Les Pères de la Doctrine chrétienne, héritiers de César de Bus

César de Bus (1544-1607)César de Bus (1544-1607)

Les Pères de la Doctrine chrétienne, héritiers de César de Bus

Dimanche, le Pape canonisera le bienheureux César de Bus, fondateur de la Congrégation des Pères de la Doctrine chrétienne, connus sous le nom de Doctrinaires. Il vécu en France entre 1544 et 1607 et a promu une catéchèse « incarnée » basée sur une doctrine « petite, moyenne et grande », et donc accessible à tous. Entretien avec le père Ottorino Vanzaghi, conseiller général des Pères Doctrinaires.

Alessandro di Bussolo – Cité du Vatican

Si César de Bus est Français, le cœur battant de la Congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne, qu’il fonda en 1592 à L’Isle-Sur-Sorgue en Provence, se trouve en Italie, à Rome, où repose le corps du futur saint, dans l’église de Santa Maria in Monticelli. La Congrégation des «Doctrinaires» est aujourd’hui présente en France, en Italie, au Brésil, en Inde et au Burundi. Le père Ottorino Vanzaghi, conseiller général des Pères Doctrinaires, revient sur l’évènement de la canonisation de César de Bus et son charisme aujourd’hui. 

Quel est le miracle qui a conduit à la canonisation ?

Il s’agissait de la guérison de la méningite d’une jeune fille de notre paroisse de Salerno-Fratte, qui ne fréquentait pas beaucoup la paroisse, mais dont la famille et les amis étaient très proches de notre communauté paroissiale. Ils ont donc organisé des veillées de prière et des réunions pour demander au Seigneur ce miracle, car cette jeune fille était atteinte d’une maladie soudaine et fulgurante ; les médecins ont dit à la famille qu’ils ne pouvaient plus rien faire. C’était donc vraiment un grand cadeau qui a rapproché beaucoup de personnes du Seigneur, ainsi que sa famille. Pour nous, ce fut un cadeau qui ne prouve pas la bonté de Dieu, dont nous ne doutons pas, mais qui prouve qu’il est bon d’avoir l’intercession de quelqu’un qui a sérieusement rencontré le Seigneur et essayé de mettre sa Parole en pratique, comme le père César.

Comment réaliser aujourd’hui «une catéchèse incarnée, accessible, compréhensible et adhérente à la vie», comme celle du bienheureux de Bus, décrite dans l’homélie de sa béatification par saint Paul VI en 1975 ?

Je pense que c’est encore plus difficile aujourd’hui qu’à l’époque. À cette époque, nous étions dans une période de lutte entre les différentes dénominations chrétiennes. Nous étions immédiatement après le Concile de Trente, et donc dans le renouveau de la catéchèse, des méthodologies catéchétiques, d’une nouvelle formation des prêtres et des laïcs, qui étaient tout à fait ignorants en matière de doctrine de la foi. Aujourd’hui, nous sommes de retour à une époque où, pour des raisons complètement différentes, comme la sécularisation, la multiethnicité, la pluralité des propositions, les gens se détournent de l’Église. Nous devons redécouvrir une méthodologie qui soit réellement accessible et proche des gens. Nous devons alors travailler sur deux fronts: le premier est la catéchèse familiale. L’œuvre principale du père César de Bus s’intitule précisément « Instructions familiales » et nous essayons, dans nos paroisses, d’expérimenter des formes de catéchèse familiale en impliquant les parents dans l’éducation de la foi de leurs enfants, car ils sont les premiers catéchistes. Ensuite, le deuxième front, sur lequel nous devons travailler un peu plus, est celui des médias: aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous passer des médias pour évangéliser.

Un service qui pour vous, pères doctrinaires, au fil des siècles, est aussi devenu une mission « ad gentes », surtout aux XXe et XXIe siècles, d’abord au Brésil, puis en Inde et enfin au Burundi…

Oui, Dieu merci, le Seigneur, à travers certains de nos pères, nous a donné cette inspiration et cet appel à aller porter le charisme doctrinal dans le monde entier. Au siècle dernier, nous sommes allés au Brésil, avec toutes les difficultés de l’époque, car nos pères partaient d’Italie en bateau et faisaient des voyages de plusieurs jours, parfois même de plusieurs mois, pour arriver au Brésil. Lorsqu’ils arrivaient, ils restaient pendant des années et des années. Et ils ont vraiment semé une graine de charisme doctrinaire, surtout dans le sud du Brésil, dans la région de São Paulo et même plus bas, il y avait une présence merveilleuse, qui est maintenant un peu en difficulté. Espérons toutefois qu’il repartira plus fort. Puis, en 2000, nous sommes allés ouvrir une communauté en Inde: là aussi, le défi était vraiment intéressant. Et puis dix ans plus tard, en 2010, nous en avons ouvert une au Burundi, en arrivant dans cette Afrique qui est aujourd’hui un territoire très important pour la nouvelle évangélisation.

Source: VATICANNEWS, le 11 mai 2022

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