Foucauld, à son long séjour de solitude dans le désert ou dans un milieu non chrétien. Il fait également penser «à ces frères et sœurs qui vivent la consécration séculière, dans le monde, en alimentant le feu doux et durable dans les milieux de travail, dans les relations interpersonnelles, dans les rencontres de petites fraternités ; ou bien, comme prêtres, dans un ministère persévérant et généreux, sans bruits, au milieu des gens de la paroisse.» 

Par ailleurs, n’est-ce pas ce même feu de braises «qui réchauffe chaque jour la vie de tant d’époux chrétiens ?», ce même feu de braises gardé par les personnes âgées.

Une invitation à prendre soin des petits

Chers frères cardinaux, a demandé l’évêque de Rome, «Qu’est-ce que ce double feu de Jésus dit en particulier à moi et à vous ?», avant de répondre: «il nous rappelle qu’un homme au zèle apostolique est poussé par le feu de l’Esprit à prendre courageusement soin des choses, grandes comme des petites». C’est là le cœur de la mission des cardinaux, prendre soins des grands et surtout des petits.

Ainsi, François a rappelé aux prélats qu’ils doivent toujours aimer l’Eglise, «toujours avec le même feu spirituel, en traitant les grandes questions, comme en s’occupant des petites ; en rencontrant les grands de ce monde, comme les petits, qui sont grands devant Dieu.» Citant les exemples du cardinal italien Casaroli, cardinal secrétaire d’État de 1979 à 1990, pendant le pontificat de Jean-Paul II, qui allait visiter régulièrement des prisonniers, ou du cardinal vietnamien François-Xavier Nguyen Van Thuan, qui a pris soin de son geôlier, reconnu vénérable en mai 2017. Deux cardinaux entrés dans l’histoire pour leur attention aux plus petits.

Le français Mgr Aveline, recevant la barrette cardinalice.

Le français Mgr Aveline, recevant la barrette cardinalice.

Enfin, a conclu le Souverain pontife, le secret du feu de Dieu «descend du ciel en l’éclairant d’une extrémité à l’autre et qui prépare lentement la nourriture des familles pauvres, des personnes migrantes, ou sans maison». Jésus, qui veut allumer ce feu sur les rives de nos histoires quotidiennes, «nous regarde dans les yeux et il nous demande : Puis-je compter sur toi ?» 

A la fin de l’homélie, François a demandé de prier pour le cardinal Richard Kuuia Baawobr,  évêque de Wa au Ghana, qui n’a pas pu se rendre à la cérémonie pour cause d’hospitalisation. 

Les cardinaux ont ensuite juré fidelité et reconaissance aux saints apôtres de l’Église romaine, puis comme le veut la tradition, le Pape leur a imposé la barrette et l’anneau cardinalice et leur a assigné une paroisse de Rome. 

À partir de ce 27 août, le Collège est composé de 226 cardinaux, dont 132 et 94 non électeurs. Le plus âgé, après la disparition du cardinal Tomko, est Mgr Alexandre do Nascimento, archevêque émérite de Luanda en Angola, qui a fêté des 97 ans le 1er mars dernier.

Parmi les nouveaux cardinaux, le Français Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille. Cinq français sont désormais dans le collège cardinalice.

Réunion des cardinaux

Les 29 et 30 août aura lieu la réunion des cardinaux sur la nouvelle constitution apostolique Praedicate Evangelium, comme annoncé par le Pape François le 29 mai. Les sessions auront lieu le matin à partir de 09h00 et l’après-midi à partir de 16h00, après une courte pause pour le déjeuner.

Des réunions pour les groupes linguistiques sur différents aspects du document sont prévues, ainsi que des débats en plénière. Pour l’instant, 197 participants sont confirmés, dont des cardinaux, des patriarches orientaux et des supérieurs de la Secrétairerie d’État.

L’après-midi du mardi 30 août, après une dernière session de travaux, à 17h30, la sainte messe sera célébrée dans la basilique Saint-Pierre.

Source: VATICANNEWS, le 27 août 2022

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