François: les conquêtes armées n’ont rien à voir avec le Royaume de Dieu

Le Pape François reçoit la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople à Sainte-Marthe, le 30 juin 2022Le Pape François reçoit la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople à Sainte-Marthe, le 30 juin 2022 (Vatican Media)

François: les conquêtes armées n’ont rien à voir avec le Royaume de Dieu

Recevant en audience ce jeudi 30 juin une délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople, le Pape François s’est exprimé sur la recherche de l’unité entre chrétiens. Celle-ci est d’une brûlante actualité dans le contexte de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. Elle encourage également à la construction d’une fraternité universelle. 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Une présence appréciée par le Souverain Pontife. François a chaleureusement remercié ce jeudi 30 juin la délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople venue jusqu’à Rome pour la solennité des saints apôtres Pierre et Paul, fêtés hier.

Cette délégation, conduite par l’archevêque Job de Telmissos, représentant du Patriarcat œcuménique auprès du Conseil œcuménique des Églises et coprésident de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe, inclut également l’évêque Adrianos d’Halicarnasse et le diacre patriarcal Barnabas Grigoriadis.

Sur la bonne voie

Leur venue s’inscrit dans le cadre d’un échange traditionnel entre les deux confessions chrétiennes lors de la fête de leurs saints patrons. Ainsi, le 30 novembre, pour la fête de l’apôtre saint André, une délégation de l’Église catholique romaine se rend à Istanbul, siège du Patriarcat œcuménique de Constantinople, la première juridiction autocéphale de l’Église orthodoxe, dirigée par le patriarche Bartholomée.

L’évêque de Rome y voit «un signe tangible que le temps de la distance et de l’indifférence, pendant lequel les divisions étaient considérées comme un fait irrémédiable, a été dépassé», a-t-il déclaré lors de l’audience. Les deux Églises «poursuivent un dialogue fraternel et fructueux et sont fermement et irréversiblement engagées sur le chemin du rétablissement de la pleine communion», a-t-il poursuivi.

Le Souverain Pontife a ensuite rendu hommage à «l’inoubliable patriarche œcuménique Athénagoras»,patriarche de Constantinople du 1ᵉʳ novembre 1948 au 7 juillet 1972, l’un des prédécesseurs de Bartholomée.

Pleurer, secourir, se convertir

«Églises sœurs, peuples frères», disait Athénagoras. Une formule répétée par François ce matin pour souligner, sans nommer explicitement la guerre entre l’Ukraine et la Russie mais dans une allusion claire, que «la réconciliation entre chrétiens séparés (…) est plus que jamais d’actualité, alors que le monde est secoué par une agression guerrière cruelle et insensée, dans lesquelles tant de chrétiens combattent entre eux».

Face au «scandale de la guerre», a poursuivi le Pape, «il y a à pleurer, à secourir et à se convertir». «Il y a le deuil des victimes et le trop plein de sang versé, la mort de tant d’innocents, le traumatisme de familles, de villes, d’un peuple entier : quelle souffrance chez ceux qui ont perdu leurs proches et sont contraints d’abandonner leurs maisons et leurs terres natales !»,s’est-il désolé, rappelant ensuite le devoir de la charité envers ces personnes.

La conversion est quant à elle nécessaire afin de comprendre que «les conquêtes armées, les expansions et les impérialismes n’ont rien à voir avec le Royaume que Jésus a annoncé».

Repartir du Christ, notre paix

L’actualité révèle donc que la «recherche de l’unité des chrétiens n’est (…) pas seulement une affaire interne aux Églises», a fait remarquer François. Il s’agit d’une «condition inévitable pour la réalisation d’une authentique fraternité universelle, qui se manifeste par la justice et la solidarité envers tous». Elle appelle les chrétiens à s’interroger : «quel genre de monde voudrions-nous voir émerger après ce terrible épisode de heurts et d’oppositions ? Et quelle contribution sommes-nous prêts à offrir maintenant pour une humanité plus fraternelle ? »

L’Évangile et les paroles de Jésus nous donnent la réponse. Mais attention à ne pas les déformer à travers nos propres prismes, a mis en garde le Pape. «Le Christ est notre paix, (…) partons de Lui, pour comprendre qu’il n’est plus temps de régler les agendas de l’Église selon la logique du pouvoir et des convenances mondaines, mais selon l’audacieuse prophétie de paix de l’Évangile. Avec humilité et beaucoup de prière, mais aussi avec courage et parrhésie».

Poursuivre le dialogue théologique

Le Souverain Pontife a enfin salué la réunion du Comité de coordination de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe, qui s’est tenue en mai dernier après une interruption de deux ans due à la pandémie. François a souhaité «que le dialogue théologique progresse en promouvant une nouvelle mentalité qui, consciente des erreurs du passé, nous conduise à regarder de plus en plus ensemble le présent et l’avenir, sans nous laisser enfermer dans les préjugés d’autres époques». Il ne s’agit pas de se satisfaire d’une «diplomatie ecclésiastique» stérile, mais d’avancer ensemble comme des frères, par des actes. «C’est ainsi que la nouveauté de Dieu n’est pas prise en otage par la conduite du vieil homme», a conclu le Successeur de Pierre.

Source: VATICANNEWS, le 30 juin 2022

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